La SOCAN est heureuse de constater que le gouvernement donnera suite à son intention d’introduire une nouvelle législation portant sur la découvrabilité encadrant les géants de la technologie au plus tard en décembre 2020.

Les nouvelles lettres de mandat adressées le 13 décembre au ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, ainsi qu’aux ministres de l’Innovation, de la Science et de l’Industrie, Navdeep Bains, confirment que le gouvernement leur a donné le mandat d’introduire une législation qui prend les mesures appropriées afin d’assurer que tous les fournisseurs de contenus, incluant les géants d’Internet, proposent une quantité significative de contenus canadiens dans leurs catalogues, participent à la création de contenus canadiens et promeuvent ces contenus en les rendant facilement accessibles sur leurs plateformes respectives.

Ces lettres de mandat demandent également aux deux ministres de moderniser la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur les télécommunications afin d’explorer les meilleurs moyens de soutenir les contenus canadiens en français et en anglais tout en assurant un accès de qualité et abordable à l’Internet, aux réseaux mobiles et aux médias. Elles leur demandent également de procéder à l’examen juridique de la Loi sur le droit d’auteur qui, entre autres choses, devra s’assurer que des droits concernant la copie privée sont payés au chapitre des supports d’enregistrement vierges comme les disques compacts ainsi que pour les appareils comme les téléphones intelligents et les tablettes.

« La SOCAN milite depuis longtemps pour l’amendement de la Loi sur le droit d’auteur ainsi que d’autres mesures réglementaires afin d’assurer que les créateurs de musique soient rémunérés équitablement pour leur travail », a déclaré Eric Baptiste, chef de la direction de la SOCAN. « Nous reconnaissons et comprenons l’actuel paysage politique de la Colline Parlementaire à Ottawa et nous espérons sincèrement que tous les partis travailleront de concert afin de soutenir une nouvelle législation qui viendra renforcer la protection du droit d’auteur et des industries culturelles au Canada ainsi qu’une plus grande quantité de contenus canadiens et leur promotion. »

Il est impératif que l’échéancier de décembre 2020 soit respecté et, pour y arriver, le gouvernement fédéral et toutes les parties prenantes doivent immédiatement passer à l’action. La SOCAN est prête et s’engage à continuer de collaborer avec toutes les parties prenantes afin de trouver de nouvelles façons de soutenir tous les créateurs canadiens.



Pour une troisième année consécutive, on vous présente quelques-uns des artistes rap québécois qui se révéleront assurément à un plus grand public cette année.

 Shreez

Originaire de Laval, Shreez a commencé à rapper à l’âge de 16 ans dans le studio de son ami Young Mic. À ce moment, l’adolescent n’avait aucune ambition claire : le rap n’était qu’un passe-temps comme un autre. « C’était vraiment pour le fun. On envoyait seulement nos chansons à nos amis, on ne les publiait pas sur Internet. Mais, plus j’en faisais, plus je voyais l’intérêt des gens. Un jour, il y a eu un leak. Certaines de mes chansons jouaient dans des fêtes, dans des clubs. Ça m’a vraiment surpris. »

Épaulé par son fidèle ami Tizzo, qu’il a rencontré en 2014, le rappeur lavallois a commencé à prendre son hobbie au sérieux en 2018, lorsqu’il a vu l’intérêt que générait sur la toile son collègue avec sa mixtape Tu sais vol. 1. Depuis, il a fait paraître quatre mixtapes à ses côtés, notamment le classique en devenir 51tr4p Fr4p50, qui contient la chanson On fouette (primée par la SOCAN). « Tizzo est un mentor pour moi. Si c’était pas de lui, je ne suis pas certain que je ferais encore du rap. Il est vraiment venu me chercher chez moi, alors que j’avais presque tout arrêté! »

Paru il y a un an, son premier projet solo La vie gratuite porte bien son nom : on y parle de commerce illégal et de transactions douteuses. Des sujets qu’assume toujours le rappeur de 25 ans, mais qui rejoignent de moins en moins son emploi du temps. Par le fait même, sa prochaine mixtape, qui devrait paraître en mars ou en avril, abordera d’autres sujets. « Mes chansons parlent de cette transition, du fait que ma vie change et que la musique fait maintenant partie de mes plans. J’essaie de filtrer davantage ce que je dis, tout en gardant mon style. »

 Franky Fade

Gaspésien d’origine, Franky Fade a déménagé à Saint-Bruno-de-Montarville à l’âge de deux ans, puis a tracé son chemin jusque dans la métropole à la toute fin de son adolescence, en 2014. À ce moment, le jeune pianiste étudiait dans le programme d’interprétation jazz du cégep de Saint-Laurent.

C’est là qu’il a rencontré six de ses très bons amis, avec qui il allait former le groupe jazzy rap O.G.B peu après. « C’était un projet instrumental au départ. On cherchait activement un rappeur, mais on n’en connaissait pas vraiment. Disons que ça courait pas les rues dans nos entourages de petits gars de banlieue ou de région. J’ai décidé d’essayer d’écrire un texte, juste comme ça, et la réaction des gars a été super bonne. Je me suis rendu compte que j’avais toujours eu ça en moi, l’ambition du frontman. »

Avec trois projets derrière la cravate (dont l’excellent Volume Un), le septuor a tiré son épingle du jeu aux Francouvertes, en remportant la finale de la plus récente édition. Depuis, il planche activement à la création d’un premier album officiel, qui paraîtra dans la première moitié de 2020. « On compose tous ensemble, à sept têtes. Ça donne un résultat assez spécial, quelque part entre l’acoustique et le synthétique. »

Mais pour ce qui est des textes, c’est à lui seul que revient l’écriture. Avec sa verve franglaise implacable, le rappeur aborde des sujets qui touchent l’ensemble de la formation, tels que son désir d’indépendance dans le milieu de la musique et ses fortes ambitions de réussite. « Ce sont des réflexions sur le succès. Est-ce que le but, c’est d’atteindre un certain statut ou si c’est plutôt d’emprunter le bon trajet pour t’y rendre? » explique le rappeur, qui fera aussi paraître un deuxième projet solo cette année.

Backxwash

C’est dans sa Zambie natale, là où elle a passé les 17 premières années de sa vie, que Backxwash a découvert le hip-hop. « Ma première interaction avec le genre a été le clip de Mo Money Mo Problems de Notorious B.I.G. avec Puff Daddy et Mase. Après ça, je suis tombée amoureuse de tout ce qui touche à cette culture. »

Pas assez fortunée pour s’acheter des beats, la jeune artiste a rapidement pris sa nouvelle passion en main, apprenant par elle-même les rudiments du logiciel FL Studio 3. Puis, à Montréal, la rappeuse et productrice trans a développé un univers artistique propre à elle, c’est-à-dire un hip-hop abrasif aux influences rock industriel et nu-metal marquées. Sur Deviancy, un deuxième projet paru l’été dernier, cet alliage plutôt virulent se conjugue habilement à un flow ravageur, très mordant, et à un propos social on ne peut plus original, évoquant à la fois la sorcellerie, l’identité de genre ainsi que les dérives du patriarcat et de la religion.

Très inspirée, Backxwash planche actuellement sur deux projets fort différents : un opus dungeon synth (style alliant l’univers du black métal et des bandes sonores de jeux vidéo RPG) et un autre dans lequel elle racontera en détail ses expériences avec l’institution religieuse. « Et il y aura probablement encore des chansons qui abordent l’identité de genre, car ça me semble essentiel pour être intersectionnel dans ma pratique artistique. »

Composé à partir de vieux enregistrements de chorales, cet album mêlant hip-hop et noise paraîtra cet été.

 DawaMafia

Formé de deux frères brossardois d’origine marocaine, DawaMafia a bâti sa réputation bien avant d’amorcer sa carrière rap. « Chez nous, ‘’dawa’’, c’est synonyme de bordel. On nous appelait les frères Dawani, car on était des frères turbulents et qu’on aimait bien foutre la merde », se rappelle Tali B, 24 ans, le plus jeune des deux.

Aux côtés de Zacka (six ans son aîné), le cadet a commencé à rapper, et DawaMafia a pris son envol en 2016. Signé sous Disques RER, l’étiquette du promoteur de Québec Rico Rich, le duo a fait paraître trois mixtapes depuis : D’où je viens, MDV et Mafia. Dans la tradition du gangsta rap, les deux frangins y décrivent sans détour certains épisodes violents de leur vie. « C’est la vérité qui nous anime. On rappe ce que les gens n’osent pas dire. Ce qu’on vit dans la rue, certains pensent que ça se passe juste dans les films. Moi, je pensais ça au début… Mais non, tout ça est très réel », explique le rappeur, mentionnant qu’il a écrit la chanson Fugueuse après avoir été atteint d’une balle perdue dans une fusillade près de chez sa mère.

Prévu pour cet hiver, le premier album officiel du duo (qui contiendra notamment des productions de E-Beats et de Farfadet) s’intéressera tout particulièrement au parcours sinueux de ses deux auteurs. « Ça met un accent sur tout ce qu’on a vécu. Ça va plus en profondeur. Au début, on a connu la misère, c’était franchement dur, mais maintenant, on se démerde quand même assez bien. Bien sûr, on n’est pas encore rendus où on le voudrait, mais un petit pas, c’est déjà un bon pas. »

David Campana

Révélé au sein du duo HDC X LTK en 2015, David Campana a grandement évolué depuis. Après avoir assumé sa véritable identité sur la mixtape double MYNB, le chanteur et rappeur montréalais s’est joint à son ami de longue date Shotto Guapo pour le projet CE7TE LIFE, EP conceptuel qu’ils ont habilement défendu sur scène lors des dernières Francouvertes aux côtés du producteur Major.

C’est lors du concours que l’artiste de 29 ans a été approché par Hydrophonik Records, nouvelle branche de musique urbaine de l’étiquette rock montréalaise Indica. « Ce n’était pas dans mes plans de signer avec un label, car j’ai toujours voulu rester autonome et indépendant, mais je trouvais que la mentalité hors-norme d’Indica concordait avec la mienne. »

Reprenant la recette trap soul qui a fait le succès de CE7TE LIFE, David Campana proposera sous peu un deuxième projet solo : Bonjour, Hi. Produite par Novengitum, talentueux trio de compositeurs qui a notamment fait sa marque auprès de dope.gng, cette deuxième mixtape solo témoignera de l’évolution musicale et humaine de l’artiste.

« Avant, je parlais beaucoup de la réalité du hood, mais maintenant, j’ouvre mes horizons à un plus large public. Je crois que ça a un lien direct avec les productions de Novengitum, qui sont parfois un peu plus pop. Je veux me présenter tel que je suis, de manière simple, avec mon style franglais… De là, le titre. »

Autres révélations rap québ à surveiller de près cette annéeLK Tha Goon, dope.gng, MikeZup, Malkay Lacrymogene, Kay Bandz, Raccoon, Tyleen, Miles Barnes, Shotto Guapo, Soubillz



Monique LeyracL’une des plus grandes interprètes francophones de sa génération est décédée dimanche matin le 15 décembre 2019 d’une insuffisance cardiaque à l’âge de 91 ans. Monique Leyrac aura chanté les plus grands : Charles Aznavour, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Michel Conte, Émile Nelligan, Félix Leclerc, Luc Plamondon… Rien de moins pour cette grande dame, première artiste de la chanson québécoise à s’illustrer sur la scène internationale, faisant par le fait même rayonner les créateurs de la chanson d’ici.

Que ce soit à l’émission « Pleins Feux » à Radio-Canada ou lors de son passage au Ed Sullivan Show, sur les scènes québécoises ou celles du Massey Hall à Toronto, du Carnegie Hall à New York ou de l’Olympia de Paris, et même en Russie, Monique Leyrac aura mis tout au long de sa carrière son immense talent d’interprète au service de ses collaborateurs auteurs et compositeurs.

Le 16 octobre 2017, le Gala SOCAN la saluait comme il se doit, en lui remettant le Prix Hommage pour l’ensemble de sa carrière. C’est l’un de ses plus grands admirateurs et le plus grand parolier de sa génération, Luc Plamondon qui lui a fait l’honneur de lui présenter ce prix sur la scène de la Tohu, à Montréal.

« Je me trouve privilégiée de l’avoir rencontrée alors que la SOCAN l’a saluée en lui remettant son Prix Hommage en 2017, se souvient la Chef des affaires du Québec et des arts visuels pour la SOCAN Geneviève Côté. Il fallait saluer celle qui avait choisi de mettre son grand talent au service du talent des auteurs d’ici. Ce soir-là, elle nous avait fait rire et avait volé le show. Comme chaque fois qu’elle montait sur scène, je crois. »

Nous vous offrons les images inédites de son charmant discours qui fût l’un des moments marquants de ce 28e Gala SOCAN.

La SOCAN présente ses hommages à cette grande dame de la chanson et ses condoléances les plus sincères à sa famille et ses proches.