Plusieurs générations d’acteur·rice·s du milieu musical se sont retrouvées pour la 10e édition du Sommet musique et technologie de l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM), le 12 mars dernier, au Centre PHI à Montréal. Artistes, éditeur·rice·s, gestionnaires et créateur·rice·s de contenu occupaient la même salle, avec un sujet commun en toile de fond : la place grandissante de l’intelligence artificielle (IA) dans la création musicale.

La journée s’est ouverte avec une présentation de la juriste Caroline Jonnaert sur les enjeux juridiques liés à l’IA et au droit d’auteur. Deux discussions ont ensuite réuni artistes, directions de label, créateur·rice·s de contenu et médias culturels afin d’aborder les impacts de l’IA sur la création, puis les stratégies de développement d’audience à l’ère numérique.

Au fil des conversations, plusieurs intervenant·e·s ont soulevé des zones grises dans l’encadrement de ces nouvelles technologies. « Il manque un peu d’aide et de transparence pour s’assurer que la musique qu’on déclare soit humaine. Et le fait que la responsabilité repose sur les individus dédouane… », a notamment souligné Odette Lindsay, directrice du droit d’auteur chez Red Brick Songs.

Malgré les inquiétudes, certain·e·s y voient aussi un rappel de ce qui distingue la création humaine. « Dans le bruit et dans le chaos, ce qui ressort, c’est le vrai. Alors je crois que les artistes vont ressortir. L’IA ne sera jamais capable d’offrir une vraie personne à qui le public peut s’attacher », a ajouté Alexan Artun, président du label Rosemarie Records.

Au fil des échanges, le Sommet rappelait surtout l’importance de créer des espaces pour discuter collectivement de ces transformations. Si l’IA redéfinit déjà certains contours de la création musicale, elle invite aussi l’industrie à clarifier ses repères — juridiques, économiques et artistiques — afin que la technologie demeure un outil au service de la musique.

Cette conversation se poursuit d’ailleurs également en dehors du Sommet. Cette semaine se conclut la campagne de lettres de la SOCAN demandant au gouvernement canadien d’agir pour mettre en place un cadre clair protégeant les artistes et leurs œuvres face à l’utilisation de la musique pour entraîner des modèles d’IA. Plus de 8600 lettres seront envoyées à des représentant·e·s politiques pour rappeler l’urgence d’encadrer ces pratiques et de mieux protéger la création musicale. Pour ajouter votre voix à la démarche, cliquez ici.