La musique en direct est de retour ! Les George Street Festival de St. John’s, Terre-Neuve, a entre autres accueilli Arkells, Glass Tiger, Blue Rodeo, The Reklaws et Robyn Ottolini du 27 août au 1er septembre 2021. Ne manquez pas nos images de l’événement prises par Mike Slute.



Karen Kosowski, SOCAN No. 1 Song Award

Melissa Cameron-Passley (à gauche) de la SOCAN remet le Prix #1 SOCAN à ses aux coauteurs Emma-Lee (au centre) et Karen Kosowski (à droite) pour « What A Song Should Do » de Tim Hicks.

Elle travaille peut-être dans l’ombre, mais la liste des « hits » auxquels Karen Kosowski a participé est aussi longue qu’impressionnante et elle touche de multiples genres, formats et pays.

L’auteure-compositrice, productrice et musicienne canadienne basée à Nashville, lauréate du Prix #1 SOCAN et participante au SOCAN Song Camp 2019, a coécrit et produit des morceaux country et pop pour des artistes tels que Brett Kissel, The Washboard Union, Emma-Lee, Tryon, Melanie Dyer et la vedette montante du country, Mickey Guyton pour qui elle a par ailleurs produit sa contribution à l’album hommage à Metallica The Black List. Mais qu’elle travaille dans le domaine du country, de la pop, du country-pop ou du country-pop-métal, Kosowski possède indéniablement le talent de productrice nécessaire pour travailler avec les plus grandes vedettes et un talent pour la collaboration.

Cette capacité à bien travailler avec les autres explique en partie pourquoi Kosowski a décidé de s’installer à Nashville après de nombreuses années à Toronto. « Je gravitais autour de l’écriture de chansons country depuis quelques années et j’étais attirée par Nashville et sa communauté musicale », dit-elle. « Ce qui est unique à Nashville quand on parle d’écriture de chansons, c’est qu’il s’en écrit des tonnes et sans arrêt. Et tout le monde est très ouvert aux collaborations. Les gens collaborent sur des chansons chaque jour, des fois plusieurs fois par jour. Je n’ai jamais vu une scène musicale comme ça, c’est vraiment incroyable. »

Kosowski a reçu une formation de piano classique lorsqu’elle était enfant à Winnipeg avant de décider d’apprendre la guitare de manière autodidacte au secondaire pour éventuellement écrire et produire ses propres chansons folk-pop. « J’ai commencé à produire bien avant de savoir ce que je faisais », avoue-t-elle, « et je suis arrivée là où j’en suis maintenant au fil d’un long processus de plusieurs décennies. C’est vers 2005 qu’on a commencé à me demander de produire d’autres artistes sur la base de ce que je faisais pour moi-même. Le projet le plus important sur lequel j’ai travaillé à Toronto est probablement un simple que j’ai produit pour le groupe Tryon, qui, par coïncidence, vient de Nashville. Il s’est rendu dans le Top 40 à la radio pop américaine ce qui est impressionnant pour un groupe indépendant. »

Karen Kosowski, SOCAN Song Camp

Kosowski (à droite) enregistrant une piste de guitare de Lindsay Ell (à gauche) lors du Camp d’écriture CCMA/SOCAN en 2019.

À Nashville, les activités d’auteure-compositrice et productrice de Kosowski se sont développées en parallèle à mesure qu’elle trouvait sa place à la frontière entre pop et country. « J’ai tendance à être attirée par des projets qui combinent les deux », affirme-t-elle. « J’aime amalgamer des éléments des deux genres pour voir ce qui se produit. Je trouve ça progressiste et amusant. »

« Mes relations avec les artistes commencent souvent dans des séances d’écriture et ensuite je produis ce qu’on a écrit ensemble », poursuit-elle. « Mais s’ils aiment ce que je fais, je finis généralement par produire d’autres chansons auxquelles je n’ai pas participé à l’écriture. Tout est dans tout. J’approche ça comme un processus créatif sur mesure. Tout ce que tu fais dans le processus de production d’un album, incluant l’écriture elle-même, a une influence sur l’étape suivante. C’est un processus de création très naturel. Et c’est pas fini tant que c’est pas fini parce que chaque idée en inspire une autre. Tous les artistes sont différents et je suis simplement là pour les aider à dire ce qu’ils veulent dire et à personnaliser l’expérience pour eux. »

Karen Kosowski

Les quatre coauteurs de la chanson « What Are You Gonna Tell Her? ». Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Karen Kosowski, Victoria Banks, Mickey Guyton et Emma-Lee.

En ce moment, Karen Kosowski est particulièrement enthousiasmée par son travail sur le nouvel album de Mickey Guyton, la première femme noire à être finaliste pour un Grammy dans la catégorie performance country. On peut même voir et entendre Kosowski jouer du piano sur la performance de « Black Like Me » par Guyton lors des 63e Grammy Awards en mars 2021. « voilà un bel exemple d’une relation qui a commencé par une séance d’écriture », se réjouit Kosowski. « J’étais au Canada à ce moment, mais j’ai changé de vol pour pouvoir rentrer et écrire avec Mickey parce que j’ai toujours été fan de sa musique. »

« Je suis vraiment contente de cette décision, parce que ç’a été le début d’un processus d’écriture qui dure depuis des années et qui m’a permis de travailler avec elle sur tout ce qu’elle fait maintenant, incluant de jouer du piano au Tonight Show, un truc qui était sur ma “bucket list”. Je suis chanceuse de participer à un projet aussi inspirant avec une artiste qui a quelque chose d’important à dire et qui est ouverte à l’exploration créative dans sa musique. C’est le genre d’artiste avec qui je veux travailler. »



Depuis que le rappeur torontois Smiley a sorti son nouveau simple et le vidéoclip de sa chanson « Over The Top » mettant en vedette nul autre que le « Certified Lover Boy », à quel point sa vie est-elle devenue « over the top » ?

« Oh ! Bro, complètement débile », dit Smiley, alias Alexandre Morand, que nous avons joint à Los Angeles au téléphone. « C’est malade à quel point ça fait une différence. Quand t’es un artiste canadien, t’as beau être big dans ta ville, quand t’arrives ici, t’es un “nobody”. Mais là, c’est différent. Les gens me reconnaissent et je me fais plein d’amis ici. C’est vraiment “over the top”, pour être honnête. »

Mais loin de lui l’idée de s’en plaindre. « C’est tout ce que j’ai toujours voulu », avoue-t-il. « Mais je sais que j’ai encore plein de choses à accomplir, ce n’est que le tout début. C’est juste ma première chanson destinée au public américain. »

Actuellement en studio pour compléter son album de 16 pièces avec plusieurs producteurs – dont Boi-1da –, le rappeur du quartier de Pelham Park à Toronto profite au maximum de l’occasion qui lui est offerte : il a supprimé tous les excès, s’entraîne deux fois par jour et a perdu près de 20 kilos en six mois.

« Je veux courir sur scène quand je serai en tournée », dit Smiley. « Je ne veux pas une vibe relax. Je travaillais tellement fort pour arriver ici que je ne prenais pas le temps de bien manger et d’aller au gym. Là, je fais exactement ce que j’ai toujours voulu faire. »

Il mange plus santé, mais il avoue d’emblée que sa tentative pour devenir végétarien ne se passe pas sans anicroche. « Quand j’essaie de m’en tenir au régime végétarien, j’ai de la difficulté à tenir plus qu’une semaine », avoue-t-il. « Je deviens irritable et je ne veux rien faire. Je mange une fois par jour. Je n’ai mangé qu’à 15 h et j’ai mangé, disons, du saumon, des œufs et des légumes. Je me sens bien pendant cette semaine-là, je me sens léger, ma peau s’éclaircit, tout a l’air mieux. Sauf qu’à un moment donné, j’ai trop faim et je deviens vraiment en colère. »

Il éclate de rire. « Je veux des résultats rapides, alors je me mets au régime pendant une semaine et je change pour une diète avec de la viande la semaine suivante. »

Peut-être que son programme d’entraînement créera un jour le même buzz que son « flow » nonchalant qu’on peut entendre sur des succès tels que « In My Zone » et « Moving Different ». C’est ce « flow » qui a charmé Drake – sans aucun doute la plus grande star musicale de la planète en ce moment – et l’a incité à prendre Smiley sous son aile.

« Je dirais qu’il y a trois ans, je savais qu’il écoutait ce que je faisais », confie Smiley, que Drake a cité comme une influence sur Scorpion, et il a publié les paroles de « Free Baby » quand Pusha-T a révélé l’existence de son fils dans « The Story of Adidon ».

« Je sais que j’ai encore pleine de choses à accomplir, ce n’est que le début »

« Après, quand il me démontrait tout cet amour, c’est là que j’ai commencé à recevoir un amour différent des États-Unis et d’ailleurs », dit Smiley. « Là c’est devenu sérieux et un peu “freakant”. C’est à partir de ce moment que j’ai été obligé de m’entourer d’une équipe, de gérants et tout ça. »

Jusque là, Smiley trimait dur avec ses comparses musicaux du « OLN crew », dont font notamment partie les rappeurs MKsolive, Ryda et Homie, en plus d’apprendre des techniques de studio avec son voisin et collègue Blacka Da Don.

C’était un processus d’essais et erreurs, au début. « Quand j’ai fait ma première chanson, tout le monde disait que je ne faisais que parler », raconte Smiley. « Ils me détestent aujourd’hui, mais ils me détestaient encore plus dans le temps. Ça fait cinq ou six ans que je rappe, mais au début j’étais vraiment poche. C’était vraiment juste comme si je parlais. Mais j’ai peaufiné ma technique au fil des ans. Je me suis amélioré même si c’était pas le but premier. »

D’abord sur Buy. or. Bye. et sur son « mixtape » A Tape To Remember (tous deux en 2018), puis sur Road To Buy or Buy 2 (The Playlist) et YYZ-LAX (paru sur Warner Music), Smiley a travaillé sans relâche sur son art.

« J’ai fait mes premiers grooves avec des gars du quartier et ç’a généré un buzz en ville », explique-t-il. « On était populaires et on a eu quelques “hits” qui ont généré du buzz en ville. C’était cool, mais après le soutien de Drake, c’était une tout autre histoire. J’ai réalisé que je pouvais carrément vivre de ça, pas juste le faire pour le fun… que je pouvais vraiment prendre soin de ma famille et de mes amis. »

La présence de Drake prend beaucoup de place dans la carrière de Smiley, jusqu’à maintenant, comme en fait foi « Over The Top ». « C’est Drake qui m’a envoyé ça », dit Smiley. « aussitôt que j’ai reçu ce “beat” – j’étais en train de conduire – je me suis stationné pour l’écouter. Il avait déjà enregistré sa piste de voix dans le “hook” ; j’aimais l’intro et j’ai écrit mon texte sur le champ, dans l’auto. Après je n’ai eu qu’à écrire quelques couplets et à choisir ceux que j’allais garder. »

Smiley a l’habitude de travailler très rapidement au début du processus de création de ses chansons. « Quand je suis très concentré et que je m’enferme quelque part pour travailler, j’écris un “hook” et un couplet juste pour sortir l’idée de ma tête », explique-t-il. « Après, peu importe le producteur, c’est lui qui va choisir quelles chansons ont le plus de potentiel et je vais finir celles qu’il a choisies. Mais si on parle juste d’écrire un “hook” et un couplet, ça me prend à peu près 48 minutes. »

Smiley explique qu’il note ses idées dans l’appli Notes de son téléphone. « Quand je suis seul en studio, je “freestyle”, mais c’est pas ma spécialité », avoue-t-il. « Je préfère prendre mes idées en note dans mon téléphone. Mais je “freestyle” plus maintenant parce que ça donne parfois de bons résultats, tu vois ? Mais en général, je passe à travers mes courriels quand les gens m’envoient des “‘beats’, je les enregistre dans Notes, et après, quand je les écoute, je commence à écrire dessus.”

Smiley fait désormais partie de l’écurie OVO Sound de Drake – qui est distribuée par Warner – et il a très hâte d’établir sa carrière aux États-Unis. “Je pense que je suis unique”, dit-il. “Personne ne sonne comme moi. Les gens vont mieux comprendre une fois que mon album va sortir.” Nul besoin de dire qu’il est très reconnaissant de l’aide qu’il reçoit de Drizzy. “C’est lui qui m’a mis dans cette position et il est comme un grand frère pour moi”, conclut Smiley.