C’est avec plaisir que nous vous présentons le Top 10 de la SOCAN pour 2017, dix de nos nombreux membres dont nous, à la SOCAN, et particulièrement notre équipe A&R, croyons qu’ils connaîtront une année remarquable. En ordre alphabétique…

 

Banx & Ranx

Depuis 2014 le duo Banx & Ranx, formé des Montréalais Soké et KNY Factory, dissémine leur proposition éclectique, un mélange d’influences caribéennes, électroniques, urbaines et pop, aux quatre coins du Web, sans frontières. D’abord concentré sur le travail de composition et de réalisation pour d’autres artistes et sur les remix, et fort d’une réaction virale impressionnante (leur remix de « Jamming » de Bob Marley cumule plus de 2 millions d’écoutes sur YouTube !), le duo s’est vu offrir un contrat de disque avec la prestigieuse étiquette britannique Parlophone (Coldplay, Gorillaz, David Guetta), dont les premières pépites hybrides verront le jour sous forme de simples au cours de l’année 2017. Les artistes avec qui Banx & Ranx collaborent sont issus du Royaume-Uni, de la Jamaïque et de Montréal, et le duo souhaite profiter de l’expertise des Québécois pour l’aspect visuel, élément primordial de leur fusion musicale colorée. Ajoutez à cela un travail continu de réalisation, d’écriture et de collaboration avec de grosses pointures internationales et 2017 s’annonce bien ensoleillée pour Banx & Ranx… et pour nous qui en profiterons !

Pierre-Philippe Côté

C’est par la porte de la chanson et de la réalisation que Pierre-Philippe Côté, alias Pilou, s’est d’abord fait remarquer : interprète de Champion, multi-instrumentiste pour Ariane Moffatt, Jorane, Elisapie et d’autres, réalisateur d’albums pour Marie-Jo Thério, Philippe Brach, David Giguère, Sébastien Lacombe, entre autres, et auteur-compositeur-interprète en anglais sous son pseudonyme Peter Henry Phillips (The Origin). En 2017, s’il ne délaisse pas son propre répertoire pour autant (un nouvel album sera enregistré), ce sont maintenant les producteurs et réalisateurs de films et de séries télé qui se passionnent pour ses talents de compositeur. La réalisatrice-actrice-scénariste américaine Quinn Shephard lui a confié la musique de son premier long métrage (Blame, 2017); on l’entendra sur Les Affamés de Robin Aubert; ainsi que sur Anime, court-métrage d’Arnaud Brisebois qui se lancera dans un marathon de festivals à travers le monde. À la télé, il sera du générique de la saison 2 de Real Detective sur Investigation Discovery et sur celui de la troisième saison de Switch & Bitch sur TV5. Ajoutez à cela la sortie de l’album The Origin en version deluxe en France, sur Universal.

 

J Gramm

Ce producteur hip-hop nommé aux Grammys a contribué au succès des pièces « Broccoli » de D.R.A.M, « Incense » de Wiz Khalifa, et « Upper Echelon » de Travis Scott, pour ne nommer que celles-là. C’est également lui qui a signé le remix officiel de la pièce « Team » de Lorde. S’il y a un « beatmaker » à l’étoile ascendante, c’est bien lui.

 

 

 

 

 

 

 

Kai

La chanson « I Choose Me » de l’auteure-compositrice-interprète electro/pop Kai a été choisie pour une campagne publicitaire nationale de First Choice Haircutters en 2011. Elle a écrit « Sweet Talker » pour Jessie J, été en vedette sur la pièce « Need Your Heart » d’Adventure Club, « Mind » de Jack Ü (le projet collaboratif de Diplo et Skrillex), ainsi que sur « Crawl » du rappeur Childish Gambino. Kai, en compagnie du producteur australien Flume, était également en vedette sur la pièce « Never Be Like You », qui a atteint le sommet du palmarès en Autralie et le Top 20 aux États-Unis, en plus de devenir #1 sur le palmarès Électronique d’iTunes. Le premier album solo de Kai devrait paraître en 2017.

 

 

 

 

Lydia Képinski

Une voix reconnaissable, une plume singulière, une attitude désinvolte, une bouille sympathique, une signature intrigante. Lorsqu’un tel amalgame se présente, mieux vaut en profiter, au risque de passer à côté de quelque chose de précieux. Lydia Képinski correspond parfaitement à cette description. Celle qui est repartie du Festival international de la chanson de Granby 2016 avec 9 prix, dont celui de la chanson SOCAN pour son ver d’oreille aigre-doux Apprendre à mentir, n’en finit plus de faire tourner les têtes, dont celle de l’équipe Bonsound, qui l’a prise sous son aile pour l’aspect spectacle. Et la parution, en novembre dernier, de son premier EP de quatre chansons (réalisé par Blaise B. Léonard, ex-Hôtel Morphée, sous étiquette Chivi Chivi) confirme que cette créatrice (qui touche aussi aux arts visuels) met de l’avant une proposition riche qu’il nous tarde déjà d’explorer dans un format plus long, qui viendra assurément à l’automne 2017.

 

 

Murda Beatz

Murda Beatz a commencé à produire des « beats » à l’âge de 17 ans et en à peine trois mois, son travail était en vedette sur une pièce de Soulja Boy. À l’âge de 22 ans, il avait savamment diffusé ses « beats » sur les réseaux sociaux et s’est retrouvé dans les oreilles de certains de collectifs hip-hop les plus respectés. Vedette montante dans les coulisses, Beatz a ainsi contribué aux succès « Pipe It Up » de Migos, « Like That » de PARTYNEXTDOOR, « No Shopping » de French Montana et « With You » de Drake. Pris sous l’aile de son mentor Boi1da, tout semble indiquer que Murda Beatz deviendra rapidement un collaborateur incontournable pour de nombreux « hits ». D’autant qu’il a assez de talent pour créer un de ces « hits » en moins de 20 minutes, comme il l’a prouvé avec brio lors de la séance « Cooking Beats » de la SOCAN présentée dans le cadre de la conférence technologique IMSTA FESTA de Toronto en 2016.

 


Jessie Reyez

L’auteure-compositrice-interprète Jessie Reyez s’est tournée vers la musique lors d’une intense peine d’amour. Elle a fait partie du Remix Project de Toronto, une académie artistique qui vient en aide aux jeunes issus de foyers à revenus modestes. Daniel Daly de DVSN fut un de ses premiers et plus importants mentors, et il a fallu peu de temps avant que Reyez soit en vedette sur « Living in the Sky » de King Louie. La vidéo pour sa chanson « Figures », une pièce guitare et voix venant tout droit du fond du cœur et profondément cathartique a récolté plus de 700 000 visionnements sur YouTube sans aucune forme de promotion. Elle est en vedette dans la vidéo « Des créateurs de musique au monde entier » de la SOCAN et son album The Archives sera une compilation de chansons inspirées de sa vie entière.

 

 

 

Sophie Rose

Sophie Rose se décrit elle-même comme une artiste pop avant-gardiste avec une touche de princesse. À l’âge de 16 ans, Sophie a déjà écrit plus de 300 chansons, a collaboré avec certains des auteurs-compositeurs les plus en vue et peut s’enorgueillir d’une entente conjointe d’édition en compagnie d’Ester Dean et de Prescription Songs du Dr. Luke. Elle a commencé à écrire des chansons à l’âge de 9 ans, inspirée par ses idoles, Taylor Swift, Bruno Mars et Katy Perry. Sa chanson « Friends Forever » a été mise sous licence par MasterCard pour sa campagne Stand Up to Cancer qui a été diffusée lors des saisons 2015 et 2016 du baseball majeur sur les ondes d’ESPN. Quant à sa pièce « Attention », elle est devenue le thème musical de la série originale Guidance d’AwesomenessTV diffusée sur les ondes de go90. Cet automne, sa pièce collaborative « Aces High » a été entendue dans la série Empire de Fox. Sophie met son talent au profit des autres en soutenant plusieurs causes, dont notamment ACT Today ! Autism Care and Treatment et la Croix-Rouge américaine.

 

SAFE

En l’espace de neuf mois, le rappeur SAFE (Saif Musaad) est passé d’une première chanson téléversée sur SoundCloud à un concert à guichets fermés au Mod Club de Toronto. C’est, en soi, tout un exploit pour n’importe qui, mais à plus forte raison quand il s’agit d’un artiste âgé d’à peine 18 ans, et SAFE a déjà attiré les yeux et les oreilles les plus influents de la ville. SAFE a été invité à participer à la boutique éphémère du bras droit de Drake, Oliver El-Khatib, ce qui, de fil en aiguille, a mené à la parution de la pièce « Don’t Worry » sur OVO Sound. L’automne 2016 a vu la parution d’un simple et d’un vidéoclip sombre et cru, « Eternity », dédié aux « jeunes Torontois qu’on a perdus dans le dédale des incarcérations et de la violence reliée aux gangs et à tous les autres qui ont été victimes de leur environnement turbulent ».”

 

 

 

Gabrielle Shonk

On vous avait déjà dit tout le bien que l’on pensait de Gabrielle Shonk en août 2016, dans Paroles & Musique. Et de toutes les réactions plus qu’enthousiastes provoquées par la sortie de son premier simple Habit, plébiscité par plusieurs publications musicales influentes, comme Noisey ou Buzzfeed. Cette grandiose ballade pleine de soul et de fiel à l’égard d’un mec qui a de bien mauvaises habitudes lui a aussi valu de multiples offres de la part de labels d’ici et d’ailleurs. Si bien que son premier album, produit de manière indépendante et pourtant prêt à être lancé depuis plusieurs mois, verra finalement la lumière avant l’été 2017, si tout se passe comme prévu. Un album de facture soul et folk, introspectif et authentique, écrit majoritairement en anglais, mais qui laissera place à quelques chansons en français, un choix auquel tenait mordicus Gabrielle question de correspondre à la réalité bilingue de la jeune femme de 28 ans née aux États-Unis. Préparez-vous à être chavirés.


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« You can dance if you want to ». Une missive en provenance de Montréal. Un ordre imposé par des accords de synthés irrésistibles, un chant à la limite du rap et un beat au tempo modéré parfait pour taper des mains et bien sûr… danser ! Oh ! et il ne faudrait pas oublier le célèbre vidéoclip à saveur médiévale où Ivan Doroschuk fait référence au joueur de flûte de Hamelin auprès d’un groupe de danseurs autour d’un arbre de mai.

C’est cette chanson atypique qui a permis à Men Without Hats de se faire connaître hors du Canada à l’apogée de l’époque new wave, atteignant la 3e position sur le palmarès Billboard et sur les palmarès en Australie, en Allemagne, au Royaume-Uni, et ailleurs. En 2010, « Safety Dance » a connu un regain de popularité grâce à l’immense succès de la série télé Glee. Doroschuk a donc saisi l’occasion pour enregistrer Love in the Age of War (2012), mettre sur pied un nouveau groupe et partir en tournée mondiale. La SOCAN s’est entretenue avec lui depuis sa maison à Victoria, en Colombie-Britannique.

Parlez-nous de la scène montréalaise qui a vu naître Men Without Hats.
Il y avait beaucoup d’expérimentation, et pas seulement en musique, mais en mode, en peinture, en audiovisuel, et la technologie changeait rapidement. Quand on a commencé, on n’avait aucun synthé, on était un groupe noise issu d’une école des beaux-arts. J’ai eu la chance d’essayer des instruments électroniques et c’est là que nous avons pris une nouvelle direction. Il y a eu une époque ou punk et new wave étaient considérés comme une seule et unique chose. On partageait tous les mêmes scènes et les mêmes idéaux. L’un des avantages de Montréal, créativement, à cette époque était que tous les sièges sociaux des maisons de disques étaient à Toronto. Ça nous donnait beaucoup de liberté pour nous exprimer. On n’avait pas la pression de devenir les prochains Parachute Club ou les prochains Spoons. Il n’y avait aucune chance qu’un représentant d’une maison de disque soit à notre spectacle, au fond de la salle, prêt à nous endisquer.

Comment avez-vous découvert les synthés ? Ils étaient encore rares et très dispendieux à l’époque.
J’ai pris des leçons de piano toute ma vie. Ma mère enseignait à McGill et j’ai grandi entouré de musique classique et que ça. J’étais donc mûr pour l’aspect technique de la chose. J’aimais beaucoup les groupes de rock progressif comme Genesis et Yes. Là où j’allais à l’école, j’avais beaucoup d’amis très riches. Lorsque nous avons reçu des investissements, c’est une des premières choses que nous avons faites : avoir accès à ces équipements.

Est-ce vrai que vous avez écrit « Safety Dance » après avoir été expulsé d’un bar parce que vous « slammiez » ?
C’est pas mal ça. C’était dans les derniers jours du disco. De temps en temps on entendait une pièce de Blondie ou de Devo dans les clubs. C’est là que mes amis et moi on se mettait à faire le pogo, un ancêtre du slam dance. Les gens ne comprenaient pas ce qu’on faisait. Ils croyaient qu’on cherchait à se battre et alors on se faisait jeter dehors. C’est essentiellement pour ça que j’ai écrit cette chanson.

Votre façon de chanter sur cette pièce est presque parlée. D’où vous est venue l’idée ?
Vocalement, je dois beaucoup à Bryan Ferry et Lene Lovich. Mais pour la version 12 pouces, nous devions étirer la sauce, alors j’ai eu l’idée de parler. C’était une décision à brûle-pourpoint. En fait, je me suis largement inspiré de Grandmaster Flash et des débuts du rap pour ce qui est d’épeler les mots. On n’a jamais utilisé ça sur une autre pièce. C’était un truc spécifique à ce moment et à cet endroit.

Pourquoi croyez-vous que la pièce est devenue si populaire ?
À cause du message : vous pouvez danser si vous en avez envie. Ç’a rejoint les gens. Ça, et le vidéoclip. Il n’avait rien de new wave : pas de lunettes soleil ou de souliers pointus. Tout le monde pouvait l’apprécier. Les jocks, les punks, les goths, votre mère. Elle touchait tout le monde et n’imposait aucun uniforme, aucune coiffure. Et parce que le clip était médiéval, il devenait intemporel.

Vous avez vraiment créé le concept de « Safety Dance » à partir de rien. À quel point jouer avec la langue est-il attrayant pour vous lorsque vous créez une chanson ?
C’est la magie de la musique. Parfois ça fonctionne. Musicien et magicien sont des mots qui sont très similaires. La formule magique peut parfois se cacher dans les paroles.

Comment cette chanson a-t-elle changé votre vie ?
C’est clair qu’elle a changé ma vie. MTV n’avait pas des tonnes de clips à diffuser à l’époque, alors nous nous sommes retrouvés en rotation intense. Je me souviens être descendu d’un bus de tournée dans le nord de l’État de New York pour entrer dans un commerce, et la caissière m’a pointé du doigt en criant « C’est lui ! » J’ai cru qu’elle me confondait avec quelqu’un qui avait dévalisé le commerce ou un truc du genre. Elle en pleurait, littéralement. « C’est le gars du clip. » C’est à ce moment que j’ai compris que les choses seraient différentes, à l’avenir. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ç’a été intéressant. Personne ne s’assoit pour écrire une mauvaise chanson. Mais lorsque celle-ci traverse les époques, c’est une belle leçon d’humilité. Aujourd’hui, la chanson est bien plus grande que moi. Je ne suis que son ambassadeur — je fais le tour du monde pour la présenter aux gens. Beaucoup de gens ne connaissent même pas le titre de la chanson, le nom du groupe ou mon nom à moi.

Et vous n’avez pas de soucis face à cela ?
Absolument aucun. C’est génial. Ça vous fait prendre conscience que le monde est vaste.

Que pensez-vous lorsque vous voyez des gens qui dansent au son d’une chanson que vous avez créée au sujet d’une personne qui voulait vous empêcher de danser ?
Je me dis que le message est passé. Mon vœu a été exaucé.


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Peu d’artistes québécois peuvent se vanter d’avoir un rythme de création aussi effréné que Souldia. Depuis octobre 2015, le rappeur emblématique du quartier Limoilou à Québec a fait paraître cinq albums : deux en groupe (Les poètes maudits avec Facekché et Fils de l’anarchie avec Northsiderz), un en duo (Amsterdam avec Rymz) et deux en solo (la compilation de b-sides Les archives vol. 3 et son quatrième opus officiel Sacrifice).

Plus de 10 000 albums vendus plus tard, l’artiste de 31 ans est à la fois ravi et épuisé de son année 2016. « Je n’ai eu aucune fin de semaine de libre. Je finissais le show d’un album et, le lendemain, je commençais une autre tournée… On peut dire que j’étais dans le jus », admet le rappeur. « Ce que je trouve le plus cool, c’est voir mon public s’agrandir. À mes shows, j’ai  rencontré beaucoup de fans de death metal avec des tatouages dans la face… Je crois qu’ils tripent sur le côté plus agressif de ma musique. »

Pourtant, Sacrifice est moins incisif que le percutant Krime Grave, paru en 2014. Élaborées par des producteurs hip-hop renommés comme Gary Wide, Ruffsound, Ajust, Hotbox et DJ Manifest, les compositions y sont plus planantes, tandis que le débit du rappeur, souvent altéré par un vigoureux Auto-Tune, y est plus mélodieux.Souldia

« L’atmosphère est plus relax, concède le principal intéressé, mais je crois que les textes sont encore aussi tranchants. Tranchants, mais moins axés sur la violence, même si j’ai des traumatismes reliés à ça. Sur mon précédent, j’étais arrivé de façon très intense avec un clip de braquage de banque. Là, j’ai vieilli un peu et je me suis demandé quel héritage artistique j’avais envie de laisser à mes futurs enfants. Je veux pas juste leur léguer des clips sombres avec des AK-47 dedans. »

Au lieu d’uniquement « broyer du noir », Souldia tente de trouver la lumière en abordant ses envies de liberté (Corbeau), sa nouvelle relation conjugale (Skeletor) et son amour pour la scène (Overdose). Évidemment, il en profite aussi pour régler ses comptes (La liste noire) et replonger dans certains épisodes troubles de son passé, allant jusqu’à évoquer les fois où il a fait pleurer sa mère « entre deux clients de coke au téléphone » (la puissante Inoubliable).

« J’ai pris un peu plus de maturité, mais je ne ramollirai jamais. La petite boule de violence va être au fond de moi jusqu’à la fin de ma vie. Tout ce que je peux faire maintenant, c’est m’arranger pour que ce soit une bonne flamme », confie-t-il, sincère. « J’essaie maintenant d’éviter les textes trop dépressifs parce qu’en fin de compte, j’écris pour donner du feeling aux gens. Je veux pas les mettre dans une bulle pour qu’ils aient le goût de se pendre. »

Malgré cette prise de conscience, Kevin St-Laurent sait très bien que son alter ego Souldia évoluera toujours en marge de l’industrie musicale québécoise. Ignorée par la plupart des grands médias, boudée par les radios commerciales et mise à l’écart des plateaux télé, sa musique est confinée à rayonner sur Internet,  notamment sur Spotify et YouTube, là où elle obtient un succès plus qu’enviable. « Au stade où j’en suis, j’me fous un peu du mainstream. Avec les réseaux sociaux, je suis en quelque sorte devenu mon propre média », remarque celui qui a plus de 34 000 abonnés sur sa page Facebook.

« Au stade où j’en suis, j’me fous un peu du mainstream. Avec les réseaux sociaux, je suis en quelque sorte devenu mon propre média. »

En découle une information plus centralisée, moins teintée par le sensationnalisme propre à quelques médias généralistes de sa ville. Sorti de prison au tout début de la décennie, après avoir purgé une peine de 36 mois pour possession d’une arme à feu chargée, le rappeur a subi une couverture médiatique douteuse pendant plusieurs années.

« Quand j’ai été libéré, le premier show que j’ai fait, c’était à L’Impérial, et la moitié de l’assistance était constituée de policiers avec des boucliers et des chiens. Ça attirait beaucoup de journalistes qui cherchaient à me faire de la mauvaise presse. Des fois, c’était ridicule… Le lendemain de mes lancements, par exemple, on parlait de moi dans les journaux pour dire que tout s’était bien passé finalement », se rappelle-t-il, sourire en coin.

« Maintenant, ça va vraiment mieux de ce côté-là. La police vient faire un tour très rapide à mon lancement, pis ça s’arrête là », poursuit-il. « Mais reste qu’en entrevue, on commence toujours ou presque en me parlant de mon passage en prison. Ça me dérange pas d’aborder le sujet, mais récemment, j’ai décidé d’enlever cette information-là de ma biographie officielle. Je préfère mettre de l’avant ma musique. »

Actif depuis plus de 15 ans sur la scène rap de la capitale, Souldia possède effectivement un bagage musical de plus en plus imposant. Bilan de son tortueux passé, ce quatrième album représente d’ailleurs l’important sacrifice qu’il a dû faire en choisissant la voie de la musique après avoir touché le fond.

« Il y a des années où j’aurais fait beaucoup plus d’argent avec le crime qu’avec le rap », confie-t-il. « Ça a été vraiment dur de pas basculer, de pas flancher, mais j’ai persévéré, et c’est maintenant que ça commence à être payant. C’est un processus long et épuisant, mais je peux maintenant dire que c’est possible. »

 


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