Le monde de la musique classique fera-t-il une fugue en réaction au duo torontois Uninvited Guests?

Le tandem Billy Iannaci et Andrew Testa procèdent depuis quelque temps – et avec l’accord de la succession – à un véritable « mash-up » de la musique enregistrée par le légendaire pianiste canadien et membre de la SOCAN, Glenn Gould, dans leurs productions électroniques aux saveurs hip-hop et pop.

C’est un effort concerté de leur part afin d’inciter, grâce à une touche de modernité, les jeunes à découvrir cette musique qui a parfois été composée il y a des siècles d’âge et qui a été enregistrée il y a 50 ans ou plus.

« Soyons honnêtes : quand nous nous sommes embarqués dans ce projet, nous ne savions pas distinguer un Bach d’un Mozart » – Billy Iannaci, Uninvited Guests

« Personne, à notre connaissance, n’a encore tenté de moderniser la musique classique de cette façon », explique Andrew Testa qui, aux côtés de Billy Iannaci, œuvre depuis trois ans au sein de Uninvited Guests en utilisant des échantillonnages audio et vidéo tirés de Glenn Gould On Television : The Complete CBC Broadcasts.

« Certains l’ont certes tenté, mais pas de la façon dont nous le faisons », poursuit-il. « C’est Gould lui-même qui nous a mis ça dans la tête lorsqu’il disait que les gens ne pouvaient pas accomplir ce genre de chose dans les années 60 et 70 et qu’il aurait souhaité pouvoir donner à tout le monde un “kit” pour qu’ils puissent mixer, “masteriser” et éditer leur matériel eux-mêmes. »

« Il parlait du rôle que jouent les DJs et adorait déjà la musique électronique en 1964, une époque où les Beatles régnaient sur le Top 5 de Billboard. C’est grâce à lui que nous avons réalisé l’incroyable filiation qui existe entre l’utilisation des notes graves dans la musique classique et celle de la musique actuelle. »

Mais soyons un peu plus précis : ce n’est pas tant Gould que Uninvited Guests revisite, mais bien les œuvres du domaine public de plusieurs compositeurs des 17e et 18e siècles que le pianiste mort en 1982 a popularisé de nouveau au cours de sa carrière : Johann Sebastian Bach, Joseph Haydn, Ludwig Van Beethoven, Johannes Brahms, Wolfgang Amadeus Mozart, et bien d’autres. Ils travaillent toutefois à partir des arrangements de Gould, avec l’aval de sa succession.

C’est le pianiste torontois Ron Davis qui a mis le duo sur la piste de l’idée de remixer les enregistrements de Gould, et Iannaci raconte que les premières explorations du duo relevaient plutôt du domaine des heureux hasards.

« Soyons honnêtes : quand nous nous sommes embarqués dans ce projet, nous ne savions pas distinguer un Bach d’un Mozart », avoue d’emblée le musicien. « Mais plus nous progressions, désireux de raffiner nos résultats le plus possible, nous avons découvert quels compositeurs classiques se prêtent mieux à l’échantillonnage. »

« Ainsi, pour des pièces plus dansantes, Bach est une bonne source tandis que Mozart et Grieg se prêtent bien à des pièces plus sombres ou hip-hop. Nous avons commencé par essai et erreur, mais au fil des ans, nous avons acquis une quantité impressionnante de connaissances sur ce que chacun de ces compositeurs peut apporter. »

C’est lorsque le contrebassiste classique Alex Kotyk s’est impliqué dans le projet que Iannaci et Testa ont commencé à réellement s’initier aux subtilités de la musique classique. « Il a disséqué nos échantillonnages d’un point de vue musical », raconte Testa. « Il nous disait “OK, voici en fait la ligne de basse que vous avez échantillonnée” et nous la jouait au clavier. Une fois que nous avons commencé à déconstruire la musique de cette manière, les possibilités sont devenues infinies. »

Uninvited Guests s’est surtout fait connaître grâce à ses vidéoclips hypnotiques et autoproduits diffusés sur YouTube. « Ce qu’on veut, c’est de montrer aux gens à quel point c’est fou de pouvoir prendre une pièce qui a plus de 200 ans et la rendre pertinente aujourd’hui avec quelques manipulations par-ci, par-là », confie Iannaci.

La prochaine étape pour le duo : la musique baroque. Il lancera gratuitement Uninvited vs. Glenn Gould Volume 1, le 17 novembre via son site web – www.uninvitedguests.ca –, ainsi que son tout premier simple commercial, « Fight’Em Off », mettant en vedette le rappeur torontois Chief le 5 janvier 2016.

Uninvited Guests espère pouvoir collaborer avec un orchestre symphonique dans un avenir rapproché ainsi que monter sur scène – avec Iannaci aux claviers et Testa à la batterie – en compagnie d’un petit orchestre qui serait « à notre disposition ».

Ils espèrent également tous deux que leur travail avec l’œuvre de Gould sera d’une certaine aide pour la communauté de la musique classique. « Peut-être est-ce là le véhicule qu’il fallait pour susciter l’intérêt de la génération montante envers la musique classique », affirme Iannaci en conclusion. « Nous sommes convaincus que c’est un des meilleurs moyens de ramener les gens dans les salles de concert. »



Ça se passe une fois tous les deux ou trois ans. Un virus fulgurant frappe des centaines de milliers de Québécois qui se mettent soudainement à chanter en chœur. En 2004, ils clamaient tous vouloir devenir Hawaïenne. Puis ils ont parlé de grand champion international de course. En 2009, même les hommes les plus baraqués de la province évoquaient des changements dans leur corps de jeune fille… Mais le pire est survenu trois ans plus tard, lorsque ma fille de 5 ans m’a avoué, en chantant, son amour pour ma grand-mère.

Grands responsables de ces épidémies, Les Trois Accords lancent cet automne Joie d’être gai, un album dont la pièce titre s’avère un autre redoutable ver d’oreilles. « Au départ, je me suis mis à rêver que le refrain de Joie d’être gai devienne un hymne pour la communauté homosexuelle », confie le chanteur du groupe Simon Proulx. « Mais dans le fond, c’est vrai. J’ai déjà vu des garagistes faire un changement de pneus en chantant Dans Mon Corps. Si ces mêmes mécaniciens peuvent changer des pneus cette année en chantant Joie d’être gai à plein poumon, on aura réussi quelque chose. »

Exploité sous diverse forme, l’amour universel est un des thèmes récurrents de cette nouvelle offrande des Trois Accords. Idem pour les licornes, les dauphins et les arcs-en-ciel qui effectuent un retour en force avec l’émergence du mouvement seapunk présent sur le web depuis plusieurs mois. « Ce n’est pas tant sur Internet qu’on a remarqué la tendance, mais dans les dépanneurs sur le bord des autoroutes en région. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ils ont souvent une section de bibelots de dauphin et de licorne. »

« Nous sommes moins dans la succession d’images fortes comme à nos débuts. Il y a maintenant moyen de déceler un message parfois plus sérieux dans beaucoup de nos chansons »

Les Trois AccordsLe musicien avoue être attiré par ces statuettes de porcelaine brillante et colorée. « Je les regarde à chaque fois qu’on arrête mettre de l’essence ou se délier les jambes en tournée. J’aimerais m’en acheter, mais j’ai peur du regard des autres. En fait, j’attends secrètement qu’on m’en offre. Je ne sais pas ce qui est arrivé pour qu’on se mette à trouver ça quétaine. Le dauphin est une magnifique créature de la nature. La licorne aussi, c’est pas parce qu’elles sont rares qu’elles sont laides. Celle prise en photo avec nous a été trouvée au Québec, mais je ne peux pas révéler où parce que ça attirerait les photographes du monde entier, et ce serait dangereux pour ses yeux. »

Coïncidence ou non, cette attirance pour des symboles forts de la culture nouvelle âge survient alors que l’écriture de Simon Proulx prend une nouvelle tournure poétique. « Après le succès de J’aime ta grand-mère, j’ai ressenti une pression. Je voulais être encore meilleur. Je me suis vraiment forcé pour faire des bons textes avec une dimension plus poétique, mais qui resteraient clairs et ancrés dans l’univers Trois Accords. Nous sommes moins dans la succession d’images fortes comme à nos débuts. Il y a maintenant moyen de déceler un message parfois plus sérieux dans beaucoup de nos chansons », explique-t-il en faisant référence à la pièce Les Dauphins et les licornes qui, entre les lignes, incite à sortir du placard.

Pour contraster avec ces élans poétiques, le quatuor signe du même coup son album le plus grunge en carrière. Les distorsions, la structure des compositions et leurs arrangements rappellent le son de Weezer, des Smashing Pumkins ou des Pixies. « Au secondaire, j’étais plus punk skate que grunge, mais pour ma génération, le grunge était tellement présent qu’il est entré dans la culture populaire. Malgré qu’il n’y ait jamais eu autant de distorsion sur un de nos disques, certains le voient comme le plus pop de notre répertoire. C’est dire à quel point le grunge est entré dans notre subconscient collectif », analyse celui dont la carrière solo amorcée avec le lancement de son album Simon 1 cet été n’aura finalement pas duré longtemps.

« Dès le départ, on savait que mon album solo n’allait pas interférer avec l’agenda des Trois Accords. D’ailleurs, je l’ai lancé pendant qu’on enregistrait le nouveau disque. J’aurais aimé faire un peu plus de promotions et donner quelques spectacles, mais j’ai pas eu le temps. Peut-être que j’y reviendrai après les concerts de Joie d’être gai en 2018…»

Site Web des Trois Accords : lestroisaccords.com

 



Comment briser l’image que plus de deux millions de téléspectateurs se sont faite de vous lors de la saison inaugurale du plus grand succès télé des dix dernières années? En faisant tout le contraire de ce à quoi on s’attendrait de votre part.

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C’est le cas de Charlotte Cardin, auteure-compositrice et, bien sûr, interprète instinctive au charme indéniable que l’on a pu apprendre à connaître – et à aimer – alors qu’elle se taillait une place comme finaliste de la première saison de La Voix, dans l’équipe de la bombe pop Marie-Mai.

Son timbre aux fluctuations jazz se prêtait à merveille aux reprises d’Amy Winehouse et autres suaves chanteuses qu’elle entreprenait d’interpréter semaine après semaine devant les quatre chefs d’équipe de La Voix.

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