Pour plusieurs créateur·trice·s de musique, le domaine de l’audiovisuel est encore rempli de mystères. Comment arrive-t-on à se tailler une place dans le monde de la musique à l’image, une discipline qui gravite autour de plusieurs équipes (cinéaste, scénaristes, copies, instrumentistes, etc.) et énormément de savoir-faire? Pour quelques jours, les rouages de la composition à l’image se sont dévoilés à l’École de musique de l’Université de Sherbrooke.
C’est là que 16 compositeur·trice·s en provenance d’un peu partout au pays ont vécu l’expérience complète de la création musicale pour l’écran, dans le cadre du Labo de musique à l’image, présenté par la Fondation SOCAN, la SOCAN, et en collaboration avec l’École de musique de l’Université de Sherbrooke. À partir de quatre scènes tirées du court-métrage Dormance, coréalisé par l’actrice et scénariste Alexa-Jeanne Dubé, les 16 participant·e·s ont plongé au cœur d’un processus où chaque note doit trouver sa place dans une histoire déjà en mouvement.
Pour les accompagner, le Labo réunissait des mentor·e·s reconnu·e·s du milieu: les compositeur·trice·s Robert Kraft, Erica Procunier et Jérémie Corriveau, ainsi que la réalisatrice Alexa-Jeanne Dubé.
Tout juste avant de prendre la route, c’est une présentation de la SPACQ-AE qui accueille le groupe à Montréal. Puis, direction Sherbrooke! Dès les premières heures sur leur lieu de travail pour la semaine, les compositeur·trice·s ont présenté leurs premières ébauches lors de rencontres individuelles avec les mentor·e·s. Une occasion de mettre leurs idées à l’épreuve, de recevoir des conseils et, surtout, de commencer à préciser la direction musicale de leurs scènes.
La deuxième journée a fait passer les idées du papier au studio. Les participant·e·s ont travaillé leurs partitions avec 9 copistes, des étudiant·e·s de l’École de musique de l’Université de Sherbrooke, sous la guidance de Thierry Pilote, Responsable de programme à l’École de musique de l’Université de Sherbrooke, avant d’entamer les premiers enregistrements avec quatuor à cordes. En après-midi, les mentor·e·s ont à leur tour partagé des outils, des ressources et des anecdotes tirées de leurs parcours professionnels lors du panel Le parcours d’un·e compositeur·trice de musique à l’image animé par Mike Rocha, directeur film et télé à la SOCAN. La discussion aurait pu durer des heures. Avec son riche parcours professionnel et tout ce qu’il a accumulé au fil des années, Robert Kraft est de ces personnes qui ont toujours une histoire à raconter et une perspective constructive à partager.
Les deux dernières journées ont ensuite été consacrées à la finalisation des compositions : derniers enregistrements avec orchestre, ajustements, écoute critique et travail sur le mix final. En quelques jours seulement, une idée musicale devenait ainsi une véritable composition pour l’écran.
Le point culminant de cette semaine était naturellement la projection finale ouverte au public et présentée par la SCGC. Les compositeur·trice·s ont présenté des œuvres de trois à quatre minutes pour les mêmes passages du court-métrage coréalisé par Alexa-Jeanne Dubé. Quatre mêmes scènes, 16 façons de la faire entendre.
Au-delà de la projection, la soirée a surtout créé un espace d’échange à la fois amical, inspirant et vulnérable, où l’on pouvait enfin prendre un pas de recul sur plusieurs jours de création intense. La célébration s’est poursuivie autour d’un cocktail présenté par le BEAM: soirée étoilée, mölkky, bouchées et, surtout, beaucoup de belles rencontres.
Julien Boumard Coallier, gestionnaire des subventions de la Fondation SOCAN, souligne l’importance de ce programme:
«Chaque année, ce laboratoire donne une expérience de travail concrète à de jeunes compositeur·trice·s de musique à l’image afin de développer leur pratique et de mettre un pied dans le monde professionnel. Pendant quatre jours, l’École de musique de l’U de S leur a offert un cadre respectant les plus hauts standards de l’industrie et est devenu un véritable carrefour de création et de transmission.»
Une autre édition du Labo de musique à l’image s’est ainsi conclue—avec des compositions terminées, de nouvelles collaborations et, pour 16 compositeur·trice·s, une expérience concrète de ce que signifie créer de la musique pour l’écran.
Merci aux 16 participant·e·s:
Cohorte 1 :
- Alexandre Roche
- Arzhel Morel
- Carol Mak
- Erik Ingalls
- Ivan Ovsky
- Kalen Smith
- Lynna Bao
- Mika Zahar
- Shelby Pfeiffer-Reinitz
- Vincent Suddaby
Cohorte 2 :
- Béatrice Bédard-Lepage
- Hannah Mok
- Jaasmaan Singh
- Mikel Hurwitz
- Olivier Soudin
- Zachary Greer