C’est l’une des surprises discographiques québécoises de 2019, et possiblement le meilleur album en carrière de Diane Tell. Paru en octobre dernier, Haïku fut enregistré en France et au Québec sous la direction artistique partagée de Tell et… de Fred Fortin, qui lui a également composé trois chansons inédites. Voici le récit d’un étonnant partenariat.

Diane Tell, Fred Fortin, HaikuFred Fortin l’avoue sans gêne, jamais dans sa vie il n’avait imaginé un jour réaliser un album de Diane Tell. « C’est fou pareil! Une fois l’album terminé, je me suis mis à réécouter des disques de Diane, quelques-uns que j’avais trouvés en vinyle. Ça m’a alors frappé, me suis dit : Ben voyons donc… Comme quoi y’a rien d’impossible dans ce métier-là. »

« C’est vrai que sur papier, une collaboration Fred Fortin – Diane Tell, c’est un truc improbable », reconnaît aussi Diane, rejointe chez elle, dans les montagnes suisses. « Les gens à qui j’en ai parlé m’ont dit : C’est bien bizarre! Et beaucoup de gens se demandaient aussi pourquoi il venait à moi. Or, pourtant, on a plein de choses en commun, plus qu’on l’imagine. Qu’importe le style de musique ou nos carrières, nous sommes tous deux auteurs-compositeurs, on aime aussi travailler en gang et se mélanger. »

« ‘Faut simplement le faire pour les bonnes raisons et pour avoir du fun, abonde Fred Fortin, attrapé en pleine tournée de son album Microdose. C’est juste que, artistiquement, Diane, c’était un match peut-être improbable ? J’avais peur d’y aller. Ce sont les gars qui m’y ont poussé, « ‘Faut que tu le fasses, Fred! » Mes chums m’ont ben crinqué. »

La graine de cette collaboration entre nos deux illustres auteurs-compositeurs fut plantée il y a deux ans par Louis-Jean Cormier, à l’occasion de l’enregistrement d’un épisode de l’émission Microphone qu’il animait. Ils ont passé la journée ensemble à discuter « et avoir ben du fun », assure Fred. Peu après cette rencontre, Diane Tell l’a contacté pour lui demander d’assurer la réalisation de son prochain album. « Ça a pris du temps parce que je n’en avais pas, de temps. Elle a insisté un peu. Je lui ai dit : Regarde, je vais voir si je ne peux pas me libérer avec les gars pour passer un cinq-six jours ensemble et taponner les tounes. »

 « On essaie et hop!, on découvre quelque chose de nouveau. C’est très inspirant ça. », Diane Tell

La belle expérience de studio! Ça donne quoi, enfermer Fortin et Tell pendant six jours de temps? Un disque épatant, où l’un élargit son horizon musical, où l’autre accepte de se remettre en danger. « Comme disent les Américains : push the envelope!, commente Diane Tell. Aller toujours plus loin, de manière toujours plus engageante, la musique, les textes, l’orchestration. Parce que je suis productrice : c’est aussi mon travail de voir comment y parvenir, c’est ce qui m’amène là où je n’étais jamais allée » grâce à Fred et sa gang constituée d’Olivier Langevin et Joe Grass aux guitares, de François Lafontaine aux claviers et de Samuel Joly à la batterie.

Selon Diane Tell, « beaucoup d’artistes de ma génération vont réessayer de refaire ce qu’ils ont déjà fait dans leur prime jeunesse. Là, on a travaillé en totale liberté, avec l’envie d’essayer des choses. Quand on veut faire quelque chose de nouveau, il faut changer un peu les ingrédients. On essaie et hop!, on découvre quelque chose de nouveau. C’est très inspirant ça, et c’est pour ça que j’ai contacté Fred. »

Ce qui est particulier de cette collaboration, c’est qu’elle ne concerne pas directement l’écriture des chansons; Fred lui en a offert trois de son côté, alors que Diane avait déjà l’essentiel de cet album coécrit avec le poète Alain Dessureault, l’auteur-compositeur-interprète Serge « Farley » Fortin et l’écrivain Slobodan Despot. La collaboration se trouve essentiellement sur le plan de la direction artistique – le son, l’intention, les orchestrations, qui constituent en effet une forme d’écriture musicale.

Ainsi, le mandat devait se limiter à la réalisation, « mais je m’étais mis dans l’esprit d’essayer d’écrire des tounes pour Diane – à partir des souvenirs assez flous de ce que c’était du Diane Tell parce que j’étais jeune lorsque j’ai connu son travail, explique Fortin. Je n’avais que des références floues de son vieux stock, de ses rythmes bossa-nova », l’inspiration de sa chanson Vie qui ouvre l’album.

Une chanson fameuse, puisqu’on n’y reconnaît pas directement la griffe de Fortin : « J’ai eu vraiment du fun à faire une toune comme ça, qui a même ensuite un peu enligné mes propres affaires », dit-il en faisant référence aux chansons Microdose et Électricité de son récent album, aux influences rythmiques latines/brésiliennes. Ailleurs, c’est Diane Tell elle-même qui pousse l’enveloppe, par exemple sur la longue Spoiler : « C’est Diane qui est arrivée avec la maquette et le beat électronique, la chanson était déjà assez pétée. Nous, on a suivi dans cette vibe-là et jamais elle a pesé sur le break! »

Quant aux deux autres, Chat et Catastrophe, elles portent indéniablement la signature Fortin, dans le texte autant que dans le style mélodique. « Comme vous le savez, il a aussi enregistré la chanson Chat pour son propre album, mais en changeant le titre. Et j’ai trouvé ça fascinant, d’abord parce que nos albums se sont suivis, le mien d’abord, le sien ensuite. Ce qui est extraordinaire, c’est d’écouter la différence entre nos versions. Elles sont presque méconnaissables, et c’est dans cet exemple qu’on voit que, même si la composition est la même, on parvient à reconnaître une signature propre à l’artiste qui l’interprète. »

Candide, Fred révèle ne pas trop savoir pourquoi Diane lui avait confié ce mandat. « J’ose croire qu’elle aimait ce que je faisais. Y’a quelque chose d’assez brut et direct dans ma manière d’approcher ce travail. Puis, j’arrivais avec mon entourage, aussi : je travaille avec du bon monde, y’a de quoi de stimulant là-dedans. C’est trouver le plaisir absolu dans la musique et la faire sans concessions, et je ne crois pas que Diane ait été quelqu’un qui a fait des concessions dans sa carrière. »



Ce n’est pas tous les jours que l’on vous remercie publiquement devant les 22 millions d’abonnés de la page Facebook de Céline Dion, et c’est exactement ce qui est arrivé à Liz Rodrigues, une auteure-compositrice professionnelle de longue date.

« Quel bonheur de rencontrer la talentueuse Liz Rodrigues lors de mon spectacle de samedi dernier. Elle a coécrit “Courage”, “Flying on My Own” et plusieurs autres chansons pour moi. Merci Liz ! — Céline xx… », pouvait-on lire dans la publication du 27 mai où on voyait les deux femmes.

Rodrigues a coécrit six des chansons de Courage, le plus récent album de Céline, en compagnie de divers collaborateurs, soit les deux mentionnées sur Facebook ainsi que « Say Yes », « Nobody’s Watching », « How Did You Get Here » et « The Chase ». C’est en 2008 qu’elle a réussi à « placer » une de ses chansons dans le répertoire de Céline Dion — sur My Love: The Essential Collection —, et elle a rencontré « très brièvement » la vedette à plusieurs reprises, mais sans jamais avoir le courage d’avoir une véritable conversation avec elle.

Lorsqu’elle raconte sa rencontre avec la chanteuse peu de temps avant qu’elle mette fin à sa résidence de 16 ans au Caesar’s Palace, Rodrigues — une « fan obsédée » depuis la parution de Unison en 1990, le neuvième album de Dion et son premier en anglais — elle dit « je m’étais promis de ne pas m’effondrer. J’avais plein de choses à lui dire, mais dès qu’elle m’a salué, qu’elle a pris ma main et qu’elle m’a dit de belles choses, j’étais comme [elle baragouine]. Je ne sais même pas ce que j’ai dit. J’étais sans mot », dit-elle en riant.

Enfant, la torontoise tentait d’imiter Dion note pour note. Ses premiers pas sur scène ont été des interprétations de Céline devant les membres de son entourage de la communauté portugaise. Elle a également été très inspirée par le chant très émotif de la chanteuse fado Amália Rodrigues dont elle a également interprété les chansons. « J’ai toujours été attirée par ce style musical et je tente d’écrire dans cette veine », affirme-t-elle.

À peine deux ans après avoir écrit « There Comes a Time » pour Dion, Rodrigues écrit trois pièces hip-hop pour l’album Recovery d’Eminem qui s’est rendu au sommet du palmarès Billboard, « Won’t Back Down », « 25 To Life » et « Almost Famous » et plus de prêter sa voix aux deux dernières. Elles ont toutes été coécrites avec ses compatriotes Erik et Chin Injeti ainsi que DJ Khalil qui, tous ensemble, formaient le groupe The New Royales.

« C’est possible d’écrire des chansons émotives bien senties pour Céline, car elle les interprète de manière incroyable. »

Bien qu’elle blague — à moitié — lorsqu’elle se dit toujours prête à écrire une ballade pour Céline, elle affirme que ce n’est pas plus difficile ou différent que d’écrire pour Eminem. « Ce n’est vraiment pas différent », affirme Rodrigues qui s’inspire d’émotions lorsque vient le temps d’écrire une ballade tandis qu’elle cherche plus à raconter une histoire lorsqu’elle écrit du hip-hop. « Je pense que nous sommes tous plus qu’une personne. Nous vivons tous des expériences différentes à différents moments de notre vie. »

C’est cette approche et cette polyvalence qui ont permis à l’auteure-compositrice sous contrat chez Universal Music Publishing Group de coécrire des chansons pour des artistes aussi variés que P!nk et Pitbull, sans compter plusieurs autres pièces pour Eminem au cours des dix dernières années, dont la plus récente est une autre collaboration avec Alcock, Injeti et Khalil, « Castle », que l’on peut entendre sur l’album Revival (2017) du rappeur.

Ce sont néanmoins les chansons pour Dion qui lui coulent naturellement dans les veines. La première, celle qui l’a lancée — « There Comes a Time » —, lui est venue alors qu’elle poursuivait sa propre carrière d’interprète. C’est Dan Hill qui lui a présenté l’auteur-compositeur suédois Jörgen Elofsson (Westlife, Britney Spears) qui a lui-même co-écrit la chanson « I Believe In You » pour Céline Dion et Il Divo. Quant à Hill il a co-écrit et coproduit la pièce « Seduces Me » que l’on peut entendre sur l’album Falling Into You (1996) qui s’est écoulé à plus de 32 millions d’exemplaires.

« J’ai toujours aimé écrire même si je me cherchais en tant qu’interprète à cette époque », affirme Rodrigues. « Je m’étais rendue à Stockholm à quelques reprises et lorsque nous avons entendu dire que Céline était à la recherche de chansons, nous nous sommes mis à écrire pour elle spécifiquement. C’est possible d’écrire des chansons émotives bien senties pour Céline, car elle les interprète de manière incroyable. C’est pour ça quelle touche autant les gens. »

Il faudrait vivre dans une caverne pour ne pas savoir qu’elle a souffert de manière extraordinaire en 2016 lorsque son mari et imprésario René Angélil et son frère Daniel sont morts à quelques jours d’intervalle, et les paroles de plusieurs des six chansons coécrites par Rodrigues en sont le reflet.

« Courage », qu’elle a coécrite avec Stephan Moccio et Alcock, s’ouvre sur ces paroles :

I would be lying if I said “I’m fine” / I think of you at least a hundred times / ’Cause in the echo of my voice I hear your words / Just like you’re there/I still come home from a long day/So much to talk about, so much to say / I love to think that we’re still making plans / In conversations that’ll never end/Courage, don’t you dare fail me now / I need you to keep away the doubts / I’m staring in the face of something new . . . (librement : je mentirais si je te disais que je vais bien/ je pense à toi des centaines de fois/ car dans l’écho de ma voix j’entends tes mots/ comme si tu étais juste là/ j’ai toujours plein de choses à te raconter quand je rentre à la maison après une longue journée/ je me plais à imaginer que nous avons encore des plans/ et des conversations sans fin/ courage, ne m’abandonne pas maintenant/ j’ai besoin de toi pour garder les doutes loin de moi/ je dois affronter quelque chose de nouveau)

« On a écrit ça avec Céline en tête à 100 % », dit Rodrigues. « On était dans la salle de piano de Stephan et les lumières étaient tamisées et on a tout fait pour écrire une chanson à laquelle elle s’identifie et qu’elle a envie de chanter. On s’est donné comme mission d’aller le plus loin possible dans l’émotion. On s’est demandé ce qu’une personne a besoin d’entendre pour trouver le courage de continuer. »

Il en va de même pour « Flying On My Own » (coécrite en compagnie de Elofsson et Anton « Hybrid » Mårtensson) et « Say Yes » (coécrite avec Elofsson il y a plusieurs années), deux chansons qui parlent d’être « ok », célibataire et prête à retourner dans le monde, tandis que la deuxième va plus loin et parle de vouloir revivre une histoire d’amour, mais de s’en empêcher. « The Chase », coécrite avec les Torontois Craig McConnell et Jessica Mitchell, parle de laisser tomber sa garde.

« C’est difficile de voir les choses de leur perspective », admet Rodrigues. « On peut faire des suppositions puis les mettre en corrélation avec d’autres histoires de votre passé ou de votre présent. Tout est une question de trouver un concept pertinent. »

Quant à « Nobody’s Watching », une autre collaboration avec Elofsson, c’est un « slow » qui aurait tout aussi bien pu se retrouver sur un album de Camila Cabello. « Même moi je trouvais que celle-là était un peu plus “champ gauche”. Je ne pensais pas que cette chanson serait retenue. On a tous été surpris. Je suis contente qu’elle ait pu s’amuser avec cette chanson. »

Céline Dion était récemment de passage à Toronto pour donner deux spectacles au Scotiabank Arena. Ce fut pour Rodrigues la chance d’entendre Céline chanter « Courage » dans sa ville natale et de la rencontrer de nouveau.

« On s’est vu rapidement dans les coulisses juste avant le spectacle. On s’est dit quelques mots et fait un câlin. Je ne me suis pas effondrée, cette fois-ci. Elle a été gracieuse, comme toujours. »



Gillian Smith avait neuf ans quand un professeur de musique s’est présenté dans son école à Halifax pour jouer du violon devant les élèves. Ce fut un vrai coup de foudre.  « J’adorais le son de l’instrument et je voulais apprendre à en jouer le plus vite possible », se souvient-elle. Au cours des années suivantes, elle s’est passionnée pour cet instrument et a appris à aimer les œuvres des compositeurs contemporains par la même occasion.

Si bien que lorsqu’est venu le moment de concevoir son premier album, elle savait à qui s’adresser.  « Je savais que je voulais un album de musique pour violon seul », raconte-t-elle en évoquant la longue histoire de la musique de violon depuis les puissantes compositions de Jean-Sébastien Bach.  Mais elle savait également qu’elle tenait à exécuter des œuvres contemporaines composées par des femmes, un groupe sous-représenté dans le répertoire de la musique classique.

Cela a donné Into the Stone, un album de musiques de cinq compositrices canadiennes dont toutes, sauf une, sont membres de la SOCAN : Ana Sokolović, Alice Ping Yee Ho, Veronika Krausas, Katie Agócs (BMI) et Chantale Laplante. Enregistré à la First Baptist Church de Halifax avec le concours financier de FACTOR, l’album est sorti sous l’étiquette Leaf Music du réalisateur et ingénieur du son Jeremy VanSlyke, qui en a également assuré le matriçage.

« Les pièces présentées sur l’album sont toutes extraordinaires », explique Gillian Smith.  « Chacune se caractérise par une histoire spécifique et dramatique déclinée dans une un éventail éblouissant de couleurs, de textures et de timbres. Ce sont toutes des pièces qui m’attiraient et qui constituent de petits univers sonores. » Le titre de l’album est celui de l’œuvre de Veronika Krausas, lequel s’inspirait d’un vers de la poétesse canadienne Gwendolyn MacEwen dans lequel elle pose la question : « Qu’est-ce qui vit à l’intérieur de la pierre ? Des miracles, une étrange lumière. »

« Ma première priorité comme violoniste est de servir la compositrice en rendant exactement ce qu’elle a couché sur la page. »

« Je dirais que chaque pièce de l’album est enracinée dans une tradition d’interprétation au violon – sans trop nous en éloigner – mais qu’elle pousse également plus loin les possibilités de l’instrument », explique la violoniste en décrivant la gamme de sons de la musique de violon contemporaine, laquelle s’enrichit grâce à des choses comme le fait de jouer tout près du chevalet ou de pincer les cordes. Elle se délecte également dans la polyphonie musicale qui résulte de la multiplication des voix exprimées par un seul et même instrument.

En créant l’album, l’artiste explique qu’elle a tout fait pour rendre justice à la version originale de la musique de chaque compositrice tout en apposant sa signature personnelle à l’œuvre. « Ma première priorité comme violoniste est de servir la compositrice en rendant exactement ce qu’elle a couché sur la page », explique-t-elle. « Quant au reste, c’est une question d’imaginer le son que tu veux projeter et de le rendre vivant. »

Qu’est-ce qui vit à l’intérieur de la pierre ? Cinq pièces musicales.
Inside the Stone de Veronika Krausas
Cinque danze per violino solo d’Ana Sokolović
Caprice d’Alice Ping Yee Ho
Versprechen de Kati Agócs
Le ciel doit être proche de Chantal Laplante

Elle est entrée en contact avec chacune des compositrices dès le début du processus de la création de l’album et a appris à les connaître un peu mieux dans les mois qui ont suivi. Et lors du lancement de l’album au Studio Glenn Gould de Toronto en octobre 2019, une de ses compositrices,  Alice Ping Yee Ho, s’est jointe à elle sur scène pour discuter de Caprice, une pièce qui exige autant d’habileté technique que de musicalité.

La violoniste, qui détient des diplômes d’exécution au violon de la Eastman School of Music et du Conservatoire de musique de San Francisco ainsi qu’un diplôme de Doctor of Musical Arts de l’Université du Minnesota, se dit ravie de la chance qu’elle a de contribuer à l’élargissement du public de la musique classique canadienne contemporaine. En janvier 2020, elle exécutera quelques passages de son album dans le cadre d’un concert de l’Université Acadia, ou elle enseigne à temps partiel, et d’autres concerts sont prévus.

« La musique qui s’écrit aujourd’hui me passionne au plus haut point », explique Gillian Smith. « L’exploration de ce répertoire m’enthousiasme, et je tiens à exécuter  cette musique autant que je peux. »