Créé il y a 30 ans, le Prix Félix-Leclerc de la chanson présenté par la SOCAN vise à souligner l’excellence d’artistes ou de groupes de la relève qui perpétuent la tradition de la chanson.
Deux projets musicaux francophones sont ainsi récompensés chaque année; l’un au Québec, à l’occasion des Francos de Montréal et l’autre en France, pendant les Francofolies de La Rochelle.
Parmi les récipiendaires québécois·es des trois dernières décennies s’amoncellent des artistes qui ont su marquer les esprits et construire des carrières durables. Mara Tremblay (1999), Pierre Lapointe (2004), Vincent Vallières (2005), Catherine Major (2008), Marie-Pierre Arthur (2012), Klô Pelgag (2017), Hubert Lenoir (2018), Les Louanges (2019) et Lou-Adriane Cassidy (2024) en font partie, pour ne nommer qu’eux et elles.
Voici la cohorte de finalistes pour le millésime 2026.
Alphonse Bisaillon
Il y a quelque chose de follement fantaisiste (voire théâtral) et de presque intemporel dans la proposition d’Alphonse Bisaillon. Pour tout dire, ses deux albums studio font déjà foi d’une identité artistique très définie.
Nul doute: avec sa prose fleurie, son registre de langue soutenu et sa diction toute québécoise, le mot chanson lui colle à la peau.
Édouard Tremblay-Grenier
Voilà un finaliste qui pourrait créer un précédent; s’il devait gagner le Prix Félix-Leclerc, Édouard Tremblay-Grenier succéderait à sa mère, une certaine Mara Tremblay.
Plutôt que de courir en direction opposée en craignant les comparaisons, il crée des chansons folk-pop énigmatiques, avec un supplément d’âme. Il a de qui tenir et, en même temps, un univers qui lui est totalement propre.
Grand Eugène
Ludique à souhait, l’électro-pop Grand Eugène est ponctué par des rythmes nu disco et la voix presque chuchotée de Melyssa Lemieux. Leurs chansons résonnent comme un air d’été, tout léger, tout léger, tout léger (pour emprunter la formule à Pierre Bertrand).
Le duo flirte déjà avec la France du fait de son accent très «français international» et de sa collaboration toute fraîche avec Miel de Montagne.
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Kamilou
Elle a une voix qui porte, beaucoup à dire sur la condition féminine et sur le classisme. Qu’elle chante ou qu’elle rappe, Kamilou fait montre d’une grande polyvalence et d’un propos qui la différencie des autres.
Calme, presque nonchalante, la Montréalaise se glisse tout naturellement vers des arrangements aux inclinaisons jazzés. Un écrin qui tranche d’habile manière avec son franc-parler.
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Kinji00
À part Mixmania, combien de projets musicaux ont réussi à instaurer leur propre signe de main? C’est le cas, en tout cas, de Miguel Monterio-Beauchamp, alias Kinji00. À seulement 16 ans, il est devenu le porte-étendard du renouveau souverainiste avec sa chanson Fleur de lys.
Deux ans après avoir été propulsé par la viralité, Kinji00 a refait équipe avec son frère (le beatmaker Lb66) pour publier deux albums forts convaincants.
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Lysandre
Cette autrice-compositrice et interprète crée une pop de haut vol, où la voix, les progressions, les mélodies, les arrangements et les textes sont travaillés avec un souci égal de faire du beau. De faire changement, aussi.
Lysandre s’est démarquée cette année en sortant Portrait de l’invisible, une collection de neuf titres qui ont visiblement été travaillés avec finesse et minutie.
Marco Ema
En entrevue avec notre collègue Élise Jetté, Marc Ema disait avoir fait cet album pour lui, en laissant tomber ses attentes face à l’industrie. C’est donc assez touchant de le voir apparaître sur cette liste.
Et, franchement, il y trouve pleinement sa place, fort de Soleil mâché, son plus récent album, tout impressionné·e·s qu’il nous laisse devant ses chansons pop rock aux riffs et aux paroles bien pensés.
Marie Céleste
Les chansons de Marie Céleste sont foisonnantes, brièvement traversées par de la musique brésilienne (Combien de temps?), du punk rock (CAM) et tant d’autres styles encore. Un paquet d’inspirations hétéroclites qui se fusionnent sans complications les unes aux autres.
Mention spéciale à la qualité de leurs chœurs, mais aussi de leur prose, qui, elle, n’est pas sans rappeler celle des Harmonium et Karkwa de ce monde.
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Naomi
Peu d’autrices-compositrices et interprètes du Québec embrassent à ce point, et si habilement, l’esthétique de la pop star. Sur cette scène où Dua Lipa, Addison Rae et Tate McRae se positionnent en reines, Naomi trouve pleinement sa place—et en français, s’il vous plaît.
Comme celles de ses contemporaines des palmarès anglos, les pièces de Naomi existent pour et par la danse.
Vanille
On reconnaît la voix haute perchée et délicate de Vanille à chacun de ses premiers couplets, après seulement quelques secondes.
Il y a chez Rachel Leblanc (de son vrai nom) un son rétro, des années 60, qui teinte sa musique de psychédélisme, qui flotte autour de tout ce qu’elle crée comme un fantôme. Et, justement, sa musique nous hante longtemps après l’avoir écoutée.
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L’identité de l’artiste solo ou du groupe qui remportera le Prix Félix-Leclerc de la chanson présenté par la SOCAN sera dévoilée le 19 juin prochain, dans le cadre des 37e Francos de Montréal.
Le jury est composé des récipiendaires de l’année dernière (Rose Perron et Félix Paul du duo Rau_Ze), de même que de journalistes spécialisé·e·s en actualité musicale; Claude Côté (Paroles & Musique), Melissa Maya Falkenberg (Sirius XM), Estelle Grignon (CHOQ), Marissa Groguhé (La Presse), Philippe Papineau (CIBL) et Émilie Rioux (CKIA, Ici Musique).