C’est dans le but de souligner la sortie de leur EP Grouillades que la formation québécoise de Verdun Clay & Friends a réussi à remplir le Club Soda à pleine capacité, le 6 février 2020.

Nous y étions pour capturer ce moment de pur délire musical alors que le groupe s’était entouré de plusieurs amis venus faire la fête sur scène (et dans la foule !) avec eux, dont Kirouac, Kodakludo, Claudia Bouvette, Franky Fade, FouKi, Vince James et Will Murphy, entre autres. Ce qui a fait dire à Clay : « It’s a dream come true ! On a travaillé tellement fort pour arriver à ce moment-là aujourd’hui. On en fait des shows dans des petites salles au fin fond du Québec, pour aujourd’hui faire un Club Soda SOLD OUT ! »

Pour télécharger ou écouter Grouillades, c’est par ici.

Pour l’horaire des prochains spectacles de Clay & Friends, c’est par ici.

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 Annie Sama

Fougueuse et bienveillante en même temps, Annie Sama crée une musique dystopique à souhait, en phase avec le pessimisme ambiant, cette espèce de période préapocalyptique dans laquelle elle patauge comme tout le monde. Personne n’en ressort vraiment indemne – pas même le président Trump.

Visuellement, ce qu’elle propose s’avère hautement avant-gardiste, plus près de l’art contemporain que de l’esthétique d’une Marie-Mai. Styliste à ses heures et tout aussi charismatique que ces mannequins qui posent pour des annonces de parfums, Annie Sama crée un monde où cohabitent culture de niche et mélodies pop. Tout ça, dans un écrin alliant R&B et sonorités industrielles. Sa musique, c’est un choc thermique.

Au-devant des objectifs, l’autrice-compositrice-interprète exulte la confiance et semble sans peur, ne serait-ce que lorsqu’elle danse, se meut avec agilité et aplomb. En plein contrôle, tirant toutes les ficelles de cette marionnette qu’elle s’est créée à sa propre attention, ce genre d’alter ego spectaculaire, la musicienne aux mille compétences transversales pourrait être l’une des plus intimidantes du répertoire de la SOCAN. Pourtant, au téléphone, sa voix se mielle et ses mots se font doux. Elle est terriblement affable. Vraiment fine, dans les faits et au sens purement québécois du terme. Est-ce que c’est encore un bon moment pour toi ? « Bien sûr. Donne-moi deux petites secondes, je sors d’un taxi et je suis à toi. […] Merci pour l’entrevue. Je l’apprécie tellement. »

Rejointe à New York, sa résidence secondaire, son refuge créatif où elle part régulièrement se ressourcer comme d’autres Montréalais louent des chalets en campagne, Annie Sama aborde l’industrie musicale d’un angle international, non conscrit aux frontières de la Belle Province. Comme Grimes ou Kaytranada avant elle. « Présentement, je te parle de la 8e et de la 23e avenue. Je suis revenue, j’ai des développements à faire et des meetings. C’est sûr que, pour moi, c’est un marché qui est intéressant à plein de niveaux et qui est vraiment riche culturellement. »

Aidée d’une gérance et autres attachés de presse à Montréal, mais pleinement indépendante en ce qui a trait à ses engagements sur le territoire américain, la musicienne jongle entre création et marketing au quotidien. « Je dis pas que j’ai pas d’aide, sauf que officiellement, je n’ai personne qui travaille sur mon dossier aux États-Unis. Mais je te dis pas qu’il n’y en aura pas éventuellement… Suffit seulement de trouver les bonnes personnes qui vont me donner des ailes. » Avis aux intéressé(e)s…

Artistiquement, Annie Sama tire sa force de celles et ceux qui croisent sa route. « Oui, j’ai une approche DIY, mais je ne travaille jamais toute seule. Pour moi, le travail d’équipe c’est vraiment important. »

Peu après avoir largué son sobriquet APigeon, celui sous lequel elle se produisait jusqu’en 2016, on l’a entendue auprès du duo électro Beat Market sur Atlantis, un brûlot langoureux aux claviers 80s, littéralement la jonction de leurs deux univers. En 2018 et avec Now Wow We, un titre cosigné avec Anachnid, Annie Sama s’est aventurée en terrain politique, probablement miné d’ailleurs, pour aborder la crise des migrants, dénoncer le sort qu’on réserve aux enfants (mis en cage) à la frontière séparant le Mexique des États-Unis. Un brûlant manifeste qui frappe précisément là où ça fait mal.

Fin 2019, c’est avec le producteur belge Løyd qu’elle s’est associée pour pondre le texte de Cyborg, une piste aux effluves dubstep qui évoque la solitude post-moderne et les robots sexuels qui risquent fort bien de pousser les fabriquant de poupées gonflables vers la faillite. « Il m’a demandé de faire quelque chose dans l’esprit de Black Mirror. Il m’a envoyé la track et j’avais plein d’idées. Ça a vraiment créé un univers en soi et c’est un personnage qui, maintenant, m’habite et qui va revenir, je pense, au travers de mes albums, dans différentes chansons. »

Même si le futur s’annonce noir, globalement parlant, les mois à venir pourraient se voiler d’un filtre rose pour cette artiste réellement inclassable et au potentiel monstre qui a déjà attiré l’attention de Vogue US.  « J’ai des surprises pour vous autres, je ne peux pas en parler, parce que je n’ai pas de date encore. Je me donne quand même du temps parce que les prochains trucs que je vais droper, ça va venir avec un spectacle, ça va venir avec le prochain step. »



L’auteure-compositrice-interprète torontoise Kayla Diamond admet volontiers qu’elle est arrivée sur le tard dans le métier. « J’avais 22 ans et j’allais à l’université quand j’ai écrit ma première chanson, “Crazy” », raconte-t-elle. Sa première présence au bâton s’est conclue par un coup de circuit et sa chanson lui a permis de remporter le très lucratif concours « It’s Your Shot » de Slaight Music en 2015.

Ce prix lui a permis de conclure une entente d’édition avec Slaight Music ainsi qu’une entente de distribution avec Pheromone Recordings/Cadence Music Group. Ce fut également le coup d’envoi d’un changement de carrière majeur pour celle qui était déjà très avancée dans le processus pour devenir avocate lorsqu’elle a reçu la nouvelle qu’elle avait gagné.

“Je n’avais pas l’intention de quitter la faculté de droit pour devenir musicienne, mais tout ça signifiait que quelqu’un avait reconnu mon talent. Ne pas en profiter n’aurait pas été à mon avantage », croit-elle.

Un de ses professeurs a été tout particulièrement solidaire de la décision de Diamond en soulignant qu’elle pourrait toujours revenir à ses études plus tard. « Je me suis donné trois ans pour tourner à la radio, faute de quoi je retournerais aux études », dit-elle. « Je ne sais pas si j’aurais tenu parole, car j’avais vraiment la piqûre de l’écriture, et en dedans de 18 mois, “Carnival Hearts” était dans le Top 40. »

Diamond a lancé son premier EP, Beautiful Chaos, en 2017. La pièce maitresse, « Carnival Hearts » a depuis cumulé plus de 2,5 millions d’écoutes tandis qu’un autre extrait, « What You’re Made Of », a été un succès du Top 10 à la radio.

Son EP suivant — Dirty Laundry, qui proposait de sept titres — a été lancé en août 2019 et Diamond admet volontiers que, comme le titre le laisse entendre, il s’agit de chansons originales plus sombres et introspectives.

« Avec le recul, c’est l’expression de mon côté plus artistique », croit-elle. « J’avais besoin d’extérioriser tout ça, de laver mon linge sale. Je ne suis pas quelqu’un d’amer, loin de là, mais j’avais u peu de colère accumulée. Comment puis-je canaliser ça sans être autodestructrice ? Ç’a été un peu comme thérapie. »

“Je me suis donné trois ans pour tourner à la radio, faute de quoi je retournerais aux études.”

L’une des chansons clés de cet EP est « Lie Lie Lie », co-écrite avec Ria Mae et le producteur Craig McConnell (Céline Dion) avec qui elle collabore fréquemment. « C’est cette chanson qui a donné le coup d’envoi de l’album », se souvient Diamond. « Je l’ai écrite le lendemain d’une séparation. J’ai pris la décision de ne plus cacher qui est le sujet de mes chansons et j’ai avoué publiquement mon homosexualité. »

Parmi les autres collaborateurs sur cet EP, on retrouve notamment Joel Stouffer, Justin Gray, Matt Dubois (12 h), Lauren Mandel et Alexandra Soumalias. Diamond adore les collaborations créatives et accueille à bras ouverts les commentaires de ses collaborateurs et producteurs. « Quand je travaille avec un producteur, je ne peux pas me permettre d’être du genre “tu dois travailler pour moi et te conformer à mon style”. Je veux le son de ce producteur dans mon son à moi. »

« Je n’arrive jamais en studio les mains vides, c’est trop anxiogène pour moi. J’ai toujours au moins une progression d’accords en tête, et j’écris habituellement ce que je crois qui pourrait être un refrain, mais qui, généralement, finit par devenir un pré-refrain. »

Diamond affirme avoir appris une leçon d’une valeur inestimable d’une de ses premières collaboratrices, Liz Rodrigues (Céline Dion, Eminem). « Lors de notre première séance d’écriture, elle m’a dit “écris un truc que tu peux chanter, puis écrit un bout où tu peux tourner ton micro vers la foule pour qu’elle chante avec toi : ça, c’est ton ‘hook’.”

Son style est éclectique et incorpore des influences hip-hop, dance et pop, et de l’aveu même de Diamond, ses influences sont aussi diversifiées que Metallica, Dire Straits, Lana Del Rey et la musique gospel.

Elle a également été chanteuse invitée sur deux immenses “hits” EDM : “I Took a Pill in Ibiza” de Kiso (plus de 4 millions d’écoutes sur SoundCloud) et “Feel Something” d’Anevo (plus de 3 millions d’écoutes sur Spotify).

Nul besoin de dire qu’un retour à la faculté de droit n’est pas prévu à court terme !