Les représentants de la SOCAN étaient à l’avant-plan lors du tout premier Sommet sur l’entrepreneuriat créatif qui visait à offrir aux artistes émergents et aux professionnels de l’industrie la possibilité d’affiner leurs compétences entrepreneuriales tout en leur fournissant les outils et les ressources nécessaires pour transformer leur talent en une carrière durable.

Organisé par la Fondation SOCAN et présenté par TuneCore, le sommet en ligne, qui s’est tenu du 20 au 29 juillet 2021, a exploré l’édition musicale, la distribution, le marketing, l’esprit d’entreprise, les aspects juridiques, la gestion financière, la gestion de la santé mentale, et plus encore, par le biais d’ateliers pratiques, de présentations principales et de panels.

Michael Asante, représentant A&R de la SOCAN pour le rap et R&B, a animé une séance « SOCAN 101 » au cours de laquelle il a expliqué ce que fait la SOCAN, comment maximiser les redevances, les avantages de l’adhésion et comment l’organisation soutient ses membres. Michael était accompagné d’Arun Chaturvedi de l’Association des auteurs-compositeurs canadiens et de Tonya Dedrick, de la Guilde des compositeurs canadiens de musique à l’image, tandis qu’une version francophone de la séance était dirigée par Sara Dendane, responsable A&R de la SOCAN à Montréal.

Marie-Michèle Bouchard, généraliste en communications et marketing à la SOCAN, a participé à un panel intitulé « Distribution numérique 101 : comment demeurer indépendant et garder le contrôle de vos bandes maîtresses ». Les participants ont abordé des sujets tels que comment se bâtir un auditoire de fans, comment bonifier son catalogue et comment générer des revenus en travaillant avec un distributeur numérique.

La directrice générale de la Fondation SOCAN, Charlie Wall-Andrews, a prononcé le discours d’ouverture intitulé « The Rise of the Artist Entrepreneur » sur la façon de naviguer dans un écosystème musical complexe pour diffuser le talent à un public plus large. Elle a utilisé une étude de cas pour démystifier l’esprit d’entreprise des artistes et explorer les moyens de créer et de maintenir des moyens de subsistance durables en tant que créateurs de musique.

Dans le cadre du panel intitulé « L’édition musicale 101 », Margaret McGuffin de Music Publishers Canada, Mishelle Pack de Sony Music Publishing Canada et Cheryl Link de peermusic ont expliqué ce qu’est un éditeur de musique et ce qu’il fait, tandis qu’une version française de la séance a été présentée par Daniel Lafrance de ÉDITORIAL AVENUE.

Il y a également eu une séance « In Conversation » modérée par DJ Agile en compagnie de Haviah Mighty dans laquelle l’artiste a discuté de la créativité, de l’esprit d’entreprise, du travail acharné et de la détermination qui lui ont permis de gravir les échelons des scènes hip-hop et R&B canadiennes, tout en attirant l’attention internationale et en restant fidèle à ses principes artistiques fondamentaux.



Le magazine spécialisé Country Air Check a annoncé que « Barefoot Blue Jean Night » coécrite par Terry Sawchuk est la chanson qu’ont le plus jouée les stations de radio country au cours de la décennie 2011-2021.

La chanson – écrite par Sawchuk, Dylan Altman et Eric Paslay, et enregistrée par Jake Owen – est sortie en 2011 et a depuis obtenu près de 500 000 diffusions à la radio et près de 35 millions de vues sur YouTube en plus de s’écouler à près de trois millions d’exemplaires. Ce simple a également valu à Sawchuk un Prix SOCAN, un Nashville Songwriters Association International No. 1, un prix #1 de la Country Music Academy, et une nomination comme auteur-compositeur de l’année de Music Row. Elle a également été sacrée Chanson de l’année 2012 par ASCAP.

Owen a remis le prix aux co-auteurs Sawchuk et Paslay (Altman n’était pas disponible) sur la scène du Ryman Auditorium à Nashville, lors d’une prestation le 15 juillet 2021.

« C’était le 27 septembre 2010 dans le grenier au quatrième étage d’une maison d’édition de Music Row », raconte Sawchuk au sujet de la genèse de la chanson. « On s’est sentis presque comme des badauds pendant que “Barefoot Blue Jean Night” prenait vie devant nos yeux en à peine 90 minutes. Ça s’est produit de manière tellement naturelle, c’était clairement pas une séance de création typique de Music Row. »

“Malheureusement, les maisons de disques ne mordaient pas à l’hameçon de notre démo guitare-voix. On était écœurés de toutes ces années passées à se faire dire “non” et à voir des chansons rejetées. Celle-là était trop spéciale et on a décidé d’adopter une approche hors de l’ordinaire. Ce n’est que lorsque j’ai ajouté un rythme R&B dans les couplets et un rythme hip-hop dans le refrain en plus du jeu de guitare d’Eric et des “woohs” de Dylan dans le refrain que les maisons de disques l’ont remarquée. Des beats urbains dans la musique country ? En 2010, c’était une approche qui avait le potentiel de te faire expulser de la ville… LOL !”

“Dix ans plus tard, Jake Owen nous fait la surprise de ce prix sur scène au Ryman. Ça démontre bien toute l’humilité et la gratitude qu’il y a derrière cet artiste audacieux. Nous sommes tous vraiment reconnaissants et nous acceptons ce prix avec grande humilité.”

Ce n’est toutefois pas la première fois que Sawchuk connaît du succès en près de 30 ans de carrière comme interprète, producteur, auteur-compositeur, éditeur de musique et mixeur. En 2005, il a produit et coécrit sa première chanson #1 – « Back in Town » – pour Matt Dusk chez Universal Music et elle est devenue la première chanson de jazz de l’histoire à se classer numéro un dans les palmarès pop japonais. Le simple « All About Me » de Dusk, produit par Sawchuk, a atteint la première place sur les ondes des radios adulte contemporain au Canada ; son album My Funny Valentine : The Songs of Chet Baker a été mis en nomination pour le prix JUNO du meilleur album de jazz vocal, et a également obtenu un prix double platine en Pologne.

En 2013, Kobalt Music a signé un contrat mondial d’édition musicale avec Sawchuk, et l’année suivante, Chad Brownlee, l’un des plus grands noms de la musique country canadienne, a sorti la chanson de Sawchuk « Falling Over You » en tant que simple, atteignant le Top 10 des palmarès country au Canada. En 2017, la réédition du 20e anniversaire de l’album Jagged Little Pill d’Alanis Morissette comportait deux chansons coécrites par Morissette et Sawchuk. Il a également coécrit « This One’s On Me » avec Mutt Lange, producteur et auteur-compositeur de longue date de Shania Twain, AC/DC, Ashley Clark (une artiste gérée par Simon Fuller) et Mike Krompass.Plus récemment, Sawchuk a coécrit et coproduit la chanson « Blow » avec l’artiste torontoise Ruby Waters. Elle a atteint la première place du Top 20 de la SRC en mai, et a culminé à la cinquième place sur les radios alternatives canadiennes. « Blow » a été coécrite par Ruby Waters, Jackson Willows et Sawchuk.



L’incontournable chanson « Vivre dans la nuit » du groupe Nuance sera intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens le mardi 10 août à 21h lors de l’émission Bonsoir Bonsoir sur les ondes d’ICI télé. Pour l’occasion, la chanson sera interprétée par Fanny Bloom et Patsy Galant en présence de Sandra Dorion.

Écrite et composée par le groupe composé de Sandra Dorion (voix), Denis Lalonde (guitare), Mario Dubé (claviers), Daniel King (batterie) et Mario Laniel (basse), « Vivre dans la nuit », qui a passé 16 semaines au #1 du palmarès, est un hymne pour les noctambules qui se résignent à leur sort, une complainte rock gorgée de désillusion. Lorsque Nuance lance Vivre dans la nuit en 1984, c’est tout un pan de la population active qui se sent interpellée par les paroles. Les gardiens de sécurité dans les tours à bureaux vides, les barmans qui ont pris un shooter de trop avec les clients avant le close, les danseuses qui ont dû composer avec le pire dans l’isoloir, les chauffeurs de taxi qui, trop souvent, épongent les restes d’une soirée trop arrosée sur leur banquette arrière. Les gens à qui, habituellement, les poètes ne pensent pas.

Vendu à 88 000 d’exemplaires, au creux d’une période difficile pour l’industrie de la musique francophone dans la Belle Province, le 45-tours de Vivre dans la nuit permettra aux Gatinois de loger pendant plusieurs semaines au palmarès. Pas mal, pour une chanson écrite sous pression. « En 1983, on est entré en studio rapidement parce que notre chanson Amour sans romance avait quand même connu du succès sur les palmarès, se souvient Sandra. Très vite, on nous a demandé de réécrire un hit ».

L’album Vivre dans la nuit sortira plus tard en 1984, incluant, outre la pièce-titre, les succès « Libre » et « Sans être aimée ». Si le public adore et entonne les mots face à la scène en concert, l’intelligentsia d’alors se moque vertement de la prose des cinq paroliers originaires de l’Outaouais. La rançon de la gloire, sans doute. Sandra Dorion, aujourd’hui réorientée vers l’enseignement au primaire, se remémore les critiques acerbes de Nathalie Petrowski et des autres chroniqueurs avec un pincement au cœur. « On a été très jugés au niveau de la langue. Moi, je suis anglophone à la base. Je viens d’Aylmer, j’ai enseigné l’anglais… On m’a demandé de chanter et d’écrire en français avec un groupe qui, quand même, était francophone. […] Évidemment, on a une des maladresses au niveau de l’écriture. J’en conviens aujourd’hui, je le reconnais ». Maladresses ou pas, leurs mots résonnent fort. L’interprétation, sentie et vive, marque durablement les esprits.

Plutôt que de se laisser miner par les mauvaises langues, les membres de Nuance s’accrochent à leurs deux nominations aux Prix Juno et aux trois prix remportés au Gala de l’ADISQ: Découverte de l’année en 1986, 45-tours le plus vendu et Groupe francophone de l’année en 1987. Nuance lance l’album Journal intime, un dernier effort paru en 1988 qui sonnera le glas des carrières musicales de tout le monde. Ou presque.

Seul Mario Dubé continuera sa route dans le milieu du spectacle, notamment à titre de directeur de tournée. Sandra, elle, s’autorisera un bref retour avec le disque Sandra telle quelle en 2011, avant de définitivement faire une croix sur sa vie d’artiste. Mario Laniel est à présent informaticien au gouvernement, Denis Lalonde vend aujourd’hui des assurances et Daniel King s’est ouvert une garderie. Plus personne, à ce jour, ne vit dans la nuit. Les membres de Nuance travaillent pour leurs gagne-pains, ils ont des jobs comme tous les autres.