Le Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens a eu le plaisir d’accueillir quatre talentueux auteurs-compositeurs émergents dans le cadre de l’édition 2021 de son programme d’incubateur 2021, qui s’est déroulée en ligne du 17 au 19 novembre. Le programme était composé d’anciens participants de l’incubateur de créativité entrepreneuriale TD propulsé par la Fondation SOCAN.

Ces trois jours ont été passionnants pour T. Thomason, GRAE, Nuela Charles et Charmie Deller, qui ont participé à des mini-séances d’information avec des professionnels du secteur, à un camp de création de la SOCAN et à une soirée d’écoute assortie d’un panel de discussion.

Les auteurs-compositeurs ont commencé le programme par une journée complète de séances 101 avec divers experts du secteur chez Spotify, Apple Music, TikTok, Indie88 Toronto, Sony Music Canada et Music Publishers Canada.

Le deuxième jour a été marqué par des camps de création organisés par l’équipe créative A&R de la SOCAN. Chaque auteur-compositeur a terminé la journée avec une nouvelle chanson, après avoir collaboré avec certains des auteurs-compositeurs et producteurs participants : Nick Mete, Emily Persich, Caleb Jacob, Sam Woywitka, Umair Ali, Electric Neon Clouds, Michelle Treacy, Tony Range et Michelle Pereira.

À la fin de la journée, chaque auteur-compositeur a partagé la chanson créée ce jour-là ainsi qu’une chanson inédite de son choix avec un panel de professionnels du secteur afin d’obtenir leurs commentaires dans le cadre d’une discussion ouverte. Parmi les panélistes figuraient les auteurs-compositeurs-interprètes Jenson Vaughan, Lowell et Savannah Ré, ainsi que Cheryl Link (directrice principale de la création chez peermusic) et Melissa Emert-Hutner (vice-présidente de la création chez Kobalt).

Le programme a été un grand succès et le PACC a très hâte de voir où aboutira la carrière d’auteur-compositeur des résidents.



Le gouvernement minoritaire libéral canadien a promis de réintroduire un projet de loi visant à réformer la Loi sur la radiodiffusion dans les 100 premiers jours suivant sa réélection.  

L’un des objectifs déclarés est d’assurer que les « géants étrangers du web » contribuent à la création et à la promotion d’histoires et de musique canadiennes. Autrement dit, le gouvernement cherche à uniformiser les règles de concurrence entre les médias traditionnels et numériques. 

Cependant, il est probable que vous vous posiez quelques questions concernant cette affirmation. Premièrement, pourquoi avons-nous besoin de réglementations pour « uniformiser les règles » et, deuxièmement, pourquoi les efforts précédents pour mettre à jour et revitaliser la Loi sur la radiodiffusion n’ont-ils pas abouti? 

De la nécessité de règles concernant les contenus canadiens dans la sphère numérique 

En 1971, le gouvernement a reconnu l’existence d’un problème : très peu de musique canadienne était jouée sur les ondes des radios canadiennes qui préféraient faire jouer des artistes étrangers, principalement américains. 

En d’autres mots, c’étaient des artistes non canadiens qui accaparaient la vaste majorité du temps d’antenne. L’argent quittait le Canada au bénéfice du talent étranger plutôt que de soutenir le talent canadien. 

C’est ainsi que les règles en matière de contenus canadiens (généralement appelées « CanCon », le diminutif de « Canadian content ») imposées aux stations de radio ont vu le jour. Les règles CanCon exigent qu’au moins 35 pourcent de la musique diffusée par les stations de radio pendant les heures de pointe correspondent à un niveau minimum défini de « contenu canadien ». Au Québec, ce ratio est de 65 pourcent dans le cas des stations de radio francophones. Le reste du secteur des médias traditionnels, c’est-à-dire la télévision et le câble, est également soumis à des règles de contenus canadiens.  

Les règles CanCon ont permis d’assurer que le Canada possède sa propre industrie culturelle et ses propres voix canadiennes, créant, soutenant et construisant une source importante de valeur monétaire, émotionnelle et culturelle. Peu d’aspects de la culture canadienne suscitent autant de fierté et de valeur nationales que le succès de la musique produite au Canada. 

Or, aujourd’hui, nous faisons face à un défi semblable et renouvelé : la musique canadienne n’est pas suffisamment mise en valeur sur les services internet. 

À l’heure où les services numériques deviennent la principale source de consommation de musique pour les Canadiens, ce manque de présence à l’avant-scène représente un problème majeur pour les créateurs canadiens. 

Une comparaison des répartitions des redevances de la SOCAN aux membres auteurs-compositeurs de la SOCAN démontre la disparité entre les médias traditionnels (radio et télévision) et les médias numériques (services de musique en ligne). 

French Traditional Media Royalties

French Digital Media Royalties

Sans règles modernisées de contenus canadiens conçues pour le présent et l’avenir, nous continuerons d’assister à un déclin catastrophiquement injuste du succès des créateurs canadiens de musique : 34  pourcent des redevances perçues sur les médias traditionnels sont réparties aux membres auteurs-compositeurs de la SOCAN tandis qu’à peine 10  pourcent des redevances distribuées aux auteurs-compositeurs canadiens proviennent des médias numériques.  

La transition des médias traditionnels vers les médias numériques continue de s’intensifier, car de plus en plus de Canadiens se tournent vers les services numériques pour découvrir et écouter de la nouvelle musique. 

La question devient donc la suivante : comment pouvons-nous assurer le succès des créateurs canadiens sur les services numériques?  

La réponse : en adaptant la Loi sur la radiodiffusion à l’ère numérique afin de permettre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (le « CRTC ») d’explorer les paramètres d’une version moderne et équitable des règles de contenus canadiens. 

Transposer les règles de contenus canadiens traditionnelles dans la sphère numérique – en d’autres mots obliger que 35 % des contenus offerts par les services numériques soient canadiens – n’est simplement pas possible, car la sphère numérique fonctionne différemment. 

Les services traditionnels « poussent » les contenus vers les consommateurs. Il est donc possible d’imposer qu’une certaine proportion des contenus qui sont « poussés » vers les consommateurs soit canadienne. 

À l’inverse, les utilisateurs des services numériques « tirent » ces contenus de ces services sur demande. Il n’est donc pas réaliste ou même possible d’exiger que les utilisateurs « tirent » des contenus canadiens. 

Ce sont des questions complexes qui devront être examinées par le CRTC dans son mandat de réglementation élargie des services de médias numériques. 

Le CRTC a fait ses preuves en tant qu’outil administratif efficace pour la mise en place de politiques culturelles canadiennes dans les médias traditionnels et il peut continuer à jouer ce rôle dans la sphère numérique aujourd’hui et à l’avenir, à mesure que de nouvelles solutions sont élaborées.  

Projet de loi C-10 : une première tentative de réformer la Loi sur la radiodiffusion 

Le précédent gouvernement fédéral avait présenté le projet de loi C-10 afin de permettre au CRTC de réglementer les services numériques. Cependant, la version initiale due ce projet de loi excluait les réseaux sociaux, ce qui signifiait que ces plateformes numériques – dont certaines sont les plus grandes et les plus dynamiques au monde – pouvaient échapper à la réglementation. 

L’exemption relative aux médias sociaux a finalement été retirée du projet de loi, mais d’autres amendements ont été ajoutés pour indiquer explicitement que les utilisateurs – et les contenus qu’ils téléversent – n’étaient pas réglementés par le projet. Par conséquent, il visait désormais les activités de diffusion des plateformes, et non les Canadiens eux-mêmes.  

Malgré cette exemption claire, les détracteurs du projet de loi C-10 ont continué à affirmer dans les médias que la liberté d’expression des utilisateurs était attaquée. Cette controverse a finalement éclipsé ce que le projet visait à accomplir : uniformiser les règles du jeu entre les services traditionnels, qui opèrent dans le cadre de la réglementation CanCon, et les services de médias numériques, qui ne le font pas.  

La controverse entourant le projet de loi C-10 a été une distraction malheureuse par rapport à la question essentielle : la Loi sur la radiodiffusion doit être adaptée à l’ère numérique. Cette loi n’a pas été mise à jour depuis 1991, il est donc impératif de le faire afin de continuer à soutenir la création de musique canadienne afin que nous puissions continuer à profiter de cette industrie florissante à l’échelle nationale et internationale qui est une source de fierté nationale d’une valeur inestimable. 

Malheureusement, le projet de loi C-10 est mort au feuilleton lors du déclenchement des élections fédérales en août 2021, laissant dans l’incertitude l’ajout évident, nécessaire et vital des services numériques à la Loi sur la radiodiffusion 

De la suite des choses? 

Le gouvernement nouvellement élu a confirmé que la réforme de la Loi sur la radiodiffusion était l’une de ses principales priorités et il a promis de présenter une nouvelle législation dans les 100 premiers jours de son entrée en fonction. 

Il s’agira d’un moment charnière pour les politiques culturelles canadiennes. 



La SOCAN est ravie d’accueillir Gagan Singh à titre de responsable A&R pour le secteur du cinéma, de la télévision et des médias visuels, un rôle qui a été créé afin de mettre l’accent sur le développement de nos membres compositeurs à l’image.

Dans ses nouvelles fonctions, Gagan s’emploiera à renforcer les relations avec les compositeurs à l’image, ainsi qu’avec les influenceurs de l’écosystème de la musique, du cinéma et de la télévision au Canada et ailleurs dans le monde. Il rencontrera les compositeurs à l’image afin de répondre à leurs besoins d’un point de vue commercial et créatif, aux côtés de l’équipe des chargés de clientèle pour le cinéma et la télévision.

Singh travaille déjà à l’élaboration d’ateliers et d’initiatives éducatives qui profiteront à la communauté émergente des compositeurs à l’image et lui permettront d’approfondir ses connaissances des tendances et des meilleures pratiques. Il agira également comme liaison stratégique entre la communauté des compositeurs et les associations de l’industrie.

Gagan est un compositeur à succès qui siège au conseil d’administration de la Guilde des compositeurs canadiens de musique à l’image (SCGC), il a donc une compréhension intime des défis et intérêts des compositeurs à l’image. Il a consacré sa carrière à l’art de la musique pour les médias et a fait ses preuves dans de nombreuses facettes de la production musicale, de la direction vocale et de la création de contenus de haute qualité pour de nombreux clients. Gagan a également une grande compréhension des paysages musicaux pluriculturels du Canada et il est coprésident du comité de la diversité, de l’équité et de l’inclusion du SCGC.

Il s’est joint à la SOCAN après avoir travaillé pour l’Association des auteurs-compositeurs canadiens (SAC) où il était directeur adjoint des projets spéciaux aux côtés du directeur général afin de favoriser et développer les programmes de mentorat des auteurs-compositeurs. Cela lui a permis de développer davantage la programmation pour les membres émergents et établis de la SAC.

Avant de se joindre à la SAC, il travaillait chez Hard Music Group, un éditeur affilié à Sony Music, en tant que gestionnaire de produits, supervisant tous les aspects des calendriers de production pour les sorties d’albums et les projets.

Gagan a remporté de nombreux succès en tant que compositeur, recevant notamment les honneurs des New York International Film Awards, des LEO Awards et du Durham Film Festival. Il est titulaire d’un baccalauréat de spécialiste en gestion des arts, musique et médias, de l’université de Toronto.