Des représentants de la SOCAN ont passé la dernière semaine de mai à Ottawa avec des parlementaires, des sénateurs et sénatrices ainsi que des créateurs et créatrices de musique afin de réseauter et prendre part à des discussions approfondies sur l’intelligence artificielle et l’état de la créativité. Notre événement phare dans la capitale, La SOCAN sur la Colline, met en lumière les nombreuses actions de notre organisation visant à soutenir nos membres et défendre leurs intérêts en transmettant au gouvernement fédéral les tenants et aboutissants de leurs préoccupations actuelles.
Cette année, l’événement avait pour fil conducteur un enjeu qui mobilise de nombreuses institutions : l’IA.
« Musique, IA et l’avenir de la créativité », un panel réunissant Dominique Fils-Aimé, Shad et TALK, a donné lieu à une conversation étoffée sur l’impact de l’IA sur les créateurs et créatrices de musique, notamment en matière de création, de transparence, de droit d’auteur et d’effet de la musique sur son public.
Chaque panéliste a abordé l’IA de son propre point de vue. Pour TALK, il s’agit d’un outil ludique dans sa vie personnelle. Pour Shad, la création musicale est une expérience personnelle et profondément marquante, qui s’accompagne de nombreuses difficultés nécessaires. « J’ai réalisé il y a quelques années qu’il n’y a que quatre ou cinq choses que j’aime vraiment faire, a-t-il dit. Faire de la musique en fait partie. C’est l’une des grandes joies de ma vie que d’avoir la possibilité de créer de la musique. »
Pour le public, la musique crée des parcours et ouvre des voies qui permettent de ressentir et de comprendre des expériences émotionnelles, et même des sensations physiques. « Nous voulons nous assurer que l’art demeure accessible et vécu », a déclaré Dominique Fils-Aimé. « La musique active des zones du cerveau comme pratiquement rien d’autre ne peut le faire. »
Parmi les parlementaires, membres du Sénat et les nombreuses autres personnes qui ont assisté à l’événement figuraient les secrétaires parlementaires David Myles et Madeleine Chenette, ainsi que les sénateurs René Cormier, Réjean Aucoin et Kristopher Wells.
La SOCAN a participé à plusieurs rencontres avec Innovation, Sciences et Développement économique Canada ainsi qu’avec Patrimoine canadien afin de défendre les intérêts de ses membres en ce qui concerne l’encadrement de l’IA qu’elle souhaite voir mis en place. Shad et Fils-Aimé ont également participé à une rencontre avec Patrimoine canadien afin de témoigner de leur expérience de l’IA en création musicale et de ses effets sur leur travail et leur droit d’auteur.
Après La SOCAN sur la Colline, Jennifer Brown, chef de la direction de la SOCAN, a comparu devant le Comité permanent de l’industrie et de la technologie de la Chambre des communes. Elle y a notamment réitéré l’importance que le gouvernement fédéral rejette l’exception proposée en matière d’extraction de textes et de données pour les entreprises d’IA. En résumé, une exception relative à l’extraction de textes et de données permettrait aux modèles d’IA d’être entraînés à partir de contenu protégé par le droit d’auteur sans l’autorisation du titulaire de ce droit. Comme l’a dit Jennifer Brown, « voler, ce n’est pas innover ».
La SOCAN s’est engagée à représenter ses membres dans toutes les discussions sur l’IA, le droit d’auteur et les licences, et à se battre pour que des obligations de transparence soient imposées aux entreprises technologiques afin que les créateurs et créatrices sachent où et quand leurs œuvres sont utilisées