Il y a environ 3 ans, la vie de Debby Friday était « totalement désorganisée ». Elle venait de quitter Montréal, récemment sobre, et elle vivait temporairement dans le sous-sol chez sa mère, à Vancouver. C’est durant ces quelques mois, complètement en retrait du monde, que Friday a commencé à créer de la musique.

« J’ai passé tout un week-end à regarder un tas de vidéos sur YouTube sur la façon d’utiliser [le logiciel d’enregistrement] Logic, et après, j’ai plongé tête première », se souvient-elle.

« Je n’avais aucune idée de ce que je faisais, mais même à l’époque je sentais qu’il se passait quelque chose de spécial, un changement de cap majeur et significatif dans ma vie. »Ce changement a débouché sur Bitchpunk (2018), le premier EP de hip-hop que Friday a enregistré dans sa chambre à coucher. Elle a depuis lancé une série de EP et de simples qui se situent au confluent du rap, de la musique électronique et du noise. Maintenant, elle a remporté le prix Prism 2020 pour les vidéoclips et a été présentée dans Pitchfork, The Fader, etc.

Elle a récemment lancé « Runnin », un projet écrit l’été dernier, une période qu’elle décrit comme effrayante, mais pleine de lucidité. « Sur mon projet précédent, Death Drive, j’étais très sérieuse et dure envers moi-même », confie-t-elle. « Là, je voulais m’amuser de nouveau. » Contrairement à ses enregistrements précédents, « Runnin » est également la première fois que Friday collabore avec d’autres producteurs et elle s’est associée avec Cayne et Andrew de Big Kill pour ce premier projet en studio.

L’autoproclamée « bourreau de travail qui n’est à l’aise que lorsque j’ai un million de choses à faire » a actuellement plusieurs projets audiovisuels en cours, dont son projet de thèse de maîtrise en beaux-arts LINK SICK, une pièce de théâtre audio qui sera ouverte au public dans le courant du mois. Elle travaille également sur son premier album complet sans toutefois sentir de pression pour le lancer rapidement.

« Je pense que la façon dont la pandémie a réorganisé notre monde a eu le même effet sur qui je suis et, par conséquent, sur mon approche de la création musicale », dit-elle. « Je sais ce que je fais, maintenant. Je me fais confiance. Un peu plus casse-cou, un peu plus sauvage. »



« Y’en a pas de problème icitte », me lance Sam Rick, l’une des 29 fourmis, lorsque j’arrive au «boogie crib», mythique appartement de la jeune mais foisonnante histoire du méga collectif rap montréalais.

Une phrase qui a de quoi rassurer après mon entrée en trombe, qui a eu instantanément raison du plexiglas très chambranlant de la porte. « Ça arrive… Ça se replace », déclare via texto Don Bruce, autre fourmi et principal locataire du «crib» de la rue De Lorimier, à Montréal. « Mais yo faites ça sans moi les gees… Mon boy m’a appelé pour rider pis j’ai complètement oublié…» ajoute Bruce d’un même élan textuel, en ce début de vendredi soir chaotique.

Avec 29 membres à son actif, Les Fourmis sont pour le moins habituées au chaos. Attablés devant moi dans une grande cuisine frisquette au désordre qu’on devine emblématique, les rappeurs Bkay, AG Kone et Kirouac, la chanteuse et rappeuse Xela Edna ainsi que le grand manitou de l’ombre Sam Rick discutent de leur premier album double dans une bonne humeur aussi contagieuse que difficile à suivre. Pour des raisons sanitaires évidentes, qui dépassent le cadre du simple oubli, ils prennent la parole pour leurs complices absents : Catboot, John Ouain, Gary Légaré, Carey Size, Vendou, Renay, Mantisse, Jamaz, BLVDR, Oclaz, bnjmn.lloyd, FouKi, QuietMike, Kodakludo, Barbara, Papi, Edaï, Eius Echo, Franky Fade, Rousseau, Roby, Yaya et Chien Champion.

Bkay, également membre de LaF, nous aide à y voir plus clair : « En gros, tout ça part de Catboot et du concept de la fourmilière. Toutes les fourmis travaillent vers un objectif semblable, vers un dessein collectif. »

Catboot, c’est l’un des six membres de L’Amalgame, une entité qui précède la naissance des Fourmis. Bien avant l’arrivée de Don Bruce dans l’équation, c’est lui qui vivait au «boogie crib», notamment avec son complice de longue date Vendou. « Tout a commencé à se mettre en place ici. C’était le spot où tu pouvais débarquer quand tu voulais pour chiller ou faire de la musique », relate Bkay.

Preuve irréfutable que le «crib» n’a rien perdu de son essence : aucune des personnes assises autour de la table n’habite ici. « Mais le first thang, c’était aux parcs Lafontaine et Laurier », reprend Bkay, qui a rencontré une partie des membres du collectif en allant «kicker des verses» dans ces deux parcs montréalais en 2013 et 2014. Un projet embryonnaire intitulé La Fourmilière devait voir le jour en 2016, mais le départ monstre de la carrière de FouKi, combiné aux prémices prometteuses de LaF et de L’Amalgame, ont relayé l’idée à l’arrière-plan.

« On a fait plusieurs chansons entre 2016 et 2019. Y’avait toujours du beat qui se passait, mais personne prenait le temps de mixer les tracks. Y’avait pas de structure, pas d’organisation… », poursuit le rappeur. « Ce qui est venu changer la donne, c’est 7ième Ciel. Quand Steve Jolin [directeur de l’étiquette] a donné de l’intérêt au projet, ça nous a obligés à nous structurer. On a eu du cash et on a loué un chalet pour enregistrer un album. »

« J’apprends tellement d’affaires. C’est presque un cours ! », lance Xela Edna, qui a joint Les Fourmis il y a un peu plus d’un an, dans la foulée de leur spectacle en ouverture de Coup de cœur francophone au Club Soda. « Eius Echo [producteur avec qui elle forme également un duo électro-pop expérimental] m’avait invité au show et j’ai tellement eu de fun ! Dans les coulisses, j’entendais parler de chalet, mais j’osais pas m’inviter… Finalement, deux jours avant qu’ils partent, j’étais dans un bar sur Mont-Royal, et Sam Rick m’a demandé : ‘’Tu viens-tu ?’’ J’étais tellement contente ! »

Ce fameux chalet a pris place à Stoneham, en janvier 2020. « Ça nous a mis dans une énergie incroyable », relate Sam Rick qui, en plus de chapeauter l’événement avec Renay, Yaya et Barbara (les autres Fourmis de l’ombre), a posé sa voix sur la douce et sirupeuse Bisou caramel. « Mais à part ça, j’avais surtout du plaisir à observer tout le monde. Le premier beat qui a été fait, juste en arrivant, c’est Rouler un dank. FouKi était assis en train de rouler un joint, et Don Bruce est rentré dans la pièce en lui disant : ‘’Hey t’es jamais pas en train de rouler un dank, toi!’’ On s’est tous regardés, et la mélodie est partie. C’est cave à quel point ça peut aller vite des fois »

« On s’est rapidement rendu compte que le vibe était très différent le jour et la nuit. Le matin, Dom [Eius Echo] se levait pour créer des petits trucs doux. Tranquillement, on se levait à notre rythme et on travaillait sur des tracks comme Bulletproof et Love Donjon. Rien de ça n’aurait pu être enregistré le soir », observe Kone.

« Pis en soirée, on faisait des beats drugged-out », enchaîne Kirouac. « Un soir à quatre heures du matin, on était tous exténués, on avait enregistré toute la journée. Et là Don Bruce dit : ‘’ON FAIT UN BEAT LIVE !’’ On voulait tous aller se coucher… »

« Il a demandé à BLVDR de mettre un beat, un genre de beat très simple avec juste du drum et de la basse », poursuit Bkay. « Tous les gars se sont mis à crier des niaiseries et, à un moment donné, y’en a un qui a crié : ‘’METS TA MAIN DE MÊME !’’ Et un autre a répondu : ‘’GIVE THIS MAN A MIC !’’ »

Naissait ainsi la fougueuse MTMD, bombe rap festive qui ouvre le volume Nuit de l’album double – volume sur lequel Don Bruce prend d’ailleurs une place prépondérante. « Il était debout toute la nuit, donc le jour, il dormait », rapporte Kirouac, en riant. « Des fois, il essayait de venir enregistrer de quoi en pleine journée avec sa voix détruite, mais ça marchait pas. On lui disait de retourner se coucher. »

Au contraire, Xela Edna a été tout particulièrement active de jour, ce qui explique sa présence très constante sur les chansons du premier volet, plus soul et groovy. « Mon but, c’était d’écrire et d’explorer le plus possible. J’étais en compétition avec moi-même dans ma tête. En solo, je parle beaucoup de ma féminité et de ma sensualité, mais là, je voulais aller dans un autre vibe, plus collectif. »

D’autres, comme Kirouac, ont préféré se laisser guider par l’instant plutôt que d’écrire à profusion: « Moi je rentrais dans une pièce et, si j’avais de l’inspiration, je sortais un petit verse. Si j’en n’avais pas, je forçais rien de plus et je retournais jouer à Catan ! »

Après le chalet, Kirouac, Bkay, Vendou, AG Kone ainsi que l’ingénieur de son et producteur Roby ont pris les devants. « On avait 40 maquettes à structurer, à rendre digeste. En soi, ça a été un gros défi. Et c’est là que l’idée de splitter l’album en deux parties est arrivée », explique Kirouac.

Gary Légaré, seule fourmi absente du chalet, est également venu poser sa voix sur quelques chansons. « Il a surtout hérité des fins de tounes. Si tu les écoutes pas jusqu’au bout, ça se peut que tu l’entendes jamais », lance Kone, amusé.

Pour la suite des choses, Les Fourmis comptent sur l’audace des diffuseurs pour donner vie à ce projet ambitieux. En pleine crise sanitaire, difficile de concevoir un spectacle avec près d’une trentaine d’artistes impliqué.e.s… d’autant plus que le recrutement n’est jamais vraiment terminé. « C’est comme le stock market. Ça bouge chaque jour », blague Bkay. « Les frontières sont ouvertes. C’est un projet vivant. En fait, j’en ai pas encore parlé à personne, mais dans un futur lointain, ce serait cool passer le flambeau à 30 nouvelles fourmis. »

« Ouais ! », s’enthousiasme Kirouac. « Comme les chevaliers d’émeraude… ou une équipe de hockey ! »



Assiste-t-on à une résurgence du country au Québec ? Si l’on observe de plus près le bassin grandissant d’artistes provenant de toutes les régions de la province, la diversité des styles qui y sont joués et le nombre grandissant de festivals, de labels et d’émissions de radio qui prennent le taureau par les cornes, c’est l’évidence.

Nous avons demandé à Nadia Houle, PDG de Culture Country, Karo Laurendeau, chanteuse country et animatrice de l’émission Destination New Country et à Melissa Maya Falkenberg, journaliste et chroniqueuse, de nous aider à sélectionner cinq nouveaux artistes, qui mériteraient d’être davantage connus du grand public et qu’il faudra surveiller au cours des douze prochains mois.

Brittany Kennell

La Montréalaise de 32 ans est revenue au bercail après un exil de dix ans aux États-Unis. Une décennie à étudier au prestigieux Berklee School of Music de Boston et à poursuivre son rêve dans la capitale du country, Nashville. Elle a joué au Blue Bird Café, The Basement, les passages obligés et formateurs des apprentis.

Participante à The Voice, elle a été sélectionnée par la star Blake Shelton, mari de Gwen Stefani, le temps de chanter trois interprétations. Grosse visibilité.

« Je voulais surtout apprendre, j’étais encore serveuse dans un restaurant et je n’étais pas prête à embrasser une carrière à ce moment. On a été confiné pour les besoins de la production dans un hôtel pendant six semaines, c’était particulier. »

« Je suis plus nerveuse à chanter l’hymne national aux matchs des Canadiens en ce moment que d’avoir interprété trois chansons pour des millions de téléspectateurs aux États-Unis. Tout le monde connaît les paroles !». C’est que, voyez-vous, le cousin de son arrière-grand-père était Calixa-Lavallée, compositeur dudit hymne !

La musique de Brittany Kennell, c’est beaucoup de fraîcheur et de limpidité. Des ballades simples, au tourment léger, une intensité vibrante dans la voix, elle apporte au son country une consistance plus charnelle, comme des étreintes brûlantes et brèves, habitées par Casey Musgrave, Sheryl Crow, Bonnie Raitt… « Je veux trouver ma voix entre le country moderne et traditionnel sans émuler personne », admet-elle.

Voulant relancer sa carrière au Québec, elle fait la rencontre de Joëlle Proulx de l’Agence Ranch, qui est devenue sa gérante. Tous les observateurs s’accordent pour le dire : Brittany Kennell est aux portes de la célébrité. Mais depuis quelques mois, elle enfile les vidéoclips, fait son jogging dans le Vieux-Port et peaufine sa stratégie de mise en marché avec Proulx : Artifice et Warner sont les nouveaux partenaires du tandem. Elle est déjà programmée aux Festival de St-Tite et Lasso.

« J’ai une vie plus équilibrée à Montréal ».

Phil G. Smith

L’élégance d’un lancer de lasso impeccable. Il pourrait bien devenir un des phénomènes de la décennie fraîchement entamée. Philippe Gaudreault, 30 ans, s’est trouvé un alias parfait, Phil G. Smith. Plus country que ça…

Originaire de l’Outaouais, fonder un groupe punk après avoir vu Blink 182 au Rockfest de Montebello, ce n’était pas dans ses chakras. Il n’y a jamais mis les pieds « Je préfère le Festival des montgolfières de Gatineau, c’est là que j’ai eu la piqûre du country, entre autres du groupe d’André Varin, Chakidor ».

« Chanter du country en français c’est un rêve pour moi. Quand j’ai vu qu’on pouvait écrire de grandes chansons comme le font Les Cowboys fringants, Kaïn ou Vincent Vallières, j’ai plongé. Et j’ai eu l’influence des Tim McGraw ou Zac Brown Band que j’allais voir au BluesFest d’Ottawa. Je découvre l’amalgame entre les deux univers ».

Brillant, posé en entrevue, déjà deux EP en poche, fondateur des Disques Far-West, membre du duo Wild West, propagateur de country-rock, entrepreneur assumé, Phil G. Smith, qui tient ses racines musicales en Outaouais, possède une sorte de bonheur permanent de la trouvaille.

Son country à teneur rock l’a mené à faire récemment des premières parties du groupe Kaïn. Il sera de la première édition de Lasso, le gros festival country qui verra le jour à Montréal.

Après avoir fait ses débuts sur disque en 2019 et récolté quatre nominations au Gala Country, Phil G. Smith fera tourner bien des têtes au cours de la prochaine année. Il a toutes les cartes dans son jeu.

Véranda

Le duo bluegrass francophone composé de la comédienne Catherine Audrey Lachapelle (son personnage dans District 31 est décédé) et du virtuose des cordes Léandre Joly-Pelletier poursuit son chemin sans se soucier des modes et autres dictats que leur inflige le marché de la musique.

« On est vraiment passionné de ce qu’est la vieille musique country, le bluegrass et le folk », dit Catherine. Le couple, qui s’est rencontré lors des soirées bluegrass au Barfly, à Montréal, a un désir bien noble: « On veut l’adapter avec notre culture et nos mots ».

Le bluegrass, c’est un peu la joie dans la tristesse et la mort dans la vie. « Surtout avec les murders ballads », explique la guitariste aux harmonies vocales claires et transperçantes. Woodland Waltz, EP paru en 2019 et Yodel Bleu, EP francophone sorti l’an passé sont de fabuleux travaux d’orfèvrerie. « À la base, on a toujours voulu se coller au genre américain, explique Léandre, on voulait garder un côté traditionnel. »

Personne ne peut leur coller l’étiquette de revivaliste sur le dos. Il y a un espace pour les instrumentistes, mais le texte et les histoires sont aussi importants. « En duo, on va prendre un moment pour écrire, un autre pour pratiquer des passages bien spécifiques, des fois on va seulement jouer des chansons qu’on aime juste pour le plaisir, il y a toujours de la musique qui tourne entre nous », dit Léandre.

« On termine l’écriture d’un album complet et l’on espère pouvoir le lancer au début 2022, confie Catherine. Quelques singles risquent de couler cet automne, mais on a toujours pas de label ».

Véranda est un véritable coup de cœur. Leurs clips vidéos sont exquis, leur adhésion totale au genre est transmissible. Voilà une ramification country qu’on voit moins souvent chez nous. La chance que nous avons…

Tomy Paré

« Métissé pas de cartes avec du sang autochtone dans la famille ». C’est ainsi que Tomy Paré, 44 ans, se présente. Nouveau venu dans l’univers de la musique country avec son excellent EP, À perpétuité, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Neufchâtel, en banlieue de Québec, est arrivé à Montréal à l’âge de 28 ans et a pris du galon en tant que musicien de bar.

Ses habiletés pour la composition et l’écriture, il les a affinées en participant au concours Ma première place des arts en 2008 ou en ayant Luc de Larochelière comme professeur à l’École Nationale de la chanson de Granby en 2005.

« J’ai une facilité avec la composition, j’écris toutes mes musiques, à part la chanson de Luc (qui lui a offert Mes ambitions). Or, j’aime aussi avoir des textes d’auteurs ». Après deux EP en périphérie du country, Paré a mis ses œufs dans le même panier et fait venir pour À Perpétuité des musiciens réputés comme Jean-Guy Grenier, un pro de la pedal steel. Un parti pris qui commence à payer.

« Patrick Norman m’aide avec ma guitare, il me donne des trucs. J’ai été à son émission Pour l’amour du country en 2018 et depuis un an, je pratique beaucoup mon picking au pouce, je veux m’améliorer. On m’a étiqueté country d’abord à cause de ma voix. Je chante beaucoup de chansons d’amour, mais c’est aussi captivant de raconter des histoires, comme sur Tomahawk ».

Pour l’instant, Tomy Paré n’a pas de groupe. « J’engage des pigistes et j’ai une nouvelle équipe, on verra comment les choses vont se dérouler au cours de l’année. Je compose pour le prochain disque qui sortira en 2022. Une chanson à la fois ».

Ghys Mongeon

Sans rien demander à personne, Ghyslain Mongeon s’est retrouvé figure emblématique du country dans l’Outaouais. Émergent à 36 ans ? Il se retrouve dans une situation légèrement absurde et pourtant le prolifique auteur de chansons au registre country à la fois simple, mais très maîtrisé est un électron libre. Il sort rarement de son patelin même s’il a joué cinq années consécutives au Festival Western de St-Tite.

Porteur de l’expérience intime, douloureuse, il vous émeut avec trois fois rien. Son plus récent disque, Chasser l’ennui, en témoigne.

« Une dernière fois, est une chanson au sujet d’un différend avec ma sœur qui est décédée sans qu’on se soit réconcilié. Chaque chanson est liée à un fait vécu. Sur Pu Capable, facile de trouver l’inspiration: j’étais pris dans le trafic et les paroles sont sorties toutes seules ! Je mettais mon téléphone sur ‘’main libre’’ et je disais tout ce qui me passait par la tête ».

Mongeon est un roc. Tous les samedis, ses soirées virtuelles ‘’Ca va bien aller’’ sont présentées sur Facebook en direct de son salon depuis le mois de mars 2020. Increvable, il lui arrive de jouer au-delà de quatre heures. « Ce n’est pas du travail, c’est que du plaisir. On veut aller chercher le monde. Je viens comme en transe sur une scène. (rires) ».

« Je suis Québécois pure laine. Quand je chante c’est avec mon accent, je ne force rien. Je chante comme je parle ! Mon style est country, mais traditionnel aussi. J’ai trouvé mon filon et je ne dérogerai pas. Ça ne me tente pas d’avoir un son plus new country ».