Maylee Todd est une auteure-compositrice-interprète, musicienne, artiste de performance, productrice et bombe créative canadienne. Sa chanson « Baby’s Got It » a atteint la 10e position des palmarès radio à Tokyo, au Japon, où elle connaît un immense succès, donnant notamment une prestation au Billboard Live Tokyo ainsi que dans d’autres prestigieux festivals internationaux comme les Trans Musicales en France et le festival C/O Pop, en Allemagne. Sa musique est très variée et elle touche à la pop, à l’Indie rock, au soul, au jazz, à la musique électronique, à l’expérimental et même à la bossa-nova. Elle a un faible pour les instruments exotiques et les séquenceurs, et ses prestations démontrent son talent tant pour la comédie que les arts dramatiques. Le 3 novembre 2017, Todd lançait son troisième album, Acts of Love. Dans cet article, elle partage point par point ses conseils inspirés de sa propre carrière.

Œuvrer comme artiste conceptuelle multimédia, productrice et musicienne signifie que je dois porter plusieurs chapeaux. Je produis mon propre travail et je crée des spectacles concepts qui bonifient la musique à l’aide de mapping vidéo, de waccking, d’installations et de thérapie interactive. Je m’intéresse à l’expérience humaine et souhaite avoir un impact culturel positif grâce à la psychologie, à la spiritualité et à la conscience de soi comme thèmes centraux de mes spectacles.

Qu’est-ce que ça signifie être en vie ? Est-ce que je veux vivre ma vie par dessein ou par défaut ? Si je suis trop réaliste, je sais que je ne serai pas en mesure de contrôler mes expériences, mais je serai en mesure de guider ma vie dans une direction qui a du sens pour moi. Avec cela en tête, je me dois d’être intrépide à plusieurs chapitres. Je ne peux pas avoir peur de présenter du travail qui serait soi-disant « pas assez bon ». L’expression créative et l’authenticité sont l’avenir de l’humanité.

Voici quelques-uns de mes outils de navigation qui m’ont servi dans cette industrie :

Voir les opportunités
Il y a plein d’opportunités, il suffit d’avoir la bonne lentille pour les voir. J’ai demandé à faire partie d’un jury du Conseil des Arts du Canada afin de mieux comprendre comment le système de bourses fonctionne. J’ai travaillé dans un magasin d’instruments de musique pour bien comprendre comment les pédales d’effets fonctionnent, et j’ai pris un café avec des gens de l’industrie afin de connaître leurs expériences et peut-être même travailler pour eux, bénévolement ou non.

Soyez vraiment vous même
Votre authenticité a une valeur. Il y a une tonne de gens dans ce monde, certains sont plus intelligents, d’autres plus talentueux, d’autres plus riches. Qu’est-ce qui vous distingue ? Votre expérience unique, votre style unique et votre perspective unique.

Développement
Je crois qu’il est important de comprendre vos forces et vos faiblesses lorsque vous les développez. J’adore le fait que Michael Jackson ait fait appel à plusieurs auteurs sur Off the Wall tout en continuant à développer ses propres aptitudes en écrivant et réalisant quelques-unes des pièces de l’album. Vous pouvez tout à la fois demander de l’aide, collaborer et vous développer en tant qu’artiste.

Contrats
Les contrats doivent être clairs et concis, ils ne doivent laisser place à aucune supposition. Je « booke », présente mes idées et collabore avec de nombreuses personnes, festivals et salles. Les possibilités de mauvaise communication et de suppositions sont nombreuses. Voilà pourquoi un contrat est préférable. J’essaie toujours d’être très claire dans mes courriels, mais même là, les choses peuvent devenir brouillonnes. J’évolue dans cette industrie depuis assez longtemps pour savoir que même entre amis, il y a parfois des problèmes de communication. Tout le monde avec qui j’ai travaillé a été merveilleux, a compris le processus, saisi le portrait global et ce qu’il y a de mieux pour le projet. J’ai collaboré avec des centaines de personnes, et pourtant je peux penser à peut-être cinq personnes qui ont représenté un défi et occupé mon espace mental. Avec un contrat, tout est clair et net ; la description de tâche, les conditions et le paiement.

La bullshit au sujet du sexe ou de la race
Ce problème est réel et il me donne envie de vomir. Certaines personnes ont choisi de fonctionner avec leur propre sens de la hiérarchie. Ils font fi d’années d’expérience, de talent et de travail acharné au profit de leurs problèmes personnels face à la race ou au sexe. Sortez de là. Ça ne vaut pas le coup.

Utilisez la puissance de votre intelligence
J’ai animé un atelier pendant 10 ans qui s’intitulait The Power Of Wit. Je ne pouvais pas me permettre de dénoncer la misogynie, sans quoi on me congédierait, alors j’ai développé une tactique. Il s’agit simplement, lorsque vous croisez le chemin d’un misogyne en situation de pouvoir, de leur laisser savoir, avec un petit commentaire bien placé, que vous détenez toujours votre propre pouvoir sans qu’il se sente menacé. Je sais, c’est bizarre comme tactique. Mais elle m’a toujours servie quand je devais naviguer dans des eaux patriarcales. Mais pour vrai : dites-leur simplement ce qu’ils sont. Nous ne sommes plus dans les années 80 ou 90. Nous sommes en 2017.

Éparger/Argent
J’essaie de toujours investir dans des projets auxquels je crois, et je prends plus de risques financiers. Cela peut paraître impossible, surtout si vous n’avez pas beaucoup d’argent. J’ai ouvert un compte d’épargne exprès pour des projets artistiques. C’est incroyable la quantité d’argent que je peux dépenser sur des objets qui ne m’apportent aucun sens ou aucune substance. Prioriser m’a beaucoup aidé. À chaque fois que je suis payé pour une prestation, je mets une partie de cette somme dans ce compte d’épargne, même si ce n’est pas grand-chose.

Utilisez les cartes de crédit avec bénéfices
Les systèmes de points sont super ! Ma carte de point m’a permis de payer l’épicerie, des billets d’avion et une imprimante. Je paye beaucoup d’achats avec mes cartes et je les paie aussitôt afin d’éviter de m’endetter.

Improvisez
Les circonstances changent et les choses ne vont pas toujours comme on le souhaite. Tout comme l’évolution naturelle, il faut savoir s’adapter aux circonstances. Il est impossible de tout contrôler et, parfois, ces changements sont de véritables cadeaux. Servez-vous-en.

Gérez votre temps
J’ai été entraîneuse personnelle pendant 10 ans et j’entendais toujours la même excuse : « Je n’ai juste pas le temps. » Ces gens ne priorisaient tout simplement pas leur temps. Et c’est OK. Mais vous ne pouvez pas utiliser cette excuse si vous passez cinq heures par jour sur Netflix ou les réseaux sociaux. Même avec seulement deux minutes par jour, vous pouvez travailler sur vos gammes à la guitare. Ou même une minute pour accorder votre instrument et une minute sur vos gammes. Tout s’additionne en fin de compte.

Patience et persévérance
Je sais que je vais y arriver, peut-être pas la semaine prochaine, peut-être pas l’an prochain, peut-être me faudra-t-il des années. Mais je vais y arriver. Cela vaut pour tous les aspects de votre vie.

En fin de compte
Tout est du travail. C’est recommencer une production sans fin. C’est écrire 100 blagues par jour et il n’y en a qu’une seule qui est vraiment drôle. C’est se pratiquer avec un objectif. Chaque spectacle est une répétition pour le prochain. La vie est un travail en cours. Vérifier les données et vous assurer qu’elles correspondent à votre système de valeurs est important. Mon mantra est : vivre sa vie par dessein et pas par défaut, tout en trouvant le juste équilibre dans l’art de s’adapter.


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Le temps des fêtes est de retour et j’ai remarqué que nous avons tous nos propres déclencheurs à son sujet. J’entends par là ces petites choses qui font que nos pensées, notre esprit et notre corps (ces livres en trop qui nous tombent inévitablement dessus) savent que le temps des fêtes est bel et bien là. Que ce soit l’arrivée des mokas à la canne de Noël chez Starbucks, l’apparition des vendeurs de sapins dans les stationnements, ou Walmart qui sort ses décorations de Noël et de la Hanukkah. Pour un grand nombre d’Américains, le temps des fêtes débute carrément le lendemain de Thanksgiving.

Mais pour moi, c’est la musique. Une chanson en particulier, même : « Simply Having a Wonderful Christmas Time » de Paul McCartney. Même l’arbre du Rockefeller Center n’a pas sur moi l’impact qu’a ce synthé rétro qui ouvre la chanson.

Dans le domaine des chansons de niche, les chansons de Noël sont vraiment le cadeau qui donne sans compter. Contrairement à un « hit » sur Billboard qui cartonne puis tombe dans l’oubli et ne sera plus joué qu’à l’occasion, et de moins en moins au fil du temps, une chanson de noël qui devient un « hit » vous rapportera gros année après année, à peu près aussi gros que les immenses sacs de cadeaux avec lesquels le Grinch dévale la montagne à la fin de ce merveilleux conte de noël.

Je ne peux pas vous donner de chiffres, évidemment, mais je peux vous dire que mon expérience en tant qu’éditeur m’a permis de connaître le genre de revenus que ces chansons génèrent. Je me souviens particulièrement de la fois où j’ai failli mettre la main sur les droits de « Feliz Navidad ». L’entente de coédition de cette seule chanson valait des millions. Ces chansons jouent non seulement sans arrêt à la radio, mais elles le sont année après année, tel le fantôme des Noëls passés. Elles engendrent également des revenus et trouvent un auditoire grâce aux compilations et listes de lecture du temps des fêtes, sans parler de leur apparition dans des émissions de télé et des films tout au long de la saison. Même les chansons de Noël qui ne tournent pas à la radio finissent au grand et au petit écran.

C’est avec cette idée en tête que je me suis dit que c’était un bon moment pour partager avec vous quelques conseils sur le monde des synchronisations à l’écran (les « synchs ») et des superviseurs musicaux. Pourquoi ? Parce que les chansons de Noël sont souvent l’exemple que j’utilise pour expliquer aux créateurs la bonne manière de présenter leur travail pour une utilisation à la télé ou au cinéma. Voici comment.

On me demande souvent « comment puis-placer mes pièces à la télé ou au cinéma et les présenter à un superviseur musical si je n’ai pas un éditeur ou un gérant ? C’est impossible. » C’est totalement faux, et moi-même j’y croyais quand j’étais compositeur. À vrai dire, la majorité des conseils que je prodigue à nos membres sont basés dans mon expérience en tant qu’auteur-compositeur professionnel attitré. Ce n’est pas parce que de votre point de vue de créateur, toute personne en position d’autorité est en quelque sorte une gardien du palais que vous n’avez plus aucun levier de négociation. C’est la trop répandue notion d’autocritique des créateurs de musique qui leur fait oublier cela. Vous êtes la solution à leur problème. Écrire une bonne chanson n’est pas une mince affaire. Les grandes chansons sont rares et, dans le monde de la supervision musicale, une « grande » chanson est souvent celle qui convient le mieux à une scène.

Alors, comment fait-on pour soumettre notre musique pour la télé ou le cinéma ? Vous venez de mettre la touche finale à une pièce que vous croyez magnifique et vous vous dites, bien entendu, qu’elle conviendrait à merveille à une série télé ou à un film. L’erreur que font beaucoup de créateurs est de l’envoyer à tous les superviseurs musicaux qu’ils connaissent. En réalité, cette chanson ne convient probablement pas plus qu’à deux ou trois productions, et c’est là que réside votre levier de négociation. Faites vos recherches. Communiquer avec un superviseur musical quand vous n’avez aucune idée des projets sur lesquels ils travaillent nuira à votre relation avec celui-ci. Approcher un superviseur avec une bonne connaissance de ses projets en cours et lui présenter une chanson qui puisse véritablement cadrer avec ceux-ci vous permettra d’établir une relation saine et solide. Ce qu’ils cherchent, c’est une chanson qui les aidera à résoudre le problème de trouver la bonne pièce pour chaque scène.

Approcher un superviseur avec une bonne connaissance de ses projets en cours et lui présenter une chanson qui puisse véritablement cadrer avec ceux-ci vous permettra d’établir une relation saine et solide.

Revenons à notre exemple de la musique de Noël. C’est l’exemple parfait de soumissions ciblées et bien informées pour la télé et le cinéma. Pour faire une soumission de manière adéquate, vous devez :

  • N’oubliez pas que les films et épisodes télé du temps des fêtes sont tournés en juin ou juillet, pas en décembre. Si vous écrivez pour le temps des fêtes, faites-le tôt en début d’année afin d’avoir un résultat fini avant l’été.
  • Visitez IMDB ou, encore mieux, IMDB Pro et effectuez une recherche avec les mots Christmas, Hanukkah, Holiday, et ainsi de suite. Les résultats seront toutes les productions contenant ces mots clés dans le titre.
  • Passez-les en revue et identifiez ceux qui indiquent « in production » et/ou l’année pour laquelle vous souhaitez soumissionner. Cela signifie que la production de ces projets est en cours en prévision de la prochaine saison des fêtes.
  • À partir de leurs fiches respectives, vous trouverez les noms et coordonnées (IMDB Pro propose la majorité des coordonnées) des superviseurs musicaux rattachés au projet.
  • Vous voilà maintenant avec une liste des superviseurs qui sont à la recherche de chansons de Noël.
  • Écrivez leur un bref et poli courriel au sujet du projet sur lequel ils travaillent et que vous avez justement une chanson qui pourrait fonctionner, s’ils sont intéressés à l’entendre. N’envoyez PAS de fichier mp3. Offrez-leur de leur envoyer un lien, s’ils le souhaitent. Neuf fois sur 10, cette approche non intrusive et éduquée sera appréciée et on vous donnera votre chance.

Bien qu’il s’agisse d’un exemple très spécifique, il s’applique à tout le secteur des synchronisations. Regardez plein de films et de séries télé. Soyez honnête avec vous-mêmes. Votre musique convient parfaitement à tout au plus une ou deux productions. Identifiez-les et, avec les bonnes informations en main, faites vos démarches.

Ces conseils sont le cadeau que je vous offre en ce temps des fêtes. Je vous mets au défi, une fois en janvier, de vous remettre dans l’ambiance des fêtes et d’écrire cette chanson de Noël qui deviendra un classique.

Voici une de mes préférées de cette année, « Another Log on the Fire » des Darcys. Je vous souhaite de très joyeuses fêtes !

Originaire de Terre-Neuve, l’auteur et compositeur de renom Chad Richardson est arrivé à la SOCAN en 2014 à titre de directeur général de la SOCAN à Los Angeles avec plus de 20 ans d’expérience dans les industries de la télévision, du spectacle et de la musique. Il a notamment été directeur de création pour ole à Los Angeles où il a joué un rôle crucial dans la mise sous contrat de Steven Tyler, Timbaland et Clare Reynolds (alias Lollies). Il est également membre du Canadian Cultural Advisory Council de L.A. et il possède une vaste expérience en soumission de chansons aux superviseurs musicaux et en placement de pièces à la télévision, en critique et orientation de chansons ainsi qu’en planification d’opportunités de co-création au sein de l’industrie. Chad est également responsable du programme de camps de création de la SOCAN, ayant à ce jour participé à 18 de ces camps partout dans le monde, de la Suède à la Grèce en passant par le Nicaragua et Londres.

 


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Le blogueur Bob Lefsetz est un des plus grands experts de l’industrie de la musique. Dans sa très populaire infolettre indépendante The Lefsetz Letter, il partage ses opinions aussi vivantes qu’iconoclastes sur la musique et l’industrie. Lefsetz a bâti sa réputation d’une des voix les plus influentes de l’industrie grâce à son sens critique acéré et ses idées avant-gardistes. Tous ses écrits sont accessibles en ligne, ou par courriel, gratuitement ; c’est à travers ses conférences et sa rédaction pour d’autres publications qu’il gagne sa vie.

Son récent billet « How to promote » est un exemple type : d’une honnêteté brutale et réaliste, il décrit néanmoins un excellent résumé de l’approche dont devraient bénéficier tous les membres de la SOCAN qui ont une carrière musicale. Lefsetz y traite notamment de la distribution progressive de votre musique et de la compilation de statistiques, de l’importance de jouer devant public et de prendre son temps, et de ne se bâtir une équipe que lorsque cela devient sensé.

Vous pouvez lire son billet « How to promote » ici.

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