Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de SayWeCanFly, le nom de scène du jeune Braden Barrie, mais beaucoup de gens en ont entendu parler, croyez-nous.

Fervent adhérent à la mentalité « faites-le vous-mêmes », l’auteur-compositeur-interprète de 20 ans a commencé à autoproduire ses chansons de style Emo et les vidéoclips qui les accompagnent à son domicile de Lindsey, en Ontario, et il n’aura pas fallu bien longtemps avant qu’il rejoigne un auditoire de fans de plus en plus nombreux.

Il a désormais plus d’impact sur les réseaux sociaux que de nombreux artistes établis : plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur Twitter et autant de visionnement sur YouTube, sans parler de ses plus d’un demi-million de « J’aime » sur Facebook.

« Entrer en contact avec tous ces gens partout dans le monde depuis toutes ces années grâce aux réseaux sociaux a été vraiment génial », raconte Barrie. « Mais voilà le temps venu de me faire connaître d’une plus grand public et de me présenter à eux en personne. »

Au cours des deux dernières années, il a constamment été en tournée au Canada et aux États-Unis, notamment en se joignant au Vans Warped Tour en 2015. Son premier album, intitulé Between the Roses, paraîtra cet hiver.


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À priori, rien ne destinait Rafael Perez à devenir gérant d’artiste, propriétaire de label et encore moins éditeur. Ce natif de Québec est un peu venu à l’édition par hasard, fruit de rencontres déterminantes qui l’ont mené là où il est aujourd’hui, c’est-à-dire à la tête de Coyote Records, un des labels les plus intéressants au Québec grâce à un flair judicieux et à un catalogue diversifié.

Vous voulez des noms? Karim Ouellet pour commencer, celui par qui tout s’est mis en place, puis Klô Pelgag, Alfa Rococo, Antoine Corriveau, Claude Bégin, Julie Blanche, Félix Dyotte, Millimetrik, Ludo Pin, Peter Henry Phillips, Webster, Francis Faubert et plusieurs autres ont trouvé une niche à leur image chez Coyote Records, autrefois baptisé Abuzive Muzik.

Fort de plusieurs récompenses éloquentes, Coyote Records compte désormais parmi les acteurs les plus influents de la scène culturelle québécoise. « J’ai travaillé principalement dans le hip-hop jusqu’en 2010, au moment où j’ai signé Karim Ouellet et renommé ma boîte Coyote Records, qui était le nom de mon chien », précise Rafael Perez qui a d’abord commencé comme gérant du duo hip-hop Sagacité en 2006 avant de créer l’entité Abuzive Muzik et de devenir la référence hip-hop dans la Vieille Capitale où ce polyvalent touche-à-tout est encore basé aujourd’hui.

Coyote Records Logo« Karim Ouellet correspond au début de Coyote Records tel qu’on la connait aujourd’hui, c’est-à-dire une maison de disque plus généraliste, ouverte à différents styles musicaux bien que le hip-hop y ait toujours sa place. On fait de tout: un peu d’électronique, du reggae, du rock, de la pop, du folk », détaille Rafael Perez. «On s’est monté une écurie qui est assez diversifiée; on édite ainsi toutes sortes d’œuvres dans toutes sortes de réseaux aujourd’hui. On défend des styles qui sont plus populaires sur des réseaux commerciaux, mais on est aussi très présent dans les milieux alternatifs ».

Total néophyte à ses débuts, celui qui se dirigeait d’abord vers la restauration est aujourd’hui devenu un joueur clé de l’industrie du disque, un homme respecté par ses pairs et passionné par son métier, un métier qu’il a appris sur le tas, animé par une détermination sans borne et une passion indéfectible pour la musique en tous genres.

« Au départ, je n’avais aucune idée de ce qu’était l’édition musicale. De fil en aiguille, j’ai commencé à m’y intéresser, de même qu’à la gérance et à la production de spectacles. J’ai suivi des formations à l’ADISQ, je me suis acheté plusieurs livres sur le sujet et c’est tranquillement devenu une passion. C’est à partir de là que je suis entré dans le fabuleux monde de la musique, de la production et de l’édition au Québec. Mais franchement, au début, j’arpentais un territoire complètement inconnu; je n’avais aucune idée de ce qu’était la SOCAN, SODRAC, SOPROQ, Musication, SODEC, Fonds RadioStar… Il y en avait tellement que ça en devenait étourdissant! ».

Humble, Rafael Perez admet qu’il a encore beaucoup à apprendre, mais sa perspicacité lui a jusqu’à présent permis de manœuvrer avec tact et stratégie à une époque où les changements sont rapides et où les acquis d’hier ne cadrent plus nécessairement avec ceux d’aujourd’hui.

« C’est certain qu’il va y avoir une période de chamboulements, mais avec le temps, avec une législation adéquate, on devrait revoir de beaux jours en musique. »

« La principale activité au sein de Coyote Records, c’est l’édition. Vendre des disques c’est de plus en plus compliqué et ça ne va certainement pas s’améliorer avec le temps. Nous, ce n’est pas notre force. Par contre, niveau édition, on se débrouille plutôt bien. Donc on est un éditeur avec une valeur ajoutée et non l’inverse comme c’est le cas dans d’autres maisons de disques ».

Réaliste et pragmatique, le patron de Coyote Records a une vision éclairée sur le métier et les défis qui l’attendent tout en demeurant bien conscient que la tâche ne sera pas toujours facile.

«Il y a beaucoup de défis auxquels l’industrie va devoir faire face. Les médias traditionnels, qui sont une source de revenus importante pour les créateurs et les éditeurs, sont en pleine mutation. Comme pour le disque, que les gens ont de plus en plus délaissé pour se tourner vers l’achat numérique et maintenant glisser vers le streaming, je pense que les auditeurs vont abandonner la radio classique pour peu à peu se tourner vers les radios internet ou satellites. Je crois que toute cette transition-là ne sera pas sans répercussions sur les revenus des créateurs. C’est la même histoire pour la télé.

« Donc la façon de rémunérer les gens change progressivement même si elle n’est pas toujours aussi équitable qu’elle devrait l’être. C’est certain qu’il va y avoir une période de chamboulements, mais avec le temps, avec une législation adéquate, on devrait revoir de beaux jours en musique. À moyen terme ça risque d’être difficile pour les créateurs et éditeurs, mais à long terme je suis confiant. »


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Centre Bell, le 9 mai 2003. Au deux tiers du spectacle de Ginette Reno, Jean-Pierre Ferland s’amène sur scène pour chanter en duo Un peu plus haut, un peu plus loin. Dans le contexte de cette série de prestations visant à célébrer trois décennies (1960, 1970, 1980) de succès de l’interprète féminine, l’interprétation commune prend des allures d’événement.

Assis au siège 5 de la rangée M de la section 123, je me dis que l’invité surprise aurait pu venir faire un tour lors du spectacle du lendemain, celui comprenant les tubes des années 1970 de Ginette Reno. Après tout, c’est durant cette décennie que la chanteuse a fait sienne le classique de Ferland. Mais il n’y avait pas maldonne historique, puisque la chanson est bel et bien née durant les années soixante.

Destin peu ordinaire, en vérité, que ce titre de Ferland, désormais monument de la chanson québécoise. Une chanson qui aura connu plus d’une vie, deux appellations officielles, plusieurs interprètes et dont la signification aura évolué au fil des ans. Retour en arrière.

Comment nait une chanson à succès bien de chez nous? Parfois, en voyant le jour à l’étranger.

« Je voulais que ce soit un hymne à l’espoir. Une chanson, c’est l’état d’âme de son auteur.»

« Elle a été composée et écrite dans une petite chambre d’hôtel modeste du 8e arrondissement, à Paris », se souvient Ferland.

Jean-Pierre FerlandEn 1969, l’auteur-compositeur et interprète est sous contrat chez Barclay. À l’origine, la chanson se nomme Un peu plus loin. Elle sera le titre du 33 tours du même nom (Barclay 80050, Paris, 1969), qui comprend Les femmes de 30 ans et Qu’êtes-vous devenues?

La chanson se retrouve sur la compilation Les grands succès Barclay de Jean-Pierre Ferland (Barclay 75005) trois ans plus tard, mais elle n’a pas droit à une diffusion 45 tours et sera éclipsée par d’autres succès de Ferland de l’époque. Je reviens chez nous, 45 tours de juin 1968, s’avère être un succès bœuf et deviendra une chanson phare. Et l’album Jaune, qui voit le jour l’année suivante (décembre 1970), lance Ferland de plain-pied dans les années 1970.

L’artiste a toutefois une autre explication à fournir pour justifier l’absence de succès d’Un peu plus loin à sa naissance.

« La chanson n’a pas eu une grande carrière solo. À l’origine, j’avais enregistré ça avec un gros orchestre. Ça ne marchait pas. Quand on a commencé à la chanter de façon plus pop (après une nouvelle version studio en 1972) et même avec un penchant pour le rock, les gens l’on redécouverte. »

La chanson avait pourtant trouvé son chemin sur les planches. Renée Claude, qui interprétait des titres de Ferland depuis qu’elle avait repris Feuille de gui en 1962, chantait régulièrement Un peu plus loin. C’est toutefois lors des festivités de la Fête nationale de 1975 que la chanson allait renaître.

Le 24 juin (anniversaire de Ferland), le principal intéressé est au centre d’un spectacle sur le Mont Royal qui comprend Ginette Reno, Renée Claude, Emmanuelle, etc.

« Ginette revenait de son périple aux États-Unis, se souvient Ferland, qui avait enregistré T’es mon amour, t’es ma maîtresse avec elle l’année précédente. Elle avait un peu l’impression d’avoir raté son coup. C’est elle qui a demandé à chanter Un peu plus loin. Elle trouvait que c’était une « bonne chanson pour sa rentrée ». Moi, j’ai demandé à Renée Claude de lui céder sa place. Renée a été extrêmement généreuse de le faire et on connaît la suite. »

La suite, c’est cette interprétation désormais mythique de Un peu plus loin de Ginette Reno devant des centaines de milliers de personnes. Interprétation qui a fait époque et qui subjugue encore quand on la revoit sur film ou sur YouTube.

C’est aussi l’instant où la chanson de Ferland a pris un tout autre sens, où elle est devenue autre chose pour le public. Ce qui était une chanson d’amour blessé est devenu un hymne à l’espoir et à l’émancipation d’un peuple dans un contexte politique explosif.

« Contrairement à ce que tout le monde pense, c’est une chanson de séparation, assure Ferland. Je venais de vivre une rupture douloureuse et c’était la manière de me consoler personnellement. Mais je ne voulais pas que ce soit une chanson triste et je ne voulais surtout pas être trop braillard. Je voulais que ce soit un hymne à l’espoir. Une histoire est finie et tu vas vers autre chose. Une chanson, c’est l’état d’âme de son auteur. Mais une chanson peut avoir plusieurs niveaux de lecture : chanson révolutionnaire, chanson d’amour, chanson de rêve… »

Ironiquement, Ferland n’a jamais cru qu’Un peu plus loin allait être un succès, lui qui l’a interprétée avec Mireille Mathieu, Ginette Reno et Céline Dion.

« Je n’ai jamais pensé que ça pouvait être un succès. Le petit roi non plus, d’ailleurs. Alors que Je reviens chez nous, je savais que ça allait être un hit dès le départ. »

Aujourd’hui, on parle d’Un peu plus haut, un peu plus loin quand on évoque la chanson. Elle a d’ailleurs été immortalisée ainsi au panthéon des auteurs-compositeurs canadiens. Comme quoi, un titre d’auteur peut devenir avec le temps une grande chanson pop et voir son appellation modifiée en raison de sa reconnaissance populaire.


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