Cold Specks semble sorti de nulle part. Dès la parution de ses premières chansons au soul très sombre, Cold Specks s’est rapidement « dévoilé » comme étant le nom de scène de Al Spx, une auteure-compositrice désormais établie à Londres.

Son premier simple, « Holland », qu’elle décrit elle-même comme étant du « doom soul » a rapidement fait des vagues au Royaume-Uni et des publications telles que The Guardian, The Times et le NME ont chanté ses louanges. Un premier 45 tours a été acclamé par la critique après son lancement en décembre dernier par le label Arts & Craft, puis, en 2012, elle a été mise sous contrat par le célèbre label britannique Mute.

« Au début, j’étais mal à l’aide de voir mon nom associé à ces chansons », explique Spx. « J’ai donc décidé de me retirer de ma musique. Je crois que c’est ça qui permet à une artiste d’être aussi honnête qu’elle le désire. »

Son premier album, I Predict A Graceful Expulsion, paru début 2012, a d’ailleurs été finaliste pour le Polaris Music Prize.


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Depuis longtemps, elle sème, ratisse, bichonne. Aujourd’hui, Natalie Byrns récolte. Ce qui donne Carnets d’insomnie, deuxième opus très réussi de l’auteure-compositrice-interprète de 36 ans, aux accents folk-pop. Un album planant et atmosphérique, qui réunit comme dans un bouquet tous les talents de cette femme-orchestre : l’écriture, la composition, le chant, le théâtre et, dans la foulée, le spectacle. « Ce qui caractérise mon parcours, c’est ma passion vibrante pour la scène, avoue-t-elle. J’adore raconter des histoires, aussi bien dans une chanson de trois minutes que dans un show à grand déploiement. C’est ça qui m’anime. »

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Québec, la native de Thetford Mines prend rapidement la tangente de la musique. « Mon père écoutait Patsy Cline et Connie Francis. Ma mère, Ferland, Charlebois, Vigneault. J’ai appris le piano, tout en trippant sur les grands des années 70… La chanson a toujours été en moi. Mais j’avais envie de toucher à tout – théâtre, clown, travail du corps, analyse de textes. Mes meilleurs souvenirs du Conservatoire, ce sont les cours de poésie. Dire un poème devant un public, c’est très proche du travail de chanteur soliste. »

La voix chaude de Natalie la lance d’abord sur une trajectoire de chanteuse. On l’entend dans la trame sonore d’un film de Disney. Elle obtient le Prix de la presse au Festival international de la chanson de Granby de même que la palme d’interprète, le coup de cœur du public et le Prix du Roseq au Tremplin de Dégelis. La troupe Québec Issime lui confie bientôt le rôle de la mère Noël dans la superproduction Décembre, qu’elle reprend d’ailleurs depuis.

D’autres spectacles musicaux apparaîtront plus tard sur sa feuille de route, comme Showtime et Un violon sur le toit. Et pourtant… « Je rêvais d’être auteure- compositrice-interprète. J’ai toujours écrit des poèmes. Au Conservatoire, j’ai créé des chansons, mais qui allaient dans tous les sens. J’ai pris des détours avant de revenir à l’écriture. » Le déclic se fait pendant un séjour en Asie, comme soliste d’un band. « Là-bas, un des musiciens m’a offert une composition. J’ai alors compris que je devais me laisser inspirer par la musique. Cette mélodie a donné “Filer sur le vent”, une chanson du premier album, paru en 2007. » L’idée de ce disque lui vient d’une photo d’elle, prise à Macao à la tombée du jour. « Tout de suite, c’est le titre qui m’est venu en tête : Le Soleil sur l’épaule. De là j’ai imaginé un recueil de voyage, qui parlait aussi du vent, de la mer, des volcans. » Réalisé par Francis Covan, l’album privilégie les instruments acoustiques.

Carnets d’insomnie, lancé en mai sous le label Iguane Records, a lui aussi mûri à partir du titre. Natalie en signe tous les textes, assonants et consonants, et la moitié des musiques, en plus de jouer du piano. « J’ai observé mes insomnies et celles des autres. Même si le ton est intime, le “je” est tour à tour personnel et personnage. » Avec ses complices Christian Bernard à la composition et Bruno Labrie aux arrangements et à la réalisation, elle invente un univers nocturne enveloppant, lucide ou onirique, qui évoque l’inspiration créatrice, l’alcool et la drague, le mal d’amour ou le vertige de la maternité (juste avant l’arrivée du petit Raphinou). Avec, ici et là, des pointes de dance (« Coca Loca », premier single), de R & B (« Sous le lit ») et même une parenté avec Sheryl Crow (« Falling In Lust », seule pièce anglaise). « Je voulais m’éloigner du folk pur, aller vers un style plus pop, mais avec des loops organiques, réalisés avec des grains de café, des pinceaux, des chaînes… »

Fan d’Andrew Belle, de Patrick Watson, Martin Léon et Luc De Larochellière, Natalie rêve de composer des musiques de films, veut offrir ses chansons à d’autres et continuer de créer pour elle. « Écrire, chanter, c’est viscéral. Parce que chaque fois que je monte sur scène, il y a une rencontre… Pour mon prochain album, je veux continuer à jouer avec les personnages et me servir de tous les outils que j’ai acquis comme interprète. »

L’espace francophone est aussi dans sa mire. Encore là, l’artiste cultive la patience dans l’esquisse de son plan de match. « Je ne crois pas au hasard. J’ai fait tout un parcours pour arriver jusqu’ici. Si je n’avais pas produit mon premier album, Nicky Estor ne m’aurait pas entendu chanter au P’tit Bar ni proposé de faire partie de sa maison de disques. Je me vois comme une late bloomer. Pour chaque fruit que je cueille, j’ai mis beaucoup d’heures dans mon jardin. »


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Il n’aura suffi que d’un tweet pour que change la vie de Carly Rae Jepsen.

Lorsque l’idole des ados — et véritable phénomène sur les réseaux sociaux — Justin Bieber a entendu la très accrocheuse « Call Me Maybe » de la jeune chanteuse originaire de Mission, en Colombie-Britannique, pour la première fois, l’an dernier, il a tweeté son approbation au sujet de la pièce à ses 15 millions (à l’époque) de fans, et la vie de Jepsen a basculé.

« Ç’a été comme une véritable traînée de poudre : j’étais en 11e position sur iTunes à ce moment, et avant la fin de la journée, j’étais en première position, » se rappelle la jeune finaliste à l’édition 2007 de Canadian Idol. « Et pas seulement au Canada, mais dans plusieurs pays où je n’avais jamais mis les pieds, comme l’Allemagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande… Ils en ont aussi entendu parler, et j’ai gagné des milliers et des milliers d’abonnés sur Twitter. J’étais vraiment ébahie de voir tout ce qu’un petit tweet peut accomplir. »

Et ce n’était pas tout. Quelques proches de Bieber — sa copine Selena Gomez, l’actrice Ashley Tisdale et certains membres de Big Time Rush — se sont joint à lui pour tourner un clip de la chanson qui est rapidement devenu viral, comme le veut le terme désormais consacré. Non seulement ça, mais cette vidéo a lancé une mode de vedettes créant des versions et adaptations de « Call Me Maybe », notamment par Katy Perry et Cookie Monster de Sesame Street ainsi que l’ex-secrétaire d’État américain, Colin Powell.

C’est dans la foulée de cette vidéo de Bieber et consort — vidéo qui, au moment d’écrire ces lignes, a déjà été visionnée plus de 45 millions de fois — que Carly Rae Jepsen a reçu le coup de fil qui la placerait fermement dans l’œil de la tempête : Scooter Braun l’invitait à signer sur son nouveau label jouissant d’une distribution mondiale via Interscope, School Boy Records. (Au Canada, Jepsen est toujours représentée par 604 Records).

« Scooter m’a dit “Justin veut vraiment le faire. Je veux vraiment qu’on le fasse. Viens à L.A. et mettons-nous au travail.” Ma tournée s’est terminée et je me suis rendue là-bas. Deux jours avant de partir, j’ai été sur Facebook et j’ai vu à quel point la vidéo était devenue virale, et je me suis dit “merde, ça n’a aucun sens?!” »

Depuis, la jeune chanteuse parcourt la planète — du Royaume-Uni à l’Australie — pour chanter partout où sa chanson a atteint le sommet des palmarès. La chanson a également trôné au sommet du Hot 100 de Billboard et au moment où vous lirez ces lignes, les ventes auront sans aucun doute dépassé les six millions d’exemplaires uniquement pour l’Amérique du Nord.

Pendant ce temps, elle travaille assidument à la création de l’album qui fera suite à son EP Curiosity paru un peu plus tôt cette année, composant et enregistrant avec un entourage qui compte notamment Redfoo de LMFAO, Ryan Tedder de OneRepublic, Owl City ainsi que ses compatriotes canadiens qui sont au cœur de son processus créatif, son guitariste Tavish Crowe, l’auteur-compositeur et chanteur de Marianas Trench, Josh Ramsay et le réalisateur Ryan Stewart. Et comme si tout ça n’était pas assez, elle travaille sur cet album alors qu’elle doit encore faire des apparitions à la télé et dans d’innombrables galas de prix de toutes sortes en plus d’être constamment en tournée pour les premières parties du spectacle Believe de Justin Bieber, incluant un concert gratuit qui a attiré plus de 300?000 fans. « Ç’a été un véritable tourbillon, mais tout ce qu’il y a de plus plaisant malgré tout », confie Jepsen alors qu’elle débarque à peine de l’avion à L.A. après avoir donné un concert en Ohio la veille.

Mais alors, comment est née son aguichante chanson au sujet d’une attirance instantanée et qui a conquis le monde entier??

« La première phrase de la chanson, “Before you came into my life, I missed you so bad” (librement : “Tu me manquais tant avant que je te rencontre”), c’était un truc que je chantonnais alors que je passais du temps chez mon oncle à Mission », explique la jeune artiste. « J’ai écrit ça pour le gars que je fréquente actuellement, mon copain?; à la base l’idée c’est que je savais qu’il manquait quelque chose à ma vie, et c’était lui. »

Jepsen et Crowe ont ensuite développé cette idée. « Au début, c’était une pièce acoustique sur laquelle mon Tavish et moi on “jammait” quand on était sur la route ensemble », raconte-t-elle.

Carly Rae Jepsen a fait la connaissance de Ramsay alors qu’elle assurait la première partie durant une tournée de Marianas Trench et elle l’a invité à chanter sur la pièce « Sour Candy » qui figurait sur son album de 2008, Tug Of War. « La deuxième fois que je me suis rendue chez Josh pour une séance de création, il m’a demandé de lui jouer toutes les idées que j’avais en tête. J’ai joué le début de “Call Me Maybe” et, à ce moment, le refrain était en fait un prérefrain. Tavish et moi on avait écrit un refrain complètement différent, mais quand Josh l’a entendu, il a dit “non, on coupe ce refrain et on répète le prérefrain, c’est définitivement le ‘hook’ de la chanson.” »

« Josh a un don incroyable pour “pop-ifier” une chanson. Il est vraiment un génie pour ce genre de chose. Tavish et moi on n’y a pas pensé par deux fois : on a écouté et suivi ses conseils. Les paroles, le reste de la chanson, on a retiré le couplet qui se trouvait là et Josh et moi on l’a retravaillé. »

Jepsen a continué à peaufiner la chanson en compagnie de Ramsay pendant quelques jours encore, et elle était de plus en plus excitée par son immense potentiel. « Je me souviens que j’étais très excitée, car la deuxième journée, j’avais aussi trouvé de nouvelles paroles pour un couplet », raconte-t-elle. « J’ai l’idée d’introduire un peu de fantastique dans une chanson pop. Je l’ai chanté à Josh et il était gonflé à bloc. »

« Chaque jour, l’un d’entre nous arrivait avec une nouvelle idée et ce qui était vraiment chouette, c’est qu’aucun de nous ne disait jamais “non, j’aime pas ça.” Toutes les idées étaient reçues avec beaucoup d’ouverture. »

Il manquait toutefois une pièce au puzzle, et c’était le mixage de Dave « Rave » Ogilvie, un vétéran de la production et de la réalisation qui a notamment travaillé avec Nine Inch Nails, Tool, David Bowie, Skinny Puppy, pour ne nommer que ceux-là, et qui a donné à « Call Me Maybe » son côté dance-pop plus audacieux.

« Chaque étape était cruciale », confie Jepsen. « L’approche de Josh a complètement changé la chanson. L’approche de Dave Ogilvie a complètement changé la chanson. C’était vraiment cool de voir ces différentes étapes et la couleur qu’elles apportaient. » En fin de compte, le processus a pris environ 5 jours. « Ç’a été plutôt facile », dit la jeune artiste.

« Call Me Maybe » n’est qu’une parmi environ 55 chansons que Jepsen avait composées en préparation d’un éventuel album qui serait produit par Ryan Stewart. Elle a été la première surprise par la direction dance-pop que sa musique a prise, et c’est là qu’elle a réalisé qu’il lui faudrait dès lors créer un album complètement différent.

« Je me souviens d’être allée en studio avec Ryan Stewart, totalement déterminée à enregistrer un album à saveur folk, car c’était pour ça que j’étais sous contrat chez 604 », se souvient l’artiste qui, à l’époque, écoutait des artistes telles que Robyn et La Roux. « Mais à ce moment, j’avais toujours tendance a “dance-ifier” ces chansons et à leur trouver des mélodies qui n’avaient pas grand-chose de folk. »

« Quant à Ryan — que Dieu le protège, il est à mes côtés depuis le premier jour de cette aventure — faisait la même chose de son côté, alors on a simplement décidé de se laisser porter par notre inspiration, et celle-ci nous menait sans aucun doute vers le monde de la pop. »

Le succès inattendu de Carly Rae Jepsen est peut-être une surprise pour bien des gens, mais Zack Werner, l’ancien jury de Canadian Idol, a toujours su qu’elle serait une « méga-vedette ».

« Plusieurs choses étaient évidentes dès la première rencontre : elle possédait ce côté fillette qui la rend très attachante et vous saviez que dès le moment où elle tournerait à la radio, tout le monde allait se souvenir d’elle », explique Werner. « Trouver les bonnes chansons, ça, c’est une autre histoire, mais le charisme, la voix et la coquetterie étaient déjà au rendez-vous. »

Werner apprécie également son attitude sémillante : « Elle a toujours été très positive, très humble, et très reconnaissante et ouverte, ça ne me surprend pas qu’elle ait eu la bonne attitude et un bon sens de qui elle est afin de collaborer avec des gens qui pourraient l’aider à réussir. »

Et malgré sa popularité sans cesse croissante, Carly Rae Jepsen est toujours aussi prolifique qu’avant. « Je ne savais pas si j’allais figer ou tomber dans un marathon d’écriture, mais c’est clairement la seconde option qui s’est produite », confie l’artiste. « Je suis en plein marathon d’écriture et ça ne semble pas vouloir s’arrêter. »

Elle sait que les prochaines années vont être entièrement consacrées par la promotion de son album à venir, mais cela ne l’empêche pas de penser à plus long-terme encore alors même qu’elle se dirige vers le firmament des étoiles.

« Bien que j’apprécie sincèrement tout ce qui m’arrive et que je ne suis vraiment pas pressée que ça prenne fin, mon objectif a toujours été de pouvoir profiter d’une vie familiale tranquille et confortable, peut-être même avec des enfants », révèle la jeune femme.

« Peut-être que j’écrirai uniquement pour les autres ou que je deviendrai parolière. Ça ne peut jamais nuire d’avoir un répertoire de chansons inédites, juste au cas… »


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