Faire le point sur l’ensemble de son œuvre n’était jamais vraiment venu à l’esprit de Leslie Feist avant d’apprendre qu’elle serait intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens. Comme elle l’a expliqué sur scène dans son discours d’intronisation, elle s’était jusque-là contentée de relier les petits points qui jalonnaient son parcours, passant d’une idée à un projet, puis à un autre, encore et encore, et revenant souvent à une question qui l’habitait jusqu’à ce qu’elle devienne une chanson susceptible d’y apporter une réponse. Et samedi soir, c’est toute l’ampleur de ce parcours qui s’est révélée : des décennies de travail, de réflexion et de dévouement, portées par une œuvre aussi intime que puissante, enfin célébrées à la hauteur de ce qu’elles représentent.

Feist était l’une des quatre artistes et formations intronisées au Massey Hall le samedi 26 septembre 2026, aux côtés de Roch Voisine, de Mike Reno et Paul Dean de Loverboy, ainsi que de The Tragically Hip. Amanda Marshall a lancé la soirée en force avec une reprise triomphale du succès de Loverboy « Turn Me Loose ». Charlotte Cornfield, récemment finaliste au Prix de musique Polaris, a repris « How Come You Never Let Me Go There » de Feist, tandis que Ludovick Bourgeois s’est lové dans le classique de Roch Voisine « Hélène ». Sebastian Gaskin et Tia Wood ont quant à eux interprété avec une aisance remarquable le classique « Bobcaygeon » de The Tragically Hip.

La cérémonie du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens et toutes les prestations qui l’ont ponctuée ont rappelé avec force une chose essentielle : derrière chaque chanson qui connaît un immense succès, il y a d’abord une personne qui l’a écrite. Après tout, ces chansons que nous avons tant écoutées que leurs paroles nous viennent parfois avant même nos propres pensées ont toutes commencé par une idée à bricoler, une émotion à explorer ou une mélodie dont la destination était encore inconnue, mais que son auteur·trice a choisi de suivre. 

Jim Vallance, lui-même récemment intronisé au Panthéon, a accueilli Mike Reno et Paul Dean de Loverboy parmi ses membres. Pour célébrer le rock flamboyant et irrésistible du groupe, des légendes des années 80 comme Sammy Hagar et Rick Springfield ont également pris part à l’hommage. Les joueuses de hockey Marie-Philip Poulin et Laura Stacey ont participé à l’intronisation de Roch Voisine qui, après son discours, est remonté sur scène aux côtés d’Isabelle Boulay pour interpréter « I’ll Always Be There ». Deux artistes américains ont ensuite donné vie aux observations aussi incisives que bouleversantes de Feist : Jeff Tweedy de Wilco avec « The Park », puis Finneas – le frère de Billie Eilish – avec « My Moon My Man », après avoir procédé à son intronisation. Enfin, l’acteur Jay Baruchel, figure profondément attachée à la culture canadienne, a eu l’immense tâche d’accueillir au Panthéon le groupe canadien par excellence, The Tragically Hip.

La soirée a été chargée d’émotion pour tout le monde, ce qui n’avait rien d’étonnant en l’absence de l’inoubliable Gord Downie. Allison Russell a repris « Wheat Kings » tandis qu’à ses côtés, posé sur un pied de micro, trônait le chapeau à large bord orné d’une plume qui était devenu l’un des signes distinctifs de Downie dans les dernières années de sa vie. Paul Langlois, Rob Baker et Gord Sinclair étaient présents pour l’intronisation. Our Lady Peace a clos la soirée avec une reprise de « Locked In the Trunk of a Car ». 

Photos par Lu Chau

 

Amanda Marshall

Amanda Marshall.

 

Sebastian Gaskin, Tia Wood.

Sebastian Gaskin et Tia Wood.

 

Paul Dean, Loverboy.

Paul Dean, Loverboy.

 

Dallas Green, Ruby Waters.

Dallas Green et Ruby Waters.

 

Roch Voisine, Isabelle Boulay.

Roch Voisine et Isabelle Boulay.

 

Finneas, Leslie Feist.

Finneas et Feist.

 

Jeff Tweedy.

Jeff Tweedy.

 

Paul Langlois, Rob Baker, Gord Sinclair.

Paul Langlois, Rob Baker, Gord Sinclair. The Tragically Hip.