Grand Eugène, un vendredi après-midi sous un soleil de 30 degrés. 

Soleil, dream pop et mélancolie: existe-t-il une meilleure combinaison pour un après-midi réussi? On ne pense pas. Le duo montréalais a profité de la chaleur estivale pour créer un véritable cocon d’apaisement, en revisitant les sonorités de ses albums tout en se laissant porter par des moments d’improvisation et de communion avec le public. La bande sonore parfaite pour le moment parfait.

Grand Eugène (Photo par Marie-Michèle Bouchard)

 

Loud, plus en contrôle que jamais.  

Ça fait déjà plusieurs fois que nous avons la chance de voir cette figure marquante du rap québécois sur scène et, croyez-nous, on ne s’en lasse pas. 

S’il a interprété plusieurs pièces de son plus récent opus, le «padre du rap jeu» n’a évidemment pas oublié de revisiter les succès qui ont propulsé sa carrière solo. Les morceaux tirés d’Une année record, son premier album (qui a d’ailleurs reçu la certification «platine» au début de cet été), ont été accueillis avec autant d’enthousiasme que les nouveautés. On se souviendra d’une performance solide, livrée avec l’assurance et le charisme qu’on lui connaît. 

Loud (Photo par Marie-Michèle Bouchard)

  

Les Louanges au Pit à sable 

Incontournable et mythique, la scène du Pit à sable est l’une des plus convoitées du Festif! de Baie-Saint-Paul. À cause de la capacité d’accueil limitée de l’endroit, mettre la main sur un billet est déjà un privilège. Alors, imaginez assister, dans ce décor unique, au spectacle dont tout le monde parle cet été. 

Samedi soir, Vincent Roberge, alias Les Louanges, a offert une véritable classe de maître. Porté par les pièces de son nouvel album Alouette (sélectionné sur la courte liste du Prix Polaris 2026), il a livré une performance à la fois précise, généreuse et profondément habitée. Dans l’intimité du Pit à sable, chaque morceau prenait une ampleur nouvelle, entre envolées musicales, silences parfaitement dosés et connexion profonde avec le public. Une prestation qui confirme, s’il le fallait encore, que Les Louanges est l’une des voix les plus singulières et captivantes de la scène musicale québécoise. 

Vincent Roberge alias Les Louanges (Photo par Marie-Michèle Bouchard)

  

Flore Laurentienne, un temps suspendu  

Comment mieux accompagner les paysages charlevoisiens que par la musique instrumentale de Flore Laurentienne? 

Véritable bande sonore au paysage qui défile: entre les arbres du parc où avait lieu le spectacle, le courant de la rivière où les plus téméraires se baignaient et la lumière d’après-midi, la musique berçait autant un sentiment de nostalgie que d’émerveillement, comme si le temps semblait suspendu. Assis par terre ou sur des chaises de bois, tout le monde prêtait l’oreille à la musique lumineuse du projet de Mathieu Pelletier-Gagnon, accompagné d’un quatuor à cordes et du multi-instrumentiste Antoine Létourneau-Berger. 

Entendre Fleuve II pendant que le soleil se faufilait entre les arbres et que la rivière poursuivait son cours restera sans doute l’un des moments les plus magiques de cette édition du Festif! 

 

Mathieu Pelletier-Gagnon de Flore Laurentienne (Photo par Marie-Michèle Bouchard)

Les sœurs Boulay et Elliott Maginot, trois voix qui parlent au cœur 

Lorsqu’un groupe fusionne aussi bien, la musique en témoigne. Depuis 15 ans, les sœurs Boulay et Eliott Maginot s’accompagnent dans leurs parcours, et c’était au tour du Festif! d’en saisir une parcelle. 

Harmonies vocales, banjo-guitare et guitare: parfois, il n’en faut pas plus pour témoigner de l’union de ces trois artistes.  

La Scène Loto-Québec bordait, comme toujours, un moment pour reprendre son souffle et laisser les émotions se fondre dans ce parfait samedi après-midi.  

Les soeurs Boulay et Elliot Maginot (photo par Marie-Michèle Robitaille)

 

L’unique paysage de Baie-Saint-Paul  

Il suffit de quatre jours à Baie-Saint-Paul pour comprendre que le Festif! ne pourrait exister ailleurs. Entre les montagnes, les ruelles et le fleuve, la ville en soi devient le décor d’une expérience qui dépasse le spectacle. 

Des scènes disséminées du centre-ville jusqu’au quai de la plage, des spectacles de 14h jusqu’à l’aube: Baie-Saint-Paul semble véritablement porter le Festif! comme un vêtement cousu sur-mesure. 

Photo par Madeleine Plamondon