LOUD

La vague de fond provoquée par la sortie d’Une année record, premier album solo du rappeur Loud fin 2017, n’est pas prête de s’essouffler si l’on en croit la frénésie qui accompagne ses concerts à guichets fermés et le buzz grandissant sur le Web. Sur la planète rap Québ, 2018 sera certainement l’année de la consécration pour cet auteur-compositeur-interprète d’une polyvalence à toute épreuve s’étant révélé au sein du trio Loud Lary Ajust. La France le réclame aussi, là où son album paraîtra en magasin grâce à un partenariat avec une filiale de Universal. Bref, il se dirige tout droit vers une année record !

 

 

 

 

 

ELI ROSE

Pour celle qui s’est fait connaître au sein du duo pop Eli et Papillon, sa participation au premier Camp d’écriture Kenekt Québec de la SOCAN en 2016 a littéralement changé son parcours. Grâce à Kenekt, elle a fait la rencontre de Marc Vincent (Ruffsound), Mike Clay de la formation Clay and Friends et Étienne Dupuis-Cloutier (DRMS), auxquels s’est ajouté Jeff Marco Martinez Lebron (Realmind), pour former le noyau dur d’une nouvelle proposition pop urbaine, hybride irrésistible de sonorités pop et hip-hop, dont le simple « Soleil » paru l’été dernier n’est que l’étincelle. Et ce cocktail explosif prépare sa déflagration en 2018 non seulement ici, mais également outremer où le projet d’Eli Rose suscite déjà beaucoup d’intérêt.

 

 

 

GEOFFROY

Auteur-compositeur et multi-instrumentiste montréalais, Geoffroy est l’exemple parfait qu’une stratégie de développement du marché international fait avec acharnement et conviction finit toujours par porter ses fruits lorsque l’on a en main une proposition musicale forte. Depuis la parution de son premier album de pop électronique sophistiquée Coastline en 2017, il a traversé plusieurs fois les océans et les frontières et y a pris goût. Au point où son agenda 2018 se remplit à vue d’œil d’engagements européens, américains et canadiens. Du temps sera aussi aménagé à l’écriture et la production de nouveau matériel qui devrait ravir nos oreilles dès le printemps prochain, en apéritif à un deuxième album à venir fin 2018, début 2019. Résolument à surveiller sur nos radars.

 

 

 

SEAN LEON

Le prolifique rappeur et réalisateur torontois Sean Leon possède une palette artistique et une vision limpide qui le démarquent du lot, sans parler de son style en constante évolution. En 2012, il a fondé un collectif artistique baptisé IXXI, ou The Initiative, et le projet a porté ses fruits avec la percée de son collègue et ami Daniel Caesar. L’amour inconditionnel et obsessif de Leon pour la musique s’entend dans ses chansons et il fait fréquemment des choix esthétiques dans sa musique qui la rend d’autant plus puissante et touchante. Originaire d’Ajax, en banlieue est de Toronto, il a décroché au secondaire pour se consacrer entièrement à la musique, passant très souvent jusqu’à 20 heures consécutives en studio. Il est sûr de lui, effronté, voire arrogant, et son nouveau projet audio/vidéo CCWMTT, lancé fin 2017, s’annonce être le tremplin qui lui apportera le succès commercial en 2018.

 

 

BÜLOW

Bülow est une jeune artiste de 17 ans qui terminera bientôt son éducation secondaire aux Pays-Bas et qui prévoit ensuite s’installer au Canada. Née Megan Bülow, elle a également vécu en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis et elle a commencé à jouer dans les rues de Londres alors qu’elle n’avait que 11 ans et elle a été découverte lors d’un camp d’été en 2016. Son premier simple, « This is Not a Love Song » a cumulé des milliers d’écoutes sur SoundCloud et a figuré dans des listes d’écoute sur Spotify, malgré le fait qu’elle est essentiellement inconnue du public. Après avoir écrit et enregistré avec des producteurs à Toronto, Londres et La Haye, Bülow a lancé son tout premier EP de trois chansons, Damaged Vol. 1, à saveur electro/R & B/pop pétillante et accrocheuse, mais tout en subtilité, qui ont commencé à attirer beaucoup d’attention. Récemment mise sous contrat par l’étiquette canadienne Wax Records, ses chansons d’une grande honnêteté ont déjà reçu des critiques dithyrambiques et des milliers d’écoutes.

 

JOE COUPAL

Dès sa sortie de l’université, Joe Coupal s’est trouvé un emploi chez Eggplant LF, une boîte torontoise de musique et de postproduction audio primée où il était responsable du montage d’œuvres musicales et de trames sonores de séries télé. Après de nombreuses années à monter, mixer et arranger de la musique à l’écran écrite par d’autres compositeurs, Coupal a saisi une occasion de soumettre une de ses propres œuvres. Le fait qu’il ait remporté sa première soumission pour la populaire série Netflix True and The Rainbow Kingdom dont l’équipe de création incluait la compagnie de Pharrell Williams i am OTHER (sic) — témoigne de son immense talent. Après avoir remporté cette soumission avec une chanson qui incite à l’action (« The Wishing Tree Song »), l’équipe créative de True, impressionnée, a demandé à Coupal et Eggplant de soumissionner pour le thème musical de la série. Son travail lui a valu le premier prix dans la catégorie animation de l’édition 2017 du Prix pour les jeunes compositeurs à l’écran de la Fondation SOCAN. Son succès ne se dément pas depuis et s’annonce toujours en pleine ascension pour 2018.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Exco Levi a remporté cinq prix JUNO pour le meilleur enregistrement reggae au cours des six dernières années, une réussite enviable s’il en est, pourtant, il n’est pas encore très connu du grand public. Et personne ne trime plus dur pour que cela change qu’Exco Levi lui-même.
« Il nous faut comprendre la vie et réaliser que celle-ci, en soi, est un défi », de dire M. Levi, né Wayne Levy dans la petite bourgade de Harmons, dans la paroisse jamaïcaine de Manchester. Dans ses chansons, il est généralement positif, même lorsqu’il doit affronter des réalités plutôt dures. « Rien n’est facile, il faut toujours trimer dur… Être un musicien reggae au Canada est un combat de tous les instants… Mais malgré tout, il est possible de projeter une énergie positive. »

Cette attitude optimiste vient tout naturellement à Levi. Il est arrivé dans le monde de la musique par le biais du gospel, alors qu’il chantait des hymnes dans une chorale et, désormais, en tant que Rastaman, il chante des chansons reggae le plus souvent ancrées dans le commentaire social et les questions spirituelles ou philosophiques, comme en font foi quelques-unes de ses chansons comme « Bleaching Shop » (2012), « Storms of Life » (2013), « Strive » (2014), « Welcome to the King » (2015) et « Siren » (2017).

Son nouvel album, Narrative, suit le même parcours constructif et propose des pièces allant du melliflu « lovers’ rock » de la pièce « Feel Like Dancing » au « roots » engagé de « Old Capital » en passant par l’hymne antiguerre « Frontline Soldier ». « Burn » — mettant en vedette la vedette du reggae Sizzla — n’est pas sans rappeler « Burnin’ and Lootin’ » de Bob Marley, tandis que le refrain de « Don’t Cry » cite sa célèbre « No Woman No Cry », et que « Maga Dawg » évoque la pièce du même nom de Peter Tosh. Mais si vous tentez de convaincre Levi qu’il est l’héritier naturel de ces pionniers, il refusera promptement le compliment.

« J’en fais partie », dit-il. « Je ne veux pas dire moi seulement, car ce serait égocentrique. Le reggae n’est pas une musique égocentrique, c’est un mouvement populaire. Il y a tant d’artistes encore aujourd’hui qui portent le flambeau de Bob Marley et Peter Tosh. Ils ont tracé le chemin pour nous et nous ne sommes que les messagers de leurs paroles, de leur époque à la nôtre. »

De même, si vous avancez que Levi — qui a joué partout à travers l’Europe, à Dubai, au Zimbabwe, au Malawi et j’en passe — est un des grands ambassadeurs du reggae, il s’empressera de partager ce titre avec d’autres.

« Je ne suis pas seul », dit l’homme qui réside à Brampton, en banlieue de Toronto. « Je suis reconnaissant d’avoir eu la chance de pouvoir jouer dans toutes ces régions du monde… et il y a tant d’artistes reggae qui ne sont pas de la Jamaïque : Alpha Blondy [Afrique du Sud], Gentleman [Allemagne], Alborosie [Italie]. Il y a des artistes qui gardent cette majestueuse vibration spirituelle en vie partout à travers le monde. C’est un réel honneur pour moi de faire partie de ça. »

Quant à son talent d’auteur-compositeur, Levi souligne que son travail est en très grande partie purement instinctif et c’est souvent la cadence du rythme – ou du « riddim » en patois jamaïcain – qui dicte la direction d’une pièce.

« Parfois, lorsqu’on entend un “riddim”, il contient automatiquement son propre message. »

« Nous participerons bientôt à un projet et ils nous ont demandé des partitions », explique l’artiste. « Le reggae c’est une musique qui se joue au feel… Je peux affirmer que 75 pour cent des musiciens de la Jamaïque n’ont jamais une partition. On joue au feel, on joue nos émotions. C’est ce qui rend le reggae différent. »

« Parfois, lorsqu’on entend un “riddim”, il contient automatiquement son propre message. Par exemple, lorsque j’ai entendu le “riddim” de “Feel Like Dancing”, il me l’a dit… Pareil pour “Maga Dawg”, j’ai entendu son “riddim”, et il m’a dit ce dont il avait besoin… Puis, pour la strophe suivante, c’est votre tour de dire au “riddim” ce qu’il doit faire. »

Levi se laisse porter par ses « riddims » aussi loin que ceux-ci le veulent, car il est aussi travaillant qu’il est à la fois humble et ambitieux. Au moment d’écrire ces lignes, il tente d’obtenir une prestation télévisée dans le cadre des JUNOs, l’un de ses objectifs pour 2018.

« Rien de ce qui arrive à Exco Levi dans le monde de la musique ne me surprend », dit-il. « Toute ma vie est comme un déjà vu. Depuis ma tendre enfance, je vois tout ce qui va m’arriver. Tous mes JUNOs, je les voyais lorsque j’étais enfant, en Jamaïque. Je voyais de grandes choses. »

« En vérité, peu importe votre objectif, si vous ne le voyez pas ici », dit-il en pointant sa tête, « vous ne le verrez pas dans le monde physique. Il faut le voir et travailler pour y arriver. »


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Au bout du fil dans le 819, Denis Massé est heureux de partager avec P&M les vingt ans d’existence du groupe Les Tireux d’Roches, fondé au café-chanson La Pierre Angulaire à Ste-Élie-de-Caxton, en 1998. Café dont il était alors propriétaire. Un jeune Fred Pellerin de seize ans y passait le balai, mais surtout, y présentait sous forme de conte, les quelque cent spectacles par année qu’on y présentait.

Les Tireux d’Roches

« C’était construit à même une falaise. Dans le fond d’un rang. Le café avait son journal et Fred le distribuait aux environs du village dans une soixantaine d’endroits avec sa petite Honda. C’était une belle époque pour posséder un café-chanson : Pierre Calvé, Pierre Létourneau et Bertrand Gosselin pour ne nommer qu’eux, effectuaient leurs retours ».

Six albums plus tard, plus de mille spectacles ici, en Europe et en Asie, Les Tireux d’Roches et ses cinq membres persistent à faire connaître les chansons du folklore québécois. Le terreau est toujours aussi fertile.

« La source est inépuisable, admet Massé. On tient à ces petits trésors de mémoire. Moi, j’habite en milieu rural, et sur le chemin vers chez nous il y a une femme de 87 ans qui voulait me chanter les vingt-et-une chansons qu’elle connaissait de mémoire, parce que son père les lui chantait aussi de mémoire. J’ai tout enregistré ça et on en retrouve une sur notre dernier album Tarmacadam.

Chaque région du Québec a des répertoires enfouis. Mais Lanaudière, région trad par excellence, c’est un cas à part : St-Côme est le village de la chanson traditionnelle au Québec. Je pense que chaque maison a un répertoire de chansons. André Marchand (Les Charbonniers de l’enfer) et Yves Lambert (La Bottine souriante), ont mis en lumière ces trésors-là ».

Davy Hay Gallant, connu pour son travail de réalisation pour le Cirque Éloize, pour sa direction artistique du Mondial des Cultures et pour son rôle de guitariste avec le groupe fransaskois Hart Rouge (1995-2005) et avec Chloé Sainte-Marie a mis à profit son studio de Drummondville, Dogger Pound. « D’habitude, on enregistre dans un chalet, on fait nos affaires tout seuls. À priori, nous n’étions pas chauds à l’idée qu’un réalisateur entre dans notre monde, mais avec Davy, ç’a été instantané, la connexion fut immédiate. On est arrivé dans son studio avec des tounes déjà arrangées, déjà prêtes. D’habitude, un réalisateur met sa griffe sur cet aspect fondamental de création ; on l’a un peu désarçonné. Là où il a brillé, c’est avec ses talents de multi-instrumentiste, on entend plein de nouvelles sonorités grâce à lui ».

« Chaque album des Tireux d’Roches est toujours un peu déroutant, continue Massé. On n’a jamais de direction précise. Mais cette fois-ci, on voulait une saveur plus près de nos racines, ancrée dans le terroir. On compose beaucoup aussi à un point tel que le monde ne fait plus la différence entre une chanson du domaine public ou une nouvelle de notre cru ».

Mais c’est hors du studio que la magie opère : « on existe pour la scène, on a quasiment une attitude rock avec des instruments acoustiques dans les mains. Inévitablement, l’énergie dégagée amène le public hors Québec à embarquer même si les paroles des chansons leur sont incompréhensibles. Même si on est beaucoup dans le métissage, ça reste de la musique du terroir québécois et les gens le ressentent bien, même s’ils sont Chinois Allemands ou Espagnols. Et c’est très festif bien entendu… »

Ironiquement, c’est souvent loin du Québec que le groupe tire ses inspirations. Les pauses entre deux spectacles durent souvent plusieurs jours. « On se loue une maison dans les montagnes ou sur le bord de la mer, on est en circuit fermé et on travaille continuellement. Nos séances de création les plus significatives se passent en tournée, un scénario que se répète quatre à cinq fois par année ».

« C’est le temps qui façonne la complicité des Tireux d’Roches conclut Massé. En tournée, c’est deux heures de spectacles et vingt-deux heures à passer continuellement ensemble. Heureusement, on s’entend bien ! »

Massé traîne un autre spectacle dans sa manche : Henri Godon, chansons pour toute sorte d’enfants (en tandem avec Jeannot Bournival, aussi de Ste-Élie), projet qui tourne beaucoup en Europe. « Je crois beaucoup au métier d’auteur-compositeur pour enfants ».

 


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *