L’auteure-compositrice-interprète country Lindsay Ell a donné un spectacle pré-CCMA au nouveau club Axis, au centre-ville de Toronto, le jeudi 25 novembre 2021. Ne manquez pas les images de son spectacle explosif!

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Il y a deux ans, ElyOtto, alias Elliott Platt, 17 ans, n’aurait jamais pu prévoir qu’il vivrait une pandémie sans précédent en tant qu’adolescent ordinaire, qu’il publierait des chansons sur SoundCloud et qu’au sortir de ladite pandémie, il serait devenu une des stars de TikTok. C’est pourtant bien ce qui s’est produit dans la foulée de la publication de son immense « hit » viral.

À l’heure actuelle, « SugarCrash! » est en quatrième place des chansons les plus aimées de tous les temps sur TikTok. Elle cumule plus de 100 millions d’écoutes sur Spotify, a été remixée par Kim Petras et Curtis Waters et elle a atteint la 11e position du palmarès Hot Rock & Alternative de Billboard. Le printemps dernier, le magazine SPIN a sacré ElyOtto le « visage de l’Hyperpop ». Il a depuis lancé les simples « Let Go », « Teeth » et la plus osée « Profane ».

EllyOttoElyOtto, dont la musique est éditée par Otto Dynamite Ltd, a commencé à écrire de la musique en 2016 et à publier ses chansons sur SoundCloud l’année suivante. Côté sonorité, il s’est inspiré d’artistes pop expérimentaux et du rap qu’il entendait sur SoundCloud. « J’avais l’habitude de passer plein de temps à surfer au hasard sur SoundCloud pour essayer de trouver les trucs les plus obscurs », explique l’adolescent de Calgary. « Je suis tombé sur quelqu’un qui s’appelle Kid Trash Pop et j’étais comme “wow, c’est quoi cette musique?!” C’était crotté, robotique, artificiel, luisant et coloré. Je n’avais jamais vraiment entendu ça en musique avant et j’étais super intrigué. Plus tard, j’ai découvert 100 Gecs et je me suis dit qu’il fallait que j’aille dans cette direction, c’est une musique hallucinante qui me semblait super amusante à créer. »

Créer le magnifique chaos que peut être l’hyperpop a été un processus d’essais et d’erreurs avec des beats contradictoires et des influences punk jusqu’à ce qu’ElyOtto finisse par trouver quelque chose qui fonctionne. « J’ai fait plein de tounes terriblement mauvaises que j’ai détruites, mais dans le lot, il y avait “SugarCrash!” qui sonnait vraiment bien », raconte ElyOtto.

Mais comme il l’explique, « SugarCrash! » est née de l’amalgame de plusieurs pièces différentes. « Les paroles viennent d’une autre chanson », dit-il. « L’instrumentale date de mes débuts, genre le lendemain du début de la pandémie, et elle était très orchestrale. C’était pas du tout de l’hyperpop. J’ai totalement oublié cet instrumental pendant très longtemps. J’y suis revenu avec des paroles que j’avais écrites en une journée, c’était presque de l’improvisation, mais pas à 100 %, et je me suis enregistré avant de la transformer en morceau hyperpop. Ç’a cliqué. »

La pièce n’est pas devenue virale comme elle l’est maintenant du jour au lendemain, mais sa popularité a été immédiate. « J’ai publié ça vers minuit le 26 août 2020 et le lendemain j’ai fait une petite vidéo promotionnelle sur TikTok en me disant qu’il y aurait peut-être quelques amis qui iraient l’écouter », poursuit ElyOtto. « Je ne m’attendais pas à ce qu’elle explose comme elle l’a fait, mais chaque fois que je rafraichissais la page, le nombre de “likes” augmentait et je recevais des commentaires du genre “ça va être gros” ou “c’est vraiment génial”. J’avais de plus en plus d’abonnés et je faisais les 100 pas sur le quai de la gare de train en me disant “mon Dieu, je ne peux pas croire ce qui est en train de m’arriver!” C’était vraiment très excitant. »

Pendant toute l’année qui a suivi, « SugarCrash! » a poursuivi sa conquête du monde et elle a même été utilisée dans une vidéo de Nick Luciano qu’il a envoyée à ses millions d’abonnés le 23 février 2021. « Je n’ai pas compris tout de suite que ma chanson était devenue un phénomène planétaire jusqu’à ce que, un an plus tard, plein de monde l’utilisait dans leurs TikToks », se souvient ElyOtto.

Désormais sous contrat avec RCA Records, il prépare la parution de son premier EP et continue de créer de nouvelles chansons. Préférant écrire en solo, il affirme que toutes les expériences qu’il vit peuvent lui inspirer une chanson, ce qui signifie qu’il écrit des chansons aussi souvent que possible et peu importe où il se trouve. « En général, j’attends que l’inspiration me vienne », explique-t-il. « C’est souvent quand je suis dans le bus, car le trajet pour me rendre à l’école est très long, alors j’ai le temps de laisser les textes et les mélodies me venir en tête. J’essaie de vivre plein d’expériences dans des partys et d’autres trucs que les jeunes de mon âge vivent afin qu’ils puissent s’identifier à ce que je crée. »

Quand il ne travaille pas dans GarageBand, ElyOtto utilise également la guitare, le banjo et, à l’occasion, le piano pour composer ses musiques. Si vous croyez que le banjo est aux antipodes de l’hyperpop, le jeune artiste s’empressera de souligner qu’il n’est pas un artiste unidimensionnel.

« Je crée dans plein de genres différents », affirme-t-il. « Je ne suis certainement pas prisonnier de l’hyperpop, mais c’est quand même ce que je crée le plus ces derniers temps parce que c’est vraiment amusant à faire. Tout se passe dans l’ordinateur, alors je peux travailler n’importe où, dans le bus ou ailleurs. Mais à la maison, quand je joue avec un groupe ou durant une séance de création, tant qu’il n’y a pas d’ordinateurs impliqués, je préfère écrire dans des genres comme le folk, le punk et le bluegrass. »

Ces autres facettes de sa création sont sur la glace pour l’instant pendant que le jeune créateur se concentre sur son exploration de l’univers hyperpop dont ses fans sont affamés. « Je travaille sur des vidéoclips avec des amis de l’école », confie-t-il. « On fait des trucs un peu plus lo-fi, mais j’espère avoir accès à un studio de cinéma pour créer des trucs un peu plus léchés et professionnels pour mon EP. Je vais créer plein de visuels pour cette musique et j’espère que mes fans ont hâte de voir tout ça, parce que je sais que moi j’ai hâte. »



La Montréalaise DJ Killa-Jewel, que plusieurs ont découvert cette année comme DJ du concours rap télévisé La fin des faibles, a renouvelé son approche musicale sur Sagittarius, cet EP de quatre titres, le premier qu’elle publie à vie sous un label – en l’occurrence Hydrophonick Records, branche hip-hop d’Indica Records.

Alors que son précédent projet Reckless, paru de manière indépendante l’an dernier, mettait de l’avant le talent de plusieurs rappeurs (Wasiu et Nate Husser notamment), Sagittarius est un «vrai» projet solo, sur lequel la musique de Killa-Jewel vit par elle-même. Une seule pièce (l’accrocheuse Without You) intègre une voix non échantillonnée, et c’est la sienne. « Produire de la musique dans l’intention de collaborer avec un rappeur ou un chanteur, c’est très différent que de composer de la musique instrumentale. Ça m’a amenée à créer une musique plus dynamique, qui a comme but de distraire et d’intéresser constamment le public. Ça vient avec une plus grande liberté de création. »

Avec ses influences trip-hop et techno, ses sons planants et ses références à l’astrologie, Sagittarius propose une signature trap astrale assez unique en son genre. Les scratchs de DJ Killa-Jewel surplombent avec parcimonie le mélange des styles susmentionnés. « Au début, je n’étais pas certaine d’intégrer des scratchs à tout ça. Je n’étais pas sûre que c’était encore intéressant en 2021, des scratchs. Mais [les gens chez Hydrophonik] m’ont dit : ‘’Tu dois absolument en mettre ! C’est ta signature !’’ Ils m’ont donné une belle opportunité de marier mon style originel et mon nouveau style. »

En plus d’incarner l’ambiance céleste du projet, le titre du EP représente le signe zodiaque et la personnalité de la DJ, productrice et chanteuse, qui a 42 ans en novembre. « Une sagittaire, c’est quelqu’un qui aime sa liberté. C’est un signe associé aux gens passionnés, qui aiment prendre des risques et qui veulent vivre leur vie au maximum. C’est exactement de cette manière que je vis ma vie. It’s been a wild ride ! »

DJ Killa-Jewel, SagittariusLa tête dans les étoiles depuis l’enfance, cette fan invétérée de Star Trek a fait ses premières armes en tant que DJ au milieu des années 1990. « C’est mon premier chum qui m’a montré les bases du DJing, quand j’étais encore au secondaire. On passait des heures chaque jour à jouer et à mixer [avec ses tables tournantes]. On a commencé à se produire dans les house parties de nos amis. La musique était ma drogue. »

Quelques années plus tard, un appel téléphonique change sa vie : celui de DJ Qbert, un as des tables tournantes aux États-Unis. « Je vivais encore chez ma maman, quand la ligne a sonné. La personne au bout du fil me dit : ‘’Hi it’s Q !’’ J’étais sans mots ! Je lui demande comment il a trouvé mon numéro. Il me répond : ‘’I just heard of you…’’ Et il m’explique qu’il est en train de produire un DVD d’apprentissage des techniques de scratchs et qu’il cherche des jeunes DJs [pour y participer]. Il me demande de scratcher au téléphone pour lui, juste pour voir si je passe le test. Et il termine en me disant : ‘’Ok, c’est parfait. Envoie-moi une vidéo et je vais la mettre sur le DVD !’’ »

La DJ a ensuite partagé la scène avec QBert à quelques reprises, notamment aux côtés de MixMasterMike (une autre légende du turntablism) durant la compétition de sports extrêmes des X Games il y a quelques années.

Au niveau local, c’est toutefois sa rencontre avec un autre artiste de renom qui a été marquante à ses débuts : celle de Robert Lepage. Le metteur en scène a fait appel à Killa-Jewel dans les années 2000 pour ses pièces Zulu Time et The Busker’s Opera, des expériences qui dépassent largement le cadre de la musique.

« Quand tu travailles avec Robert, tu dois t’attendre à ce qu’il utilise les talents de tout le monde pour différentes choses. Pour The Busker’s Opera, par exemple, je me suis retrouvé à chanter de l’opéra, à interpréter un rôle, à jouer du piano et à scratcher. Ça a été une occasion en or pour moi […] Et maintenant quand je suis sur scène, j’essaie de penser ‘’out of the box’’ comme peut le faire Robert. Je m’arrange pour rendre mes spectacles les plus dynamiques possibles. Je fais du live looping, je chante, je joue du piano, je scratche… C’est un one-woman-show. »

Cette expérience avec Lepage lui a aussi permis de découvrir le monde. Paru en 2014, son premier album Saudade est le fruit d’une quête de vinyles qu’elle a réalisée en grande partie durant ses tournées théâtrales. « Saudade, ce sont les sons que j’ai trouvés en cours de route. C’est un carnet de voyage. Le problème, c’est qu’il y avait trop de samples et que je n’ai jamais eu le budget pour payer tout ça », dit-elle, évoquant une sortie indépendante limitée, essentiellement concentrée sur son site web et Bandcamp. « Ça été une importante expérience d’apprentissage. »

L’apprentissage s’est poursuivi dans les dernières années. Killa-Jewel a troqué le MPC-2000 et l’échantillonnage contre le logiciel Ableton Live et la composition. « Le son de mes productions est devenu vraiment plus électronique. Ça a carrément changé mon style. »

Révélé sur Reckless, ce changement de style se confirme sur Sagittarius. Et ce nouveau souffle musical concorde avec un nouveau souffle dans sa carrière, autant symbolisé par sa signature avec Hydrophonik que par sa participation à La fin des faibles – dont la deuxième saison a d’ailleurs été récemment confirmée.

« Quand la pandémie a commencé, je me suis mis à passer le plus de temps possible en studio pour vraiment peaufiner ma production. Je me suis mis à magasiner des labels et, entre-temps, j’ai eu l’appel d’Urbania [producteur de La fin des faibles]. Ça a été un momentum extraordinaire, vraiment inattendu. Je suis très chanceuse. »

Mais ce n’est pas juste une question de chance. Le Sagittaire est réputé pour sa grande débrouillardise.