D’abord, réglons une chose : la poutine a été inventée au Québec et nulle part ailleurs!

Une fois l’origine géographique de ce plat élucidé, on peut toujours tergiverser longuement sur l’équilibre idéal des ingrédients entrant dans sa composition et sur les établissements qui offrent l’expérience gastronomique la plus satisfaisante. On peut même disserter sur la frontière entre une vraie poutine et ses variations toutes plus farfelues les unes que les unes depuis que certains chefs de La Poutine Week se sont lancés dans des interprétations qui n’ont souvent plus grand-chose à voir avec l’originale frites-sauce-fromage…

Mais il y a un ingrédient que les copropriétaires du Resto La Banquise (situé en plein cœur du Plateau-Mont-Royal, à Montréal) ont à cœur de ne pas négliger : la musique! Pour cette véritable institution de la poutine à Montréal, en opération depuis 1968 (!), le fait d’être Autorisée à vous divertir musicalement grâce à une licence émise par la SOCAN tombait sous le sens, selon Annie Barsalou, la copropriétaire de La Banquise et fille de son fondateur Pierre Barsalou :

« La musique a un impact sur le roulement du restaurant, sur le service, sur la clientèle et sur l’ambiance en général. »   –  Annie Barsalou

« C’est certain qu’on pourrait voir cette licence comme un dépense de plus dans nos livres de comptabilité, mais quand on prend du recul, on se rend compte qu’on utilise les œuvres des créateurs tous les jours, on en a besoin. Et c’est important que ces créateurs soient rémunérés pour leur travail. Ça va avec nos valeurs en tant que restaurateurs. »

Pour son conjoint et copropriétaire Marc Latendresse, l’autocollant Autorisé à vous divertir de La Banquise est plus qu’une simple preuve que son établissement fait partie des 30 000 bars et restaurants titulaires d’une licence de la SOCAN au Canada permettant une diffusion de la musique en toute légalité : « Nous avons eu quelques commentaires des clients au sujet de l’autocollant. Ils appréciaient tous que nous respections les artistes et les auteurs. Il s’agit d’un point assez important dans notre quartier, le Plateau Mont-Royal, un pôle important de la scène culturelle au Québec. »

Surtout que selon une des employées de l’endroit, on peut régulièrement y voir s’attabler des membres de groupes montréalais réputés comme We Are Wolves ou Random Recipe, entre autres…

« La musique a un impact sur le roulement du restaurant, sur le service, sur la clientèle et sur l’ambiance en général, continue Annie Barsalou, et on  adapte notre sélection et l’intensité sonore selon les situations et le moment de la journée. Ce sont nos employés qui sont notre bibliothèque musicale et on leur laisse le champ libre quant à la sélection. Et souvent, les clients vont réagir à certaines chansons qui attisent leur curiosité, ça stimule les conversations. On a même un client qui vient régulièrement et en profite pour nous partager ses coups de cœur musicaux en nous apportant ses découvertes! »

« Les choix musicaux, adaptés au moment du jour, car nous sommes ouverts 24 heures, nous aident à définir notre ambiance et notre originalité, ajoute Marc Latendresse. La musique fait donc partie intégrante d’une belle expérience client et contribue de manière très importante au succès de notre resto. »

Si la chanson québécoise a souvent fait une place à la poutine dans son répertoire (on n’a qu’à penser à la chanson « Hommage en grain » de Mes Aïeux, à celle de Mononc’ Serge, « Les Patates » ou au duo composé des rappeurs québécois Omnikrom et des Français TTC pour la pièce « Danse la poutine »), il est donc tout naturel qu’un haut lieu de ce plat si réconfortant utilise la musique à son tour, au plus grand plaisir de ses clients et de ses créateurs ainsi rémunérés équitablement grâce au programme Autorisé à vous divertir


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Kiesza n’a pas grandi en étant inspirée par Joni, Janis ou Aretha, ni même qui que ce soit d’autre dans le monde de la musique. Cette jeune calgarienne de 26 ans – dont le hit intitulé Hideaway a été visionné près de 200 millions de fois sur YouTube au moment d’écrire ces lignes – n’avait jamais considéré faire carrière dans le monde de la musique jusqu’au jour où elle s’est retrouvée à naviguer sur les grands voiliers de la Marine royale canadienne et qu’elle y a rencontré un bosco.

« Ce bosco jouait de la guitare et il avait un don incroyable qui lui permettait d’aider tout le monde à s’endormir même en plein coeur d’une tempête, ou presque…» raconte Kiesza, mieux connue de ses parents sous le nom de Kiesa Ellestad. «J’étais abasourdie par le pouvoir qu’avait la musique sur les gens, et j’ai voulu devenir capable de faire la même chose que lui. C’est ça qui m’a donné envie de commencer à écrire. »

« À peine un an après avoir commencé à écrire et composer, j’écrivais une chanson par jour pendant tout l’été. »

Elle avait alors 17 ans. Et n’allez pas croire qu’elle écrivait des chansons de marins, mais elles étaient néanmoins dans une veine folk, à des lieues du dance music un peu rétro et plein de soul de son premier album sur un major, Sound of a Woman, paru en 2014 et qui, lyriquement, était « la personnification d’une histoire d’amour ». Cet album, elle lui a donné vie grâce à son collaborateur, producteur et coauteur Rami Samir Afuni.

« Nous n’étions que des bébés dans les années 90, et nos mamans adoraient la musique de l’époque et en écoutaient tout plein, et c’est ce son que nous avons voulu reproduire avec Hideaway », explique la jeune femme. « Nous avions envie de faire un album amusant qui aurait ses racines dans la musique deep house, le R&B du début des années 90 et aussi, un peu, des sonorités hip-hop, mais tout ça au goût du jour. »

Et même si Kiesza ne rêvait pas de devenir une vedette de la musique quand elle était enfant, elle «fredonnait et chantait de manière compulsive». Elle se dit timide, mais elle a donné une performance devant public à un tout jeune âge dans la troupe Young Canadians lors du Stampede de Calgary. Elle a participé à des comédies musicales, mais c’est pour le ballet que son coeur battait. Elle a dansé assidument jusqu’à l’âge de 15 ans, mais des blessures aux hanches et aux genoux ont mis fin à ses espoirs. «J’avais besoin d’une nouvelle passion sur laquelle jeter mon dévolu, alors j’ai obtenu ma licence et j’ai embarqué sur les grands voiliers», se remémore-t-elle.

C’est donc inspirée par ce bosco qu’elle a commencé à jouer de la guitare et a écrit sa première chanson, When the Rain Falls. «Je ne connaissais que quelques accords, et la chanson était très langoureuse et douce», explique-t-elle tout en chantant quelques lignes de celle-ci. « J’avais un sens inné de la mélodie et mon instinct pour l’écriture est venu de lui-même. À peine un an après avoir commencé à écrire et composer, j’écrivais une chanson par jour pendant tout l’été. »

C’est pendant ses études en musique au Selkirk College de Nelson, en Colombie-Britannique, qu’elle a reçu une bourse d’une station de radio de Calgary afin de réaliser son premier album éponyme, ce qu’elle a fait tout au long de son deuxième semestre.

« Je n’avais aucune idée de qui j’étais, de ce que je faisais où de la direction que tout cela allait prendre », raconte Kiesza. « C’est évident lorsqu’on écoute cet album: tout part dans toutes les directions. Il y a des chansons orchestrales, des chansons jazz avec big band, des chansons funky, une chanson country qui devient gospel en cours de route, une autre encore qui est un mélange de soft rock et de soul… C’était vraiment plus un album compilation de mes premières chansons, alors Sound of a Woman est véritablement mon premier album. »

Elle a par la suite reçu une autre bourse, cette fois-ci du célèbre Berklee College of Music de Boston. « J’ai abandonné tous mes cours d’écriture de chanson parce qu’ils ne m’aidaient pas du tout. Je me sentais comme si tout ce qu’on m’y apprenait me limitait, me cataloguait », explique-t-elle. Après avoir testé les eaux de plusieurs champs d’études, elle a choisi de devenir auteure-compositrice commerciale pour des artistes populaires. C’est un de ses professeurs qui l’a mise en contact avec Afuni, un de ses anciens  élèves établi à New York.

« [Rami] m’a présentée à tous ses contacts et m’a inscrite à des camps d’auteurs-compositeurs. C’est lui qui m’a fait découvrir ce qu’est vraiment le métier d’auteur-compositeur professionnel », s’enthousiasme Kiesza, qui à, à ce jour, écrit ou coécrit des chansons pour Icona Pop, Jennifer Hudson, Rihanna, Skrillex et Diplo. « J’adorais ça, j’étais absolument passionnée, et je me suis dit « voilà, je suis maintenant une auteure-compositrice professionnelle et je vais pouvoir travailler sur mes projets personnels et me permettre de faire ce qui me plaît avec. »

« C’est au moment où je commençais à me faire un nom dans l’industrie que j’ai composé Hideaway. C’était la première fois que j’écrivais une chanson qui me ressemble et pour laquelle j’avais ma propre vision artistique. J’ai décidé de tenter ma chance et de me mettre de l’avant pour cette chanson et, de fil en aiguille, Rami et moi avons composé tout un album autour de cette vibe. »

Et c’est ainsi que, plutôt que de nous endormir tel ce bosco, sa musique nous donne désormais le goût de danser comme si c’était encore les années 90.

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« C’est sans aucun doute l’écriture de Hideaway qui a tout changé. Depuis, j’ai vécu un nombre incroyable de moments « Wow! », par exemple jouer au Wembley Stadium l’été dernier, à peine deux mois après avoir écrit cette chanson. »

Faits saillants
Éditeur: Elephant Eye Music Publishing Ltd., EMI Music Publishing Ltd.
Discographie: Kiesza (2008), Sound of a Woman (2014)
Site Web: www.kiesza.com
Membre de la SOCAN depuis 2010


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Le légendaire auteur-compositeur américain Kris Kristofferson a écrit un jour comment il a déjà cherché dans son placard « sa chemise sale la plus propre ». Kris Kristofferson évitait de faire le lavage, mais laver ses vêtements est ce que l’on fait tous, bien que peu de gens y prennent plaisir. Ce n’est pas le cas pour Geraldine Hollett, membre du trio de Terre-Neuve, The Once.

« Je n’ai jamais été aussi excitée par la lessive depuis que je participe à cette aventure! » s’exclaffe cette chanteuse et auteure-compositrice.

« L’album s’apelle Departures, mais actuellement je me sens comme si nous étions arrivés, » dit Geraldine Hollett du groupe The Once.

Geraldine Hollett a bavardé avec nous quelques semaines avant que le trio ne s’embarque pour une courte tournée nord-américaine, en préparation de sa tournée mondiale  en compagnie de The Passenger, sur la même étiquette, pour faire la promotion de son album Departures, lancé sur Nettwerk Records. La tournée mondiale commencera à Anvers, en Belgique, et conduira les membres de The Once dans de nombreuses localités à travers l’Europe centrale, la Scandinavie, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. L’expérience est tellement nouvelle pour Geraldine Hollett qu’elle ne sait pas encore ce qu’elle fera de ses temps libres.

« Peut-être que je m’étendrai dans l’herbe pour regarder le ciel. »

Trois ans se sont écoulés depuis le dernier enregistrement du groupe. La plupart des chansons étaient donc déjà enregistrées quand le groupe a signé chez Nettwerk. Departures offre un mélange de styles qui reflètent les influences éclectiques du trio. Aux côtés de Geraldine, on trouve les multi-instrumentistes et coauteurs Andrew Dale et Phil Churchill. Tout comme dans les albums précédents, le nouveau disque est empreint de l’esprit de Terre-Neuve, où l’on encourage le public à participer. Le thème principal est de faire le point, le bilan : savoir où on s’en va, où on a été et la part du destin dans la vie. La chanson « We are all Running » (Nous courons tous) en est une belle illustration.

« Chacun de nous a perdu son père, dit Geraldine Hollett. Cette chanson traite de la façon de gérer cette souffrance aussi vite que possible pour pouvoir revenir en phase avec la vie. »

Une autre chanson marquante est la reprise du classique d’Elvis Presley, « Can’t Help Falling in Love ». Geraldine explique comment ce classique s’est retrouvé sur Departures.

« Nous étions à Nashville l’an dernier pour passer une audition afin de jouer aux États-Unis et on nous avait soumis une liste de chanson à interpréter. C’est l’une de celles que nous avons choisies. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé àTerre-Neuve, mais Elvis a fait la page couverture du Herald environ 42 fois. Cette chanson a tellement bien marché que nous continuons juste à la chanter. »

L’ironie, dit Geraldine Hollett, c’est que ce nouvel album s’intitule Departures parce qu’il contraste nettement avec la position actuelle du groupe dans son aventure musicale. « Actuellement, je me sens comme si nous étions arrivés, » dit-elle.

PARCOURS

•   The Once a remporté trois prix de la musique folk canadienne, deux prix de la musique de la Côte Est, et de nombreux prix de la musique de Terre- Neuve et du Labrador
•   L’album Row Upon Row of the People They Know a été en nomination à un prix JUNO
•   Le groupe a remporté le prix de l’artiste de l’année du Conseil des arts de Terre-Neuve et du Labrador en 2013

FAITS SAILLANTS
Éditeur :
Nettwerk One Music
D
iscographie : The Once (2009), Row Upon Row of the People They Know (2011), This is a Christmas Album (2012), Departures (2014)
Visitez theonce.ca
Membre de la SOCAN depuis 2009 (Geraldine Hollett, Andrew Dale), 2010 (Phil Churchill)


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