Il s’en trouve pour dire que créer une chanson à succès est simplement une question de formule ou de méthode. D’autres vous diront plutôt qu’il ne sert à rien de forcer la note — la chanson viendra à vous, ou pas, comme si les chansons existaient dans l’éther et qu’il suffisait au créateur de s’ouvrir à elles?; du créateur en tant que réceptacle, médium ou capteur de rêves…

Tobias Jesso Jr. tente, lui aussi, de capter un rêve. Son rêve : écrire des chansons qu’on entendrait à la radio. Ses premiers essais se sont toutefois transformés en réveil plutôt brutal.

Ce Vancouvérois de 30 ans a commencé sa carrière musicale en tant que bassiste au sein du groupe The Sessions puis pour la chanteuse pop Melissa Cavatti, un emploi qui l’a vu s’installer à Los Angeles en 2008. Et en fin de compte… pas grand-chose. Lorsque ce projet a pris fin, Jesso s’est retrouvé dans un appartement du chic quartier angelin de Silver Lake où il a passé quelques années à écrire des chansons qu’il espérait voir interprétées par d’autres. Et il avait une méthode : il modelait son écriture sur ce qui était populaire à ce moment.

« Adele est la première qui m’ait jamais demandé de collaborer sur une chanson avec elle. »

« J’écoutais la radio et je me mettais au défi d’écrire une chanson qui n’aurait absolument rien à envier à ce que j’entendais », raconte Jesso. « J’écoutais surtout les chansons d’Adele et de quiconque jouait à la radio à ce moment. » Sa méthode n’a pas eu les résultats escomptés. « Je ne sais pas si mon idée était bonne, car elle n’a pas fonctionné. Je me mettais au défi d’écrire n’importe quelle chanson plutôt que d’écrire la bonne chanson. »

En 2012, après quatre années de tentatives infructueuses pour lancer sa carrière musicale, celle-ci était pour le moins en panne. Puis, en l’espace d’une semaine, il a eu trois gros « hits »?; pas le genre dont il rêvait, mais plutôt des coups durs. Le premier a pris la forme d’une rupture douloureuse. Le second coup dur a été encore plus concret : alors qu’il se baladait en vélo, il s’est fait happer par un chauffard qui a fui les lieux de l’accident. Le lendemain, il apprenait que sa maman avait reçu un diagnostic de cancer.

Son univers semblait s’écrouler. C’est donc âgé de 27 ans qu’il a dit au revoir à Hollywood et qu’il est rentré chez ses parents pour panser ses plaies, laissant derrière lui le rêve d’une carrière musicale.

Ses instruments étaient restés derrière dans un espace d’entreposage à L.A., où il ne pouvait pas retourner, car il avait accidentellement dépassé la durée de séjour permise par son visa. Son seul exutoire musical était donc un piano appartenant à sa sœur, un instrument dont il n’avait jamais joué auparavant. Donc, lorsqu’il n’était pas au travail pour la compagnie de déménagement d’un ami, son imposante charpente de 6 pieds 7 pouces (2 mètres) se retrouvait devant ce piano et l’explorait.

« Je joue habituellement de la guitare ou de la basse, explique-t-il, alors lorsque je me suis retrouvé chez moi et que j’y ai trouvé ce piano, j’ai repris la balle au bond. » Au fur et à mesure de son apprentissage autodidacte, des progressions d’accords et des mélodies ont commencé à se manifester. Les choses commençaient à prendre forme. La douleur et la déception ont trouvé dans ce piano une voix pour s’exprimer. L’artiste a suivi ses émotions. « Si je me souviens bien, j’avais déjà écrit une chanson après environ une semaine de bidouillage », confie Tobias. Cette première chanson se nommait « Just a Dream ».

C’est à peu près à ce moment que Jesso a appris qu’un de ses groupes préférés, Girls, venait de se séparer. Il a retracé l’adresse courriel de Chet « JR » White, le bassiste du groupe, et lui a envoyé une note de sympathies en y joignant le démo de sa chanson. White lui a répondu presque immédiatement et ils ont longuement discuté au téléphone. Fort des nombreux encouragements de White, Jesso a continué d’écrire des chansons au piano. Un mois plus tard, il avait composé une jolie collection de démos, de ballades au piano d’une sincérité désarmante.

White a adoré les chansons. Non seulement les a-t-il aimées, mais il lui a offert de produire son album et a guidé Jesso vers la signature d’une entente avec le label True Panther de Matador. Pour les séances d’enregistrement Jesso a bien entendu eu l’aide de White, mais également de quelques autres grands noms, dont Patrick Carney des Black Keys, John Collins des New Pornographers et le « grammyfié » producteur Ariel Rechtshaid (Vampire Weekend, HAIM, Usher). C’est Danielle Haim du groupe homonyme qui a joué la batterie sur la plaintive « Without You ».

Son premier album solo, intitulé Goon, a été lancé en mars 2015. Sa musique a été saluée par d’influentes publications telles que Pitchfork et Spin. Il a été invité à donner des prestations au Tonight Show avec Jimmy Fallon, à l’émission de Conan (O’Brien) et à Jimmy Kimmel Live. Puis, en avril, il a signé une entente d’édition avec Universal Music Publishing Group. Puis, en juillet, Goon a été placé sur la liste courte des finalistes au Prix Polaris. Et il a entrepris sa première tournée en tant qu’artiste vedette.

Les chansons sur Goon ont été comparées aux œuvres de grands auteurs-compositeurs des années 70 tels que Randy Newman, Harry Nilsson, Todd Rundgren ou Emitt Rhodes, et bien que « Without You » résonne de la même sincérité à cœur ouvert qui animait le succès planétaire du même nom chanté par Nilsson — écrite et composée par Pete Ham et Tom Evans de Badfinger —, tous ces noms n’étaient même pas sur le radar de Tobias Jesso. « J’ai entendu bon nombre de comparaisons pour lesquelles je me suis dit “je ne connaissais même pas cet artiste quand j’ai écrit mes chansons” », explique le musicien.

Ce que Jesso partage avec ces auteurs-compositeurs, c’est la capacité d’aller droit au cœur de la musique et des paroles afin de communiquer ses émotions de la manière la plus directe qui soit afin de toucher l’auditeur.

« Lorsque j’écris mes chansons et que je trouve ce refrain qui tue, comme sur “Without You”, je me dis vraiment “Wow?! ce refrain me touche vraiment”. C’est quelque chose que je ressens. Lorsque vous laissez ça paraître dans votre écriture, c’est comme mettre de l’amour dans une recette?; les gens le goûtent lorsqu’ils en mangent et le ressentent lorsqu’ils l’entendent. »

Et, apparemment, les chansons de Jesso ont été entendues et ressenties de l’autre côté de l’Atlantique. En janvier 2015, avant même que Goon ne soit lancé, la superstar britannique Adele a écrit un tweet à l’intention de ses 20 millions d’abonnés. C’était un lien YouTube vers le vidéoclip de sa chanson « How Could You Babe » accompagné de ces simples mots : « This is fantastic, click away. » (C’est fantastique, cliquez) Le clip a été visionné 130?000 fois en à peine deux semaines. Dire que Tobias était aux anges serait un euphémisme de première classe. Mais imaginez son extase lorsque l’équipe d’Adele a communiqué avec lui pour savoir s’il aimerait collaborer avec la chanteuse.

« C’est la première qui m’ait jamais demandé de collaborer sur une chanson avec elle », lance Jesso, visiblement encore un peu incrédule. « C’est un de mes plus grands rêves depuis que j’ai commencé à écrire des chansons et que j’ai entendu sa musique », confie-t-il. « Depuis tout ce temps, je me disais “J’aimerais vraiment faire ça, écrire une chanson pour une personne comme elle”, ce genre de rêve un peu naïf. »

Naïf ou pas, son rêve est devenu réalité et ils se sont donné rendez-vous à Los Angeles pour créer ensemble. Ils ont travaillé sur plusieurs idées au fil de quelques jours. L’un des fruits de cette collaboration a été « When We Were Young », une chanson qui figurera sur le nouvel album d’Adele, intitulé 25 et qui sera lancé fin novembre. La rumeur veut même que ce soit le prochain extrait de l’album, dans la foulée de « Hello », qui a fracassé des records. La chanteuse a même avoué que « When We Were Young » est sa chanson préférée sur ce nouvel album. Une autre chanson qu’ils ont créée ensemble paraîtra sur une édition limitée de 25 qui ne sera en vente que dans les magasins de la chaîne Target.

Et comme si cette collaboration avec Adele n’était pas assez, une autre sensation de la pop s’est jointe à eux lors d’une de leurs séances de création : Sia, l’artiste australienne finaliste aux Grammys qui, en plus de ses propres succès, a écrit plusieurs hits pour des chanteuses de la trempe de Beyoncé, Rihanna, Britney Spears et Katy Perry. Le trio a donné naissance à la pièce « Alive » qui devait initialement figurer à l’album d’Adele, mais lorsque son équipe a décidé de ne pas l’utiliser, Sia l’a alors enregistrée elle-même. La chanson a été lancée en septembre en tant que premier extrait de son nouvel album, This is Acting.

« Imaginez-moi dans cette pièce avec ces deux voix?; c’est toute une première expérience de collaboration créative », raconte Jesso avec des étoiles dans la voix. « C’était incroyable. »

Ainsi, Tobias Jesso a trouvé comment occuper cet espace quasi mythique ou ce qui est branché se marie à ce qui se retrouve dans le Top 100. Album acclamé par la critique. Chouchou de Pitchfork. Ami avec Haim. Collabore avec Adele. (La veille de la publication de cet article, Adele a interviewé Tobias Jesso dans le quotidien britannique The Guardian.)

Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il a réalisé son rêve de devenir un auteur-compositeur. Comment tout cela est-il arrivé?? Lorsqu’il a voulu composer des hits dans cet appartement de Los Angeles, sa méthode était d’écrire des chansons comme celles entendues à la radio. Cette méthode ne l’a mené nulle part.

« Il a fallu que je retourne chez moi, à Vancouver, et que je me mette à composer des chansons plus personnelles et avec les moyens du bord pour que je réussisse à créer des chansons qui résonnent réellement », explique-t-il. « Je crois vraiment qu’il y a quelque chose d’important là-dedans. Je ne sais pas si ce sont des vibrations et la manière dont une chose résonne, si c’est une question d’honnêteté, ou peu importe ce que c’est, mais il y a certainement quelque chose d’invisible que les gens ressentent, et je pense que c’est une question d’authenticité. »

Lorsqu’il a trouvé sa vraie voix, ses chansons ont trouvé leur auditoire. Et c’est le fait que ses chansons aient été acceptées par cet auditoire qui lui a permis d’être invité à collaborer avec certains des meilleurs artistes et auteurs-compositeurs de l’industrie. Résultat jusqu’à maintenant : une chanson sur un des albums les plus attendus de l’année et un simple dans le Top 40. Pas trop mal pour un mec convaincu que son rêve s’était envolé.

« Lorsque j’enregistrais les démos [pour Goon] à Vancouver, j’avais à peu près un pour cent d’espoir de pouvoir faire partie de l’industrie de la musique », se souvient Jesso. « J’étais convaincu à 99 % que je ne ferais pas carrière dans l’industrie de la musique. Peut-être que ce 1 % est l’étincelle qui a permis à mon rêve de ne pas s’éteindre — qui sait?? Disons que pour l’instant, tout semble indiquer que je pourrai faire carrière dans cette industrie. »


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Comment briser l’image que plus de deux millions de téléspectateurs se sont faite de vous lors de la saison inaugurale du plus grand succès télé des dix dernières années? En faisant tout le contraire de ce à quoi on s’attendrait de votre part.

Prendre son temps pour définir son son. S’allouer une période de gestation féconde. S’entourer d’une équipe qui alliera, de façon habile, succès populaire probant à création artistique captivante.

C’est le cas de Charlotte Cardin, auteure-compositrice et, bien sûr, interprète instinctive au charme indéniable que l’on a pu apprendre à connaître – et à aimer – alors qu’elle se taillait une place comme finaliste de la première saison de La Voix, dans l’équipe de la bombe pop Marie-Mai.

Son timbre aux fluctuations jazz se prêtait à merveille aux reprises d’Amy Winehouse et autres suaves chanteuses qu’elle entreprenait d’interpréter semaine après semaine devant les quatre chefs d’équipe de La Voix.

C’est sur ces forces qu’elle décide de miser, proposant un premier extrait aux doux accents pop-jazz en juillet dernier. Big Boy, pièce dont elle signe paroles et musique, lancée sur l’étiquette Cult Nation de Montréal (Iris, Dear Frederic), a rapidement mis les assises pour un premier album à paraître à l’automne 2016. En plus de passer quelque temps dans le top 100 des téléchargements chez iTunes Canada, Big Boy dépasse le cap des 160 000 écoutes sur Spotify! Pas mal pour une première carte de visite!

Offerte en téléchargement gratuit (en échange d’une inscription à sa liste d’envoi officielle), le second extrait Les échardes a été offert par la jolie chanteuse à ses fans le jour de son 21e anniversaire. Ballade intemporelle, quoique bien de son temps, Les échardes risque de séduire tant les fans québécois que ceux de l’Hexagone qui craqueront pour son joli minois et sa propension à la mélancolie amoureuse.


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Bien avant l’avènement des mash-ups, les rockeurs canadiens The Kings ont connu le succès en combinant deux chansons différentes pour créer une pièce mémorable. Initialement, Elektra, leur label, a tenté de lancer « Switchin » to Glide » toute seule. Toutefois, le groupe avait toujours considéré cette pièce comme un enchaînement obligatoire après la pièce « This Beat Goes On », et ce n’est qu’après que les radios aient reçu les deux chansons enchaînées comme une seule pièce qu’elle a connu un immense succès commercial, passant plus de 20 semaines sur les palmarès Billboard. Le guitariste et cofondateur du groupe, John Picard – dont le nom de scène était Mister Zero – s’est remémoré le bon vieux temps et nous explique pourquoi, selon lui, être un « one hit wonder » est une source de fierté.

The Kings est sans aucun doute le seul groupe à pouvoir affirmer être originaire d’Oakville et de Vancouver. Comment vous êtes-vous rencontrés?
Je suis parolier et j’ai d’abord fait la connaissance de Sonny (Keyes, le claviériste) à Vancouver. C’est un pianiste remarquable qui écrit des chansons comme le font Elton John et Bernie Taupin, le genre de chanson où les mots viennent en premier. Nous avons commencé à collaborer et avons rapidement décidé que nous avions besoin d’un groupe. J’ai pensé à David [Diamond, basse et voix] avec qui j’allais au secondaire à Oakville. Je savais qu’il était dans un groupe hommage qui faisait la tournée des bars à temps plein. Sonny et moi lui avons présenté un démo et nous avons découvert que Dave était comme Sonny, un parolier hors pair. Il est donc devenu notre chanteur et avec l’arrivée de Max [Styles, batterie], nous sommes devenus WhistleKing, nom que nous avons plus tard changé pour The Kings.

Comment vous partagiez-vous la création des pièces?
Nous mettions tous l’épaule à la roue. Soit on a des idées ou on n’en a pas. Impossible de faire semblant. Heureusement pour nous, tous les membres du groupe étaient créatifs. Sonny et moi étions les principaux créateurs, mais on donnait une chance à toutes les idées de tous les membres. Nous faisons suffisamment confiance aux autres membres du groupe pour ça.

« Nous ne sommes jamais devenus millionnaires, mais nous avons une chanson que les gens adorent et qui a survécu aux époques. » – John Picard, The Kings

Comment était la scène musicale de l’époque? Comment vous sentez-vous, en tant qu’auteur-compositeur, lorsque vous interprétez les chansons des autres?
On se servait de ça pour jouer plus souvent, tu vois? On jouait du Cheap Trick, The Cars, des chansons d’Elvis Costello. On a aussi compris que lorsque tu crées un personnage, que tu donnes un bon « show », les propriétaires de bar aiment ça. Alors même si à la base on était un groupe « prog » un peu hippie, on était en mesure de donner des « shows » énergiques de chansons originales. On n’était pas un de ces groupes qui font des « covers » et qui poussent une de leurs chansons en plein milieu de leur « set ». On modifiait les chansons qu’on interprétait à notre sauce. Je n’ai jamais appris comment jouer le solo de guitare de quelqu’un d’autre. Je m’appropriais les chansons qu’on jouait. Comme nous adaptions nos « covers » à notre goût, la transition entre ces chansons et les nôtres était impeccable.

Vous dites que vous vous considériez comme un groupe « prog », mais pour bien des gens, The Kings était un groupe New Wave. Qu’en pensez-vous?
Le New Wave n’était qu’une étiquette de marketing, une mode passagère. Un peu comme dans les années 90 où tous les gens d’A&R se rendaient à Seattle pour trouver un groupe portant des chemises carreautées. Même chose avec le New Wave, mais c’étaient des cravates qu’on portait. On a commencé par jouer du bon vieux rock n’ roll, mais de fil en aiguille, on s’est mis à jouer des pièces plus « prog rock », des pièces plus longues. Puis, à un moment donné, on s’est dit « peut-être qu’on devrait essayer de composer des hits ».

Déjà, votre plus grand succès n’est pas une pièce pop typique de 3 minutes 30. Comment est-ce arrivé?
C’est bien vrai? « This Beat » et « Switchin » » n’étaient pas des pièces complètes en soi et on a pensé que ce serait chouette si on les joignait.

Quel a été l’apport de Bob Ezrin dans cette expérience?
Bob nous a tout appris sur l’art de l’enregistrement. On l’a rencontré au studio Nimbus 9, à Toronto, et il a emmené nos bandes avec lui chez Elektra Records à L.A. La petite histoire veut que lorsque les patrons du label l’ont écoutée, il y avait des jeunes juste à l’extérieur de leur bureau et ils se sont mis à danser. Et comme Bob venait tout juste de travailler sur l’album numéro 1 partout dans le monde – The Wall de Pink Floyd –, ils se sont dit « donnons-lui un budget pour enregistrer ces illustres inconnus ». Nous avions donc un budget.

Vous avez récemment lancé un DVD intitulé Anatomy of a One-Hit Wonder. Vous êtes en paix avec cette expression?
C’est plutôt une frappe préventive. [Rires] Nous voyons cela plutôt comme un honneur d’avoir connu un tel succès. Nous ne sommes jamais devenus millionnaires, mais nous avons une chanson que les gens adorent et qui a survécu aux époques. Quand on lit les commentaires des gens sous notre chanson sur YouTube, on constate bien que les gens ne nous ont pas oubliés, et juste pour ça, le jeu en a valu la chandelle. C’est quand même pas mal pour quelques gars de Toronto.


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