Les traductions pour les articles avant l’automne 2013 ne sont pas disponibles pour le moment.

When Toronto’s Dragonette first began making waves with its shimmering brand of electropop back in 2007, they did something unusual: they left the country.

The husband-and-wife team of Dan Kurtz and Martina Sorbara, who – along with drummer Joel Stouffer – comprise Dragonette, high-tailed it across the Atlantic and settled in London as soon as the ink was dry on their contract with Mercury Records U.K., the label that signed them at the time.
The relocation was about more than business.

“We lived in London for seven years, and our relationship with our label ended two years into that move,” recalls singer Sorbara. “One of the reasons we stayed there is because we needed to prove to ourselves that we weren’t there because of the label, but because we wanted to be there.”
Dragonette had their work cut out for them when it came to promoting and exploiting their music. Radio formats in Europe and Asia are very fragmented, and Dragonette were reportedly blacklisted by the BBC, so things weren’t easy.

“Writing songs is the most daunting thing that we face,” says Kurtz. “It’s an endless chasm of fear and self-loathing.” – Dan Kurtz

“What made our career work was that we axed Canada out of the deal that we had with Mercury in the U.K., so that made us be able to release the record [ourselves in Canada] and actually continue working as an indie band,” Sorbara explains, adding that it was imperative for them to be perceived by the rest of the world as standing on their own two feet. “I think Canada really supports its artists in a way that is amazing, but at the same time… I think it feels like when you go out of the country, you’re taken at face value.”

Dan Kurtz, whose credentials include producing Feist’s solo debut album Monarch (Lay Your Jeweled Head Down) and being the co-founding bassist of The New Deal, said a number of factors were key in helping the band survive their formative era.

“We started with a cushion of money that was our advance from our U.K. record deal, which we let trickle out so that it supported all of us for three or four years,” Kurtz explains. “That got us to the point where we were able to capitalize more on the songs that had gotten licensed into some big TV commercial campaigns and a couple of movies [included ads for Jacob’s coffee, Dell computers and Vicks medicinal products, all using “Get Lucky.”]

“There’s always been the one dream gig that’s come along at the right time… A license or a show that’s kept the band in the black and trucking along.” – Dan Kurtz

“There’s always been the one dream gig that’s come along at the right time, whether it’s a license or a show that’s kept the band in the black and trucking along. We did take advantage of the internet, and when our record Galore came out in Canada, “I Get Around” got radio play. The grassroots thing has basically been the backbone of what we are, with the exception of some great radio play in Canada in the anomaly that is ‘Hello.’”

Ah yes, “Hello.” The high-profile collaboration with French electro music DJ Martin Solveig has paid handsome dividends, landing the band its first Juno Award in 2012 for Dance Recording of the Year. On the heels of “Hello,” Dragonette’s constant touring, appearances at two crucial 2012 festivals – Lollapalooza and Coachella – and a spot on ABC’s Good Morning America have all generated a buzz for their third album Bodyparts. It debuted at No. 17 on Billboard’s retail-driven Dance/Electronic Albums chart.

Which was a great relief to Sorbara, who writes the melodies and lyrics, and Kurtz, who originates the bed tracks, since both confess they’re very slow writers.

“It’s the most daunting thing that we face,” Kurtz admits, calling it a process of “pulling teeth” and “an endless chasm of fear and self-loathing.” The duo started writing Bodyparts in Rio de Janiero, but after two months they’d only finished two songs. “We wrote two beautiful songs – ‘Run Run Run’ and ‘Lay Low’ – but we felt like we weren’t getting anything done,” says Sorbara. “I’m really precious with my own stuff and I agonize over it. I know I’m trying to represent something real and true inside of me, so I’ll go to whatever extent I can to make sure it feels true.”

As the couple relocates to Toronto, Kurtz is hoping to build on the duo’s creative momentum. “I don’t want us to take another 18 months to write another album.”


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


À la fin de l’été, Dany Placard a lancé Démon vert (Simone Records), un album qui, sans marquer un changement radical dans le parcours du musicien, nous emmène ailleurs, au plus près de lui, parmi les siens. Rencontré tôt ce matin-là au Café Placard sur Mont-Royal, Dany assure que ça va, qu’il fait partie des rares musiciens qu’on peut tirer du lit avant 10h pour une entrevue… « Je me suis levé à 6h27 ce matin, à cause de mon plus jeune, » précise-t-il.

Le détail n’est pas anodin puisque ceux qu’il chérit – ses fils et sa douce – sont les muses de ce quatrième album. Des chansons leur sont dédiées et le processus d’écriture est lié à la sphère domestique : « Je me réveillais la nuit vers 3h15. Une mélodie et un texte me venaient en tête. Je notais le premier couplet et le refrain; quand ça ne sortait plus je retournais me coucher. Je faisais ça dans la cuisine et m’enregistrait avec mon iPhone, à la voix, pas trop fort, sans guitare. Puis le matin, je poursuivais, » dit le porte-parole de l’édition 2013 des Francouvertes.

Pas si facile d’écrire sur sa bulle intime sans tomber dans la mièvrerie. Mara Tremblay, Julie Doiron et Michel Rivard y sont arrivé. Comment a-t-il trouvé l’exercice? « Je n’aurais pas pu le faire il y a sept ou huit ans. J’ai 36 ans et depuis deux ans, ça va bien, tout le monde me dit que j’ai l’air plus heureux et serein qu’avant, et c’est vrai. Comme j’étais prêt à écrire là-dessus, ça n’a pas été ardu. “Sarah”, “Robin”, “Lucky Luke”…: j’ai écrit ces chansons dans le respect des gens que j’aime. C’est pas toujours facile à chanter par contre. L’autre jour, j’étais en showcase dans une tournée du ROSEQ et j’ai failli me mettre à brailler en entonnant “Lucky Luke”… Ça va se tasser j’imagine! »

«J’ai écrit ces chansons dans le respect des gens que j’aime.»

Retour à un folk brut, sensible, mais pas si dépouillé pour autant. Entouré de ses complices habituels et des voix enjôleuses des Sœurs Boulay, la proposition musicale de Dany Placard est bien enracinée dans la lignée des maîtres, Dylan et Neil Young, qu’il a beaucoup écoutés au cours des deux dernières années. Ici et là, quelques clins d’œil à son ancien groupe (Plywood ¾) dans le recours au cuivres. Un harmonica chatouille la fibre mélancolique de l’auditeur et la pedal steel nous enveloppe de sa langueur. Par moments, quelques élans plus rock ravivent les origines saguenayennes de l’artiste établi à Montréal. Guitares franches qui laissent sortir le méchant – ou le « démon vert » plutôt, titre de l’album, en référence à un démon personnel croisé dans le couloir aux petites heures du matin.

Impossible de passer sous silence « Parc’qui m’fallait », chanson importante de l’album, voire du répertoire de Placard – il est question de son rapport à la création et à la vie d’artiste, aux idéaux et frustrations qui viennent avec. Chanson de dénonciation et d’affirmation : Placard a mis ses tripes sur la table. « C’est la première toune qui m’est venue. Fallait que ça sorte. J’avais écrit les chansons de l’album précédent avec, en tête, l’idée qu’elles puissent passer à la radio. J’avais pas tripé tant que ça, ce fut long et complexe comme processus d’écriture. Et les radios, à cette époque, ont presque arrêté de diffuser du rock en français donc je suis passé un peu à côté… En réaction à tout ça , je me suis donné liberté complète pour le nouvel album. Du Dany Placard brut, c’est ça que j’aime faire. »

Autrefois ébéniste, Dany Placard, devenu réalisateur (domlebo, Chantal Archambault, Francis Faubert, Louis-Philippe Gingras, Tire le coyote), aborde sur « Parc’qui m’fallait » un sujet sensible : le rapport à l’argent. « J’avais eu des discussions avec quelqu’un de fortuné qui me disait : “T’es ben, toi, tu passes la fin de semaine avec tes chums, tu pars sur la brosse.” Mais quand je lui ai révélé mon salaire annuel, il m’a dit de lâcher ça, que ça n’avait pas de bon sens… Mais non, je ne lâcherai pas parce que c’est ça que je veux faire dans la vie, ça que j’aime le plus. Dans cette chanson, je révèle mes états d’âme par rapport à mon métier et à la vie que je mène. C’est une chanson assez sombre, par moments négative, mais elle finit bien : avec l’amour. C’était la première fois que je m’exposais ainsi. Ensuite, les chansons plus personnelles me sont venues, comme si “Parc’qui m’fallait” avait ouvert la porte, » confie celui qui se dit inspiré par les trajectoires de Louis-Jean Cormier, de Julien Mineau et d’Olivier Langevin.

Cette prise de parole intègre et sans compromis, on risque de la retrouver sur des albums présentement en incubation. Le Printemps érable a réveillé quelque chose qui demande à éclore, à être dit et chanté. Monsieur Placard n’a pas tout dit. On n’en a pas fini avec lui et c’est tant mieux.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


La voix est claire, comme à vingt ans. Le propos est juste, comme avant. La passion est vraie, comme au commencement. « Il me semble que tout a débuté il y a une demi-heure, » lance un Pierre Létourneau de 74 ans, médusé par le passage des années. « J’ai eu un grand privilège, celui de gagner ma vie en pratiquant le métier qui me comble. »

Cinquante-quatre ans après sa première scène, l’auteur-compositeur-interprète « fleur bleue » d’autrefois revient dans l’actualité avec un album de chansons originales, Foutue société, son 16e opus. Un tout composite, dont les thèmes vont du vide de notre époque à la déclaration d’amour sensuelle et les musiques, de la bossa aérienne au pop-rock énergique. « Les gens cherchent souvent à nous cataloguer. Moi, je me situe partout, j’écris ce que je ressens. J’espère que les gens diront : “Lui, on l’aimait, il était populaire.” Il y a beaucoup de noblesse dans ce mot-là. Ça veut simplement dire qu’on rejoint les gens. »

La popularité, Pierre Létourneau l’a tutoyée plus souvent qu’à son tour. Au temps glorieux des boîtes à chansons, d’abord. « C’était un phénomène artisanal extraordinaire. On venait de renier le clergé. Mais dans les salles, il régnait un silence aussi fort que dans les églises. Nous les artistes, nous nommions les choses, les rues, les villes, les sentiments. La chanson nous appartenait, et elle appartenait aux gens. » En 1963, « La chanson des pissenlits » et « Les Colombes » devaient propulser « l’auteur, parfois compositeur, qui chante » au sommet des ventes.

« Heureusement, des organismes comme la SOCAN, la SODRAC et la SPACQ nous comprennent et nous défendent. »

Après sa parenthèse parisienne de 1970 « où plutôt que de me connecter sur la culture, j’ai passé mon année à recevoir les Charlebois, Renée Claude et Stéphane Venne! », Létourneau renouait avec le Québec. Et, inévitablement, avec les hits. « Je m’ennuyais tellement en France que j’ai écrit un hommage à Maurice Richard. Je l’ai enregistré là-bas avec des choristes et 35 musiciens! » Le public d’ici a bien sûr succombé à cette chanson mythique. « À mon retour, j’ai eu envie d’une orientation nouvelle, d’un vocabulaire plus direct. J’ai aussi voulu travailler avec des compositeurs. » Ce qui a donné par exemple « Tous les jours de la semaine », sur une musique de Germain Gauthier, et plusieurs chansons pour Nicole Martin, comme « Laisse-moi partir », en collaboration avec Angelo Finaldi.

De disques en spectacles en tournées, en passant par la télé (Pulsion à Radio-Canada) et les visites d’écoles primaires pour enseigner l’art du parolier, Pierre Létourneau retrouvait en 2009 ses vieux complices – Pierre Calvé, Claude Gauthier et le regretté Jean-Guy Moreau, dans une mise en scène de Robert Charlebois – pour Il était une fois… la boîte à chansons. Nouveau succès, nouveau départ, nouvelle envie de dire et de se raconter.

Aujourd’hui, Foutue société parle pêle-mêle de la vie de musicien (« Souvenirs de tournée »), d’une génération sur le déclin (« Les Bébé-Boomers »), de l’amour passion (« Tout de toi ») ou d’un monde sans repères (« Qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là? ») avec, encore et toujours, des mots simples et une poésie impressionniste proche du quotidien. Amis fidèles et alliés de fraîche date ont travaillé à l’album « créé en grande partie en studio, avec une énorme liberté » : Robert Léger et Michel Pagliaro aux musiques, Michel Robidoux et Gérald Da Sylva aux musiques, aux arrangements et à la réalisation, Claire Pelletier et Priscilla aux chœurs, sans oublier l’équipe de la nouvelle étiquette d’Edgar Bori, Vu de la lune. « Ce métier me procure toujours un plaisir immense, confesse Létourneau. Avant tout, je veux me sentir utile. Utile aux gens, pour qu’ils se sentent moins seuls. Utile à la société, pour qu’elle soit moins “foutue”. Imaginez un monde sans musique. Il y aurait bien plus de violence, plus d’agressivité. »

Celui qui, en 2011, était nommé au Panthéon des auteurs-compositeurs canadiens en plus de voir deux de ses chansons devenir des Classiques de la SOCAN, pose un regard lucide sur une industrie en mutation. « La chanson, en ce moment, c’est dangereux. Le succès peut arriver vite et de partout, puis disparaître en un éclair. Il faut se protéger. Du côté des droits d’auteur, les lois doivent changer. C’est à nous, les artistes, de participer aux forums. Heureusement, des organismes comme la SOCAN, la SODRAC et la SPACQ nous comprennent et nous défendent. »

Puisque sa route se poursuit, Pierre Létourneau prête actuellement sa plume à Luc Cousineau pour un album en gestation, et prépare le spectacle intimiste qu’il fera tourner dès l’automne 2013. « Seul avec Michel Robidoux à la guitare, je vais raconter une longue histoire, parler de faits vécus ou d’événements que j’aimerais voir arriver. » Tout naturellement. Comme il y a cinquante-quatre printemps. Comme au commencement.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *