Nouvellement élu par les membres, le conseil d’administration de la SOCAN pour le mandat  2018-2021 vient d’élire son président et ses dirigeants ainsi que le président et les membres de chacun de ses quatre comités.

Le nouveau président du conseil et du comité exécutif de gouvernance de la SOCAN est Marc Ouellette, qui a siégé au conseil d’administration de la Société du droit de reproduction des auteurs compositeurs et éditeurs au Canada (SODRAC) de 2000 à 2006 et en a été le président en 2006. Il a également siégé au conseil d’administration du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens (PACC) et à celui de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ), dont il a été le président de 2002 à 2004.

Les autres dirigeants du conseil d’administration sont la première vice-présidente Jennifer  Mitchell, le second vice-président Rosaire Archambault, la secrétaire Vivian Barclay, le trésorier Earl Rosen et le président sortant Stan Meissner.

Glenn Morley est président du comité des tarifs, licences et répartition; Ed Henderson est président du comité des membres; et le président sortant Stan Meissner est président du comité de l’identification et de la gestion des risques et coprésident du comité du régime de retraite.


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Quelques mois après la sortie de New Worlds, un deuxième album aux sonorités décapantes et au message social alarmiste, le trio électro montréalais Black Tiger Sex Machine poursuit sa conquête du monde.

Grands fans de science-fiction, Marc-André Chagnon, Julien Maranda et Patrick Barry ont imaginé une scénographie vive et ardente à la toile de fond post-apocalyptique pour cette longue série de spectacles qui, après les nombreux festivals électroniques de cet été, s’arrêtera un peu partout en Amérique du Nord et en Asie. « On a toujours tripé sur des films comme Blade Runner et Mad Max, sur ces mondes qui n’existent pas, et où on ne voudrait pas habiter de toute façon, mais par lesquels on est fascinés », explique Maranda.

Fondateurs de Kannibalen Records, étiquette indépendante qui représente notamment Apashe et Lektrique, les trois musiciens et entrepreneurs sont en plein contrôle de leur proposition artistique, qui prend racine à travers une histoire de science-fiction aux multiples rebondissements. Incarnés par leurs casques de félin, les personnages qu’ils jouent sur scène sont les leaders d’une secte, la «BTSM Church », qui a comme but de combattre les forces du mal du docteur allemand Kannibalen. D’abord venu en Amérique du Nord pour soigner les gens contaminés par une bactérie, ce dernier est devenu complètement fou à la suite de la mort de sa famille et a synthétisé le virus initial pour mieux le propager dans l‘eau, rendant ainsi les gens cannibales.

Paru ce printemps, le clip de Zombie montre toutefois que, depuis la sortie de Welcome to Our Church en 2016, la rébellion de la « BTSM Church » a perdu du terrain et que le sort de l’humanité est on ne peut plus incertain. De là le concept de ce deuxième album qui, derrière sa trame electro house industrielle aux teintes dubstep, évoque toutes les avenues possibles de ce monde où les forces du mal surplombent celles du bien. À eux seuls, les titres des chansons (War, Madness, Artificial Intelligence, Replicants) en disent long sur les enjeux qui animent les créateurs. « On est concernés par la technologie et la politique, par des sujets d’actualité comme l’intelligence artificielle, qui amènent à la fois des bons et des mauvais côtés », relate Barry.

« On a qu’à penser aux impacts que l’intelligence artificielle aura sur la classe moyenne prochainement. Y’a des jobs qui vont être remplacés par des robots et, si t’es pas un stratège ou un créatif, tu vas sûrement en écoper, réfléchit Chagnon. Oui, les humains ont toujours trouvé des solutions, mais là, les problèmes sont plus gros que jamais, surtout au niveau environnemental. »

New Worlds incarne donc cette vision somme toute pessimiste du monde, que partagent les trois créateurs. « On construit notre musique comme une bande sonore de film, dans laquelle toutes nos émotions passent. Les moments intenses de nos chansons, c’est clairement ce qui nous angoisse, mais il y a aussi des moments ambiants, plus atmosphériques », analyse Barry.

« C’est surtout notre façon de questionner le monde qui nous entoure, poursuit Maranda. En habitant à Montréal, c’est facile d’être optimiste, car on a une certaine conscience de l’environnement, mais en Chine, on a vu quelque chose d’autre. Il y a beaucoup, beaucoup trop de monde, et la pollution est extrême. On ne juge pas, mais on capte l’information. »

Boom asiatique et esprit DIY

Black Tiger Sex MachineCes observations n’ont toutefois pas altéré l’expérience du trio en Asie. Dans ce « marché en explosion » où « les festivals doublent chaque année », les trois amis qui se connaissent depuis le début de l’adolescence ont su piquer la curiosité de plusieurs promoteurs et d’une horde de nouveaux fans.

« En Corée du Sud, notre set était super tight avec l’immense mur LED en arrière et, tout de suite après, on a vu des grosses répercussions, comme des bookers de Thaïlande qui voulait nous inviter au Full Moon Party. On a dû décliner, car on était en Chine et qu’on devait aller à Chicago après…, relate Maranda. Mais heureusement, on va y retourner en novembre, et notre agent nous a dit qu’on devait se préparer à aller en Asie au moins 5-6 fois par année. Je pense que le côté animé de notre brand favorise ça, tout comme la vibe très cinématographique. »

Peu médiatisé au Québec, Black Tiger Sex Machine peut se vanter d’avoir réussi cette percée tout de même enviable par ses propres moyens, sans l’appui d’une grosse compagnie de disques. Formé en 2009, le groupe a tranquillement fait sa marque comme trio de DJs à Montréal, avant de connaître un véritable succès l’année suivante lors du premier événement Kannibalen au Belmont, bar-club emblématique de la Main. « On nous avait demandé si, en 10 jours, on pouvait organiser un gros party dans ce gros bar-là… alors qu’on n’avait jamais fait ça !, raconte Chagnon. Contre toute attente, il n’y avait pas vraiment d’évènement électro à Montréal ce soir-là, et 500 kids se sont pointés. Ça a été un vrai homerun ! L’énergie était incroyable, c’était comme un show de Skrillex. »

Plusieurs soirées mensuelles similaires plus tard, les trois producteurs et DJs ont la brillante idée de transformer la marque Kannibalen en compagnie de disques. « J’écoutais un podcast de la BBC avec l’agent de Justice et de Daft Punk, Pedro Winter, qui racontait comment il avait réussi à métamorphoser sa soirée Ed Banger en label, se souvient Maranda. À plus petite échelle, on avait nous aussi la chance d’avoir un fanbase qui connaissait notre brand, alors on devait juste trouver un moyen de connecter tout ce monde-là à nos releases. Évidemment, on n’avait aucune idée de comment démarrer un projet de la sorte, donc on a juste utilisé notre background et notre instinct pour rendre ça le plus professionnel possible. »

Peu à peu, les membres ont trouvé leurs forces. Diplômé en finances, Patrick Barry s’est concentré sur la comptabilité, tout en gardant son rôle de claviériste et de principal mélodiste du groupe. Marc-André Chagnon, lui, a pris le contrôle de la création du spectacle, incluant mix et projections, tandis que Julien Maranda a pris en charge le marketing, l’organisation des tournées, en plus du mixage et du mastering de la musique. C’est également lui qui, sur scène, contrôle la lumière des casques de félin à l’aide de son finger drum.

Bref, le trio est un exemple probant de ce que la philosophie do it yourself peut amener de mieux. « On a fait des petites erreurs au début, mais en fin de compte, on a réussi à se construire une bonne éthique de travail. Et, à mon sens, cette éthique est l’une des bonnes au Québec, car on est l’un des groupes qui font le plus de spectacles à l’international, croit Maranda. Surtout, on a montré que c’était possible de partir ça sans trop avoir de connaissances dans le domaine. On a juste grossi comme on pouvait, organiquement, étape par étape. »

Le 10 août à ÎleSoniq

 


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Situé à Londres, le Rokstone Studio a servi d’incubateur pour des chansons qui ont dominé le monde. Shape of You d’Ed Sheeran, What About Us de Pink et une quantité de succès popularisés par des boys bands tels que The Wanted, Westlife et One Direction y ont été confectionnés par le maître des lieux: le compositeur britannique Steve Mac. Bras droit du géant de l’industrie musicale britannique Simon Cowell, Mac joue dans la ligue des Max Martin et Dr. Luke; des mercenaires de la pop que les artistes, producteurs et imprésarios appellent en renfort pour pondre un « hit ».

Or, en ce jour de juin 2018, ce sont deux francophones de Montréal qui franchissent la porte du réputé studio. Zacharie Raymond, aussi connu sous le nom de Soké, et Yannick Rastogi, aka KNY Factory sur Soundcloud, y sont conviés par Steve Mac en personne. Ce dernier ne souhaite savoir qu’une chose: comment les deux musiciens derrière le duo Banx & Ranx ont-ils réussi à produire la chanson Answerphone, véritable bombe dancehall influencée par l’afro-beat, l’électro trap et les sonorités caribéennes.

« Il nous a dit vouloir comprendre la science derrière le morceau », se souvient Raymond. « J’arrivais pas à croire que nous étions dans son studio, à sa demande », poursuit Rastogi. « Il nous disait à quel point il aimait le son de Banx & Ranx. C’était juste fou! »

Profitant également du talent de la chanteuse Ella Eyre et du rappeur Yxng Bane. Answerphone compte à ce jour plus de 65 millions d’écoutes sur Spotify (probablement davantage lorsque vous lirez ce texte).

À peine deux mois après sa sortie en mars 2018, la chanson atteint la cinquième position du UK Singles Chart. En réalité, c’est tout le Royaume-Unis qui répond alors à l’appel de Banx & Ranx puisque Answerphone grimpe aussi à la 10e position des palmarès irlandais et écossais.

« C’est la chanson qui a tout changé, explique Zacharie Raymond. La perception des gens sur notre musique s’est transformée. Les portes barrées se sont débarrées. Des réalisateurs et des artistes incroyables ont commencé à nous appeler, à vouloir nous rencontrer. On revient d’une semaine en Jamaïque où on a travaillé avec Sean Paul. »

Ce n’est pas la première fois que le duo sous contrat avec la prestigieuse étiquette Parlophone collabore avec le roi du dancehall. Le dernier maxi de Sean Paul compte quatre titres crédités au duo canadien. « On reçoit également des tonnes de demandes d’artistes qui souhaitent qu’on remixe leurs chansons (Gorillaz, Major Lazer, David Guetta). On n’arrive presque plus à fournir. »

Le plan

C’est en diffusant leurs premiers remixes sur le web que tout débute pour Banx & Ranx. « J’ai commencé à jouer de la musique alors que j’étais tout jeune et que je vivais en Guadeloupe, raconte Yannick Rastogi. J’ai d’abord appris le piano, mais on m’a surtout tapé sur les doigts au lieu de m’apprendre à jouer. Puis je me suis intéressé au ka (tambour guadeloupéen) pour finalement tomber dans le reggae. J’ai vite commencé à produire mes propres riddims parce que personne ne voulait en faire pour moi. »

Arrivé au Canada vers 19 ans, Rastogi s’intéresse alors à la musique électro. « J’ai toujours aimé le rythme, alors ça faisait du sens, mais je savais que je voulais conserver mes influences caribéennes. J’ai donc commencé à fusionner les deux styles. » Le musicien met ensuite ses premiers morceaux et remixes sur Soundcloud, plateforme qui permettra à Zacharie de le découvrir. « Il m’a envoyé un message. Je suivais déjà ses affaires, je savais qui il était, mais nous ne nous étions jamais parlé encore. »

Connu au sein de la scène rap québécoise pour avoir collaboré avec Koriass, D-Track et Samian, Zacharie Raymond fait ses premières armes en produisant des beats électro. « J’étais très trap, jungle et drum & bass. Puis, j’ai basculé dans la musique urbaine. J’ai travaillé avec plusieurs rappeurs, mais je me voyais mal évoluer dans ce milieu à long terme. J’avais envie d’autre chose et j’ai eu la piqure pour la musique reggae. Je me suis passionné pour le dancehall. J’ai appris le patois jamaïcain. J’ai travaillé fort sur ma carrière solo (au point de sortir l’album Cellules au Québec en 2012). Mais j’ai vite réalisé que je n’aimais pas trop les performances live. Je donnais des spectacles pour le chèque. Je ne voulais pas être ce genre d’artiste. Ma force, c’est vraiment la composition et la réalisation. »

Une fois les présentations terminées, Yannick et Zacharie partagent quelques projets communs avant de produire une première pièce: Crime Scene. « C’est à ce moment qu’on a compris qu’on pouvait faire équipe, confie Yannick. Nous avions une vision commune: faire de la musique et des remixes électro tout en conservant nos influences des Caraïbes. Le but de Banx & Ranx a vite été établi. Nous souhaitions composer pour nous, mais aussi pour d’autres artistes d’envergure internationale. Par contre, jamais nous n’aurions pensé nous rapprocher à ce point de la pop. »

Justement, rares sont les occasions de discuter avec des compositeurs d’ici qui jouent parmi l’élite de la pop mondiale. Le cliché veut que cette sphère de l’industrie ait bâti ses succès grâce à la fameuse recette commerciale. Est-ce que Banx & Ranx adhère à une quelconque recette? « Avant la recette, le secret pour percer à ce niveau, c’est vraiment de travailler sans relâche, selon Zacharie. Il faut accepter de passer beaucoup de temps loin de sa famille, et ne pas avoir peur de manger du Kraft Diner. L’échec ne doit pas vous faire peur non plus parce qu’on vous dira souvent non. On ne sait jamais quand l’argent rentrera. Mais avant tout, il faut se faire beaucoup, beaucoup d’amis. Notre succès, c’est 25% de musique et 75% de contacts qu’on s’est faits en bossant fort pendant des années. Ça demande énormément de rigueur et de logistique. On a des amis à Londres, en Jamaïque, en Suède, aux États-Unis. Tu dois étendre ton réseau aux quatre coins du globe. »

« Si tu veux percer comme compositeur sur la scène internationale, il ne faut pas seulement être beatmaker, poursuit Yannick. Il faut être capable de composer la structure d’une chanson, la réaliser, penser aux différentes lignes vocales et à leurs harmonies. C’est ce qui fait notre force. S’il nous arrive de composer chacun de notre côté et de nous envoyer les fichiers, nous sommes vraiment plus productifs lorsqu’on s’enferme les deux ensembles dans un studio. Généralement, après quelques heures, on sort de là avec une nouvelle pièce. »

C’est précisément comment Answerphone a vu le jour en novembre 2017, lors d’un après-midi dans le quartier Hammersmith de Londres. « Nous étions cinq dans le studio, raconte Yannick. Il y avait Zacharie et moi, Ella Eyre, notre ami Shakka et Jacob Manson du groupe Blonde. Nous avons discuté pendant une heure en écoutant de la musique nigérienne. Puis le rythme afro-beat est arrivé. On a pensé à une ligne de guitare, un couplet, un pont, un refrain. Tout s’est mis en place rapidement. On a commencé vers midi, et la pièce était terminée en début de soirée. Mais le plus fou, c’est que notre équipe de gérance nous avait organisé deux séances studio en même temps! Alors après avoir donné nos consignes pour Answerphone, on courrait vers une autre pièce du studio où on enregistrait avec le chanteur dancehall Culan. Puis, on revenait travailler sur Answerphone et ainsi de suite. La chanson avec Culan n’est pas encore sortie », précise Zacharie.

Et si cette autre composition obtenait un aussi gros succès qu’Answerphone? « On parlerait d’un après-midi vraiment productif! »


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