Pour Serena Ryder, le titre de son nouvel album – Harmony – a une signification bien concrète.

« Je crois que ma responsabilité en tant que chanteuse et musicienne est de créer une harmonie entre tous mes éléments », dit-elle. « C’est du moins le but ultime de cet album. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours été très éparpillée stylistiquement et en ce qui a trait à ma voix. Les gens me disent “Choisis ton style, Serena, sinon tout le monde va être confus”. Mais pour moi, c’est comme différentes langues; il faudrait que je choisisse une seule langue pour le monde entier? Non. J’ai accepté cela avec cet album; si je pouvais ne faire qu’une seule chose, ce serait plus simple pour moi d’y focaliser toute mon attention, mais je ne crois pas que mon but dans la vie est de focaliser. »

Sur cet album, les multiples facettes de la personnalité de Ryder et ses influences musicales éclectiques ont convergé vers un tout captivant et Harmony est d’ores et déjà perçu comme l’album qui va la lancer auprès du grand public. Lorsque l’on sait qu’il s’agit en fait de son septième album et qu’elle fait des tournées internationales depuis une dizaine d’années, on peut se permettre de considérer qu’elle voulait prendre le temps de bien faire les choses. Son incroyable talent de chanteuse dont la voix donne des frissons de plaisir n’a jamais été remis en question et son talent d’auteure-compositrice s’est amélioré de manière exponentielle au cours des dernières années.

« Je crois que ma responsabilité en tant que chanteuse et musicienne est de créer une harmonie entre tous mes éléments. »

Tandis qu’elle relaxe, verre à la main, dans son endroit de prédilection dans l’ouest de Toronto, Ryder admet d’emblée qu’elle stresse énormément quand vient le temps de décider le genre d’album qu’elle enregistrera. Ses premiers opus étaient clairement dans le camp folk/roots et elle s’est rapidement imposée comme une vedette des festivals de ce genre tant ici qu’en Australie. En 2006, son album intitulé If Your Memory Serves You Well lui a permis de joindre un auditoire plus large – en plus de lui valoir le Juno de la découverte de l’année en 2008 – grâce à ses interprétations stellaires des classiques du répertoire dit Great Canadian Songbook. Son album suivant, Is It O.K. (2008), était quant à lui plutôt adulte contemporain.

Puis, pour l’album devant succéder à Is It O.K., Ryder a écrit près de 65 chansons, dont plusieurs avec des collaborateurs de Toronto, mais, suivant les conseils de son impresario Sandy Pandya, elle a décidé de changer de direction de nouveau. « Sandy m’a confié que son instinct lui disait que je n’étais pas prête à enregistrer un nouvel album et que je devrais pousser mon exploration un peu plus loin », raconte Ryder. « Et je sais que lorsque je fais confiance à Sandy, tout se passe à merveille. »

Elle s’est donc rendue à Los Angeles afin d’y trouver des collaborateurs et son chemin a croisé ceux de Jon Levine et Jerrod Bettis, qui allaient devenir ses coproducteurs et coauteurs. Serena avait déjà collaboré avec Levine (Philosopher Kings, Nelly Furtado) quelque cinq ans auparavant, mais c’était sa première rencontre avec Bettis.

« Nous nous sommes rencontrés à Hollywood et c’est là que l’album a pris naissance », se remémore Ryder. « Je n’avais pas la moindre idée qui il était ou ce qu’il avait fait. Je suis arrivée avec ma guitare et un “riff” et c’est ainsi que la chanson Stompa a vu le jour. Jerrod a composé des rythmes démentiels sur son ordi et deux heures plus tard nous avions un produit fini. J’ai ressenti une étincelle, une énergie, et les sons m’ont inspiré des paroles. C’était une chimie musicale instantanée. »

L’irrésistible « Stompa », le premier extrait d’Harmony, est rapidement devenu un succès dans plusieurs formats et au moment d’écrire ces lignes, la pièce avait passé pas moins de sept semaines au sommet du Top 20 de CBC Radio 2. Les bonnes vibrations qui ont caractérisé la création de « Stompa » se sont poursuivies dans le studio maison de Ryder, un ancien garage pour 2 voitures baptisé The Cottage où Bettis et Levine supervisaient le reste des séances d’enregistrement.

« J’ai voulu un studio maison toute ma vie afin de pouvoir y créer ma musique quand bon me semble », confie-t-elle. « C’est l’endroit idéal où je peux me permettre d’être à l’écoute de moi-même, sans pression de l’extérieur. Je supporte très mal la pression. C’est mon cerveau qui prend le contrôle dans ces moments-là, au lieu de mon instinct et de mes émotions, et ce sont mes émotions qui informent ma sagesse. »

Serena Ryder a fait confiance à son instinct et elle ne pourrait être plus heureuse. « J’ai l’impression d’entamer un nouveau chapitre de ma vie et c’est pour moi une immense source d’inspiration », confie-t-elle avec bonheur. « Auparavant, j’avais l’impression que tout était prédéterminé, le son qu’auraient mes chansons, avec qui j’allais collaborer. Mais cette nouvelle direction me permet de transcender plusieurs barrières de genres et d’essayer plein de choses différentes avec plein de nouvelles personnes dans des styles variés. »

Pour Harmony, Serena a également changé son approche du chant. « J’ai réalisé que mon corps sait chanter différemment lorsque je ne tiens pas ma guitare », explique-t-elle. « Je ressens plus ma voix lorsque je fais cela. Ma façon de chanter venait de mes influences vocales plutôt que guitaristiques. »

Il y a sur Harmony une vitalité et une énergie, mais cela ne signifie pas que tout se soit déroulé sereinement pour Serena. Ryder n’a pas hésité à parler ouvertement – et avec une candeur qui n’est pas nécessairement monnaie courante dans le milieu artistique – de son combat avec la dépression.

« Je crois que c’est important d’en parler et de parler de ce qu’il y a de bon en nous et autour de nous », dit-il avec sagesse. « La dépression peut vous transformer en monstre qui a une voix beaucoup plus forte que la vôtre, mais ce n’est pas parce que vous n’entendez plus votre propre voix que vous n’êtes plus là. »

Est-ce qu’écrire des chansons peut aider? « Lorsqu’on souffre de trouble dépressif majeur, même sortir de son lit et dire “bonjour” est une épreuve qui paraît insurmontable », confie-t-elle. « Si vous êtes capable d’écrire une chanson, ce n’est vraisemblablement pas un trouble dépressif majeur dont vous souffrez. Il est pratiquement impossible de s’autocontraindre à faire quoi que ce soit lorsqu’on est dans cet état, mais une chose est sûre, entendre et écouter de la musique peut très certainement vous aider à surmonter certaines choses. »

En plus de poursuivre sa propre carrière, Serena Ryder adore chanter avec d’autres artistes. « J’ai toujours rêvé d’être un peu comme Emmylou Harris et de chanter sur les albums de plein d’autres artistes », raconte-t-elle. Parmi les artistes avec qui elle a collaboré, on retrouve Blackie and the Rodeo Kings, Tim Chiasson, The Beauties [avec qui elle a enregistré un album conjoint en 2011], Great Lake Swimmers, Johnny Reid, Jimmy Rankin et Jerry Leger (sur « All Over Again », une chanson qu’ils ont récemment coécrite). Sa collaboration avec Melissa Etheridge sur la pièce « Broken Heart Sun » – coécrite par Ryder – a connu beaucoup de succès à la radio et a donné lieu à une tournée canadienne durant laquelle les deux chanteuses se sont liées d’amitié.

Comme auteure-compositrice, Serena Ryder a beaucoup collaboré avec ses collègues torontois Derek Downham (The Beauties), Todor Kobakov, Lindy Vopnfjord et Hill Kourkoutis – qui fait désormais partie du groupe de tournée de Ryder – ainsi qu’avec la Montréalaise Maia Davies (Ladies of the Canyon).

Ryder ne cache pas le fait que la tournée américaine dans la foulée de Is It OK n’a pas été facile. « Les tournées peuvent vraiment vous réduire à néant à force de chanter les mêmes chansons soir après soir jusqu’à ce qu’elles n’aient plus aucune signification. J’ai sans aucun doute été un peu trop longtemps déconnectée de moi-même pendant cette tournée. On finit par se sentir totalement vide, comme s’il n’y avait que des toiles d’araignées et de la moisissure dans notre âme. Heureusement, je me suis retrouvée juste à temps et j’ai passé les dernières années à effectuer quelques rénovations dans mon for intérieur. »

Ce qui ne signifie pas pour autant que la tournée ne lui a pas apporté de bons souvenirs. « J’ai partagé la scène avec David Gray et Ray Lamontagne, deux artistes que j’adore », se réjouit-elle. « Jouer à Lilith Fair était un rêve pour moi, j’écoutais ces compilations quand j’avais 14 ans et j’ai même gagné le concours qui me permettait de prendre part à cette tournée quand j’avais 16 ans, mais la tournée a été annulée cette année-là! »

Ryder est très reconnaissante de tout le soutien qu’elle reçoit de son auditoire canadien. « Le Canada sera toujours mon chez-moi », dit-elle. « Je me sens sincèrement privilégiée d’être d’ici et d’avoir les fans que j’ai, car je crois que les Canadiens ne sont pas faciles à impressionner. Ici, ce n’est pas une question de tape-à-l’œil, de “hype” et de quelles célébrités aiment votre musique. Les Canadiens sont un auditoire d’une incroyable loyauté. Même si je leur ai offert un album aux sonorités complètement différentes, je sais que les gens qui m’aiment m’aiment vraiment et depuis 10 ans. »


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C’est vers l’âge de 13 ans que David Giguère écrit ses premières esquisses de chansons et concocte un obscur album rap avec l’aide d’un professeur d’art dramatique. Poussé par sa passion grandissante pour le jeu, il étudie ensuite le théâtre au Collège Lionel-Groulx et, en 2008, fait la découverte d’un instrument qui le marquera : le piano. « Je te jure que j’ai pogné de quoi! L’école de théâtre était très intense. Au moment même où l’on me disait quoi faire et comment faire les choses en tant que comédien, j’ai découvert ce bel instrument et j’ai eu envie d’écrire des chansons sans réelle structure. Les seules bases, c’est moi qui me les donnais. J’avais soif de liberté, » raconte le jeune homme, aujourd’hui âgé de 24 ans.

Alors que David termine sa formation de comédien en 2010, l’envie de monter sur les planches et de faire entendre ses compositions le tenaille. Accompagné par une poignée d’amis musiciens, il fait des vagues dans de petites salles montréalaises grâce à sa présence scénique assurée. Lorsque des gens de l’industrie s’intéressent à lui, l’artiste cherche à tout prix les oreilles attentives. C’est lors du spectacle Chante avec moi d’Olivier Choinière qu’il croise Philippe Brault (Pierre Lapointe). « Il m’a dit que la meilleure gérante qu’il connaissait était Stéphanie Moffatt. Nous nous sommes rencontrés dans un café et ça a cliqué. Ensuite, j’ai continué de travailler sur l’album. Puis, on a examiné les choix qui s’offraient à nous. Plusieurs étiquettes étaient intéressées, mais il y avait un esprit de famille chez Audiogram qu’on ne retrouvait pas ailleurs. Ils donnaient une grande liberté à l’artiste, ce qui est important pour moi. Ils avaient des idées et tout ce qu’il faut pour que je pousse mon projet encore plus loin afin d’atteindre les objectifs que je m’étais fixés, » avance le mélomane averti, admirateur de Serge Gainsbourg, Gilbert Bécaud et Jimmy Hunt.

Je suis constamment dans une recherche d’honnêteté. Je ne veux pas jouer à avoir du fun. Je veux avoir du fun pour vrai.

Épaulé par Pierre-Philippe Côté (alias Pilou) à la réalisation, Giguère sait bien s’entourer. Rapidement, il recrute une autre alliée prestigieuse. Sœur de Stéphanie, Ariane Moffatt se greffe au projet à titre de directrice artistique. « Ce qui me plaît le plus dans ce métier, ce sont les rencontres, et Ariane m’a appris un tas de choses. Elle fut d’une grande générosité, présente lors de toutes les étapes du projet pendant un mois complet, chaque jour. Elle est arrivée alors que la pré-production était déjà passablement avancée. Ce qu’elle a amené est un niveau d’expérience exceptionnel. J’avais des interrogations, des inquiétudes et elle a pris le temps de répondre à toutes mes questions. C’était bien d’avoir un œil extérieur issu du milieu de la pop. On était trois à prendre des décisions tout au long du processus, » assure-t-il.

Résultat : Hisser haut, un premier album qui voit le jour en janvier 2012. À mi-chemin entre la pop et les sonorités électro, le compact séduit avec ses fortes mélodies et des textes d’une étonnante maturité. Entièrement écrit et composé par Giguère, Hisser haut est un opus dont l’élaboration ne fut pas de tout repos pour l’artiste. « Je me suis occupé de toutes les étapes de ce projet. Autant pour la pochette où je me suis retrouvé dans un chalet avec un graphiste pendant six jours, le mastering, les arrangements (avec Pilou). Ce fut énormément de travail, mais en même temps, c’était important que l’album et tout ce qui l’accompagne soient le plus représentatif possible de ma personne. Tu sais, les thèmes de Hisser haut remontent à il y a longtemps. Je parle d’enfance, de naïveté, de la rencontre avec l’être aimé. Il y avait des thèmes précis que je voulais explorer. À vrai dire, ce premier disque représente ma vie jusqu’à mes 22 ans, » soutient-il.

Celui qui a récemment aménagé un mini studio chez lui sera fort occupé au cours des prochains mois. Après une escale de dix jours au Brésil en mars (« une formule guitare/sons électro avec ma choriste », David reviendra à la maison pour se remettre à la composition. Puis, en avril, c’est la Corée qui l’attend alors qu’il participera à la pièce Caligula (remix) de Marc Beaupré. Fin de parcours au Viêt-Nam et au Laos. « Assurément, ce sont des escapades qui vont me nourrir pour le prochain album. Même si je n’ai pas encore de chansons prêtes, j’aimerais l’enregistrer cet été et le sortir le plus rapidement possible. Au cours de la dernière année, j’ai compris comment fonctionnait le milieu de la chanson. Plus question de répéter les mêmes erreurs. J’ai maintenant le goût que ça se passe comme j’en ai envie. Je suis constamment en recherche d’honnêteté. Je ne veux pas jouer à avoir du fun. Je veux avoir du fun pour vrai. »


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Il y a chez Zachary Richard une certaine aisance dans la création. La preuve? En octobre 2011, l’auteur-compositeur-interprète signait Le fou, son vingtième album en carrière. Un fait qui ne semble pas pour autant surprendre le principal concerné. « Dix, trente ou vingt mille disques, ce n’est pas important pour moi. Ce qui compte, c’est les émotions véhiculées. » On sent l’homme toujours aussi inspiré, à l’affût des mots et des sons. Lors de l’entrevue, Zachary Richard confiait se trouver dans une sorte de frénésie d’écriture. « J’ai composé deux chansons en deux jours. Je me réveille la nuit pour écrire des mélodies qui me viennent en rêve. Heureusement, j’ai assez de discipline pour me réveiller et les écrire. »

Au cœur de cette confession toute simple se trouvent les bases du processus créatif de ce natif de la Louisiane, une recette qui comprend un savant mélange d’inspiration pure et de travail organisé. Loin de lui cette image de l’artiste qui s’acharne à sa table de travail comme on se rend à heure fixe au bureau. La manière Richard se trouve à l’opposé. Elle préconise l’attente, une ouverture à soi et à tout ce qui nous entoure. « L’image que j’emploie pour expliquer ma façon de travailler, c’est celle d’un chasseur de phoque sur une banquise auprès d’un trou, avec un harpon à la main, et qui attend sa proie. Il faut aussi se rendre à cet endroit sur la banquise. C’est une chose d’être à l’affût, mais il faut aussi se présenter. Et une façon de se présenter comme artiste, c’est d’avoir les antennes sorties, d’observer et de sentir. »

 « J’ai composé deux chansons en deux jours. Je me réveille la nuit pour écrire des mélodies qui me viennent en rêve. Heureusement, j’ai assez de discipline pour me réveiller et les écrire. »

Les premières ébauches du disque Le fou se sont faites à Montréal, à son petit studio situé à quelques étages plus bas que le condo qu’il partage avec son amoureuse de toujours, Claude Thomas. Depuis Cap enragé, Zachary Richard travaille de la même façon. Il commence simplement avec sa guitare et une information rythmique donnée, de préférence, par un humain – et non une machine. La raison est simple. Le musicien prône la spontanéité et le naturel pour arriver à cerner les formes d’une chanson. Pour ce faire, il fait appel à Nick Petrovski, précieux compagnon de route. Et, tranquillement, de nouveaux musiciens du Québec et de la Louisiane se joignent à l’aventure, des amis de longue date auxquels Zachary Richard demeure fidèle, comme s’ils apportaient un sentiment d’ancrage à celui qui est acadien et américain, partagé entre le Québec et la Louisiane. Au sein de cette garde rapprochée se trouvent le batteur Justin Allard, le bassiste Sylvain Quesnel, les guitaristes Éric Sauviat et Nicolas Fiszman, et le pianiste David Torkanowsky. Pourtant, lorsque Zachary Richard ressent une zone de confort musical, il met un terme aux séances d’enregistrement et reprend le large. Car s’il aime les gens, l’homme est avant tout un solitaire, qui préfère communiquer à travers ses chansons.

Le fou marque un retour à ses racines, à la Louisiane qui parfume les paroles comme les mélodies. Car Zachary Richard est de ceux qui prônent l’engagement dans la vie comme dans ses chansons. Né américain, il choisit dans les années 70, grâce à la découverte de l’accordéon diatonique, d’embrasser ses racines, la diversité de son identité. Depuis, son amour pour la culture cajun et pour le français, cette langue parlée par les grands-parents, n’a fait que grandir et grandir. En 1998, année où le chanteur devient propriétaire d’un pied-à-terre à Montréal, il délaisse l’anglais pour le français dans son journal de bord. Car pour Zachary Richard, le pari est clair. Il s’agit de réconcilier l’exotisme du parlé louisianais tout en usant d’un français plus que parfait, régionaliste, toujours en visant une certaine universalité. « Parler français en Amérique du Nord est un geste de résistance, d’entêtement. Des fois, je me demande ce que je suis en train de faire, car j’aurais très bien pu avoir une carrière anglophone… Mais pour moi, le français est une grande richesse. Ça me réconforte de nager à contre-courant et de résister aux forces de l’assimilation pour maintenir un monde plus diversifié. »

Malgré ce parti pris, engagement ne rime jamais avec revendication ou propagande. Zachary Richard préfère le chemin du cœur, un retour à la base, à cette émotion première qui génère une envie d’écrire une chanson. La pièce « Le fou » en témoigne. « Je ne mets jamais une chanson au service d’une cause. Quand je chante les fous de Bassan, c’est évidemment une chanson à tendance écologique dont je suis fier. Mais avant toute chose, l’inspiration ne vient pas d’un désir d’écrire une chanson pour sauver la planète. J’étais complètement bouleversé de voir un magnifique oiseau souillé de la manière la plus ignoble, incapable de voler avec ses ailes couvertes de pétrole. C’est cette émotion qui prime et non la cause, qui est rattachée à la tête. Car ce qui compte toujours pour moi, c’est le cœur. »


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