La 37e édition des Francos a été riche en émotion. Retour en images et en mots sur les instants de spectacles qui ont fait monter nos larmes, ou lever le duvet sur nos bras.

 

Lysandre avec son gros chèque

Au jour 1 des festivités, Lysandre s’est vue décerner le Prix Félix-Leclerc de la chanson remis par la SOCAN, des mains de nulle autre que Lou-Adriane Cassidy—dont elle venait de faire la première partie. À en juger par sa réaction à chaud, l’heureuse gagnante ne s’y attendait pas du tout. Et pourtant, lors de la réunion de délibération pour ce prix, en compagnie des membres du jury, le nom de Lysandre a résonné, du début à la fin, comme une évidence.

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(Photo par Benoit Rousseau / Les Francos)

Lisa LeBlanc qui fait swinger la compagnie

Armée de son banjo, Lisa LeBlanc est montée sur la scène de La Bottine souriante comme on prend terre chez des cousin·e·s à la bonne franquette, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. On l’a entendu sur Dans nos vieilles maison, notamment, puis en se risquant à turluter, joueuse et maladroite, ricaneuse et sans gêne, avec ses collègues d’un soir. Un moment parfait, à l’image de ce groupe immense, mais qui ne se prend pas au sérieux.

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Safia Nolin dans Le Dôme

L’album Le Dôme de Jean Leloup célèbre ses 30 ans cette année, et Les Francos ont voulu marquer le coup en orchestrant un grand spectacle éphémère. Honnêtement, la totalité du concert était en soi un moment marquant, mais force est d’admettre que la reprise d’I Lost My Baby, par Safia Nolin, avait comme un supplément d’âme, le pouvoir de rassembler et émouvoir la foule au grand complet.

(Photo par Victor Diaz Lamich / Les Francos)

Mantisse dans les marches

Les spectacles surprises sont rares aux Francos, mais ils valent leur pesant d’or. La veille du dernier tour de piste de son groupe (LaF), Mantisse a convié les passant·e·s à un concert hors normes, sans micro, seul à la guitare. En a découlé un moment précieux, en travers du tumulte de la Place des Festivals, du bruit ambiant qui donnait l’impression, aux gens présents, de se faire confier un secret.

 

Eman entre deux chansons

Chez Eman, les portions musicales et parlées de ses spectacles témoignent de la même urgence de dire. De la scène, à brûle-pourpoint, le rappeur s’est lancé dans un hommage à son père mourant, à son père qui a fuck up, pour paraphraser le fils, mais que ce dernier remercie aujourd’hui—parce qu’il l’a rendu plus fort. S’est enchaîné, dans un même élan, une puissante ode la vie, une prise de parole naturelle et incarnée comme seul Eman en est capable.

(Photo par: Marie-Michèle Bouchard)

 

Ana Dall’Ara-Majek avec son thérémine

Magique en apparence, ensorcelant du tout au tout. Le thérémine est un instrument qui, par la force des choses, pousse ses interprètes à esquisser des mouvements presque dansés. Lors de la remise du prix Christopher-J.-Reed à Jean-François Denis, dans le cadre des Rendez-vous Pros des Francos, Ana Dall’Ara Majek a subjugué l’assistance, à force de manipulations aériennes, comme surnaturelles, entre les champs magnétiques.

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Dee End qui reprend Patrick Norman

On connaissait déjà Dee End pour ses propres compositions, son univers musical qui mélange le R&B au kompa. Forcément, les rythmes caribéens étaient à l’honneur pendant tout son tour de chant, et même (fait surprenant) lorsqu’est venu le moment de reprendre un classique du country, un titre phare de la discographie de Patrick Norman; Quand on est en amour. En mettant cette chanson à sa main, l’artiste d’origine haïtienne a, d’une certaine manière, créé des ponts entre les cultures et donné à voir une démonstration d’unité.

(Photo par Marie-Michèle Bouchard)

 

Klô Pelgag avec sa fille

Malgré les averses intermittentes et la veille d’orages violents, le vaste parterre de la scène Rogers était noir de monde pour accueillir Klô Pelgag. Entre deux cabrioles, elle a fait entrer sa fille en scène avant d’entonner Lettre à une jeune poète, cette chanson qu’elle lui dédie et qui, d’une certaine façon, fait écho, comme à contretemps, à Celui qui attend, un titre de son conjoint (VioleTT Pi), le papa de la fillette qui s’est produit lui aussi aux Francos, le mercredi.

(Photo by: Frédérique Ménard-Aubin / Les Francos)

 

L’entrée en scène d’Alphonse Bisaillon

Ce jeune auteur-compositeur-interprète de Saint-Hyacinthe a tout pour devenir une icône québécoise aux yeux du grand public. Charismatique et théâtral, Alphonse Bisaillon est débarqué au Pub Brasseur de Montréal comme un prince, déguisé en patriote, une redingote sur le dos et ses deux albums dans ses poches. Sa proposition mêlant chanson, rap et podorythmie (avec un soupçon de dubstep) n’a laissé personne indifférent.

(Photo par Victor Diaz Lamich / Les Francos)

 

Ariane Roy au zénith

Six ans seulement se sont écoulés entre sa victoire aux Francouvertes et son concert sur la plus imposante scène des Francos. Ariane Roy y est arrivée bien entourée, surtout à la toute fin, lorsqu’est venu le temps d’accueillir Lou-Adriane Cassidy, sa meilleure amie, pour chanter Fille à porter. Les larmes de Lou-Adriane étaient presque contagieuses; il y a quelque chose de profondément touchant de les voir trôner au sommet ensemble, en même temps, sans compétition malsaine, en toute sororité.