Paris & Simo sont un duo de DJ-compositeurs internationaux mais avant tout Montréalais. De Las Vegas et New York (États-Unis) à Hyderabad (Inde), en passant par Istanbul (Turquie), ou encore Nagoya (Japon), ce duo s’est rapidement créé une solide réputation sur la scène internationale de L’EDM en mixant dans certains des plus grands évènements à travers le monde. Mais comment font-ils pour être connus à travers le monde et passer inaperçus sur la rue Sainte-Catherine ? D’où vient leur succès ?

En 2011, après avoir remporté un concours de remix pour le single Work Hard Play Hard de Tiesto parmi des milliers d’autres soumissions, le duo a été rapidement été repéré en tant que nouveaux producteurs émergents. Tiesto lui-même les prend sous son aile et c’est au cours d’un diner au Restaurant Rosalie à Montréal, que leurs liens se tissent. Tiesto ira même jusqu’à jouer leurs compositions (Nova, Tundra, Wait, Not alone…) lors de ses sets. Mais il n’est pas le seul. Des stars tels que Martin Garrix, Nicky Romero ou encore Hardwell ont repris plusieurs de leurs titres, aidant ainsi à populariser le nom de Paris & Simo sur plusieurs territoires. Sentant le potentiel de ces deux prodiges, Hardwell signera sous son label (Revealed Records – Sony), plusieurs de leurs singles, dont le tout dernier, Glow, ayant comme artiste invité un Torontois, Nikon.

Paris & Simo ont également participé au Electric Daisy Carnival et à Life in Color. On compte aussi parmi leurs réalisations, une tournée canadienne avec David Guetta, un passage au EDC (Las Vegas), à Tomorrow World (2015), ou encore au festival Digital Dreams. Et on a pu également les voir briller sur des scènes montréalaises telles qu’au New City Gas, au Beach Club, ou encore au Bal en blanc.

Cumulant les millions d’écoutes sur Spotify pour des titres en collaboration avec des interprètes tels que la Britannique Karen Harding, Paris et Simo ont acquis une notoriété auprès non seulement des principaux acteurs de la scène EDM, mais aussi d’une multitude de passionnés de musique de danse qui suivent leurs moindres gestes. Ainsi, leurs plus de 200 000 fans sur Facebook attendent avec impatience la sortie de leur prochain EP. Distribué par Kobalt, alliant sonorités RnB sur des ambiances électroniques, voix féminine (Sara Diamond), masculine (Yeah Boy) sur des rythmiques anglaises, cet EP nous promet de belles surprises. De quoi être confiants dans l’avenir de Paris & Simo qui se dessine comme ils le diraient eux-mêmes : « une chanson à la fois… »


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Nous retournons à notre série d’entretiens portant sur ces mariages heureux du mystère de la création que l’on appelle… les duos d’auteurs et compositeurs. Cette fois, étudions le succès d’une retrouvaille, celle entre le rappeur Séba et le compositeur-producteur-DJ Horg, auteurs du hit Vintage à l’os qui, au grand étonnement de ces deux créateurs, caracole aujourd’hui au sommet d’une radio commerciale montréalaise. Le premier album du duo s’intitule Grosso Modo, un projet qui a germé sur les bancs du cégep du Vieux-Montréal pour éclore vingt ans plus tard sous la forme d’un hommage au son boom-bap typique du hip-hop des années ‘90.

Séba & HorgD’abord, un peu d’histoire : si le Newyorkais DJ Premier (Gang Starr) peut être considéré comme l’architecte du son boom bap, saluons le travail des compositeurs-producteurs Boogie Down Productions qui ont concocté la musique du premier album solo du légendaire rappeur KRS One. Le titre de ce classique paru en 1993 ? Return of the Boom Bap. Boom, comme dans le son sourd de la grosse caisse. Bap comme celui, bien croustillant, de la caisse claire, les deux ingrédients mis en valeur dans cette irrésistiblement dansante variation du rythme rap.

On l’aura déduit, le boom bap, c’est l’histoire ancienne du rap – son deuxième âge d’or, après l’explosion old school des années Run DMC. Désormais force musicale dominante en occident, le rap a aujourd’hui bien changé.

« Si j’avais quinze ou vingt ans, je serais probablement à fond dedans la mouvance trap » emblématique du son des Migos, Gucci Mane, Future et autres 2 Chainz, tranche Horg. « Mais je n’ai pas vingt ans, j’en ai quarante-trois, et je l’assume. Comme j’ai d’abord dit à Séba : Si tu veux faire un album de rap aujourd’hui, tu dois faire du trap. Malheureusement, ni lui, ni moi accrochons sur le genre – je ne veux pas dire que ce genre musical n’est pas bon, mais le genre de beats, les textes et le message, le style en général, ça n’est pas nous. »

On n’apprend visiblement plus de nouveaux trucs à ces vieux singes du hip-hop, qui ont fait connaissance il y a une vingtaine d’années au cégep du Vieux-Montréal. « La première semaine de cours !, précise Séba. J’avais une émission de radio le matin, et Horg passait juste après. Je l’ai vu débarquer avec ses machines et ses vinyles et me suis dit : Oh shit! Tout de suite, on a parlé de rap. C’était le début de la scène à Montréal, 1995, le film La Haine venait de sortir… Nous nous sommes reconnus. Nous n’étions pas nombreux à tripper là-dessus. »

Fini le cégep, ils se sont perdus de vue. Horg est resté derrière les platines, composant et réalisant des beats pour l’underground québécois – les amateurs aussi « Vintage à l’os » se souviendront des projets Cavaliers Noirs ou KZ Kombination – avant de briller derrière Samian. Séba, lui, allait devenir la bougie d’allumage du trio fusion punk-rap Gatineau.

Leurs chemins se sont croisés à nouveau en 2008, lors du gala de l’ADISQ. « T’étais assis derrière moi avec ton gérant », rappelle Horg à son comparse. Gatineau remportait alors le Félix Album de l’année – hip-hop, devant Samian, Sans Pression, Imposs et Radio Radio. « C’était surtout punk, et en show, ça virait métal. Plus proche des Breastfeeders que Biggie Smalls, disons », se souvient Séba, rappeur dans l’âme même s’il s’habillait « en gothique ».

La troisième retrouvaille allait être la bonne : il y a quelques mois, Séba décide d’assister à l’enregistrement de l’émission radio Sur le corner, animée par Horg, et lui confie son rêve : enregistrer un disque de rap sur ses beats. « Ce qui est le fun avec Séba, c’est que j’ai le sentiment que tout ce que j’ai accompli depuis mes débuts dans le rap, tout ce que j’ai réalisé que je voulais faire et dire sur cette scène, rejoignait son expérience, son parcours. On s’est rendu vite compte qu’on avait un projet. »

Les premières maquettes portaient les textes de Séba, « déprimants, écrits après une peine d’amour, ça marchait pas », relate Horg. Ils sont repartis à zéro, en s’inspirant de leur passion commune pour le rap. « On voulait faire un disque comme on l’aurait fait si on s’y était mis y’a vingt ans, sans compromis, abonde Horg. Pour moi, c’était même presque thérapeutique Je me demandais toujours : Si je prends le micro pour rapper, qu’est-ce que les gens voudraient m’entendre raconter? Et la réponse était toujours : Comment c’était, Watatatow ? »

Ah oui – sachez, plus jeunes (ou trop vieux) lecteurs, que dans une ancienne vie, Horg fut comédien dans une télésérie pour ados. « J’ai été comédien, j’ai cessé de l’être, principalement parce que je n’aimais pas être à l’avant-scène. C’est aussi pour ça que je n’ai jamais été un rappeur solo », mais qu’il accepte de balancer des rimes sur Grosso Modo, aux côtés de Séba. « Ce disque, on l’a fait pour nous, dit Horg. Sans gêne, honnêtement, on s’est dit qu’on disait tout – Horg, c’est Bérubé de Watatatow ! »

En fait, enchaîne Séba, « je pense que j’ai aussi fait ce disque pour qu’on arrête de dire que je suis le gars de Gatineau », de la même manière que Horg n’est plus Bérubé. Les textes ont été écrits à quatre mains, piochés dans leurs souvenirs de jeunes trippeux de rap, avec une bonne dose de nostalgie et de références à la culture populaire des années ‘90, qu’ils évoquent avec humour et tendresse.

Et ça marche : Vintage à l’os est numéro un au palmarès 6 à 6 de CKOI au moment d’écrire ces lignes et a trôné un temps au sommet du palmarès des chansons francophones iTunes devant Patrice Michaud, Cœur de pirate et 2Frères ! « Inimaginable », commente Séba. Ils n’y croyaient pas. « Même dans nos rêves nos plus fous. Du rap au Québec qui tourne comme ça ? On dirait qu’on a touché au cœur des gens avec cette chanson… »

Lancement de Grosso Modo de Séba et Horg le 22 février au Ministère, à Montréal.


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Nate Husser n’aime pas parler pour rien. Volubile au micro, infatigable sur scène, le rappeur de 26 ans se fait paradoxalement discret en entrevue. « Je me concentre entièrement sur la musique », lance-t-il, sans chercher à se justifier.

Rejoint dans un café de la rue Sainte-Catherine, artère qu’il documente avec une rage à la fois contenue et explosive sur son brulot rap rock Catherine, le Montréalais d’origine dialogue avec une concision à toute épreuve, sans s’épancher. « J’ai beaucoup de sentiments partagés envers cette rue. Autant de lumière que de noirceur », résume l’artiste qui a grandi « à 10 minutes de marche » du centre-ville.

Explicite sans être martelée, la violence qui transparait dans un texte sombre comme celui de Catherine s’ancre dans le tumultueux parcours de vie de son auteur. Plus jeune, les expériences agitées que Nate Husser a vécues dans sa Petite-Bourgogne natale l’ont profondément marqué. « J’ai grandi très vite, beaucoup plus que bien d’autres personnes. Rapidement, j’ai été témoin de plusieurs choses dans la rue. J’ai connu la violence, la corruption, j’ai vu des gens se retourner les uns contre les autres… Tout ça avant l’adolescence », confie-t-il, dans un rare élan loquace.

Les histoires sinueuses du jeune Husser allaient lui servir de canevas pour la suite des choses. Entre l’école, le travail et les manigances de « grindin’ et de hustlin’ » pour arriver à subsister, celui qui habite dans un sous-sol chez sa mère se découvre une passion pour le rap. À la fin de son adolescence, il rencontre ses futurs complices des Posterz, Joey Sherrett et Kris The $pirit. « Nos chemins se sont croisés dans un centre communautaire de la Petite-Bourgogne. Il y avait un studio en bas des marches », se souvient-il, froidement.

Entre 2013 et 2016, The Posterz enregistre trois EPs qui obtiennent un succès d’estime au Québec et un rayonnement prometteur à l’international. Satisfait de l’œuvre de son groupe, Nate Husser désire toutefois augmenter la cadence et donner libre cours à sa créativité avec un projet solo. Paru l’automne dernier sous Cult Nation et salué par plusieurs médias d’envergure comme Noisey et The Source, Geto Rock for the Youth est à l’image des contradictions qui habitent son créateur : désinvolte mais incisif, éparpillé mais dense.

Tapissée de références au tournant des années 2000, entre autres à Eminem et au nu-metal américain, la trame musicale de cet EP est représentative de la nostalgie qui habite l’artiste. « Quand j’étais petit, je n’étais pas exposé aux stations de radio hip-hop. Ce qui jouait sur les ondes était en grande partie du pop, du rock et de l’alternatif. Tout ça est resté en moi et a influencé ma musique », observe celui qui a notamment fait appel à ses amis producteurs Joey Sherrett, Mike Shabb, Maky Lavender, Ajust et Jay Century pour la composition de ce premier mini-album, qui cumule plus de 300 000 écoutes sur Spotify.

Adepte de freestyle, comme en témoigne la chanson Paid to Party qui a été entièrement improvisée, Nate Husser s’exprime franchement lorsqu’il empoigne un micro. Sans proposer un rap engagé, il reconnait l’importance de l’authenticité, cette valeur indéfectible de la culture hip-hop. « Je préfère informer les gens de ma réalité plutôt que de me vanter ou d’essayer d’avoir l’air cool. À mon avis, il doit toujours y  avoir un message à saisir dans une chanson, quel qu’en soit son poids ou sa profondeur. Si ton sujet, c’est de prendre de la molly, tu dois l’incarner et en parler de façon réelle, authentique. C’est la même chose pour un sujet comme la politique. »

Cette approche sincère est mise de l’avant dans Like It Doesn’t Hurt, une collaboration avec sa collègue d’étiquette Charlotte Cardin dont le saisissant clip a maintenant dépassé le cap des cinq millions de visionnements. Pour écrire ce texte à propos d’une relation tortueuse qui bat de l’aile, Nate Husser n’a pas eu besoin de chercher bien loin. « C’est entièrement basé sur mon expérience de vie, ce qui est facile pour moi… J’ai vécu beaucoup de situations complètement folles et, de toute façon, je ne suis pas bon pour imaginer des choses. »

Dans un tout autre style, KillaKop frappe également par son récit intense, sans détour, et qui laisse peu d’ambiguïté sur la violence qui l’habitait à l’époque. « En 2014, je faisais face à deux cas d’agression contre des agents de police. Pendant un an et demi, j’ai fait des allers-retours au tribunal pour absolument aucune raison. Seulement des mensonges et de la merde ! Je me suis dit que, tant qu’à aller derrière les barreaux, aussi bien avoir quelque chose à me reprocher. »

Heureusement, ces idées noires ont quitté l’esprit du rappeur depuis. En fait, c’est un tout nouveau mode de vie, beaucoup plus sain, qu’il convoite. « J’essaie d’être plus normal, plus calme. Tout ça a évidemment un impact sur le contenu de mes textes, car pour la première fois de ma vie, je suis heureux. »

Avec ses prochains projets, qui contiendront sans doute plus de lumière, Nate Husser veut prouver sa pertinence et sa valeur au-delà du cercle rap de la métropole. « Je ne veux pas que les gens me voient uniquement comme un rappeur, mais bien comme un artiste à part entière », souhaite celui qui a remporté le prix de l’artiste anglophone de l’année au dernier gala Dynastie, récompensant les personnalités québécoises issues des communautés noires. « Le rap, c’est quelque chose que je peux faire, mais je sais également faire plein d’autre choses, comme écrire et produire des chansons. »


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