L’auteure-compositrice-interprète Diane Juster a conquis le cœur des Québécois en 1979 avec « Je ne suis qu’une chanson », émouvante et puissante ballade interprétée par la grande Ginette Reno qui l’a faite sienne de façon magistrale. Auréolée du Félix de la chanson de l’année, la pièce a connu un engouement monstre, comme en témoigne le succès de l’album homonyme, vendu à plus de 350 000 exemplaires en un peu plus d’un an. « Je ne suis qu’une chanson » a remporté le Prix Empreinte Culturelle lors du 30e Gala SOCAN, le 22 septembre, à La Tohu. Eric Parazelli, rédacteur en chef du magazine de la SOCAN P&M, a rencontré la grande Ginette Reno sur le tapis rouge alors qu’elle s’apprêtait à rendre hommage à Diane Juster pour qu’elle nous raconte l’importance qu’a eue cette immense chanson sur sa carrière.



Le grand Jean Leloup a offert une performance surprise lors du 30e Gala SOCAN, le 22 septembre, à La Tohu, à Montréal. Mais il était aussi là pour recevoir ses trois premiers Classiques de la SOCAN, en compagnie de ses coauteurs et éditeurs, pour les chansons « 1990 », « Isabelle » et « Cookie », toutes tirées de son album « L’amour est sans pitié ». Eric Parazelli, rédacteur en chef du magazine de la SOCAN P&M, l’a rencontré après la remise de ses prix. Il lui a entre autres demandé si le fait de célébrer de vieilles chansons de son répertoire le rendait heureux, comment avait évolué sa façon d’écrire des chansons depuis cette époque et comment il recevait le fait que ses chansons faisaient maintenant partie de la vie de tant de gens.



La liste des lauréats

Un parterre constitué des meilleurs auteurs-compositeurs, compositeurs de musique à l’écran, éditeurs de musique et acteurs importants de l’écosystème musical se sont réunis à La Tohu, à Montréal, pour célébrer la 30e édition du Gala SOCAN durant laquelle plus de 50 prix ont été remis afin de souligner le talent créatif québécois.

Animé de mains de maitre par Pierre-Yves Lord, cette édition du gala de la SOCAN a démarré en grand par la remise de quatre nouveaux Classiques de la SOCAN[1] à Luc Plamondon qui devient ainsi le premier membre SOCAN à atteindre le cap remarquable des 40 Classiques de la SOCAN. Malheureusement retenu à Paris, il a tout de même bénéficié d’un hommage en règle par les performances époustouflantes de Bruno Pelletier, France D’Amour et Martin Giroux qui ont interprété de façon mémorable trois de ses Classiques issus de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, soit « Belle », « Le temps des cathédrales » et « Vivre ».

Plusieurs prix spéciaux ont été décernés durant le gala, dont le prix Empreinte culturelle, remis cette année à l’immense chanson « Je ne suis qu’une chanson », écrite en 1979 par Diane Juster pour la grande Ginette Reno qui a tenu à lui présenter elle-même le prestigieux prix après une interprétation à couper le souffle par Mélissa Bédard.

Le compositeur et pianiste d’exception, André Gagnon, a reçu le Prix Excellence SOCAN pour l’ensemble de sa carrière, alors que Gilles Valiquette a, quant à lui, reçu le Prix Hommage SOCAN pour son rôle majeur dans la défense des droits des créateurs à travers son travail incessant au sein, entre autres, du conseil d’administration de la SOCAN durant 26 ans.

Michel Rivard, Andréanne A. Malette et Richard Séguin ont d’ailleurs offert une prestation digne de mention de quatre de ses plus grands succès, soit « La vie en rose », « Mets un peu de soleil », « Quelle belle journée » et « Je suis cool » alors qu’une multitude d’artistes le remerciaient sur les écrans géants.

Parmi les autres prix spéciaux, soulignons ceux remis à Cœur de pirate, Auteure-compositrice SOCAN de l’année; au créateur derrière plusieurs succès du duo 2Frères, Steve Marin, qui a remporté le nouveau prix de l’Auteur-compositeur non-interprète de l’année; au couple hautement créatif formé de James Gelfand et Louise Tremblay, Compositeurs de musique à l’image de l’année; tandis que le duo de producers montréalais Banx & Ranx est reparti avec le Prix international SOCAN.

Le Prix de l’Éditeur de l’année a été remis à la boîte David Murphy et Cie pour sa contribution au succès de ses talentueux auteurs-compositeurs, et pour son influence positive sur l’écosystème musical.

« Cette 30e édition du Gala SOCAN a été l’image de ses près de 35 000 membres québécois (sur un total de plus de 160 000): émouvante, créative et bourrée de talent », a déclaré le chef de la direction de la SOCAN, Eric Baptiste. « La SOCAN s’engage depuis 30 ans à travailler sans relâche à assurer qu’ils sont rémunérés équitablement et adéquatement pour leur musique et continuera de le faire quotidiennement, avec passion, vigilance et enthousiasme, inspirée par ses membres.  Plus que jamais, la SOCAN est fière d’être une pièce maitresse dans le si dynamique écosystème musical du Québec et œuvre passionnément pour sa réussite durable. »

D’autres magnifiques performances

Le gala de cette année a aussi été l’occasion de se remémorer des souvenirs musicaux des trois dernières décennies avec la participation des ex-animateurs de MusiquePlus, Sonia Benezra, Anne-Marie Withenshaw et Mike Gauthier et les performances surprises de Johanne Blouin (« Dors Caroline »), Anik Jean (qui a interprété les Classiques de la SOCAN « Mimi » de Lili Fatale et « Drinking in L.A. » de Bran Van 3000), et le grand Jean Leloup qui a reçu ses trois premiers Classiques de la SOCAN avec « 1990 », « Isabelle » et « Cookie » est venu interpréter sa magnifique chanson « L’oiseau-vitre » pour le plus grand plaisir des spectateurs.

L’extraordinaire interprète Luce Dufault et le chef d’orchestre du Gala SOCAN Antoine Gratton ont interprété respectivement « Comme un sage » et « Dixie » d’Harmonium, alors que les quatre auteurs-compositeurs de la formation québécoise mythique, Serge Fiori, Michel Normandeau, Louis Valois et Serge Locat étaient admis au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, une première intronisation au Panthéon dans le cadre du Gala SOCAN.

Fait à noter, Dubmatique et Kashtin ont marqué l’histoire du gala de ce soir en voyant leurs chansons respectives, « Soul Pleureur » et « E Uassiuian » devenir les premiers Classiques hip-hop et issus des Premières Nations de la SOCAN.

Pour tous les goûts

Du côté des catégories musicales spécialisées, la musique du monde était à l’honneur avec le Prix Hagood Hardy remis à AfrotroniX ; le Prix Jan V. Matejcek en nouvelle musique classique a été décerné à Keiko Devaux ; le Prix Musique country a été attribué à la sensation Matt Lang ; l’ambassadrice de la scène électro montréalaise Marie Davidson, a raflé le Prix Musique électronique ; et les très populaires FouKi et Alaclair Ensemble se sont mérités, ex æquo, le Prix Musique Hip-Hop / Rap.

Chansons populaires et musique à l’image

En tout, dix Prix Chanson populaire ont été remis au cours de la soirée aux auteurs-compositeurs et éditeurs des chansons francophones les plus entendues en 2018, soit « Fille de personne II », « Toutes les femmes savent danser », « Prémonition », « À hauteur d’hommes », « Ici et ailleurs », « Desert Song », « Lies (v.f.), « Best I’ll never have (v.f.) », « La nuit gronde », et « Au sommet ». Le Prix Chanson populaire anglophone a été décerné à Charlotte Cardin et Jason Brando O’Farrell Ciciola pour la chanson « Main Girl ».

Le gala a également permis de souligner le précieux talent des compositeurs et éditeurs de musique pour le petit et le grand écran. Ainsi, parmi les lauréats de la soirée, on comptait un habitué du Gala de la SOCAN, Anthony Rozankovic, ainsi que ses éditeurs Cinéflix Média Inc. et Anthem Entertainment, qui sont repartis avec les Prix Musique de télévision (international) et Fiction ou série dramatique (national) pour la musique de la série Mayday. Soulignons également que les compositeurs Jean-Phi Goncalves (Le tricheur), Scott Price (Les Gags), et Rudy Toussaint (How It’s Made) sont tous repartis avec des trophées pour une troisième année de suite. Alors que Raymond Fabi a été récompensé pour la musique de « Arthur » dans la catégorie Émission jeunesse, et que Anik Jean a remporté le Prix Musique de film pour la première fois de sa carrière pour son travail de composition de la musique originale du film « Bon Cop Bad Cop 2 ».

Prix Autorisé à vous divertir

Enfin, l’apport essentiel des entreprises ou organismes licenciés par la SOCAN afin d’utiliser la musique de manière équitable et juste a été souligné par le Prix Autorisé à vous divertir remis au Festival Western de St-Tite, mettant ainsi en lumière le rayonnement exceptionnel qu’il permet aux artistes québécois et canadiens qui participent chaque à année à ce rendez-vous country incontournable, mais également l’excellente collaboration qu’elle perpétue avec le service des licences de la SOCAN.

[1] Au Québec, une chanson est désignée Classique SOCAN lorsqu’elle a joué à la radio au moins 25 000 fois depuis son lancement il y a au moins 20 ans.