L’ex-directrice exécutive du Centre de la musique canadienne, Elisabeth Bihl, vient de prendre les rênes de l’Association canadienne des éditeurs de musique (CMPA) à la suite du départ de Catharine Saxberg, qui a récemment joint les rangs de la SOCAN à titre de chef des Relations Internationales de la société.

Mme Bihl a abandonné son siège au conseil de la CMPA pour assumer les fonctions de directrice exécutive sur une base intérimaire.

« Elisabeth a autre chose en vue en 2014, mais comme elle avait six mois de disponibilités, elle a accepté volontiers d’occuper ces fonctions temporairement, » explique Jodie Ferneyhough, président de la CMPA.

M. Ferneyhough affirme que le départ de Mme Saxberg a été un « choc » mais avec l’acceptation de Mme Bihl pour la remplacer temporairement, le conseil de la CMPA a résolu de mettre sur pied un comité de transition et de définir clairement ses futurs objectifs avant de penser à remplacer en permanence Mme Saxberg, qui a dirigé l’Association pendant près de neuf ans. 

« Elisabeth pourra nous aider à aller de l’avant jusqu’à ce que nous sachions exactement ce que devrait être la prochaine orientation. » – Jodie Ferneyhough, président de la CMPA

« Catharine a été avec nous pendant tout mon mandat comme président, » dit M. Ferneyhough. « Elle a fait un excellent travail et nous lui souhaitons tout le bien possible à la SOCAN. Nous ne savons pas à l’heure actuelle si notre nouveau directeur ou directrice devrait être un vétéran du milieu, qui comprend parfaitement le lobbying, ou s’il ne devrait pas s’agir d’une personne plus jeune qui apportera une énergie et une orientation différentes à ce travail. »

M. Ferneyhough ajoute que l’Agence canadienne des droits de reproduction musicaux (CMRRA, qui appartient à la CMPA) est aussi en transition après le départ de son président de longue date, David Basskin, et l’ascension de son commandant en second, Caroline Rioux, qui prend la tête de l’organisation.

Avec de si nombreux changements en si peu de temps, M. Ferneyhough affirme que lui et ses directeurs remercient cette occasion de « reprendre notre souffle afin de trouver la bonne personne. »

Pour l’heure actuelle, M. Ferneyhough dit que Mme Bihl « est la candidate parfaite parce qu’elle est déjà dans notre cercle, qu’elle a été directrice exécutive et sait comment travailler avec un conseil d’administration. Elle est ainsi bien placée pour poursuivre le travail entrepris. Il n’y a pas beaucoup de lobbying à faire actuellement mais il y a des tonnes de travail qui exigent notre attention et Elisabeth pourra nous aider à aller de l’avant et à ouvrir des portes jusqu’à ce que nous sachions exactement ce que devrait être la prochaine orientation de la CMPA. »

Vers la fin de l’an dernier, Mme Bihl a annoncé qu’elle quittait le Centre de musique canadienne après y avoir consacré 14 ans. Elle a notamment modernisé l’organisation, supervisé la numérisation de la bibliothèque de musique, mené une vaste campagne de financement et dirigé une importante rénovation du siège social national du Centre, qui fait parti du patrimoine historique du centre-ville de Toronto.

« C’est ce que l’on appelle partir sur une bonne note, » dit Mme Bihl en riant. « Nous avons aussi mis au point un plan stratégique afin que le Centre soit prêt à affronter l’avenir. Il était temps pour moi de trouver un nouveau terrain de jeu. »

Mme Bihl a accepté d’accompagner l’expansion de l’International Resource Centre for Performing Artists, fondé par l’ancienne directrice artistique Ann Summers, mais pour le moment, son engagement est envers la CMPA.


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Réalisateur, scénariste et comédien, Émile Proulx-Cloutier souhaite faire ses classes et participe au Festival en chanson de Petite Vallée en 2011. Coup d’éclat. L’homme y rafle pas moins de sept prix. Une expérience particulièrement concluante qui l’amène à user ses semelles sur d’autres scènes, puis à présenter en novembre 2013 un premier album : Aimer les monstres. Servi par la délicate réalisation de Philippe Brault (Pierre Lapointe, Random Recipe), le disque recèle des histoires sordides et de sombres personnages, comme cette vieille dame désabusée (« Le tambour de la dernière chance ») ou cet ado troublé (« Aimer les monstres »). Émile estime que le fait d’être comédien et scénariste aide à nourrir son imaginaire foisonnant d’auteur de chansons.

« Aller jouer dans des zones émotives qui ne sont pas les miennes est excitant. Se mettre dans les bottines de quelqu’un qui n’a pas mon parcours mais pour qui je peux avoir une certaine empathie m’allume. En fouillant, il y a quelque chose d’humain qui nous relie tous. En même temps, je veux y mettre du mien. Car au détour d’une phrase, il y a des éléments très personnels que je révèle. Le cadre du récit est fictif, mais ensuite on le remplit de révélations pour lui donner du relief. Au-delà de puiser dans nos expériences, on doit mettre le tout au service de ce qu’on raconte. Souvent, j’ai remarqué que mes personnages changeaient d’idée pendant la même chanson! Comme dans “Votre cochon se couche”. Être scénariste et comédien, ça aide à se construire une méthode et à placer les éléments du décor d’une chanson, » raconte l’artiste particulièrement volubile.

« J’essaie d’organiser ma vie afin de toujours avoir un ou deux projets intéressants à la fois. »

Avec un premier album sous le bras à l’âge de 30 ans, Émile considère que la pression était forte. Pas question de faux pas. Sa notoriété de comédien/scénariste/réalisateur lui pesait plutôt lourd sur les épaules. « J’ai traversé plusieurs processus créatifs dans une multitude de sphères, vu des créateurs travailler, été confronté à des hauts, des bas, des échecs. J’ai reçu des trophées et des mauvaises critiques. J’ai déjà un certain bagage, mais mon parcours est particulier et je ne me sens pas nécessairement blindé par rapport à ça. D’une part, c’est la première fois que je livre un objet aussi personnel où je suis l’élément central et c’est fragilisant. D’autre part, lorsque tu sors un disque à mon âge, ça ne peut pas être un coup de pratique. Il a été peaufiné, mûri, gossé pendant longtemps. J’avais l’impression de miser gros. Souvent, des personnalités tentent un saut en chanson et le résultat n’est pas heureux. Je ne voulais pas que ce disque soit un caprice de comédien de télévision, » affirme-t-il.

Fin observateur des travers de l’âme humaine, talentueux pianiste et habile raconteur, Émile Proulx-Cloutier parvient diligemment à concilier sa carrière d’auteur-compositeur-interprète et ses nombreuses autres activités dans la sphère artistique. « J’ai de l’admiration pour des gens comme Robert Morin et Robert Lepage qui parviennent à tout faire, les petits comme les grands projets. Tous les métiers que je pratique sont faits de moments pleins et vides. Il y a des saisons où il ne se passe rien comme acteur. Sur le plan créatif, j’essaie d’organiser ma vie afin de toujours avoir un ou deux projets intéressants à la fois. Peu importe le médium. J’aime multiplier les rencontres de création. Toute ma vie, j’ai réussi à travailler de la sorte. Je serais malheureux dans une monoculture. Je suis fait comme ça. C’est profondément ancré dans ma nature. »

Si l’industrie musicale actuelle est vacillante, Proulx-Cloutier ne s’inquiète pas outre mesure. Il croit fermement que le public demeure curieux et affamé d’histoires et de poésie et que l’artiste moderne doit miser sur la scène. « Lorsque je pense au nombre de disques que j’ai vendus et à quoi pourrait correspondre ce chiffre il y a 20 ans, ça me fait rire! Mais il y aura toujours cette soif pour faire vivre des expériences aux gens en spectacle. Et c’est sur ça qu’on doit bâtir pour les prochaines années. Il faut trouver une façon vivante et personnelle de livrer ce qu’on fait. Je crois qu’on peut faire vivre des effets de montagnes russes aux gens avec de petits moyens. Il faut rester accessible, pertinent et intéressant. Le public, le “vrai monde” est prêt à s’aventurer beaucoup plus loin que ce l’on croit. Il y a moyen de leur parler, de les faire tripper. On est rendu à une époque où les modes se superposent. Ce qui est ancien et nouveau peuvent cohabiter. Je ne vénère pas les formes. Je vénère ce qui est vrai, juste et fait avec courage. »

En plus des tournages pour la télésérie Toute la vérité qui reprennent au mois de mars, Émile tourne un documentaire (Choisir la terre) avec sa conjointe, la réalisatrice Anaïs BarbeauLavalette. Le tandem offrira également une expérience scénique particulière en mai à la Place des Arts. Et les spectacles musicaux dans tout ça? Une quinzaine ce printemps avant la rentrée au Théâtre Outremont en avril. Puis, une « vraie tournée » (comme le précise le principal intéressé) suivra en septembre. Chose certaine, le jeune homme n’a pas fini de nous charmer avec son cinéma pour les oreilles. « C’est complètement ça mon projet! L’important est de soutenir le récit et de provoquer des images dans la tête des gens. Je veux toujours qu’il y ait un petit film intérieur. Je ne sais pas si une chanson peut atteindre le même degré de puissance qu’une grande toile de Michel-Ange, mais la différence est que la toile n’est pas chez toi! Les chansons, c’est accessible. Et la langue française, c’est magnifique. La langue de nos mères sonne à un endroit particulier dans nos cœurs. Il faut frapper sur ce tambour. Parce qu’on ressent un réel bonheur intérieur lorsque notre langue sonne fort! »


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Sally Folk est apparue dans le paysage musical en 2010 avec un premier album en anglais qui révélait l’empreinte laissée par les Ronettes, les Supremes et Cher sur sa musique, des affinités avec le style rétro-chic des sixties qui en ont fait d’emblée la petite cousine québécoise des Amy Winehouse et Duffy. Revoici Sally Folk pour un deuxième tour de piste… en français cette fois. Surprise de taille quatre ans plus tard, alors que la chanteuse propose un album homonyme dans sa langue maternelle.

« La transition vers le français s’est opérée tout naturellement, explique Sally. J’avais déjà quelques chansons en anglais. Mon gérant m’a suggéré d’en traduire une, pour voir. On n’écrit pas de la même façon en français. Le travail sur les métaphores et la sonorité des mots est très différent. Les mots ont souvent plusieurs significations et le jeu sur les niveaux de sens est intéressant. En anglais, tu peux répéter baby quatre fois en ligne, les gens vont aimer ça quand même. Changer de langue, c’est comme délaisser la physique pour la chimie. Je ne dis pas que je ne reviendrai jamais à l’anglais, mais j’ai ajouté une belle carte à mon éventail de possibilités. »

La candeur avec laquelle Sally Folk aborde son métier étonne et ravit. Elle démontre un solide sens de la fête, une maîtrise de l’art de se mettre en scène, beaucoup de curiosité et elle sait s’entourer. « Plus jeune, j’ai été en affaires, dit l’ancienne copropriétaire du bar Le Sofa à Montréal. J’ai évolué dans un milieu proche de l’univers musical, celui des boîtes de nuit. » Jusqu’à ce qu’elle décide de vendre ses parts pour partir en voyage et que l’envie d’écrire, de composer et de chanter la gagne.

« Les relations hommes-femmes, quel sujet inépuisable! Je m’inspire des situations inconfortables de la vie amoureuse. »

La femme d’affaires s’organise et finance elle-même la production d’un premier album. « Ça m’a coûté cher, j’ai misé tout ce que j’avais… À un moment donné, tu arrives à un âge où tu te dis : “Je fais un autre album ou je m’achète une maison?” » Dilemme. C’est alors que Sally Folk s’est tournée vers Entourage, la compagnie de production qui propulse Annie Villeneuve, Boom Desjardins, Stéphanie Bédard et Marianna Mazza. « La prise en charge de ma carrière par Entourage m’a permis de me concentrer sur la musique. Avant, comme je gérais tout, mon break je l’avais quand je montais sur scène pour m’éclater. Je suis contente d’être passée par là, car aujourd’hui je comprends bien les étapes de la chaîne déployée derrière l’artiste. D’ailleurs, la production continue à m’intéresser et j’ai des ambitions de ce côté. J’aimerais aider certains interprètes à éclore. C’est un projet que je me réserve pour plus tard. »

On la croirait évadée du Pulp Fiction de Tarantino avec sa chevelure noire coupée au carré, ses lèvres assorties à ses ongles carmin et cet air coquin qu’elle affiche. Sally Folk est l’alter ego de Sophia D’Aragon. « C’est plus qu’un rôle de composition. Les histoires que je raconte, je les assume. En leur ajoutant la touche fatale, le costume et la coquetterie de Sally Folk, qui me permettent de m’exprimer. Il y a une petite dévergondée qui sommeille en chaque femme. Sally est une extension de ma personnalité. »

Loin d’être mielleux, les textes entraînent l’auditeur en eaux troubles. Dans ces chansons de désamour, les infidèles sont heureux, les filles séduisantes et séductrices, les hommes du quartier sont irrésistibles et les amoureux, volages, préfèrent les effeuilleuses. On entre au cabaret. « Les relations hommes-femmes, quel sujet inépuisable! Je m’inspire des situations inconfortables de la vie amoureuse. » Et Sally a l’embarras du choix, puisant à la fois dans son expérience et dans celles de ses copines.

Musicalement, elle se permet quelques touches d’americana et de superbes arrangements de cuivres et de cordes signés Michel Dagenais (Jean Leloup, Marc Déry, Breastfeeders), grand complice des débuts, qui réalise l’album une seconde fois en plus d’y jouer comme musicien. « Je lui ai dit que musicalement, j’avais envie d’aller vers de nouvelles sonorités. » Dagenais venait d’enregistrer le superbe Chic de ville de Daniel Bélanger. On reste dans la palette country-lyrique, et tout cela avec une apparition de Bélanger lui-même sur « Les hommes du quartier ». « C’est si précieux à mes yeux. Un autre apprentissage que j’ai fait dans mon ancienne vie de femme d’affaires, c’est qu’on ne change pas une formule gagnante. Sally Folk, c’est mon visage, mais c’est aussi de précieux partenaires avec qui construire. Je sens que le projet prend son envol, c’est excitant. »

Et gageons qu’avec ses chansons en français, de nouvelles portes s’ouvriront dans les grands festivals estivaux, en ville, en région et pourquoi pas en Europe? « C’est mon souhait, car ma musique, je la fais pour la partager avec le plus de monde possible. En spectacle, je vis l’expérience exposant 1000 et l’aventure prend tout son sens. »


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