« J’essaie de ne pas trop réfléchir, » dit xSDTRK à propos du processus d’écriture de chansons.  Mais l’auteur-compositeur, producteur et artiste montréalais, qui a réalisé des œuvres pour Jennifer Lopez, Jessie J, Karl Wolf, Ricky J et Jessie Labelle, met beaucoup de réflexion dans le but de s’améliorer.

« Il y a quelques années, j’ai arrêté de produire pour passer à l’écriture, pour décortiquer le concept de chanson et me mettre réellement à la place de l’auteur, puis je me suis retrouvé à revenir tranquillement à la production, » dit-il.

« Si je m’assoie pour faire quelque chose qui n’innove pas, autant ne rien faire du tout. »

Ses réalisations en production et en écriture se poursuivent – y compris quelques récentes pistes pour Jennifer Lopez – mais il a aussi produit son propre EP, Canvas. Il chante sur quelques-unes des chansons. L’une d’elles, « PowDer », une chanson à l’atmosphère sensuelle qui met en vedette la voix de Thes, est sortie en juin dernier.

xSDTRK – dont le nom de naissance est Yonatan Ayal – ne s’attend pas à être diffusé à la radio ni à recevoir le prix de la chanson anglophone de l’année comme celui qu’il a reçu lors de l’édition francophone des prix de la SOCAN de 2011 pour la chanson « Whatta Night » de Ricky J.

« Ce n’est pas tellement de la chanson que je fais. C’est plutôt un gros travail de production, » dit-il de son propre matériel. « C’est une sorte de style libre. Ça revient à l’idée de ne pas trop réfléchir. Je m’enferme dans mon sous-sol et j’essaie juste de créer une expérience d’immersion linéaire.  Certaines personnes considèrent ça comme un peu hallucinant; je pense que c’est simplement une sorte de cinéma sonore. »

Les parents de Yonatan Ayal lui ont accordé jusqu’à l’âge de 25 ans pour se lancer dans une carrière musicale. Il l’a fait. Il a 25 ans. Il a étudié le piano au Conservatoire Royal depuis l’âge de trois ans et peux jouer de la plupart des instruments. Puis, adolescent, il a commencé  a faire des beats « par nécessité », pour quelques amis au secondaire qui faisaient du rap.

« Je me suis trouvé une station audionumérique et je me suis mis au travail, dit-il. Ç’a évolué tranquillement pour devenir ce que c’est aujourd’hui. » Grâce au logiciel Abelton et à la station ProTools, Ayal s’ingénie à créer des rythmes accrocheurs qui repoussent les frontières, « parce que si je m’assoie pour faire quelque chose qui n’innove pas, autant ne rien faire du tout, » précise-t-il.

C’est son travail sur la chanson « Yala Habibi » de Karl Wolf qui lui a ouvert les portes.  « Ça m’a fait connaître dans l’industrie canadienne puis j’ai déménagé aux États-Unis quelques années plus tard, » raconte-t-il. Une contribution importante a été l’invitation de Leon « Roccstar » Youngblood à participer à son camp d’écriture de chansons pour JLo, duquel est né « Acting Like That » (mettant en vedette Iggy Azalea) et « So Good » sur son récent album A.K.A.

« Je ne crois pas en la chance, dit Ayal. Je calcule simplement ce qu’il faut pour arriver à un certain point. La seule chose sur laquelle je peux agir est ma formation et faire en sorte de m’améliorer. »

Parcours

  • A été en nomination à un prix JUNO en 2011 pour l’album R&B/Soul de l’année pour la coécriture de « Nightlife » avec Karl Wolf
  • Les coécritures « Yalla Habibi » de xSDTRK avec Karl Wolf et « Whatta Night » avec Ricky J ont toutes deux été certifiées or
  • Le site Web de xSDTRK raconte qu’il « rêve de créer une symphonie de bruits qui évoqueraient des influences comme Björk et les rythmes tribaux étourdissants de 808. »

Faits saillants
Éditeur :
BMG Rights Management Canada, Primary Wave
Discographie sélective: « Boss Bitch », Yung Berg (2009); « Numb », Karl Wolf (2010); « Illusions », Millimillz mettant en vedette Avery Storm (2012); « Le Poise », Luu Breeze (2013)
Visitez http://xsdtrk.com/
Membre de la SOCAN depuis 2010


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Ce n’est pas parce qu’il a vendu plus d’un million de disques que Sylvain Cossette a envie de se poser : « Je vois chaque étape de ma carrière comme une nouvelle marche de mon “escalier” professionnel. » Depuis 25 ans, son ascension ne cesse d’ailleurs de se confirmer, de l’époque du groupe Paradox, à la fin des années 80, jusqu’à la parution d’Accords, en octobre 2014, un album de chansons inédites. Celui, pour sûr, de la maturité.

Avec le temps, cet autodidacte pur jus a multiplié les cordes à sa guitare et pris la pleine mesure d’une autonomie désormais bien assumée. « Comme l’océan, en 1994, a marqué le début de mon aventure en solo, explique-t-il. Ça a été un point tournant. J’avais commencé à écrire et à composer un peu par accident et j’ai tendu “Tu reviendras” du bout des doigts, tellement je craignais de la montrer. Cette création, ma toute première, a finalement été retenue parmi les dix chansons de l’année à l’ADISQ et elle a remporté un prix SOCAN. Ça m’a donné le goût de continuer. » 

« J’ai eu envie d’un show intime, plus acoustique, dans des salles que j’ai visitées il y a longtemps. »

Par la suite Blanc, complètement de son cru, a régné 50 semaines au Top 50 : « Une révélation! » D’autres jalons allaient renforcer son identité de créateur et cristalliser sa popularité de chanteur virtuose : son interprétation saisissante de « Que je t’aime », l’album Humain, que, encore une première, il a réalisé et arrangé en entier, sa participation à 250 représentations de Notre-Dame-de-Paris, l’album Rendez-vous, l’épopée Dracula et l’écriture du conte musical Les 7, sa collaboration aux opus d’Andrée Watters et, bien sûr, le succès monstre du chapitre 70s, avec trois CD et des tournées à la clé.

Pour Sylvain Cossette, l’heure est à l’introspection et à la simplicité : « Après 12 ans sur les routes avec un camion de 53 pieds, après avoir chanté sur les plus grandes scènes du Québec avec beaucoup de moyens, j’ai eu envie d’un show intime, plus acoustique, dans des salles que j’ai visitées il y a longtemps, comme le Petit Champlain ou le Gesù. L’album Rétrospective – entièrement piano et voix – que j’ai lancé l’an dernier a justement servi de pont entre la “grosse folie” des dernières années et ce qui s’en vient. Les gens s’ennuyaient de mes chansons. Le public m’en parlait beaucoup, me donnait des commandes. Je l’ai écouté. »

Et pour son matériel, l’auteur-compositeur n’a pas eu à creuser : « J’ai l’impression que les chansons éprouvent le besoin d’émerger. C’est comme si les canaux étaient ouverts. Souvent, en une heure ou deux, les paroles et la musique sont là. » Sans doute parce qu’elles puisent à même le concret : « J’ai eu 51 ans et en vieillissant, j’épure au lieu d’accumuler. J’ai découvert le principe de Pareto, la loi des 80-20. Et je me suis demandé si je passais 80 % de mon temps avec les 20 % de gens qui sont mes vrais amis. Alors, j’évite les situations qui ne me rapportent rien et je priorise ceux qui comptent : mes enfants, ma blonde, mes proches. C’est un peu ça, le thème d’Accords… À 18 ans, on court. Et puis, on ralentit, on voit plus clair, on a besoin d’être en accord avec soi, la nature, le monde. On arrête de s’en vouloir pour ses échecs passés. On est à la bonne place. Il y a dans tout ça un côté très serein. Aujourd’hui, je m’en vais là où je serai en accord… Dans “Qu’adviendra-t-il de nous?”, j’exprime mon désir d’avancer, de foncer dans la vie, même si un jour, “ tout sera terminé et disparu”. “Notre monde” parle de l’envie de prendre les chemins de campagne plutôt que l’autoroute, pour goûter les moments à deux. »

Fidèle à ses racines, Sylvain a misé avant tout sur les guitares, qu’il collectionne avec passion, pour traduire ses états d’âme avec des sonorités tantôt folk, tantôt rock, le tout émaillé de ballades. Dans la tranquillité de son studio, il a presque tout fait tout seul – pistes instrumentales, voix et harmonies, arrangements, réalisation – avant de confier le résultat aux bons soins de son guitariste et complice Matt Laurent pour la touche finale prémixage. C’est aussi sa maison, S7, qui assure la production.

Après une tournée promo à l’automne, le clan Cossette repartira donc dès janvier pour une parenthèse en formation réduite, avec Matt Laurent et Martin Héon à la guitare, Sébastien Langlois à la batterie et au piano, sans oublier la douce et les filles de Sylvain : Élisabeth, 23 ans, à la voix et à la basse, et Judith, 24 ans, à la photo et à la vidéo, elle qui met la dernière main à un beau livre consacré à la carrière de son père. Bien entendu, tout ce petit monde ne pourra être qu’en parfait accord.


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Si Fontarrabie est une commune espagnole, Fontarabie (avec un « r » en moins) se veut l’ambitieux projet musical de Julien Mineau, leader de Malajube, servant d’intermède entre deux albums du populaire combo. Beaucoup plus proche de l’esthétique de la trame sonore, de la musique classique et de la pop orchestrale étoffée que de la pop-rock hétéroclite et échevelée de Malajube, l’album homonyme de Fontarabie prend ses racines dans un désir de liberté. Une volonté de Mineau de faire plus de musique chez lui, dans sa maison de Ste-Ursule.

« J’ai évolué depuis mes premiers pas. J’ai écrit Trompe-l’œil à 22 ans. J’en ai aujourd’hui 33. Je ne suis plus du tout la même personne. Il ne me reste plus grand chose de cette époque. »

« Je faisais des trucs en solo depuis très longtemps. Tout seul chez moi, en apprenant la technique. Mais à chaque fois, je perdais de l’intérêt et je ne les menais pas à terme. C’était trop compliqué ou j’avais trop de shows avec Malajube. Bref, ça a toujours tombé à l’eau. Pour ce projet, ça me prenait un certain niveau de maturité. Mais aussi, je voulais être détendu et faire un album sans stress. Ne pas penser à payer mon loyer. Je voulais faire quelque chose de significatif sans me dire que c’est une job. Il n’y avait pas de but lucratif. Ce fut un laboratoire d’apprentissage pour moi. Je me suis acheté des micros, j’ai monté un petit studio et j’ai appris une couple de métiers : arrangeur, mixeur, technicien de son. J’aime faire les choses chez moi, à ma façon, sans avoir à attendre une subvention, » raconte Mineau.

Échelonné sur une période de deux ans (entre 2012 et 2014), l’enregistrement de l’opus s’est fait lentement, progressivement, mais dans un climat calme et serein. « En réalité, ce fut une longue session de studio. Je ne suis presque pas sorti, presque pas vu de shows. Je me suis un peu isolé chez moi, mais j’étais bien avec ma blonde et mes chiens. Je suis un peu ermite de nature. Pas trop nightlife. »

Les 14 pièces contenues sur le disque ne sont qu’une fraction du matériel créé pour ce projet hybride imposant. L’homme a longtemps mijoté les chansons de Fontarabie dans sa marmite, puis a fait le grand ménage parmi une cinquantaine de morceaux. « Je ne voulais pas que ce soit trop éparpillé. Je voulais que ça se tienne et qu’il y ait un certain sens, une ligne directrice. Ça s’en allait dans plein de directions et j’ai mis de l’ordre là-dedans, c’est ce qui a été long. J’ai fait l’album instinctivement, mais j’ai recommencé certaines pièces des dizaines de fois avant d’être satisfait du résultat. Ça a toujours été comme ça avec la musique. Je la fais d’abord pour moi. Mais j’avoue que vers la fin, je me suis mis de la pression sur les épaules. J’ai gossé plusieurs chansons. Je suis perfectionniste, mais ça reste inoffensif. C’est pas trop dangereux, » avoue-t-il, pince-sans-rire.

Certes, on pense aux trames sonores de Danny Elfman à l’écoute du compact du sextuor (dont fait partie, entre autres, Simon Trottier de Timber Timbre), mais aussi parfois à celle d’un film d’horreur des productions Hammer ou alors à un David Lynch inédit. « Sans avoir écouté beaucoup de trames sonores de films, c’était dans mon subconscient. J’avais envie d’ambiances de vieux films, des trucs kitsch, Columbo, des glissandos de violons. C’est un exercice, en fait. Et puis, j’aime pas trop agencer la couleur de ma voix à la musique que je fais. Souvent, je trouve que ça peut nuire à l’ambiance que je veux créer. Ça donne trop d’informations. Voilà pourquoi le disque est à moitié instrumental, » confie Mineau.

Parvenant à distiller ses ambiances cinématographiques et ses climats brumeux avec des pièces instrumentales telles que « Morula » et « Cosmogonie », Julien s’est tourné vers le piano pour la composition de l’ensemble des titres (même s’il joue d’une dizaine d’instruments sur l’album). L’aspect créatif le plus éprouvant de l’entreprise Fontarabie? L’écriture des textes. « Si j’avais voulu ne pas mettre de voix sur l’album, il serait paru l’an dernier. Tout était prêt. Ce qui est long à écrire et ce qui est moins le fun pour moi, ce sont les paroles. C’est moins instinctif et plaisant. Plus souffrant, je dirais. Je peux écrire trois chansons par jour, mais pour les textes, je me sens toujours un peu pris. Je ne veux pas écrire des choses insignifiantes ou de mauvais jeux de mots. J’ai évolué depuis mes premiers pas. J’ai écrit Trompe-l’œil à 22 ans. J’en ai aujourd’hui 33. Je ne suis plus du tout la même personne. Il ne me reste plus grand-chose de cette époque, » laisse-t-il tomber.

Après avoir livré un mémorable spectacle l’été dernier lors des FrancoFolies (avec 17 musiciens sur scène), passé du temps à écrire dans les bois au Nouveau-Brunswick et participé au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FMEAT) fin août, Mineau a des plans tout simples. « Écrire de la musique et chanter à chaque jour, c’est ce que je veux pour l’instant. Reste à définir la direction qu’on va prendre avec Malajube. Ça change à chaque jour, mais j’ai déjà un ou deux autres albums de Fontarabie en banque. Je suis sur une lancée studio et je préfère faire des shows événementiels que de la tournée à cette partie de ma vie. » Prudent, il conclut : « Et puis, j’ai fait une copie de mon disque dur. Alors, si ma maison brûle, je ne perdrai pas tout mon travail! » Et nous non plus!


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