Bienvenue en 2016?! C’est avec grand plaisir que nous vous présentons la Bande des six de la SOCAN, six de nos membres dont nous, à la SOCAN, et particulièrement notre équipe A&R, croyons qu’ils connaîtront une année remarquable en tant qu’artistes émergents et, qui sait, en tant que nouvelles vedettes de la scène musicale. En ordre alphabétique…


CHARLOTTE CARDINCharlotte Cardin
– Avouons-le, il est plutôt rare de retrouver autant d’ingrédients gagnants dans une seule et même personne. Et pourtant, Charlotte Cardin possède à la fois le talent, la voix, le charme et le potentiel réel d’une carrière internationale. Propulsée sur le devant de la scène en grande pompe par sa participation remarquée à la première édition de la très populaire émission de télé La Voix, Charlotte Cardin a pris son temps, peaufiné ses compositions, sa signature sonore et sa stratégie de mise en marché pour s’assurer de maximiser son impact le temps venu. Et si la suite de son histoire est à la hauteur des premières pépites précieuses qu’elle nous a proposées en 2015 (Big Boy, Les Échardes), l’année qui débute sera certainement pour elle l’occasion d’éclore au grand jour et de partager avec le plus grand nombre possible sa proposition singulière. La pop de Charlotte possédant la rare qualité de se révéler à la fois intime et grandiose, livrée vocalement avec une maturité surprenante pour son jeune âge. Déjà repérée par Spotify Canada sur sa liste des artistes à surveiller en 2016, Charlotte offrira quelques nouvelles chansons, en français et en anglais, d’ici le lancement d’un premier album complet prévu pour l’automne 2016, sur étiquette Cult Nation de Montréal (Iris, Dear Frederic). Le coup de cœur s’avère d’ores et déjà inévitable…


JAHKOYJahkoy
– L’auteur-compositeur et réalisateur torontois Jahkoy Palmer a lui-même qualifié de « bipolaire » sa manière toute particulière de passer d’un style musical à l’autre — du R&B au rap au dance — et il en a même fait le nom de son nouveau collectif. De toute évidence, il a un talent indéniable pour créer des chansons captivantes, comme en font preuve les paroles directes et la chaude mélodie de Still in Love (plus de 450?000 écoutes sur Soundcloud) ou la bombe de dancefloor, Hold Your Hand (près de 400?000 écoutes Soundcloud). Jahkoy a acquis énormément d’expérience en participant a de très nombreux projets – il a commencé à rapper à l’âge de 11 ans sous le pseudo de Raheem – avant de s’établir à Los Angeles il y a quelques années où il a notamment collaboré avec Willow et Jaden Smith (les enfants du rappeur et comédien Will Smith) au sein de leur collectif 1234 Creations. Il a récemment eu la chance de participer à l’atelier de création des Grammy organisé par 1916 Management qui représente également les très populaires auteurs-compositeurs torontois Matthew Burnett et Jordan Evans et il négocie actuellement une entente d’édition avec l’entreprise. Jahkoy a reçu le soutien de Pharrell Williams et DJ Zane Lowe, notamment, et il travaille actuellement sur son premier album à paraître en 2016.


MEGHAN PATRICK Meghan Patriick
– L’étoile de Meghan Patrick, originaire de Bowmanville, en Ontario, est en pleine ascension sur la scène country canadienne, et ce, depuis quelques années déjà. En 2013, elle a remporté le concours Super Star Search de la station KX96 de Durham, ce qui lui a notamment valu une séance d’enregistrement en studio avec le réalisateur primé aux Canadian Country Music Association Awards, Mike Francis, et du temps d’antenne privilégié sur les ondes de la station. En 2015, elle a assuré la première partie d’un spectacle de Wyclef Jean au Nathan Phillips Square de Toronto dans le cadre du festival Panamania qui se déroulait en marge des Jeux Panaméricains. Elle a également participé à des cercles de création musicale, été l’hôte d’événement « scène libre », enregistré des chansons dans l’ouest, participé à une vitrine dans le cadre du Canadian Music Week, et elle se rend fréquemment à Nashville pour y écrire des chansons. Fille d’une mère DJ et d’un père guitariste, Meghan Patrick a étudié l’opéra et le jazz à l’Université McGill et été chanteuse dans le groupe roots/bluegrass The Stone Sparrows avant d’entreprendre sa carrière solo. Elle écrit ou coécrit des paroles qui sont honnêtes et même parfois crues au sujet de la vie, de l’amour et des relations, par exemple I Don’t Drink Anymore ou The Moments That Matter, tout en prenant bien soin de se tenir loin des clichés. Désormais sous contrat avec The Agency Group pour ses engagements sur scène, elle a également signé avec Warner Music Canada pour lancer son premier album en 2016.


POMO
PomoSi 2015 n’a pas été une année de tout repos pour David Pimentel, alias Pomo, la nouvelle année débutera sur les chapeaux de roues, alors que le jeune Montréalais (désormais basé à Vancouver) proposera le fruit du travail acharné qu’il a entamé depuis la parution de son EP Distant Lover paru en 2014. En commençant par une tournée en première partie de Disclosure, ce duo fraternel de « producer » britanniques, qui le mènera aux quatre coins de l’Europe en février prochain. De plus, son travail auprès de la chanteuse britannique Frances (récemment nommée parmi les artistes du sondage Sound of 2016 de la BBC et nommée au prix Brit de la critique 2016) devrait voir le jour sur le premier album complet de la chanteuse par la superbe pièce I Care. De même que sa collaboration avec le chanteur R&B californien Anderson Paak sur la pièce Am I Wrong, à laquelle participe également le réputé rappeur Schoolboy Q. 2016 verra la parution d’un premier album complet pour Pomo, lui qui déplore le fait que plusieurs de ses contemporains se contentent de reproduire les sons en vogue plutôt que de sortir des sentiers battus et créer quelque chose de nouveau. Cet album sera le reflet d’un beatmaker qui s’intéresse non seulement aux sons, mais également aux chansons et à leur conception méticuleuse.


SAMITOSamito
– Originaire du Mozambique, ce jeune polyglotte vit à Montréal depuis 10 ans. Ex-étudiant en musique de l’Université McGill, repéré aux côtés de Radio Radio et entendu sur l’album de Pierre Kwenders, Samito (Samuel Carlos Matsinhe de son vrai nom), en est maintenant à l’étape d’assumer pleinement sa propre proposition musicale métissée de musique du monde et d’électro. Élu parmi les Révélation Radio-Canada 2015-2016, Samito n’hésite pas à brouiller les pistes en faisant s’enchevêtrer mélodies et chants africains sur des rythmiques aux textures digitales qui ne servent pas qu’à épicer la sauce, mais s’intègre parfaitement dans la structure même de sa signature sonore. La première salve qui devrait propulser Samito au-devant de la scène des musiques du monde modernisées sera déclenchée le 18 janvier 2016 avec la sortie du vidéoclip et de l’extrait/bombe Tiku La Hina en grande première sur OkayAfrica, site Web influent auquel est associé ?uestlove des The Roots. S’en suivra une tournée québécoise dès février, puis la sortie de trois autres extraits jusqu’au lancement de l’album (sous étiquette Costume Records) au printemps 2016. Il y a fort à parier que les rayons de soleil de la saison estivale à venir accompagneront parfaitement Samito dans sa conquête du monde.


TENNYSON Tennyson
– Tennyson est un duo formé de Luke et Tess Pretty, un frère et une sœur encore adolescents originaires d’Edmonton. Ils créent de la musique électronique délicate et intimiste qui leur a valu d’être louangés par Ryan Hemsworth, le réputé artiste EDM lauréat d’un prix Juno qui les a par ailleurs déjà diffusés sur son propre label Secret Songs. Les chansons de Tennyson sont tantôt ambiantes, tantôt insouciantes, mais toujours captivantes et bien qu’elles semblent aériennes et insaisissables, elles sont presque toujours le fruit d’un labeur intense qui a parfois nécessité des mois de création. Le duo aime particulièrement inclure des sons de la vie quotidienne à ses enregistrements, que ce soit un signal de tonalité, des alarmes de toutes sortes, des bruits de porte ou même de respiration, mais toujours intégrés de manière à donner l’impression à l’auditeur qu’ils proviennent de son environnement. Ils ont été formés en interprétant des standards jazz dans la rue ou dans de petits spectacles un peu partout au Canada lorsqu’ils partaient en tournée avec leur « père-cussionniste » pendant les vacances estivales. À ce jour, leurs créations singulières, enjouées et matures leur ont mérité les louanges de médias respectés tels que The Atlantic, The Guardian et NPR en plus d’une armée de loyaux fans en ligne — With You a été écoutée plus de 930?000 fois sur Soundcloud, et Lay-By plus de 740?000. Ils ont récemment signé un contrat de représentation avec Matthew Langille qui est également l’impresario de Ryan Hemsworth, Badbadnotgood et Holy Fuck. Parions que 2016 les verra devenir encore plus populaires.



Safia Nolin a fait sa marque en peu de temps l’automne dernier avec un premier album qui n’est pas passé inaperçu. Limoilou s’est retrouvé dans les palmarès des meilleures parutions de l’année, a récolté 4,5 étoiles dans Les InrockuptiblesMême Lou Doillon a craqué, puis a invité la « jeune songwritrice fragile et bouleversante » – dixit Les Inrocks – à faire ses premières parties en décembre, une dizaine de dates au total. « C’était toujours assez plein, il y a eu plusieurs concerts sold out. On a joué sur des crisses de gros stages et des petits bars, on a aussi fait quelques showcases. C’était tout le temps nice et Lou est fucking cool », raconte la principale intéressée.

Safia NolinEntre le Lion d’or et le Casino de Paris, il y a un océan que Safia Nolin a franchi pour la première fois, courageusement, flanquée de son grand complice, le guitariste Joseph Marchand, et d’un soundman, Francis Beaulieu. « La première fois que j’ai joué dans une grosse salle, c’était au Paloma à Nîmes, une salle neuve, super belle, imposante : j’ai vraiment pogné de quoi. Ce jour-là, j’ai réalisé ce que c’est qu’une grosse gig. Mais une fois que tu en as fait une ou deux, ça va : 2000 ou 800 spectateurs, il n’y a pas grand différence. »

C’était aussi la première fois que Safia mettait le pied dans un avion. « J’avais peur, toute la ville était au courant. Finalement ça s’est bien passé! Même qu’un de mes plus beaux souvenirs, c’est en m’envolant vers l’Europe. J’ai dormi cinq minutes dans l’avion. Joseph m’a réveillée, le soleil se levait. J’ai écouté une toune de Beach House, PPP, pis j’ai pleuré. En décollant au retour, c’était Gila Je réécoute ces tounes-là et j’ai des gros sentiments, je revis des émotions fortes. »

C’était aussi la première visite de Safia sur le Vieux Continent. Un choc? « Je ne m’attendais pas à ce que ce soit à la fois aussi différent et similaire! On a plein d’affaires à apprendre d’eux, mais eux aussi ont plein d’affaires à apprendre de nous. Moi je mange pas de viande… Eh tabarnak, c’était difficile! J’ai pas mangé de légumes pendant trois semaines. » T’as mangé quoi? « Du brie pis du fucking pain! »

Le 21 décembre, quelques jours après son retour d’Europe, on pouvait lire ces mots sur la page Facebook de Safia Nolin :

 « Jouer Igloo, c’t’osti de toune de viarge de tristesse qui m’a sauvé la vie devant 1200 personnes sur un autre continent, à des milliers de kilomètres de l’esti de trou noir de fin du monde qui m’habitait, c’est le plus grand sentiment de ma vie. »

Safia Nolin a mis tout son mal de vivre dans son premier album, dans cette chanson en particulier, sa plus puissante, émotivement, mélodiquement… Sur Bandcamp, un fan crie son amour pour Igloo : « Fuck ça feele motton dans gorge mais c’est bon comme ta première baise ». « Quand je l’ai écrite, j’étais vraiment deep dans mon shit, genre ma vie sucke. Maintenant c’est différent : ma vie sucke plus de la même manière. J’ai des problèmes, mais c’est pas les mêmes. C’est tout le temps spécial pour moi de la jouer. À la fois bizarre et vraiment le fun. »

Chansons pures à la mélancolie aiguë, voix claire, les tripes sur la table, ça pourrait être lourd, mais le charisme étincelant de Safia, son humour, rétablit l’équilibre. Elle ne se voit pas écrire autre chose que de la « miouze triste. Mais on sait jamais, si je fume un esti de gros joint, peut-être! Je commence à apprécier la musique qui n’est pas extra-downer, mais c’est un gros step pour moi. »

Safia NolinCe contraste entre le spleen des chansons et la fille amusante, le personnage attachant, fait en sorte que chaque fois Safia nous met dans sa petite poche. Elle est consciente du paradoxe, « mais ce n’est pas voulu. » Elle s’adresse à la foule avec un naturel désarmant. « Je me suis demandé au début ce que j’allais ben pouvoir raconter aux gens, ça m’est arrivé aussi en France. Mais je suis restée moi-même, j’ai dit les mêmes niaiseries qu’ici pis ça a fucking marché. Ils riaient beaucoup… Je ne sais pas si c’est à cause de mon accent ou de mes jokes!!! On saura jamais! »

Safia Nolin démarre 2016 sur les chapeaux de roues avec un agenda booké jusqu’en mai. Elle fait les premières parties de Louis-Jean Cormier, quelques concerts solo… Et la France, y a-t-il des offres sur la table à ce stade-ci? « Aucune idée. Mais je pense bien que je vais y retourner. »



Nous poursuivons notre série d’entretiens portant sur ces mariages heureux du mystère de la création que l’on appelle… les duos d’auteurs et compositeurs. Cette semaine, deux personnages qu’à première vue tout éloigne : Yves Lambert et Josh Dolgin, alias Socalled. Quand deux électrons libres de la musique font se heurter leurs passions respectives pour la tradition, le résultat vole en éclats!

Une première dans cette série sur les duos auteurs-compositeurs : les deux entrevues sont menées séparément. Lambert, phare de la tradition musicale québécoise, est comme à son habitude : bouillant, passionné, et à l’heure pour ce rendez-vous donné dans un café du Mile-End.

Où est Socalled? Perdu dans la ville, on imagine. La tête en studio, à trimer sur le premier album de l’auteure-compositrice Sarah Toussaint-Léveillée, on espère. En lendemain de veille de Hanoucca, la fête des Lumières juive, qui bat son plein douze jours durant en ce clément mois de décembre? « C’t’une estie de bébitte, Socalled. Pis moi, j’aime ça les bébittes », lance Yves Lambert, sourire en coin et pas vraiment étonné que son ami ait oublié notre rendez-vous.

Notre énergumène absent a lancé plus tôt cette année l’épatant People Watching, melting pot musical où pop, funk, rap, reggae et musique traditionnelle juive festoient ensemble. Un album sur lequel apparaît Lambert, en duo avec le légendaire chanteur reggae/dancehall Josey Wales, pour la chanson Bootycaller.

Quant à Yves Lambert, il a tout récemment lancé Lambert dans ses bottines, album soulignant quarante années de carrières, arrangé, enregistré et réalisé par Socalled. « Nous autres, on a des caractères compatibles », dit Lambert, en expliquant sa relation avec Dolgin. « On ne vient pas de la même place, mais il a aussi une passion pour la tradition. Il la porte bien, il est respectueux de ça, c’est ce qu’on a en commun. » « Aussi, on est deux accordéonistes! », souligne de son côté Socalled, joint plus tard par téléphone.

« J’avais des cassettes de la Bottine, j’étais un fan. Ce mélange entre la tradition et le jazz, par exemple, c’était incroyable pour moi. », Socalled

Yves Lambert ne connaissait pas le travail de Socalled lorsqu’ils se sont croisés une première fois, il y a moins de dix ans, à l’occasion d’un concert pour l’organisme Jeunes musiciens du monde. Socalled, lui, était familier avec l’œuvre de la Bottine Souriante : « J’avais des cassettes de la Bottine, j’étais un fan. C’était la seule musique québécoise vraiment novatrice que j’ai entendue – ce mélange entre la tradition et le jazz, par exemple, c’était incroyable pour moi. Il y a beaucoup en commun avec la musique traditionnelle québécoise et juive : ce sont deux répertoires festifs, beaucoup de musique de mariages et d’événements, et il y a dans ces chansons le même désir d’échapper au quotidien », note Socalled. Sentiment partagé par Yves Lambert.
Yves Lambert, Socalled
Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. C’est arrivé à Copenhague, en 2009, dans le cadre du festival WOMEX, une vitrine pour les musiques du monde. Coup de foudre musical partagé par l’un et l’autre. Des numéros de téléphone se sont échangés. Yves, qui avait vécu des moments « énergisants » sur scène auprès de Socalled, a songé à lui pour la réalisation de Lambert dans ses bottines.

« On s’est vus une couple de fois durant l’été [2015], dans son capharnaüm en arrière de la bibliothèque Mordecai-Richler, raconte Yves Lambert. Nous étions tous deux dans notre buzz de l’été, des projets par-dessus la tête, faisait chaud, mais ‘fallait le faire. La commande était là : revisiter mon vieux matériel. Après, on travaillera sur du matériel original. »

Dans le cas précis de Lambert dans ses bottines, le travail de composition s’applique essentiellement aux orchestrations, puisque, hormis quelques vieilles compositions de Lambert ou de la Bottine, toutes les chansons sont tirées du répertoire traditionnel québécois. La collaboration entre Socalled et Lambert n’en fut pas moins riche, suffit d’écouter ce que sont devenus le « petit porte-clés tout rouillé » ou « la cuisinière » une fois passés par le capharnaüm de Dolgin.

« Il faut bien connaître l’histoire de ce répertoire avant de s’accorder le droit de mettre le bordel dedans, insiste Socalled. Yves est un expert de ce répertoire traditionnel. Tout ce temps qu’on a passé ensemble durant l’été a servi à discuter, à écouter les chansons, pour arriver à mettre le doigt sur ce qui faisait le caractère de cette musique, et ce qu’on allait en tirer. Revenir au groove, aux harmonies, aux mélodies, à l’essentiel de cette musique, et construire à partir de ça. On ne peut pas simplement mettre un rythme house par-dessus une chanson pour en faire quelque chose de nouveau… »

Certaines directions musicales avaient déjà été tracées, soit par la Bottine Souriante, soit par Yves Lambert et son Bébert Orchestra. « D’un bon matin, par exemple, avait déjà un feel reggae, dit Lambert. Avec Socalled, on est seulement allé jusqu’au bout de cette idée, avec un vrai band reggae ». D’autres ont été prises de concert, à force d’échanger des idées.

« Nos rencontres ressemblaient à ça : j’arrivais avec mon ordinateur, je faisais écouter à Josh des versions – pas trop longtemps, pas au complet, pour ne pas qu’il ne s’imprègne trop des versions originales. Pis on en parlait ». Les premières sessions d’enregistrement avec Yves et son trio ont eu lieu au début de l’automne, avec déjà les directions musicales établies.

« On a toute sorti ce qu’on avait à sortir de nos tounes, et ensuite, ce sont les collaborateurs de Socalled qui ont commencé à travailler avec ça ». Comme le tromboniste américain Fred Wesley, qui a écrit les arrangements de cuivres. « Fred Wesley su’ mon disque, l’arrangeur de James Brown, t’imagines? », s’emballe Lambert.

« Pour le disque de Yves, il fallait faire en sorte que la fusion fonctionne, abonde Socalled. Faire une vraie rencontre de la musique traditionnelle québécoise avec la musique klezmer, ou le funk de Wesley, ou en ajoutant des échantillons. C’est une opération délicate, il faut que chaque élément soit bien dosé. Le rigodon, la turlute, le tapage de pied, la mandoline, je me suis fait une liste mentale de ce qui caractérise la musique québécoise traditionnelle, et j’ai tenté de conserver ces éléments en proposant de nouvelles sonorités à marier. »

Cette collaboration musicale entre nos deux amoureux du folklore pave la voie à de prochains projets, qui mettra de l’avant des chansons originales et, à nouveau, la rencontre d’univers musicaux distincts. Lambert assure : ce n’est qu’un début. À suivre, notamment, un projet de comédie musicale, ancrée dans un chapitre riche, mais oublié de l’histoire montréalaise, signé Lambert et Dolgin!