Après avoir lancé son album Modern Romantics en 2011, Adaline est tombée en « panne sèche émotionnelle ». Elle se sentait lyriquement vidée et avait envie de nouveaux défis.

Elle s’est donc plongée dans le monde de la composition en tous genres, incluant la musique à l’image pour la télé et le cinéma. Durant les six années qui se sont depuis écoulées, sa musique a pu être entendu dans des émissions telles Grey’s Anatomy, 90210, Flashpoint, Lost Girl et Ringer. Elle a également collaboré avec Brendan Canning du groupe Broken Social Scene pour la composition du film The Canyons de Bret Easton Ellis.

Ce travail lui a redonné sa joie de vivre, suffisamment pour que l’envie lui reprenne de s’attaquer à la création d’un nouvel album.

 « J’espère que les gens ressentiront l’honnêteté de mon désir de créer un lien avec eux. »

« Je me sentais prête à recommencer à partager ma vie », dit-elle. L’une de ses plus importantes sources d’inspiration fut l’eau. Les étendues d’eau sont devenues une constante, peu importe où et quand elle créait et, pour elle, cette eau était source de romance. « L’eau à la capacité de soutenir un écosystème entier avec des millions d’êtres vivants mystiques ; il y a là quelque chose d’incroyablement spirituel », croit-elle. « Mais d’un autre côté, l’eau a également le pouvoir de tout détruire et d’inspirer la panique et une peur incommensurable et n’en va-t-il pas de même de l’amour ? Il peut à la fois nourrir et détruire. »

Le résultat de ces séances de création fut Aquatic, une collection de chansons à la charge émotive imposante qui s’inscrivent dans la mouvance pop-rock, de pièces guitaristiques entraînantes telles que « Commotion » aux douces et riches ballades au piano comme « Break Me Apart ». Et à la croisée de ces chemins, on retrouve « Stronger », la pièce la plus impressionnante et la plus efficace, vocalement. Toutes les pièces n’ont qu’un seul but : établir un lien avec les auditeurs à travers son écriture très directe.

« J’espère que les gens ressentiront l’honnêteté de mon désir de créer un lien avec eux », confie-t-elle. « Au fil des ans, j’ai réalisé que ce qui me donne envie de me tirer du lit et d’aller travailler dans mon studio, c’est ce lien avec les gens. »



Vulvets

C’était la 3e soirée des Francouvertes, une édition à dominance folk-rock. On avait tous hâte d’entendre la musique d’un groupe qui avait eu l’audace de se nommer les Vulvets. Si je les avais vues quand j’étais ado, les Vulvets seraient aussitôt devenues mes modèles. Il y a quelque chose qui détonne dans leurs prestations. Un côté broche à foin irrésistible, du gros fun, des musiciennes spontanées et libres qui s’amusent sans se prendre au sérieux en s’échangeant le micro… « La désinvolture juvénile des psycho beach partys des sixties qui tournent mal à l’aube », c’est ainsi qu’elles se présentent.

« C’était notre 4e ou notre 5e show à vie, dit Isabelle LaTerreur Ouimet, bassiste de la formation et programmatrice du Coup de cœur francophone. On appréhendait un peu ce qui allait se passer, parce qu’on travaille toutes dans l’industrie musicale ; jouer devant nos pairs nous rebutait un peu et on n’est pas très « concours ». En plus, on ne fait pas nécessairement une musique facile et appréciée du grand public. Le reverb et le fuzz ne sont pas des sonorités au goût du jour. On joue fort, c’est l’esthétique garage donc distortionnée et brouillonne. Et nous, c’est ce qu’on aime. »

Le charisme et la forte présence scénique des Vulvets ne sont pas passés inaperçus, ce qui a valu plusieurs prix aux musiciennes, dont quelques prestations rémunérées qui leur permettent de jouer un peu partout cet été. À Osheaga, au FRIMAT, au Festival de l’Outaouais émergent, au Festival OFF de Québec, vous risquez de croiser les Vulvets sur votre chemin.

L’esprit Vulvets

L’aventure des Vulvets a débuté au fil de soirées bien arrosées au cidre : « Dorothée Parent-Roy (guitare, voix) et moi, on traînait souvent à l’Esco. On jouait toutes les deux dans des bands (moi avec Buddy McNeil and the Magic Mirrors et elle dans Ultraptérodactyle et Dearbunnies). Ça nous arrivait de parler du fait que c’est tough d’être une fille dans un band de gars. À moment donné, toutes les deux on a eu envie d’un projet féminin avec une dynamique différente. Des liens avec mon amie Marie-Ève Bouchard (batterie, voix) se sont tricotés rapidement, puis quelqu’un nous a présenté Marie-Claire Cronier (guitare, voix), une auteure-compositrice-interprète qui venait de quitter Sudbury pour Montréal. Nous avions des influences musicales en commun. Au premier jam, la chimie a opéré. »

Le nom du band est à l’image de l’humour qui unit les musiciennes. : « Au début, on chantait en anglais, raconte Isabelle. Mais un jour Marie-Claire est arrivé avec une chanson en français. Moi, je ne vis pas bien avec des albums bilingues : on est passées de l’anglais au français, de Velvets à… Vulvets ! Quand on est entre nous et qu’on parle d’activités féminines, on dit « des sports de vulves ». T’sais on évolue dans une industrie très masculine, des jokes de mononcs dans des trucks de tournées, on en a entendues ! Au début, on définissait notre musique comme étant du « plotte-surf ». Plotte-surf ? « Oui, du surf avec une approche féminine grivoise ! »

« C’est en s’habituant à voir des filles là où on les attend moins qu’on finira par en revenir du fait qu’elles soient de sexe féminin », Isabelle LaTerreur Ouimet, Vulvets

Les Vulvets ont été parmi les premières à signer la lettre écrite par le regroupement Femmes En Musique (F.E.M.) pour dénoncer le sexisme dans l’industrie. « On trouvait ça important de souligner les déséquilibres entre la présence artistique féminine et masculine, mais on a décroché quand certaines se sont mises à pointer du doigt des cibles précises. On ne va pas arriver à nos fins avec une approche négative. Nous, on croit que c’est par la sensibilisation et l’éducation qu’on arrivera à changer les choses. »

Vulvets

Est-ce que ça dérange les Vulvets de se faire qualifier de « band de fille » alors qu’on ne réfère pas à leurs confrères comme étant des « band de gars » ? « Non, on comprend l’effet de rareté, même si pour nous ça ne change rien au niveau musical. On est féministes, avec la nouvelle approche qui vise l’équité et la parité. » Un peu comme pour les lectrices de nouvelles – nombreuses aujourd’hui, mais auparavant quasi absentes des ondes – c’est en s’habituant à voir des filles là où on les attend moins qu’on finira par en revenir du fait qu’elles soient de sexe féminin. La seule affaire qui nous gosse, précise Isabelle, c’est que parce qu’on a un côté « garçonnes, gars manqués », plusieurs se demandent si on est lesbiennes et ça finit par être gossant. Pourquoi je perdrais ma féminité parce que j’aime la distorsion, le reverb, la sueur : le vrai rock ? »

Il faudra patienter encore un peu avant de pouvoir se jouer de nouvelles chansons des Vulvets dans le tapis. Le premier album devrait paraître au printemps 2018. Les filles lanceront deux nouvelles chansons d’ici la fin de l’été. Entre-temps on pourra aller se faire saigner les oreilles au son du plotte-surf fuzzé des Vulvets dans un des nombreux festivals auxquels elles prendront part.



Lenni-KimVers l’infini et plus loin encore ! La célèbre phrase de Buzz L’Éclair dans Histoire de jouets semble coller parfaitement à l’ascension vers le firmament du jeune Lenni-Kim, adolescent allumé qui garde pourtant les deux pieds sur terre.

« J’ai trois grandes passions dans la vie: le chant, le cinéma et la danse. Mais le chant demeure ma plus grande révélation. Le cinéma, c’est plus secondaire, mais j’aime la cinématographie qu’on peut intégrer à mes vidéoclips ». Lenni-Kim est de la distribution du film Le pacte des anges et incarne le rôle du jeune Martin Matte dans la série télé Les beaux malaises.

Avant la sortie mondiale le 30 juin dernier de son premier disque, Les autres (Disques LKL), la table était, pour ainsi dire, déjà mise: presque deux millions de vues pour le clip de la chanson Pourquoi tout perdre, créé pour souligner la journée mondiale de prévention du suicide, clip réalisé par Antoine-Olivier Pilon (Mommy), classée #1 des ventes francophones pendant plusieurs semaines.

« C’est une chanson pour aider les gens et leur faire du bien. Juste à lire les commentaires et les témoignages de vie sur Facebook, je le constate. Il y en a même qui avouent que je leur ai sauvé la vie ! C’est de la pression pour un gars de quinze ans ! », admet l’adolescent qui nous parle depuis Paris où sa carrière est en développement.

« Je ne fais pas ça pour la célébrité, je fais ça pour la musique. »

Et ça se bouscule sur la toile : un million pour Yolo, un million pour Don’t Stop, son dernier single, la pop de Lenni-Kim rappelle un certain Justin Bieber : « mais depuis lui, on ne compte plus le nombre de musiciens qui ont eu un break grâce à YouTube », dira-t-il avec justesse.

« Je ne déteste pas la comparaison, mais je suis Lenni-Kim, avec une personnalité différente de la sienne. Mais je comprends l’association : on a commencé au même âge, on fait tous les deux de la pop, on a été populaire sur YouTube (dans son cas avec des covers de Shawn Mendes et Elli Goulding), mais je ne suis pas nécessairement d’accord avec tous les choix qu’il fait dans sa vie privée, mais côté carrière musicale, j’aime son parcours ».

« La musique est la porte de l’âme », peut-on lire en grosses lettres sur la page d’accueil de son site web. Mais comment on ouvre cette porte aux nombreux téléspectateurs de The Voice Kids sur TF1 en France ? Il raconte : « À priori, il ne m’était jamais venu à l’idée de m’inscrire à The Voice Kids. C’est la production de l’émission qui a contacté mon école de chant afin de trouver des candidats pour la saison 2. Dans un premier temps, j’ai fait un démo, puis l’étape suivante consistait à passer les auditions par Skype ».

Jean-Yves Sénéchal, son agent et gérant a profité de la vitrine (Lenni-Kim s’est rendu jusqu’aux duels) pour signer son protégé chez Warner France et TF1 Music : « Je savais au départ qu’il avait une personnalité éclatante. Il a une aura autour de lui, un charisme indéniable. Mais idole des ados ? Ce n’est pas le plan initial, c’est sûr qu’avec la réception du public et l’engouement que cela suscite on pourrait croire qu’il est prédestiné à cette image. Pour l’instant, résume-t-il, mon rôle est de gérer l’offre et la demande, le marché de la France et celui du Québec ».

« Comment je décris ma musique », se questionne le principal intéressé ? « Déjà, quand j’étais en processus de création avec Louis Côté (K-Maro) qui a réalisé l’album, on a fait pleins d’expériences avec des bouts de chansons aux styles et aux sonorités diverses pour voir où cela allait nous mener. Des fois c’était plus ‘’dark’’, on explorait alors ce filon. D’autres fois c’était plus solaire, plus lumineux, il n’y avait rien de préconçu, on tâtait. Il y a une part d’ombre dans les climats, des chansons tristes, on en retrouve. L’exercice, c’est de bien cerner une émotion, les textes viennent en seconde étape. Quand on fait de la musique, c’est important de passer des messages autour de soi, pour aider les gens, même. J’ai écrit les paroles de la chanson I Want This mais tous les autres textes de chansons ont été écrits par une équipe d’auteurs que j’ai guidés sur certains passages afin d’être certain que les textes me ressemblaient. Après tout, c’est mon premier album ! »

Pour l’heure, Lenni-Kim sera du Gala de Ouf! Kids Cabaret jusqu’au 23 juillet à la Place des arts et au gala Juste pour ados le 29 juillet à l’extérieur.

« Je ne fais pas ça pour la célébrité, dit-il, je fais ça pour la musique. »