Après une première année couronnée de succès, le programme d’artistes en résidence de la Corporation of Massey Hall and Roy Thomson Hall (MH/RTH) se poursuit en 2026 avec LOV, Willows et Wyatt C. Louis. Cette résidence d’un an met en valeur ces talentueux artistes autochtones grâce à un accompagnement sur mesure tandis qu’ils créent dans les différents espaces de l’Allied Music Centre.

« L’un des résultats les plus surprenants a été la rapidité avec laquelle les artistes se sont approprié les lieux », explique Stephen McGrath, directeur du développement des artistes et du contenu original pour MH/RTH. « En un rien de temps, ils ont commencé à expérimenter dans le Deane Cameron Recording Studio, à tester de nouveaux morceaux sur scène, à utiliser chaque corridor et chaque vitrail comme décor pour créer du contenu pour les réseaux sociaux, et à tisser des liens créatifs dans tout l’immeuble, tant avec le personnel qu’avec les artistes et les créateurs et créatrices de notre communauté. »

Les artistes ont également accès à une salle de spectacle de 100 places (Allied Music Centre Theatre) et à un espace de diffusion de 500 places (TD Music Hall). Ces salles à la fine pointe de la technologie leur offrent de nombreuses occasions de présenter leur musique, tandis que la scène principale du Massey Hall, le légendaire Allan Slaight Stage représente un jalon potentiellement marquant dans leur parcours.

LOV, Sister Era, video

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Lovina Tootoosis, alias LOV, se dit chanceuse d’avoir été choisie. « Au début, j’étais confuse, parce que je ne me souvenais pas avoir posé ma candidature », raconte-t-elle. « J’ai été prise de court, surtout parce que je n’ai pas encore pris le temps de me féliciter pour tout le chemin que j’ai parcouru. Quand j’ai été sélectionnée, je me suis dit : “OK, les gens me voient.” »

L’autrice-compositrice-interprète originaire d’Edmonton et désormais établie à Montréal est membre de la nation crie de Poundmaker, sur le territoire du Traité no 6. Elle attire l’attention avec des créations qui abordent la maternité et l’émancipation des femmes. Ses simples « Mama », « Matriarch », « Relate » et « Sister Era » ont cumulé plus de 700 000 écoutes et 3 millions de vues sur TikTok. Mama a atteint la première place du palmarès Indigenous Music Countdown. LOV met actuellement la touche finale à un album, Iskwêw (« femme » en cri des Plaines), qu’elle espère lancer dans l’une des salles de l’Allied Music Centre dans le cadre de sa résidence.

Elle souhaite également profiter de cette occasion pour approfondir ses connaissances en création musicale et en affaires. « J’ai vraiment envie de voir comment je peux combler ces lacunes », dit-elle, « et comment je peux faire évoluer mon son et me rapprocher de mon public, parce que l’industrie est en constante évolution, surtout en ce qui concerne le son et la production. J’ai envie d’explorer davantage le côté plus technique de la musique. »

Créé en partenariat avec la communauté musicale autochtone – notamment le Bureau de la musique autochtone, le Festival sākihiwē, le Tkaronto Music Festival et l’International Indigenous Music Summit –, le programme d’artistes en résidence est appuyé par un fonds orienté par les donateurs par l’entremise de Canada Gives, afin d’offrir aux artistes les ressources dont ils ont besoin pour réussir.

« Le programme est soutenu par un donateur qui croit profondément à la création d’occasions pour les artistes autochtones, et cette générosité nous a permis de bâtir quelque chose de significatif et de durable », explique McGrath. « Nous espérons que la résidence prendra de l’ampleur à mesure qu’elle continue d’ouvrir des portes vers nos scènes et vers de nouvelles orientations créatives, de nouvelles collaborations et de nouvelles possibilités pour les artistes partout au pays. »

Willow, Je reviens toujours, video, Geneviève Toupin

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McGrath espère que les spectateurs qui viennent au Allied Music Centre auront un jour la fierté de pouvoir se dire qu’ils étaient là au début de ce projet. « Lorsque ces artistes deviendront les prochaines têtes d’affiche du Massey Hall et du Roy Thomson Hall, le public pourra dire : « Je me souviens de la première fois où je les ai vus sur scène, dans la salle de 100 places de l’Allied Music Centre Theatre, ou dans la salle de 500 places, le TD Music Hall », dit-il. « C’est très spécial! Les gens qui ont assisté au concert de Neil Young au Massey Hall en 1971 ne pensaient sans doute pas en parler encore 50 ans plus tard… et pourtant! »

L’album Live at Massey Hall 1971 de Neil Young fait partie des raisons pour lesquelles Willows – le nom de scène de la Montréalaise Geneviève Toupin – se dit reconnaissante de faire partie de la résidence. Elle compte cet album emblématique parmi ses favoris. « Cette résidence est un cadeau incroyable pour moi », dit-elle. « Tellement d’artistes exceptionnels que j’admire sont passés par le Massey Hall. » Toupin a composé de la musique pour le cinéma et est l’une des fondatrices du groupe folk expérimental CHANCES. L’artiste métisse et franco-manitobaine de la rivière Rouge a également lancé un premier album éponyme en 2014, ainsi que le microalbum The Hills en 2021, qui a suscité un vif intérêt, tout comme son album Maison vent en 2023. En 2025, elle a remporté le prix Trille Or du meilleur album folk, et a été nommée aux GAMIQ (Gala alternatif de la musique indépendante du Québec) ainsi qu’aux Canadian Folk Music Awards.

Willows a déjà commencé la planification de son prochain projet d’enregistrement et n’a pas encore décidé si elle chantera en français, en anglais ou en Michif. Elle a hâte de tester son nouveau matériel au Deane Cameron Recording Studio. « Parfois, les démos sont tellement magiques qu’on a envie de les garder pour l’album, dit-elle. J’aimerais beaucoup que le lancement de l’album soit lié à cette résidence, parce qu’elle fera partie de l’histoire du projet. »

Wyatt C. Louis, une personne auteure-compositrice-interprète issue des Premières Nations crie des Plaines et basée à Moh’kinstsís (Calgary), se réjouit de participer à la résidence et a hâte de collaborer avec d’autres artistes, tout en bénéficiant d’un point d’ancrage créatif à Toronto. Après avoir remporté le Prix de musique autochtone Vince Fontaine de la SOCAN en 2025, deux Western Canadian Music Awards (Révélation et Artiste autochtone) et figuré sur la longue liste du prix Polaris pour son premier album paru en 2024, Chandler, iel se projette déjà vers le prochain, qu’iel souhaite plus ample sur le plan sonore, tout en conservant une certaine intimité. L’expérience du public demeure également au cœur de ses réflexions.

Wyatt C. Louis, Bobtail Road, video

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« J’ai envie de faire preuve de plus d’audace avec mes tenues de scène et de travailler avec un ou une styliste », explique Louis. Iel souhaite aussi faire appel à un·e scénographe ou à un·e concepteur·trice de production. « Ce serait vraiment intéressant de collaborer avec quelqu’un pour créer une expérience encore plus mémorable. » Louis espère également tisser des liens avec les artistes de la première cohorte de la résidence – Celeigh Cardinal, Sebastian Gaskin et Julian Taylor – et apprendre à leurs côtés, afin de continuer à nourrir l’écosystème collaboratif de l’Allied Music Centre.

Cardinal, Gaskin et Taylor continuent de bénéficier de leur expérience, en maintenant des liens avec les lieux, le personnel et la communauté qui sont devenus une part essentielle du programme. Cet engagement continu démontre que le programme favorise non seulement le développement créatif, mais aussi la création d’un réseau durable pour les artistes autochtones. LOV, Willows et Wyatt C. Louis continuent de développer leurs projets et d’explorer de nouvelles avenues créatives dans le cadre de la résidence, et le public aura l’occasion d’assister à l’émergence de la prochaine génération d’artistes autochtones.

« Même si la première cohorte entre dans ses dernières semaines en tant qu’artiste en résidence, ils et elle continuent d’enregistrer, de se produire et de planifier des collaborations dans l’immeuble », explique McGrath. « Ce lien qui perdure est devenu un élément central du programme qui, nous l’espérons, va demeurer tandis que l’Allied Music Centre agit comme carrefour pour les artistes au sein d’un écosystème qui les soutient. »