Le légendaire auteur-compositeur américain Kris Kristofferson a écrit un jour comment il a déjà cherché dans son placard « sa chemise sale la plus propre ». Kris Kristofferson évitait de faire le lavage, mais laver ses vêtements est ce que l’on fait tous, bien que peu de gens y prennent plaisir. Ce n’est pas le cas pour Geraldine Hollett, membre du trio de Terre-Neuve, The Once.

« Je n’ai jamais été aussi excitée par la lessive depuis que je participe à cette aventure! » s’exclaffe cette chanteuse et auteure-compositrice.

« L’album s’apelle Departures, mais actuellement je me sens comme si nous étions arrivés, » dit Geraldine Hollett du groupe The Once.

Geraldine Hollett a bavardé avec nous quelques semaines avant que le trio ne s’embarque pour une courte tournée nord-américaine, en préparation de sa tournée mondiale  en compagnie de The Passenger, sur la même étiquette, pour faire la promotion de son album Departures, lancé sur Nettwerk Records. La tournée mondiale commencera à Anvers, en Belgique, et conduira les membres de The Once dans de nombreuses localités à travers l’Europe centrale, la Scandinavie, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. L’expérience est tellement nouvelle pour Geraldine Hollett qu’elle ne sait pas encore ce qu’elle fera de ses temps libres.

« Peut-être que je m’étendrai dans l’herbe pour regarder le ciel. »

Trois ans se sont écoulés depuis le dernier enregistrement du groupe. La plupart des chansons étaient donc déjà enregistrées quand le groupe a signé chez Nettwerk. Departures offre un mélange de styles qui reflètent les influences éclectiques du trio. Aux côtés de Geraldine, on trouve les multi-instrumentistes et coauteurs Andrew Dale et Phil Churchill. Tout comme dans les albums précédents, le nouveau disque est empreint de l’esprit de Terre-Neuve, où l’on encourage le public à participer. Le thème principal est de faire le point, le bilan : savoir où on s’en va, où on a été et la part du destin dans la vie. La chanson « We are all Running » (Nous courons tous) en est une belle illustration.

« Chacun de nous a perdu son père, dit Geraldine Hollett. Cette chanson traite de la façon de gérer cette souffrance aussi vite que possible pour pouvoir revenir en phase avec la vie. »

Une autre chanson marquante est la reprise du classique d’Elvis Presley, « Can’t Help Falling in Love ». Geraldine explique comment ce classique s’est retrouvé sur Departures.

« Nous étions à Nashville l’an dernier pour passer une audition afin de jouer aux États-Unis et on nous avait soumis une liste de chanson à interpréter. C’est l’une de celles que nous avons choisies. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé àTerre-Neuve, mais Elvis a fait la page couverture du Herald environ 42 fois. Cette chanson a tellement bien marché que nous continuons juste à la chanter. »

L’ironie, dit Geraldine Hollett, c’est que ce nouvel album s’intitule Departures parce qu’il contraste nettement avec la position actuelle du groupe dans son aventure musicale. « Actuellement, je me sens comme si nous étions arrivés, » dit-elle.

PARCOURS

•   The Once a remporté trois prix de la musique folk canadienne, deux prix de la musique de la Côte Est, et de nombreux prix de la musique de Terre- Neuve et du Labrador
•   L’album Row Upon Row of the People They Know a été en nomination à un prix JUNO
•   Le groupe a remporté le prix de l’artiste de l’année du Conseil des arts de Terre-Neuve et du Labrador en 2013

FAITS SAILLANTS
Éditeur :
Nettwerk One Music
D
iscographie : The Once (2009), Row Upon Row of the People They Know (2011), This is a Christmas Album (2012), Departures (2014)
Visitez theonce.ca
Membre de la SOCAN depuis 2009 (Geraldine Hollett, Andrew Dale), 2010 (Phil Churchill)


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D’abord, réglons une chose : la poutine a été inventée au Québec et nulle part ailleurs!

Une fois l’origine géographique de ce plat élucidé, on peut toujours tergiverser longuement sur l’équilibre idéal des ingrédients entrant dans sa composition et sur les établissements qui offrent l’expérience gastronomique la plus satisfaisante. On peut même disserter sur la frontière entre une vraie poutine et ses variations toutes plus farfelues les unes que les unes depuis que certains chefs de La Poutine Week se sont lancés dans des interprétations qui n’ont souvent plus grand-chose à voir avec l’originale frites-sauce-fromage…

Mais il y a un ingrédient que les copropriétaires du Resto La Banquise (situé en plein cœur du Plateau-Mont-Royal, à Montréal) ont à cœur de ne pas négliger : la musique! Pour cette véritable institution de la poutine à Montréal, en opération depuis 1968 (!), le fait d’être Autorisée à vous divertir musicalement grâce à une licence émise par la SOCAN tombait sous le sens, selon Annie Barsalou, la copropriétaire de La Banquise et fille de son fondateur Pierre Barsalou :

« La musique a un impact sur le roulement du restaurant, sur le service, sur la clientèle et sur l’ambiance en général. »   –  Annie Barsalou

« C’est certain qu’on pourrait voir cette licence comme un dépense de plus dans nos livres de comptabilité, mais quand on prend du recul, on se rend compte qu’on utilise les œuvres des créateurs tous les jours, on en a besoin. Et c’est important que ces créateurs soient rémunérés pour leur travail. Ça va avec nos valeurs en tant que restaurateurs. »

Pour son conjoint et copropriétaire Marc Latendresse, l’autocollant Autorisé à vous divertir de La Banquise est plus qu’une simple preuve que son établissement fait partie des 30 000 bars et restaurants titulaires d’une licence de la SOCAN au Canada permettant une diffusion de la musique en toute légalité : « Nous avons eu quelques commentaires des clients au sujet de l’autocollant. Ils appréciaient tous que nous respections les artistes et les auteurs. Il s’agit d’un point assez important dans notre quartier, le Plateau Mont-Royal, un pôle important de la scène culturelle au Québec. »

Surtout que selon une des employées de l’endroit, on peut régulièrement y voir s’attabler des membres de groupes montréalais réputés comme We Are Wolves ou Random Recipe, entre autres…

« La musique a un impact sur le roulement du restaurant, sur le service, sur la clientèle et sur l’ambiance en général, continue Annie Barsalou, et on  adapte notre sélection et l’intensité sonore selon les situations et le moment de la journée. Ce sont nos employés qui sont notre bibliothèque musicale et on leur laisse le champ libre quant à la sélection. Et souvent, les clients vont réagir à certaines chansons qui attisent leur curiosité, ça stimule les conversations. On a même un client qui vient régulièrement et en profite pour nous partager ses coups de cœur musicaux en nous apportant ses découvertes! »

« Les choix musicaux, adaptés au moment du jour, car nous sommes ouverts 24 heures, nous aident à définir notre ambiance et notre originalité, ajoute Marc Latendresse. La musique fait donc partie intégrante d’une belle expérience client et contribue de manière très importante au succès de notre resto. »

Si la chanson québécoise a souvent fait une place à la poutine dans son répertoire (on n’a qu’à penser à la chanson « Hommage en grain » de Mes Aïeux, à celle de Mononc’ Serge, « Les Patates » ou au duo composé des rappeurs québécois Omnikrom et des Français TTC pour la pièce « Danse la poutine »), il est donc tout naturel qu’un haut lieu de ce plat si réconfortant utilise la musique à son tour, au plus grand plaisir de ses clients et de ses créateurs ainsi rémunérés équitablement grâce au programme Autorisé à vous divertir


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Traverser le parc, Louis-Philippe Gingras l’a fait plus de trois cents fois, en autobus, en Chevrolet Optra 2004, sur le pouce, sur un high, sur un down. Le Parc de la Vérendrye et les 226 kilomètres d’asphalte qui le séparent en deux n’ont plus de secret pour l’auteur-compositeur-interprète natif de Rouyn-Noranda et Montréalais épisodique.

« Une fois, dans le temps des Fêtes, je partais de Montréal pour aller faire le tour des partys de famille à Rouyn, » se souvient-il. « Je trouvais plus mon permis de conduire. Je me souvenais même plus s’il était encore valide. Rendu à Mont-Tremblant, je me suis fait arrêter par un flic. Il devait trouver que j’avais l’air louche. C’est là que j’ai su que mon permis était expiré. Il a confisqué la voiture. J’ai fini le trajet sur le pouce avec ma guitare. Faisait frette. »

« C’est vrai que je suis désorganisé, pas très riche et sans attaches. »

À l’écoute du premier disque de Louis-Philippe Gingras paru l’an dernier, le bien titré Traverser l’parc réalisé par Dany Placard, on peut quasi comprendre les soupçons du policier. Avec ses histoires de brosses, d’amours complexes ou de pauvreté, le chanteur ne projette pas l’image du gendre idéal. Son accent joual est prononcé. Sa manière crue de décrire le quotidien le rapproche d’un Plume Latraverse avec qui il partage une nonchalance, mais aussi un attrait pour la poésie. Comme s’il appliquait une couche de vernis sur une peinture écaillée.

« C’est vrai que je suis désorganisé, pas très riche et sans attaches. Ce que je décris sur l’album se rapproche de mon quotidien, mais la poésie me permet de créer un contraste intéressant avec le côté brun de mes histoires. J’ai compris ça en participant à plusieurs concours, » explique le musicien arrivé bon deuxième en 2010 au Festival de la relève indépendante musicale d’Abitibi-Témiscamingue (FRIMAT) et récipiendaire des plus grands honneurs au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2012. « Participer à un concours, c’est cruiser un jury comme on cruise une fille: la première impression est toujours importante. C’est plate, mais c’est de même. Les gens se font une idée de toi avant même que t’aies commencé à jouer. En tant qu’artiste, je crois qu’il faut s’interroger sur qui on est et quel impact on a dans les yeux du monde. Quelle image on projette? Quelles sont nos forces? Depuis ce temps-là, je m’habille propre sur scène, clean cut. Je me fais même la barbe avant un spectacle pour accentuer le contraste entre mon look et mon folk blues trash de bord de route. »

Au détour d’une phrase, l’ancien étudiant en jazz au Cégep de Saint-Laurent ramène ainsi le spectre de la 117, ce long serpent de bitume qui traverse le parc. Rien d’étonnant, les huit heures qui séparent Montréal de Rouyn lui ont permis d’écrire de nombreuses chansons immortalisées sur Traverser l’parc, dont « Andromède », une composition en nomination au Prix de la chanson SOCAN 2014. « Comme plusieurs de mes pièces, “Andromède” m’est venue à partir d’une phrase dont j’aimais l’image et la sonorité. Je fonctionne souvent comme ça. Je n’écris pas en fonction d’un thème, mais en brodant autour d’une phrase ou de mots déclencheurs. Je me laisse guider sans trop savoir où ça va me mener. Dans ce cas-ci, j’étais dans un trip de mythologie grecque et j’ai accroché sur la phrase “M’as gazer pégase.” Et comme je m’en allais rejoindre une fille en Abitibi, les histoires se sont croisées: “M’as viser ben haut / M’as aller tasser l’soleil pour pu qu’y te tourne autour.” J’ai fini la ride, et la toune était presque terminée. “Roulé dans l’noir” a aussi été écrite en traversant le parc. On était pris dans un osti de gros orage. Je courais après ma queue à l’époque. Jamais content de mon sort, fallait toujours que je bouge d’une ville à l’autre. »

Après un été passé sur la route des festivals à présenter son album, Gingras a consacré une partie de l’automne à l’écriture de son prochain disque. Diagnostiqué bipolaire, le musicien l’avoue d’emblée, le processus sera plus ardu compte tenu de sa nouvelle médication qui limite ses high et ses down, des périodes troubles, mais propices à l’écriture, particulièrement les high. « Mon moral est pas mal plus stable maintenant, alors je me plaindrai pas. En fait, cette nouvelle condition m’amène à moins centrer mon écriture sur moi. Traverser l’parc, c’est beaucoup comment je me sentais à l’époque. Le prochain disque portera un regard sur comment les gens interagissent entre eux. Je me concentre sur des personnages. Ma dernière composition parle d’une caissière dans un Tigre Géant de l’Ontario. J’ai envie de sortir de ma bulle un peu. »


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