Linnea Siggelkow écrit de la musique pour les gens qui pensent trop. Depuis des années, son projet Ellis vient me chercher parce qu’elle sait mettre en mots ces pensées compliquées et sombres qui tournent en boucle quelque part au fond de notre tête avant de les envelopper de sa bedroom pop vaporeuse. Je suis une amatrice de musique qui transforme tout en film et qui a tendance à beaucoup trop ruminer, alors je trouve ses chansons profondément satisfaisantes et parfois même réconfortantes.
« all that I’ve got », sa plus récente chanson, traduit en musique ce sentiment de défaite qu’on connaît trop bien. Après plus d’un an sur la route comme guitariste d’Ethel Cain, et deux ans après son excellent deuxième album no place that feels like, Ellis est donc de retour avec une pièce douce-amère et mélancolique destinée, comme elle le dit elle-même dans son communiqué, aux losers et aux marginaux. La chanson explore cette drôle de tension entre le fait d’avancer dans la vie et l’impression persistante qu’on n’est jamais à la hauteur. Comme si la réussite, la reconnaissance ou simplement le fait d’avoir toujours plus dépendaient du destin ou du bon moment — alors que, dans la vraie vie, il est terriblement difficile de se montrer à la hauteur de toutes ces attentes.
Au fond, c’est peut-être tout ce qu’on a, et peut-être que c’est suffisant.
Autrice-compositrice : Linnea Siggelkow
Production : Ellis (Linnea Siggelkow), devon savas, Andrew McLeod
