NAP EYES

Ne vous laissez pas berner par le nom. Si on se fie à la prolificité de ce groupe d’amis au cours des quelques dernières années, on pourrait plutôt croire qu’ils ne dorment jamais. Originaire d’Halifax, le groupe Nap Eyes a lancé une pléthore d’exemples probants de leur très agréable indie rock teinté de soul.

Inspirés par des héros tels que Lou Reed et Jonathan Richman et empreints de la joie de vivre et l’insouciance de leurs racines musicales, les quatre membres du groupe (Nigel Chapman, Seamus Dalton, Josh Salter et Brad « Bronson » Loughead) n’ont cessé de croître en popularité depuis leurs débuts en 2014.

Tous les quatre sont des membres très actifs de la scène musicale haligonienne?; d’ailleurs deux d’entre eux font également partie de deux autres groupes locaux, Monomyth et Each Other. Leur plus récent album, Thought Rock Fish Scale, lancé en 2016, leur a valu des critiques dithyrambiques tant localement qu’à l’international, notamment par des publications influentes telles que Pitchfork, MOJO, SPIN et The Fader, en plus de leur avoir permis de se retrouver sur la longue liste du Prix Polaris 2016.

Guerriers infatigables, ils sont en tournée tout l’été et pour tout l’automne à venir, se donnant en spectacle en salle et dans de nombreux festivals partout en Amérique du Nord et en Europe. « Les derniers mois ont été incroyablement occupés », explique le chanteur Nigel Chapman. « Mais nous avons très hâte de reprendre la route. » Pas le temps de faire de sieste avec Nap Eyes?!

LITTLE SCREAM

Née en Iowa, mais désormais établie à Montréal, Little Scream (Laurel Sprengelmeyer) fait des vagues dans le monde de la pop. Son plus récent album intitulé Cult Following a été lancé cette année par Dine Alone Records (Merge Records aux États-Unis).

Un rapide coup d’œil à la liste des collaborateurs de l’album se révèle être un florilège de certains des musiciens et auteurs-compositeurs les plus recherchés de l’heure. Y figurent de noms tels que Mary Margaret O’Hara, Sufjan Stevens, Sharon Van Etten, Bryce Dessner (The National), Owen Pallett et Kyp Malone, entre autres. Mais ne vous méprenez pas : c’est bel et bien elle qui fait l’objet d’un « culte ». La voix et les chansons de Little Scream frappent de plein fouet et sont soutenues par une riche palette sonore créée par elle même et son partenaire créatif, Richard Reed Parry d’Arcade Fire.

Le monde, vraisemblablement, sera bientôt à ses pieds. Au cours de la dernière année, elle est partie en tournée à travers l’Amérique du Nord en compagnie de groupes tels que Arcade Fire, Operators et Land of Talk, et elle a notamment donné des prestations très remarquées au WayHome Festival tout en faisant l’objet d’éloges de la part de Pitchfork, Exclaim, NOW, et du Globe and Mail, entre autres. « Ce que j’ai le plus aimé, c’est l’incroyable variété de spectacles que j’ai donnés », confie Little Scream. « … faire la première partie d’Arcade Fire à Barcelone, chanter à l’ambassade américaine à Londres, jouer dans de petits clubs un peu partout au Royaume-Uni?; chaque soir était différent et a fait de cette tournée une véritable aventure. » Vous pourrez l’attraper au vol lors de sa tournée nord-américaine cet automne.

FEATURETTE

Featurette est un duo synth pop composé de la chanteuse Lexie Jay et du percussionniste Jon Fedorsen. Ce duo torontois se décrit ainsi : « Une rencontre entre Phantogram et Tove Lo avec Deadmau5 comme producteur. »

Les jeunes créateurs ont pu lancer un premier EP en deux volumes, intitulé CRAVE, grâce à une subvention FACTOR. Réalisé par Josh Sadlier-Brown et Marc Koecher (Jully Black, John Legend, Gogol Bordello), les chansons électro-pop à la facture très européenne ont attiré l’attention de la station torontoise Edge 102.1, et son animateur Alan Cross les a incluses à sa sélection « Songs You Must Hear ». Depuis, Featurette a été encensé par de nombreux blogues et autres publications musicales telles que Bullett Media, Noise Porn, Audio Fuzz, Silent Shout et Exclaim, pour ne nommer que celles-là.

Au moment d’écrire ces lignes, la paire était en direction de Los Angeles pour quelques séances d’écriture. On risque d’entendre beaucoup parler de Featurette au cours des mois à venir, notamment à cause de leur tournée nord-américaine cet automne.


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Airdrie, en Alberta, est une petite ville de 43?000 âmes au pied des Rocheuses. Art Bergmann habite en périphérie de la ville où il peut à la fois profiter de la majesté de ces Rocheuses et des étendues à perte de vue des prairies. Quoi de plus approprié pour ce marginal qui, depuis 40 ans, a toujours été fidèle à son côté rebelle.

Longtemps considéré comme un des pionniers du punk des années 70 et figure tout aussi marquante du rock alternatif des années 80 et du début des années 90, le plus récent album de Bergmann, The Apostate a des racines dans toutes ces époques, et bien plus encore, et est nul doute un ensemble cohérent de ses meilleures chansons en carrière en plus d’être son premier album en 18 ans. Le fait que son meilleur travail arrive à l’âge de 63 ans en dit long sur un artiste, et Bergmann s’en réjouit, tout comme les critiques, d’ailleurs, ainsi que le jury élargi du Prix Polaris, qui l’a inclus à sa longue liste de finalistes pour 2016.

Et ce ne sont pas que les commentaires acerbes sur des sujets tels que la culture du viol, les abus dont sont victimes les peuples autochtones, l’environnement ou la nature opprimante de la religion qui confèrent tant d’importance à The Apostate. La musique qui porte ces chansons est très éclectique et loin de ses racines « bête noire du punk ». « J’ai commencé à écrire ces chansons immédiatement après avoir complété Songs for the Underclass », raconte Bergmann. « J’étais sur un erre d’aller, j’avais des concepts et des mélodies plein la tête. Je voulais créer un album dont il serait impossible de dire de quelle époque datent ses chansons et de quel genre elles sont, je voulais faire un album intemporel. »

Et The Apostate est exactement cet album. Les textes sont parmi les plus décapants et les plus dystopiens, mais également parmi les plus tendres et les plus choquants que Bergmann ait écrits. Les cages qu’il brasse le sont par un homme qui s’est plongé dans l’histoire, l’anthropologie et la paléontologie dès son arrivée à Airdrie.

De tels propos semblent exiger les sonorités punk explosives de son passé, mais Bergmann fait grimper la donne émotive en juxtaposant ses textes protestataires à des musiques inclusives afin d’aller chercher de nombreux niveaux de lecture dans ses œuvres. Ses sonorités évoquent autant les prairies que le désert : du blues touareg nord-africain, des références percussives pakistanaises et indiennes, les mélopées entraînantes des derviches tourneurs, ainsi que les paysages envoûtants et venteux typiques de l’Americana.

« Je voulais élargir ma palette de sujets pour qu’elle touche à des thèmes plus universels que ceux qui me préoccupaient dans ma jeunesse à Vancouver et Toronto », confie l’artiste. « Je voulais que cette musique soit entendue par le plus grand nombre de gens possible, alors j’ai volontairement coupé dans le côté abrasif pour le remplacer par quelque chose de plus apaisant. “Cassandra” est un excellent exemple?; je l’ai lancée comme simple à la demande insistante de ma femme et de ma sœur. Avec toutes ces histoires de femmes autochtones disparues, nous pensions que le moment était idéal pour la présenter au public. Le fait que son lancement ait été au même moment que le verdict dans le procès de Jian Ghomeshi était un pur hasard, toutefois. J’avais écrit cette chanson trois ans auparavant », explique-t-il au sujet de sa chanson basée sur le mythe de Cassandra, qui a été violée par Apollon afin de détruire sa crédibilité.

« Lorsque je crée une chanson, je me demande toujours “qu’est-ce que ça va prendre pour arriver là où je veux aller avec cette chanson?” »

Art Bergmann se fait très insistant lorsqu’il explique que même si les chansons sur The Apostate partagent certains thèmes et certaines attitudes, chacune d’elles est une œuvre complète et entière avec de nombreuses strates de signification et de suggestion. « Les chansons commencent toutes par des pages et des pages de notes que je peaufine et élague jusqu’à ce que je sois convaincu que j’en suis arrivé à l’essentiel », raconte l’artiste. « Lorsque je crée une chanson, je me demande toujours “qu’est-ce que ça va prendre pour arriver là où je veux aller avec cette chanson??” »

LA chanson de l’album qui vous fera sans doute pleurer est « The Legend of Bobby Bird », l’histoire déchirante d’un jeune autochtone qui a préféré tenter sa chance seul dans la nature, pour finir mort de froid, plutôt que de rester dans un internat. Personne ne l’avait revu depuis 30 ans, mais sa dépouille a finalement été découverte en 2009. « Il y a tant d’enfants qui sont disparus et que l’on n’a jamais revus, des enfants qui ont préféré vivre dans la nature plutôt que de demeurer dans ces prisons », s’indigne Bergmann. « J’ai passé du temps avec la famille de Bobby Bird, je voulais leur permission, car je sais ce qu’est la douleur, et la douleur habite encore cette famille. »

Bergmann dit vrai lorsqu’il parle de douleur : au cours des dernières années, il a souffert d’arthrose sévère et, il y a quatre ans, on a dû l’opérer afin de supporter sa colonne vertébrale à l’aide de titane, faute de quoi il serait devenu paraplégique. Mais ce n’est pas cela qui l’arrêtera de s’en prendre à l’injustice et aux idées reçues.

On en en droit de se demander, quand on s’attarde au choix de titre pour son album, quelles croyances sociales, politiques ou religieuses Bergmann l’Apostat rejette. Il rigole et enchaîne : « je suis un traitre total de toutes les croyances, je rejette essentiellement tout », comme le sous-entend très bien le texte de sa chanson « Atheist Prayer » : « What will it take/ to crush your belief/ in your mistake/ you’re the God you create… » (Librement : Que faudra-t-il/Pour détruire ta croyance/En ta propre erreur/Tu es le dieu que tu crées…)

Bergmann adorerait partir en tournée pour répandre sa bonne parole, mais il doute en être capable. « J’adorerais partir en tournée, mais c’est trop dispendieux pour moi », dit-il. « Je pourrais faire ces chansons en version acoustique, mais le côté explosif et puissant de jouer en groupe me manquerait. J’ai une bonne petite maison de disques, Weewerk, et une bonne présence sur les réseaux sociaux, mais tout semble se résumer à la tournée. J’aimerais pouvoir en faire une avant de passer l’Arme à gauche. On verra. »

Entre temps, il a déjà commencé à travailler sur de nouvelles chansons, trois ou quatre sont déjà dans le pipeline, sans parler d’une tonne d’idées. Il promet déjà que le prochain album sera différent de The Apostate. Avec tant d’énergie créative, peut-il s’imaginer ne plus un jour avoir envie d’écrire des chansons?? « La création musicale va et vient », répond-il. « Comment et pourquoi, c’est un grand mystère. J’ai connu des disettes où l’idée me traversait l’esprit, mais elles ont toujours fini par passer et j’ai recommencé à écrire. La dernière fois que ça m’est arrivé, ce qui m’a sauvé est que les gens s’intéressaient de nouveau à moi, à mes vieilles chansons, et ça m’a donnée le goût de recommencer à créer de nouvelles chansons. »


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Signé sous la prestigieuse étiquette new-yorkaise DFA Records, le duo électro montréalais Essaie pas exacerbe ses démons et ses obsessions nocturnes sur Demain est une autre nuit. Rencontre.

La canicule frappe Montréal depuis quelques jours déjà. Si l’on se fie à l’image qu’ils projettent, Pierre Guerineau et Marie Davidson porteront du noir aujourd’hui, ce qui – rappelons-le – n’a rien de bien rafraîchissant.

À la sortie du métro Laurier, les deux complices sont méconnaissables : Marie a échangé son regard ombrageux pour un sourire désinvolte, et Pierre a tronqué le complet dandy pour un t-shirt bleu.

Bref, on est loin des photos de presse.

Essaie Pas

 

« Je crois qu’il y a un univers similaire entre les mots et les sons de notre musique. C’est probablement pour ça que ça n’a jamais été une barrière pour DFA » – Pierre Guerineau, Essaie pas

« C’est vrai que, généralement, les gens ont des idées préconçues sur nous », admet la chanteuse et claviériste. « On est perçu comme un groupe qui se prend vraiment au sérieux, mais pour vrai, c’est pas calculé de notre part. En dehors de la scène, on aime faire des blagues et faire la fête. Les gens savent que, dans un party, Marie ne va pas être dans le fond du bar à broyer du noir, mais bien en avant, en train de danser. »

« Je pense que c’est l’album qui propose ça, cette espèce d’image lugubre. La prochaine fois, on va dissiper toutes formes de doutes : je vais me mettre en chest sur la pochette, pis il va y avoir des ballons», blague son acolyte, également chanteur et claviériste.

Paru en février dernier, Demain est une autre nuit est « le premier vrai album » du duo selon Pierre, mais « le quatrième effort public » selon Marie. Teinté par les tourments, les obsessions et les démons des deux musiciens, il explore les courants vagues du techno, de la dark wave et de la synth pop, sans toutefois s’y restreindre.

« Pendant la création de l’album, on est passés par des moments pas faciles », confie Pierre, sans en dire plus pour l’instant. « Notre musique en a évidemment été inspirée, mais je crois que tout ça est voué à changer et à évoluer. Ça a toujours été le cas d’ailleurs. »

D’un studio « autogéré et illégal » à DFA

Mélomanes quasi obsessifs, Marie et Pierre se sont rencontrés au défunt studio montréalais La Brique. Jadis s’y étaient également installées des figures marquantes de l’underground montréalais du début de la décennie, telles que Dirty Beaches, Grimes, Sean Nicholas Savage et TOPS.

« Pendant sept ans, j’y allais presque tous les jours », se souvient la chanteuse, encore nostalgique. « C’était un local mythique autogéré et illégal, à la fois une salle de concert et un local de pratique. »

Arrivé à Montréal en 2006, le Breton d’origine Pierre Guerineau y a mis les pieds assez tôt dans son séjour. « Pendant un moment, c’était le seul truc stable dans toutes nos vies », se remémore-t-il. « On changeait souvent d’appartement et de relation, mais on revenait toujours à La Brique. »

C’est par l’entremise d’une amie commune (la chanteuse et productrice Xarah Dion) que les deux musiciens ont appris à se connaître. D’abord un projet rock expérimental (en formule trio avec Simon Delage), Essaie pas a ensuite tergiversé vers l’électro-blues sur Nuit de noce, un troisième EP paru en 2013 sous l’étiquette bruxello-parisienne Teenage Menopause.

Lancé sur son site Bandcamp, le mini-album a attiré l’attention de Kris Peterson, l’une des têtes dirigeantes de DFA Records, label new-yorkais notamment fondé par James Murphy de LCD Sounsystem. « Kris cherchait un groupe local à mettre en première partie de Factory Floor au Belmont », se rappelle Pierre Guerineau. « Le soir même, on n’a pas vraiment eu le temps de discuter avec lui, mais il a acheté une copie de Nuit de noce. »

« Pas longtemps après, il nous a écrit pour nous dire qu’il avait vraiment aimé ça », poursuit Marie Davidson. « Il voulait qu’on lui envoie nos nouvelles chansons une fois qu’elles seraient prêtes.  On a trouvé ça flatteur, mais on n’a pas vraiment pris ça au sérieux. »

« C’est surtout qu’on avait de sérieux doutes… Notre nouveau matériel était très différent de notre précédent », renchérit son collègue. « Mais on s’est quand même décidés à lui envoyer, et il a aimé ça. On a rapidement officialisé le tout. »

Pour un artiste québécois, cette signature a quelque chose d’historique, d’autant plus que le duo chante majoritairement en français. « Jamais Kris n’est venu nous parler de la langue. Il nous a même écrit : ‘’I don’t care!’’», relate la chanteuse, en riant.

« Je crois qu’il y a un univers similaire entre les mots et les sons de notre musique. C’est probablement pour ça que ça n’a jamais été une barrière pour DFA », ajoute Pierre. « Sans comprendre les textes, les gens peuvent en saisir l’atmosphère et le feeling. »

Essaie Pas

Musique pour noctambules

Déclamées avec un ton froid et posé, les paroles du duo vont de pair avec la musique ténébreuse qui les surplombe. Sans être déprimante, l’ambiance générale de Demain est une autre nuit évoque davantage la noirceur que la lumière. « C’est une vibe nocturne, étrange, sensuelle. Ça prend une tout autre dimension quand tu l’écoutes le soir », indique Marie Davidson.

« En spectacle, ça prend une tournure très dansante », ajoute son complice. « On aime à la fois faire danser les gens et leur parler directement. On veut toucher l’individu au sein de la foule. »

Évoquant l’obsession de la nuit, de la fête et de l’amour (ainsi que toutes les dépendances qui viennent avec), les textes ont eu un effet thérapeutique, quasi cathartique, pour le duo. « J’évoque des choses qui ont faites partie de ma vie à une certaine époque », confie Pierre, maintenant âgé de 34 ans. « Au moment où ça m’arrivait, c’était très difficile pour moi d’en parler… »

« Ça parle de notre vie, tout simplement », poursuit Marie, 28 ans. « Ce sont des choses qu’on avait déjà abordées avant, notamment sur une chanson plus humoristique comme Danse sociale. On y met en scène notre scène DIY, celle des partys qui se font buster par la police et des bars illégaux qui s’improvisent, celle des gens qui font de la drogue et qui baisent dans les toilettes. »

Rayonnement à l’international

Évoquant ainsi « la solitude des gens qui s’oublient dans la fête », le duo profite d’un enthousiasme  médiatique bien réel à l’international, comme en témoignent les bonnes critiques qu’il a reçues de la part de The Guardian et Pitchfork.

La tournée qu’il a faite dernièrement lui a confirmé que l’engouement était bien réel. « Il y a plus de gens qui nous attendaient que d’habitude », observe la chanteuse. « Pour un groupe pointu comme nous, c’est déjà bien de pouvoir remplir des petites salles, autant ici qu’en Europe ou aux États-Unis. »

Nommé sur la longue liste du Polaris, Essaie pas convoite davantage un rayonnement international qu’un succès local. « Encore aujourd’hui, je reste persuadée qu’aucun label montréalais ne prendrait la chance de nous signer, croit Marie Davidson. Notre musique avait beaucoup plus de chance de résonner avec un label extérieur. »

« Faut dire aussi qu’on n’a jamais envoyé notre musique à personne, sauf à ceux qui nous l’ont demandé , renchérit Pierre Guerineau. Ce n’est pas qu’on veuille se tirer dans le pied en gardant notre musique pour nous, mais disons qu’on ne cherchera jamais le compromis non plus. »

Bref, à l’instar de ses acolytes Bataille solaire, Xarah Dion, Police des mœurs, Jesse Osborne-Lanthier et autres artistes indépendants clés d’une scène électro montréalaise méconnue mais effervescente, Essaie pas poursuit son ascension sans égard aux tendances et aux barrières musicales.

« Même si on fait tous une musique différente, je crois qu’on est tous unis par notre désir de briser les cadres et de repousser les limites », explique le chanteur. « Bref, on aime bien se mettre en danger. »

À cet effet, la nuit continuera sans doute d’être une alliée de taille.


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