Tate McRae a été la grande gagnante de l’édition 2026 des JUNOs qui étaient présentés les 28 et 29 mars à Hamilton, Ontario, en remportant un total de quatre trophées : Simple de l’année pour « Sports Car », Album de l’année et Album pop de l’année, tous deux pour So Close to What, ainsi que celui d’Artiste de l’année. The Beaches ont remporté deux prix, soit Groupe de l’année et Album rock de l’année pour No Hard Feelings, tout comme Aysanabee, dont Edge of the Earth a été récompensé à la fois dans les catégories Album autochtone contemporain et Album alternatif de l’année. Joni Mitchell a bien sûr reçu le Prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière.
En plus de remporter le prix de l’Auteur-compositeur de l’année, présenté par la SOCAN, Daniel Caesar a également reçu le prix de l’Enregistrement R&B contemporain de l’année pour Son of Spergy, ainsi que le prix de la Réussite internationale. Tobias Jesso Jr. a remporté le prix de l’Auteur-compositeur de l’année — non-interprète, également décerné par la SOCAN. Ces prix leur ont été remis par le chef des services aux membres de la SOCAN, Cameron Kennedy, et notre chef de la direction, Jennifer Brown. Amy Brandon a remporté le prix de la Composition classique de l’année, pour Cloud Path.
C’est Lou-Adriane Cassidy qui a remporté le prix de l’Album francophone de l’année pour Journal d’un loup-garou. Índole, d’Alex Cuba, a décroché le tout premier JUNO de l’Enregistrement de musique latine de l’année, tandis que P-POP CULTURE, de Karan Aujla et IKKY, a remporté le deuxième JUNO de l’Enregistrement de musique sud-asiatique de l’année. Pour consulter la liste complète des lauréat·e·s des JUNOs 2026, cliquez ici.
La SOCAN était sur place dans la salle de presse, où la plupart des lauréats et lauréates se rendent après avoir reçu leur prix pour répondre aux questions des journalistes et créateurs de contenu couvrant l’industrie de la musique. Voici ce quelques citations recueillies durant la soirée…
- Debby Friday : « Au final, c’est la reconnaissance qui compte vraiment, la reconnaissance de ton industrie, quand tu sens que les gens entendent ce que tu fais, qu’ils écoutent et t’accordes leur attention. » Photo: Marie-Michèle Bouchard
- Cameron Whitcomb : « Chaque fois que je reçois quelque chose comme ça, quelque chose de concret, ça vient vraiment ancrer dans ma tête que ce que je fais est bien réel… Mon premier disque d’or, un prix de la CCMA, et maintenant un JUNO, ça rend tout ça très réel. Et c’est incroyable, c’est un sentiment vraiment formidable! » Photo : CARAS/Ryan Bolton
- Sarah McLachlan, à propos du fait de gagner un nouveau prix JUNO et si elle ressent la même chose après en avoir remporté tant d’autres : « D’une certaine façon, oui. Des choses comme ça, on ne s’y attend pas nécessairement. Il y a toujours un peu de fébrilité, on se demande si ça va arriver ou non… Je ne savais même pas si j’allais faire un autre album, alors, maintenant qu’il est là, et j’en suis incroyablement fière – j’adore cet album – et qu’on le récompense de cette façon dans mon pays, le Canada, c’est quelque chose d’encore plus spécial. » Photo : Marie-Michèle Bouchard
- Billy Talent, à propos de la différence entre un prix pour leur travail humanitaire et un prix pour leur musique : (Ben D’Sa) « C’est différent. La musique n’est pas la seule raison pour laquelle on fait ça. On avait déjà un peu cet esprit-là à l’époque où on a formé le groupe il y a tellement longtemps quand on était au secondaire, et je veux dire avoir cette connexion entre nous pour les mêmes causes et des choses qui nous tiennent vraiment à cœur. Autrement dit, le prix de ce soir, c’est l’aboutissement de tout ça. » Photo : Marie-Michèle Bouchard
- Nelly Furtado sur l’hommage musical dans le cadre de son intronisation au Panthéon de la musique canadienne : « J’ai été super émotive toute la semaine — c’est beaucoup à assimiler. Je suis très humble face à cet honneur. Je me sens profondément reconnaissante et ça me pousse à être introspective. Voir tous ces artistes que j’admire [sur scène durant l’hommage], je criais littéralement de joie! Quand Tanya [Tagaq] est montée sur scène, j’ai été submergée… C’est très surréaliste. » Photo : CARAS/Ryan Bolton
- Allison Russell, à propos de l’hommage rendu à Joni Mitchell : « Pour Joni, revenir chez elle, recevoir ses fleurs ici, à la maison, et entendre un discours aussi sincère de la part du premier ministre, quelqu’un qui soutient, aime et comprend la valeur culturelle de l’art, et celle d’une artiste unique comme on en voit rarement telle que Joni — il y a quelque chose de profondément inspirant et porteur d’espoir là-dedans, pour moi… Il n’y a pas une seule personne dans cette salle qui n’aime pas au moins une chanson de Joni Mitchell. » Photo : CARAS
- SadBoi, à propos de son processus créatif : « J’écris ma musique dans ma salle de bain. C’est un peu bizarre. Je prends un verre de vin, je fais jouer de la musique à fond sur mon haut-parleur, et je me laisse porter par le rythme. Ce qui compte le plus pour moi, c’est de créer des hymnes pour les filles. Quand j’écris, c’est un peu comme des affirmations que je me fais à moi-même. Je n’écris pas en me disant : “je me sens comme une baddie.” Je veux me sentir comme une baddie, donc j’ai besoin d’écrire quelque chose qui va me procurer cette énergie. » Photo : Marie-Michèle Bouchard
- Mariel Buckley, à propos du fait de transformer la tristesse en chansons marquantes comme Vending Machines : « J’ai écrit cette chanson après ma première tournée en tête d’affiche en Ontario, et personne n’est venu m’entendre. J’ai perdu beaucoup d’argent, puis je suis rentrée [à Edmonton] et j’ai mis fin à une longue relation. J’étais dans un état où je ne savais plus si je pouvais continuer à faire de la musique… ma mère s’inquiétait pour moi [en disant] “Elle approche des 35 ans”… Et maintenant, je suis ici, et ma mère est là ce soir, et c’est vraiment spécial. » Photo : CARAS
- Bahamas, à propos de l’équilibre entre tristesse et ironie : « Je pense que, pour le meilleur ou pour le pire, je dois simplement rire des choses les plus “dark”. C’est comme ça que je m’en suis sorti, aussi loin que je me souvienne. Je vais vous épargner les détails tristes… Ce sont souvent ce genre de chansons qui m’attirent, celles qui contiennent un peu des deux. » Photo : CARAS
- TOBi, sur ce qu’il a ressenti quand il a entendu les voix de Jully Black et Saukrates se mêler à la sienne sur Who’s Driving You? : « Je suis quelqu’un de très spirituel, je ressens beaucoup les énergies. Il y a quelque chose dans le fait d’entendre ces différentes voix sur une chanson — ça l’immortalise, je crois. C’est comme ça que ça va rester, pour toujours. Il y a une vraie force dans ces voix qui s’harmonisent, qui s’enchaînent. Sauks a un baryton incroyable, et la voix de Jully est tellement puissante… les entendre ensemble, ça m’a donné des frissons. » Photo : Marie-Michèle Bouchard
- Maestro Fresh Wes, à propos du fait d’être un artiste hip-hop qui réalise un album pour enfants : « J’essaie d’être le Raffi noir! On a grandi en regardant Fat Albert et The Flintstones, des émissions qui n’étaient pas trop cérébrales pour les jeunes enfants, ni trop “animées” pour les parents. J’essaie de trouver un juste milieu. C’étaient mes points de référence. » Photo : Marie-Michèle Bouchard
- Aysanabee, à propos des tournées : « Chaque endroit est différent, chaque endroit est imprévisible. Je suis allé à Taïwan pour la première fois l’an dernier, et j’y ai tourné… La moitié du temps, je l’ai passée avec la population autochtone locale… Je me souviens d’un aîné à Taïwan, il s’est mis à jouer une chanson traditionnelle au tambour, et c’était tellement similaire aux chansons traditionnelles qu’on a ici. Et j’étais dans une école autochtone pour filles, dans les montagnes de Taïwan, et elles me montraient une danse, et c’était essentiellement une danse en cercle, comme celles qu’on a ici… Et pourtant, on parle d’un endroit et d’une culture à l’autre bout du monde. » Photo : Marie-Michèle Bouchard
- The Beaches, à propos de la façon dont elles préservent leur identité à mesure qu’elles évoluent : (Eilza Enman McDaniel) « Je pense que notre plus grande force c’est vraiment qu’on est toutes de véritables meilleures amies. Ce que vous voyez ici, c’est aussi vrai que possible, aussi authentique que possible. C’est très important pour nous d’être là les unes pour les autres, de se garder en équilibre. » Photo : CARAS
- RUSH, à propos de leur collaboration avec la batteuse Anika Nilles après le décès de Neil Peart : (Geddy Lee) « Neil est irremplaçable. S’il avait quelque chose à nous dire en ce moment, il dirait probablement : “Vous êtes des idiots!” Mais la musique survit à la tragédie, elle dépasse tout ce qui peut arriver dans une vie. Une chose qu’on a apprise au cours des dix dernières années, c’est que cette [vieille] musique fait toujours partie de nous. Alors, la jouer aujourd’hui, avec quelqu’un d’aussi jeune et inspirante qu’Anika, c’est une autre façon de lui rendre hommage. Je pense qu’il serait très satisfait de notre choix de batteuse, et qu’il aurait un petit sourire en coin. » Photo : CARAS
- Mae Martin, à propos de ses chansons canadiennes préférées : « Entendre des chansons autour d’un feu de camp, ça marque pour toujours, ces chansons restent avec toi pour une raison ou une autre. The Tragically Hip, au camp, c’était énorme. “Wheat Kings”, cette chanson-là. J’ai vu Alanis Morissette quand j’avais treize ans. Ça m’a renversée ; c’était presque religieux ; c’est comme ça que je l’ai vécu. J’adore The Moffats, vous vous souvenez d’eux? » Photo : CARAS/Ryan Bolton