Angine de Poitrine a été aperçu dans son habitat naturel

Angine de Poitrine est un phénomène culturel à l’échelle du monde entier, mais Khn et Klek n’ont pas oublié d’oublier d’où ils viennent. De Mars? Peut-être, en apparence. Mais de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en réalité. Et dans la ferveur du moshpit, au contact de leur rock microtonal qui emprunte la forme de fonctions mathématiques, les mélomanes ont fait l’expérience de quelque chose de grand ; le retour des enfants prodiges, en quelque sorte.

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Angine de Poitrine (Photo par Sam Snow / La Noce)

Les Louanges a étrenné Alouette

On avait hâte d’entendre les nouvelles chansons de Les Louanges en concert, les versions live des titres de l’album Alouette—œuvre souverainiste et généreuse. C’était émouvant de voir Vincent Roberge si agile sur ses patins, en train de mettre son talent musical au service de causes plus grandes que lui-même : l’indépendance du Québec, l’accueil des personnes immigrantes et les enjeux de proche aidance.

Les Louanges (Vincent Roberge) et Félix Petit (Photo par Charline Clavier / La Noce)

Le Belladone a choqué les prudes

Avant La Noce, on connaissait Le Belladone pour son album, Eucharistie, qui avait déjà le potentiel de fâcher le clergé (ou du moins, le peu qui en reste). Mais voilà que sur scène, iel redouble d’ardeur. Hautement théâtrale et provocante, sa proposition de pop expérimentale prend ancrage dans les codes de la culture des drag queens, avec des costumes (et des reveals) élaborés et des gestes qui marquent. Mention spéciale à sa choriste, Fyore, qui l’accompagne en toute sororité.

Le Belladone (Photo par Charline Clavier / La Noce)

Lou-Adriane Cassidy a régné en reine

L’autrice-compositrice de Québec est, à n’en pas douter, l’une des figures musicales les plus importantes et aimées de la belle province en ce moment. Et elle a, à La Noce de Coquelicot, fait honneur à sa réputation. Elle a soulevé la foule avec sa voix puissante et ses grands gestes, sa façon d’habiter ses chansons qui nous hantaient déjà sur disque. La table, devant elle, est mise pour une carrière qui sera pérenne et qui en inspirera sûrement plein d’autres.

Lou-Adriane Cassidy (Photo par Charline Clavier / La Noce)

Robert Robert a tout donné

Avec ses brûlots pop modelés par la house, Robert Robert insuffle une puissante envie de vivre aux gens qui l’écoutent et qui, incidemment, font la fête, pour citer le titre de sa chanson la plus connue. En très, très grande forme, le musicien de Montréal a clos La Noce en force, en sautant partout sans discontinuer, en repoussant les limites de son corps et en incitant la foule à faire de même. Fallait tout simplement être là.

Robert Robert (Photo par Sam Snow / La Noce)

Gab Bouchard a chanté devant son monde

« Y’a même mon mononcle qui est là, salut mononcle! », s’est exclamé Gab Bouchard entre deux tounes, sur le toit de l’autobus décoré aux couleurs du 350e anniversaire de Chicoutimi et stationné au beau milieu de la rue Racine, la main, l’artère commerciale historique de ville Saguenay. Flanqué de la non moins excellente Éléonore Dessureault (elle aussi du Lac-Saint-Jean), il a enchaîné ses airs rock, presque country, aux paroles désarmantes de naturel et d’honnêteté.

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Gab Bouchard (Photo par Charline Clavier / La Noce)

VioleTT Pi et Klô Pelgag ont partagé la scène

Il et elle forment un couple depuis des années tout en faisant, sur ce sujet, preuve d’une grande discrétion. Or, avec leur duo intitulé Jeûner, tiré du tout récent album de VioleTT Pi, Klô Pelgag avait le parfait prétexte pour rejoindre son amoureux sous le feu des projecteurs. En a découlé un moment tendre et décalé, en toute harmonie avec leurs univers créatifs respectifs. Les deux artistes se rejoignent, entre autres choses, dans l’amour de la langue française et des progressions rythmiques.

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Klô Pelgag et VioleTT Pi (Photo par Sam Snow / La Noce)

Maten a mis le public en transe

Le groupe de Mani-utenam a terminé sa tournée mondiale à La Noce, dans les ruines du déluge, à l’ancienne Pulperie de Chicoutimi. Armé de son tambour « acheté sur Amazon » (que Samuel Pinette a dit pour nous faire rire), Mathieu McKenzie a donné le coup d’envoi à deux makusham, une danse traditionnelle qui a réuni, dans ce cadre, des Autochtones avec des Allochtones. Une odeur de réconciliation flottait dans l’air. Soulignons, au passage, la virtuosité du guitariste Ivan Boivin-Flamand.

Jashim a fait la révolution

Originaire de Colombie, Jashim a maintenant établi ses racines à Montréal, où iel est partie prenante de la scène latina underground. D’autres ont décrit sa musique comme du post-reggaeton. Quoi qu’il en soit, son approche électro fait mouche au contact des rythmes de la cumbia. En plus, iel porte, en espagnol, des revendications politiques, un message très « fuck the system », anticapitaliste et indéniablement pacifiste.

Jashim (Photo par Charline Clavier / La Noce)

Gab Paquet s’est fait chanteur de noce

Le nom du festival l’annonce : à La Noce, des gens choisissent de se marier sur scène, comme ça, devant des inconnu·e·s. Ainsi, pendant trois jours, Chicoutimi devient le pendant québécois de Las Vegas. C’est à Gab Paquet que revient l’honneur de mettre en musique ces cérémonies tantôt vraies et émouvantes, tantôt fofolles et drôles. Et il le fait d’habile manière, en mettant des classiques de la chanson francophone à sa main.