C’est l’histoire d’Alexandre Leclerc et Maxime Le Flaguais, deux membres SOCAN férus d’histoire, qui ont sauvé un lieu patrimonial de la destruction en lui redonnant son lustre d’antan.
Voici cinq raisons de s’intéresser à la revalorisation du cabaret situé au 1208, rue Crescent, à Montréal.

Si l’aventure de la boîte à chanson a duré à peine un an, le 1208 rue Crescent a permis à moult artistes de légende de se faire les dents.
Le décor est reproduit à l’original.
La Maison des Bozos est une capsule temporelle: les murs sont peints du même bleu qu’en 1959 et le luminaire de l’époque a été retrouvé, tout recroquevillé, dans le plafond, avant d’être débosselé, puis et réinstallé. On a même pensé à brancher une machine de glace sèche pour recréer les volutes de cigarettes.
Au cœur de la pièce trône une murale présentant les empreintes de main (en gouache) et les autographes des artistes qui sont jadis passé·e·s par-là.
C’est Alexandre Leclerc qui a redécouvert cet imposant artéfact en s’immisçant dans l’immeuble après être tombé sur une affiche de Chez Bozo, en effectuant des recherches sur Claude Léveillée. «Les musicologues pensaient que cette murale était disparue depuis 1962. Finalement, le plâtre qui a été mis par-dessus n’a jamais collé.»
L’histoire de l’endroit est très riche.
C’est à Félix Leclerc qu’on doit le nom de Chez Bozo, en référence à sa chanson homonyme. Sans surprise, il a aussi été invité à s’y produire.
Si l’aventure de la boîte à chanson a duré à peine un an, le 1208 rue Crescent a permis à moult artistes de légende de se faire les dents. Parmi eux et elles, Jean-Pierre Ferland—cofondateur de la boîte avec Clémence DesRochers, Raymond Lévesque, Claude Léveillé, André Gagnon, Jacques Blanchet et Hervé Brousseau.
On a aussi pu y apprécier le talent de Pauline Julien (qui habitait juste à côté), Édith Piaf, Yves Montand et Alys Robi, pour n’en nommer que quelques-uns.
Alexandre Leclerc: «Aujourd’hui encore, on a la possibilité d’accueillir de grands noms parce que c’est un lieu qui a énormément d’histoire. C’est là où on se différencie des autres petites salles. Chez Bozo, c’est habité par des fantômes. Ça rejoint tout le monde.»
Toutes les générations se côtoient.
La semaine d’ouverture, à la mi-mai, a donné lieu à des jumelages improbables, comme la soirée du jeudi où se sont succédé Isabelle Boulay, Dan Bigras, Émile Bourgault, Alain Lefebvre et Évelyne Brochu. Un mélange de style qui surprend!

De gauche à droite: Jean-Pierre Ferland, Clémence DesRochers, Raymond Lévesque et Hervé Brousseau, une partie de l’équipe qui a fondé Chez Bozo en 1959. (Photo: Constantin Monfilliette)
«C’est sûr que la transmission intergénérationnelle est super importante dans l’équation», résume Alexandre. «On élabore plusieurs concepts de spectacles. L’un d’entre eux serait d’amener un artiste établi à se produire conjointement avec un artiste de la relève.»
La qualité d’écoute est exceptionnelle.
Avec ses 60 places et sa toute petite scène, la Maison des Bozos s’impose comme une salle de spectacles à échelle humaine. Une proximité rare qui force le public à être plus attentif, comme nous avons été à même de le constater le 15 mai dernier.
Alexandre Leclerc partage notre impression: «La qualité d’écoute était extraordinaire pendant toute la semaine d’ouverture, sans exception. On a eu des frissons chaque soir. On n’a eu que des retours positifs des artistes.»
Le meilleur reste à venir.
La Maison des Bozos n’a pas encore atteint sa forme finale. À terme, le bâtiment abritera deux autres espaces: un musée et un café-bar, Le Lutèce, en référence au nom du restaurant de 1959, qui revivra dans la même grande pièce, au rez-de-chaussée.
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Leur programmation estivale sera annoncée sous peu par l’entremise de leur infolettre.