Lorsque les Raptors de Toronto ont affronté les Golden State Warriors pour le premier match de la finale du championnat 2019 de la National Basketball Association le 30 mai dernier à Toronto, un célèbre rappeur local a présenté un mini-concert très médiatisé devant plus de 5000 fans massés dans le « Parc jurassique », tout près de l’aréna Scotiabank. La chanson que le rappeur y a interprétée était une lettre d’amour au 6ix. (Non, ce n’était pas Drake.) Les paroles familières « I’m from the T dot, Oh / Rep it everywhere I go » pourraient devenir le cri de ralliement définitif des partisans torontois.
La chanson, bien entendu, était « The Anthem » de Kardinal Offishall.

Lancé en 2010, l’hymne à l’amour offert à la ville de Toronto par Kardi a été remixé et réimaginé à l’occasion de la participation des Raptors à la série éliminatoire, et ce, à la demande de la chaîne sportive américaine géante ESPN, qui a utilisé la nouvelle version de « The Anthem » comme toile de fond sonore de son hommage vidéo à l’équipe qui allait éventuellement remporter le championnat mondial.

Kardinal Offishall, Kardi, Raptors

Cliquer sur le photo pour voir la vidéo ESPN.

« Cette refonte de “The Anthem” a été quelque chose de très, très spécial », affirme Kardinal Offishall, dont la chanson revampée mentionne le nom des joueurs étoiles Kyle Lowry, Kawhi Leonard, Pascual « Spicy P » Siakam, Danny Green et Marc Gasol.

Kardinal, dont la carrière de rappeur canadien étoile remonte à sa participation au succès hip-hop légendaire « Northern Touch » des Rascalz en 1998, explique que les nouvelles paroles de « The Anthem » lui sont venues en coup de vent.

« Je pense, littéralement, à 5 heures du matin, c’était “Oh, ça y est”, je l’ai chantée une fois et ça a pas pris plus que 15 minutes », se souvient-il. « Mais c’est pas mal comme ça que je fonctionne, c’est ma manière d’écrire. Je suis de ceux qui peuvent généralement créer très vite lorsque l’inspiration les frappe. »

Kardi est loin de minimiser l’importance du fait que c’est lui qui a eu l’honneur d’écrire la piste sonore de l’aventure des Raptors — et qu’il a été payé par la chaîne ESPN par-dessus le marché. « Est-ce que je l’aurais fait gratuitement? Probablement. Est-ce que ça m’a fait plaisir de toucher un chèque et de faire ma part? » s’interroge-t-il de manière rhétorique. « Absolument génial. »

La participation des Raptors à la série éliminatoire correspondait à une période de renouvellement pour ce rappeur-producteur-comédien qui est aujourd’hui le directeur exécutif de la création au sein de l’équipe A&R de Universal Music Canada. Il a lancé le titre « Run » le 12 juin — la veille du jour où les Raptors ont remporté le championnat lors du sixième match de la série — et il compte lancer Pick Your Poison, son premier album en quatre ans, dès l’automne. Bien que la chanson « Run » n’ait pas été lancée spécifiquement pour coïncider avec la « course » au championnat des Raptors, les thèmes de fierté et de motivation qui l’inspiraient correspondaient au sentiment d’excitation qui animait le public torontois dans les jours qui ont précédé la victoire des Raptors.

« J’aime pas faire des choses aléatoires. J’essaie de relier mes chansons à des moments. »

« J’aime pas faire des choses aléatoires », avoue Kardi.  « J’essaie de relier mes chansons à des moments — et plutôt que d’avoir quoi que ce soit à voir avec les Raptors comme tels, c’était seulement l’énergie et ce que ça dégageait. On avait songé à lancer la chanson le jour de la fête du Canada, peut-être, mais il y avait une énergie et une magie tellement indescriptibles dans la ville à ce moment-là. »

Le renouvellement créatif de Kardi a eu une autre cause plutôt improbable : une conversation avec l’humoriste américain chevronné Dave Chappelle, qui l’a aidé à mettre sa « période de sécheresse » en perspective.

Les rappeurs aiment les Raptors : 10 œuvres en leur honneur

  • “Really Doe,” par Danny Brown avec Kendrick Lamar, Ab
  • Soul et Earl Sweatshirt
  • “Rapture,” par Fabolous et Jadakiss
  • “It’s Lit,” par Kyle avec IAmSu!
  • “Something to Say,” par Nick Grant
  • “Streets at Night,” par PRhyme
  • “Throw It,” par SahBabii
  • “Daytona 500,” par The Game
  • “Makaveli,” par Tory Lanez
  • “Winter Schemes,” par Wale avec J. Cole
  • “Love You,”par Roy Woods

« Dave m’a dit : “Kardi, je suis un fervent, fervent partisan, et je sais que si je suis un fervent partisan, ça veut dire qu’il y en a des centaines de mille, et possiblement des millions d’autres à travers l’Amérique du Nord et le Canada et l’Europe et l’Asie et partout ailleurs.” Donc c’était un de ces scénarios où on a passé une soirée phénoménale à se parler très franchement en prenant un verre dans la ville où il habite », explique Kardinal. « Dave Chappelle a absolument pas besoin de moi, donc il m’a pas dit ça pour essayer de m’amadouer pour que je lui fasse une faveur ou lui prête de l’argent. C’était juste une discussion très honnête entre amis, et je serai éternellement reconnaissant aux gens comme lui. »

Au chapitre de la gratitude, il suffit de suivre Kardinal sur Instrgram pour voir le rappeur au carré Yonge-Dundas, en plein cœur de Toronto, entouré de milliers d’autres fêtards qui célébraient le championnat que les Raptors venaient de remporter le soir du 13 juin 2019. On aperçoit la vedette pop Jessie Reyez et le super-producteur local Rich Kidd en train de fêter avec Kardi dans un message. Kardinal a également proposé d’organiser une grande célébration de victoire gratuite à laquelle il participerait en même temps que des artistes comme Drake, Tory Lanez, The Weeknd, Nav, Justin Bieber et Daniel Caesar. Aux yeux d’un artiste qui suit la franchise depuis le début de son histoire, il était parfaitement naturel que la communauté musicale torontoise se range derrière les Raptors au moment où ils vivaient leurs heures de gloire.

« Nous avions été derrière eux depuis le début », conclut Kardi, « donc leur victoire était un peu la nôtre. »



Antony CarleSon album est un moment. Celui qu’on choisit comme étant le bon, celui où l’on met le plan à exécution. Antony Carle construit ces instants, peaufine le temps qui lui est offert avec minutie jusqu’à ce que tous les paramètres aient été poussés à leur plein potentiel. The Moment, son premier « moment » paru en mai n’est qu’une parcelle de ce qu’il peut faire.

Si la scène l’amène là où l’exubérance est commune, Antony crée des moments posés lorsqu’il le faut. Assis dehors dans un café du Mile-End, il me dit qu’il est réputé pour « ne pas parler fort ». « Travailler en studio c’est perfectionner un moment. Chanter sur scène, c’est créer un moment. Ça ne peut pas s’expliquer, dit-il. Je pense qu’on perd cet aspect des fois. C’est une énergie qui se crée. Je vais me rappeler toute ma vie d’Erykah Badu qui chante dans mes yeux en me tenant la main. Je veux reproduire ça. »

Se laisser aller à la vulnérabilité, ce n’est pas simple, mais c’est ce qu’il prône. « On a tellement peur de fuck up, mais quand tu chantes, c’est comme une toile que tu peins. Elle se doit d’être laide. Les gens vont passer devant et tu vas leur dire qu’elle n’est pas finie. Tu ne peux pas créer en ayant peur de tout ce que tu vas produire. »

L’artiste queer s’est joint à Bonsound et a lancé cette musique qui pige dans les codes électros pour aller exprimer des choses plus grandes. « J’ai vécu un bel accueil, lance d’emblée Antony, mais je ne pouvais m’empêcher de me demander si c’était parce que le média avait besoin d’un article queer cette semaine-là. Mais bon, j’étais dans le journal ! »

Plus qu’une image. Plus qu’un style qui provoque les esprits plus fermés. Plus qu’une identité que l’on colle souvent à l’ensemble de l’œuvre par paresse. Antony Carle est « plus ». Respectueux de l’authenticité, il n’a pas l’intention de voyager seul à bord de sa barque. « Des barrières ont dû être franchies et, oui, je parle beaucoup des difficultés identitaires dans mes chansons, mais pour tous les artistes, c’est difficile de se sentir accompli. Tout le monde a envie d’exister, de laisser sa trace et de se trouver à travers son projet. » S’est-il trouvé ? « Absolument. C’était le but. »

Antony a été repéré par Bonsound alors qu’il n’avait encore aucun matériel sérieux sous la main, en première partie de Cri en 2016. Le contact fut aisé, plus tard, quand il a rappelé le label pour dire « je suis prêt ».

Le printemps 2019 l’a mené hors de sa coquille hivernale où bouillonnait une créativité qui ne demande qu’à sortir. « Quand l’hiver arrive, on dirait que tu travailles intensément ou tu meurs, dit-il. J’écrivais pour ne pas mourir. Je sais que j’ai une approche théâtrale de la musique, mais ça vient avec ma perception du travail. Je prends ce que je fais très au sérieux, ça m’intéresse pas, les choses simples. »

Selon lui, l’artiste crée par nécessité, mais où le projet va aboutir, c’est difficile à dire. Selon Spotify, la Norvège s’intéresse énormément à ce qu’il fait, mais qu’est-ce que ça amènera ? « C’est une plateforme qui donne énormément de visibilité, mais ça rend les gens paresseux. Je ne veux pas trop m’y fier. J’ai souvenir d’avoir passé des heures dans les magasins de disques à découvrir. On n’est pas né avec des suggestions musicales. Ça nous a rendus curieux. »

Alors qu’on badine au sujet de la météo, Antony Carle m’assure qu’il croit à la « fin du monde » et espère y survivre. « Malgré tout ce qu’on se dit ou ce que les gens essaient de faire, tout ce qu’on veut, au bout du compte c’est avoir le droit d’être heureux et se trouver une place. » Malgré tous les éléments de la culture queer qui se retrouvent dans ses textes ou ses prestations, Carle sait que le «purpose» est plus large. « J’ai déjà un deuxième album d’écrit et ça ne parle pas de ça. Mais je pense que ce sera toujours sous-entendu. »

Témoin de plusieurs choses qui l’ont choqué, Antony Carle a voulu parler, sans nécessairement faire un album engagé ou sérieux. « Ça peut ne pas être engagé, mais juste permettre aux gens de se sentir bien », admet-il, candide.

Il y croit : il faut changer les choses petit à petit. « Il va toujours y avoir de la violence. Il faut juste savoir changer un esprit à la fois. Je fais ma part. Je dis c’est par là. Je suis l’hôtesse de l’air qui indique la sortie », s’amuse-t-il.



Cet article est le premier d’une nouvelle série intitulée « Interfaces » où nous vous présenterons les entreprises avec qui la SOCAN collabore. Ryan Maule supervise ces collaborations visant à identifier ces entreprises et à les intégrer à nos services afin de nous assurer que les membres de la SOCAN aient accès aux meilleurs outils de l’industrie des technologies musicales.

Environ 2 milliards $. Selon le magazine professionnel Variety, c’est la valeur des redevances impayées qui ne se retrouve pas dans les poches des créateurs. Vous vous demandez comment tant de redevances demeurent impayées ? La réponse est aussi évidente qu’elle est complexe : les payeurs ne savent pas qui doit être payé. Vous avez bien lu : les redevances demeurent parfois en suspens parce que les ayants droit d’une chanson ne sont pas identifiés correctement. La SOCAN comprend les inconvénients que cela engendre et nous cherchons constamment à simplifier les façons de soumettre ces informations. C’est ici qu’entre en jeu notre nouveau partenaire, Jammber.

Basée à Nashville et Chicago, Jammber est une entreprise de technologie musicale innovante qui a développé un ensemble d’outils pour chaque étape du processus de création musicale. Chacun de ces outils est conçu pour recueillir toutes les données dont vous et la SOCAN avez besoin pour toucher vos redevances.

« Les créateurs se soucient beaucoup de leurs revenus et ils ont besoin de meilleurs outils pour gérer leur carrière. La mission de Jammber est de “faire place à la musique”. En d’autres mots, nous sommes là pour prendre en charge les obstacles que doivent surmonter les créateurs au sein de l’industrie afin de leur permettre de maximiser leur succès », explique Marcus Cobb, le cofondateur et chef de la direction de Jammber. « Nous avons consacré des années à mener des recherches et à comprendre chacune des étapes du processus créatif, à mieux comprendre comment simplifier les complexités que doivent affronter les interprètes, les auteurs-compositeurs et l’industrie dans son ensemble. »

Et le défi le plus courant que les interprètes et auteurs-compositeurs ont rapporté à Jammber est qu’ils ne reçoivent pas la reconnaissance ou des paiements ponctuels pour leur travail. C’est donc précisément à ça que Jammber s’est attaquée. Jammber Splits est une véritable révolution dans la gestion des co-créations. Les auteurs-compositeurs peuvent dire adieu aux feuilles de parts sur papier et à l’incertitude des ententes scellées par une poignée de main.

Splits effectue le suivi des parts d’auteur en temps réel. Vous pouvez planifier et ajouter des séances de co-écriture à l’aide de quelques clics. Pendant ces séances, l’appli collige toutes les informations cruciales de vos collaborateurs, la date de la séance, les renseignements concernant l’éditeur et les affiliations aux organisations de droit d’exécution. Lorsque les créateurs s’entendront sur leurs pourcentages de participation respectifs, vous pourrez déclarer l’œuvre à la SOCAN.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec des auteurs-compositeurs de partout à travers le monde tout au long du processus de développement de Splits et nous avons investi des millions de dollars au fil de centaines de versions, et ce, jusqu’à ce qu’ils nous disent être satisfaits du produit final. Déterminer les parts de propriété d’une chanson au moment de sa création est crucial », affirme Cobb, et nous ne pourrions être plus en accord !

Pouvoir enregistrer le pourcentage de participation dans une chanson au moment de sa création et simplifier la collecte des métadonnées — qui sont essentielles pour toucher des redevances — change la donne pour les auteurs-compositeurs. La capacité de collecter toutes les métadonnées nécessaires pour une chanson signifie que vous recevrez des paiements de redevances plus rapidement et avec une plus grande précision. Vous ne manquerez plus jamais de paiements de redevances !

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