Au coeur de la ville d’Aurora, en Ontario, dans une école de l’ère victorienne restaurée, se trouve l’Aurora Cultural Centre. Le Centre est au coeur de la vie de cette ville grâce à son travail auprès de la population pour présenter des programmes musicaux et événements en tout genre.

Depuis l’introduction de sa programmation musicale en 2011, cet OSBL caritatif a présenté tant des talents locaux que nationaux. Les artistes qui s’y sont produits ont attiré un auditoire provenant principalement de la municipalité régionale de York que de Toronto-centre et plus loin encore.

L’Aurora Cultural Centre présente d’ailleurs des concerts de musique dans tous les genres, que ce soit de la musique du monde au jazz en passant par le bluegrass afin de satisfaire son auditoire très varié. La programmation comprend notamment une série annuelle présentée par John Sheard, le réputé pianiste de l’émission The Vinyl Café diffusée sur les ondes de la CBC. Lors de ces concerts, les membres de l’auditoire peuvent discuter avec les artistes et en apprendre plus sur leur art. Le Centre a été l’hôte d’innombrables membres de la SOCAN, dont notamment Dan Hill, Russell de Carle ou encore les Sultans of String.

« Nous créons une expérience unique en plein coeur de la municipalité régionale de York », explique Jane Taylor, la directrice de la programmation, des événements et des communications du Centre. « Tant que nous respectons l’aspect canadien de notre offre musicale, nous ne nous imposons aucune limite sur ce que nous présentons à notre communauté. »

Viennent compléter l’offre du centre des activités musicales éducatives, ce qui est approprié vu l’histoire de l’édifice. Les étudiants peuvent ainsi rencontrer des musiciens tels que David Partridge, qui enseigne la guitare au centre.

Dans le cadre des efforts du centre pour exploiter entièrement cet espace polyvalent, les activités musicales sont souvent complémentées par des activités en arts visuels et en patrimoine architectural. Cela inclut notamment d’encourager les visiteurs à découvrir les quatre galeries d’art du centre à leur arrivée pour un spectacle ou durant l’entracte.

Le centre propose également aux visiteurs une boutique souvenir qui propose aux visiteurs une sélection triée sur le volet d’objets créés par des artisans locaux. Les profits générés par la boutique souvenir sont utilisés pour financer les opérations du centre afin d’assurer que les artistes puissent continuer à y présenter leurs oeuvres.

Bien entendu, le centre contribue également à l’essor de ces artistes en étant une des plus de 30 000 entreprises canadiennes autorisées à vous divertir par la SOCAN.

« Nous tenons à démontrer à notre communauté notre degré d’engagement auprès de nos artistes », explique encore Jane Taylor. « Ces musiciens travaillent très fort et offrent une valeur sans pareil à leurs auditoires. Nous voulons que les artistes sachent à quel point ils sont importants pour nous, et le programme Autorisé à vous divertir est la meilleure façon de le faire. »

L’Aurora Cultural Centre offre à tous les Torontois une excursion musicale mémorable à quelques minutes à peine du centre-ville. Toute l’équipe du centre continue à travailler avec enthousiasme afin de vous offrir un éventail toujours plus vaste de programmes musicaux et d’artistes de tous les horizons.

Pour en connaître plus sur le programme Autorisé à vous divertir, cliquez ici.


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On se rejoint dans un café de la rue Beaubien, le Vieux Vélo, à deux pas de chez Philémon Cimon. Il fait beau soleil, une lumière dorée d’été plane dans l’air. Philémon est sur le point de lancer son troisième album, dont deux extraits sont parus en juillet dernier. L’un est en quelque sorte un art poétique et s’intitule La musique. « La musique est un amour à sens unique, chante-t-il. Elle me déchire, m’inspire ». Il la dépeint comme une maîtresse despote à qui l’on donne tout sans rien attendre en retour. « C’est une chanson qui traite de mon rapport à l’art. Il y a quelque chose de beau dans l’amour à sens unique. Même qu’à la base, l’amour devrait être ainsi. Ensuite, chanceux celui qui trouve la réciprocité. »

En moins de cinq ans, Philémon a fait paraître trois albums. Les femmes comme des montagnes fait suite à L’été, paru au cœur de l’hiver il y a un an et demi. Apparemment la musique est aussi une muse et l’envoûtement dure. L’heure des bilans n’a pas encore sonné, mais quand il jette un œil dans le rétroviseur, Philémon s’avoue surpris de son parcours. « Impossible de savoir où la création va t’emmener… Sinon qu’elle va t’emmener! Pour moi, le nouvel album fait la somme des deux premiers. »

« Impossible de savoir où la création va t’emmener… Sinon qu’elle va t’emmener! »

Lancé en 2008 de façon indépendante, le EP Les sessions cubaines avait rallié la critique dès sa sortie. La sensibilité à fleur de peau, la vulnérabilité offerte courageusement. Et cette douce mélancolie juvénile contrebalancée par les cuivres des musiciens cubains du mythique Studio Egrem. Audiogram avait signé Philémon pour lancer à nouveau les chansons bonifiées de plusieurs nouveaux titres. « Pour moi, ce disque représente mon passage à l’âge adulte. »

Vint ensuite L’été, un album qui nous entraînait ailleurs, loin de Cuba, créé cette fois avec des musiciens montréalais. « Mes musiciens et moi, on se connaît mieux maintenant. Pour Les femmes comme des montagnes, j’ai voulu faire un album de band. On a travaillé sur les arrangements ensemble, je leur ai laissé beaucoup d’espace; on peut maintenant aller plus loin ensemble. On a commencé à répéter les nouvelles chansons et puis soudainement, j’ai eu envie de retourner à Cuba, avec eux. Dans les pays où il fait très chaud, les choses sont moins contrôlées et il y a un peu plus de place pour la vie. »

Philémon a contacté les gens du Studio Egrem, quartier général des musiciens du Buena Vista Social Club. Les dates concordaient pour tout le monde; il s’y est rendu à nouveau, cette fois accompagné de ses complices montréalais – dont Philippe Brault, toujours à la coréalisation. Là-bas, Philémon a renoué avec ses amis-musiciens de La Havane, son cousin Papacho, pianiste, et avec la chanteuse à l’accent charmant que l’on entendait sur Je te mange.

Philémon n’a pas tort de dire que son nouveau cru fait la somme des précédents : on renoue avec les cuivres cubains qui nous avaient manqué sur L’été, avec le jeu de piano de Papacho, un esprit qui évoque les sixties par petites touches, suggère la classe d’un Gainsbourg. Il y a de la place pour faire résonner les guitares et on se paye la traite en studio sur une chanson comme Maudit. Les textes sont bien ficelés, respirent. Philémon est libre, agile dans son interprétation. Mine de rien, le métier rentre. Il se permet d’étirer la note, de durcir un peu le ton, d’explorer de nouveaux registres. Comme s’il s’était autorisé à quelque chose de nouveau.

« J’ai dû aller plus loin que là où j’étais habitué d’être parce que je voulais dire autre chose. Les années passent, on découvre des choses qu’on ne connaissait pas avant parce qu’on n’avait pas besoin de les découvrir à ce moment-là. Et que ce qu’on voulait exprimer était déjà exprimable avec les outils qu’on avait. Sur mon premier album, je dialoguais avec une fille. Je m’adresse désormais aux gens en général à partir de mes profondeurs et de ma vérité, qui s’avèrent être celles d’à peu près tout le monde (Vieille blonde, Maudit, Ève) et ça commande un langage vocal un peu plus métaphorique. »

Parlant de figures de style, qui sont ces femmes comparées à des montagnes? Qu’est-ce que ce titre énigmatique évoque pour Philémon? « Les grands classiques de la littérature m’inspirent, les œuvres dans lesquelles il est question de s’élever vers un idéal. Dans Don Quichotte de Cervantes ou La Divine comédie de Dante, il y a cette idée de gravir une montagne pour se rendre jusqu’à une femme. Chez Milton, Adam et Ève sont au paradis sur la montagne avant de s’en faire chasser… »

De la jolie soie noire, que cet album. Une fibre délicate dont on se fera une belle écharpe pour l’automne.


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À 22 ans, le producteur Hubertain Kaytranada peut déjà se vanter d’avoir joué dans plus de 50 pays et d’avoir collaboré avec Mobb Deep, Mick Jenkins et Vic Mensa, ainsi qu’avec Mos Def, tout récemment, pour son spectacle de stand up à Montréal. Déjà victime d’un hit, son remix non officiel de la chanson If de Janet Jackson qui ne cesse de lui être réclamé, le productif jeune homme est signé sur le réputé label londonien XL Recording pour son premier album à paraître, intitulé 99.9%.

Arrivé d’Haïti à l’âge de trois mois, Célestin porte le bagage d’une famille de musiciens amateurs, chez qui le système de son répandait constamment du kompa. « C’était la musique qui passait tout le temps à la maison, mais mon frère et moi on voulait juste écouter du hip-hop ou du RnB », se rappelle Célestin, qui avoue toutefois que les rythmes et percussions de ces ambiances musicales imposées ont probablement fait leur bout de chemin jusqu’à son inconscient.

En effet, des premières productions de hip-hop instrumental aux plus récentes inspirées du EDM trap (adaptation électronique d’un hip-hop agressif originaire du sud des États-Unis), rares sont les pièces de Kaytranada qui distillent une humeur négative. Issu d’une famille stricte, il a dû troquer les sorties et rencontres pour d’innombrables soirées à voguer sur Internet dans le but de dénicher des raretés à échantillonner.

Entre le rock progressif et le new wave, le jeune homme aux goûts variés a particulièrement accroché sur la musique brésilienne : « c’est difficile d’expliquer comment je me sens avec la musique brésilienne. Ils mélangent tout : soul, samba, bossa nova… Leur musique est vraiment feel good et leur son est raw, on peut dire qu’ils comprennent! Et c’est en portugais, c’est vraiment un beautiful language! »

Les premiers rapports directs de Kaytranada avec la scène musicale québécoise se sont établis grâce aux réseaux sociaux, sur lesquels il publie des beat tapes depuis 2010. Il avait déjà créé des liens avec le collectif Alaiz constitué de plusieurs nouvelles têtes du hip-hop local, et voyait défiler les comptes rendus extrêmement positifs générés par les soirées Artbeat Montreal qui ont connu un succès considérable de 2011 à 2013. Les participants à ces rassemblements ponctuels de producteurs se sont même donné un nom : le « piu-piu », un terme qui désigne surtout la communauté, mais renvoie à des productions de hip-hop expérimental souvent instrumentales. Célestin a défié l’interdiction parentale pour s’inviter à la troisième de ces soirées.

« Je savais que les gens m’écoutaient, mais je ne savais pas que c’était tant que ça! »

« Je savais que j’avais juste besoin d’un show à Montréal pour que ma carrière décolle », dit-il aujourd’hui, non sans raison.

C’est aux soirées Artbeat Montreal qu’il a rencontré les rappeurs d’Alaclair Ensemble, une grande inspiration pour le jeune Saint-Hubertois qui a collaboré avec Robert Nelson pour offrir le ep Les filles du roé en 2012, alors qu’il se faisait encore appeler Kaytradamus.

S’il admire la liberté et la présence scénique d’Alaclair Ensemble, Kaytranada souhaite devenir le Arcade Fire du hip-hop; celui qui brisera une frontière encore trop opaque entre le hip-hop québécois et le succès international, tout en restant fidèle à ses racines. S’il pouvait produire des musiques pour Ariane Moffat ou Céline Dion, il en serait le premier heureux.

Depuis ses premières apparitions, Kaytranada est devenu une vraie vedette locale, mais surtout internationale. On attend impatiemment son premier disque, qui sortira sur la réputée étiquette londonienne XL Recordings (M.I.A., Adele, The XX, Tyler, The Creator) et s’intitulera 99,9% – « pour dire qu’on n’est jamais satisfait à 100% d’un album », indique Célestin.

KaytranadaD’un autre côté, il attend encore que l’étiquette Huh What & Where sorte son album Kaytra Thomas, initialement prévu pour 2012.

« Quand je m’appelais encore Kaytradamus, je sortais toujours des beat tapes et en plus je faisais un peu d’argent avec ça. Mais ensuite ç’a fait des problèmes avec mon gérant, qui disait que je devais attendre les communiqués de presse et tout, mais moi je veux juste donner aux fans ce qu’ils veulent! » Kaytranada est bien de son temps, et entre les collaborations officielles et non officielles, les ep, mixtapes et simples diffusés un peu partout, sa discographie est assez difficile à suivre.

Produire pour d’autres, c’est l’idéal de Kevin Célestin, pour qui les tournées de dj demeurent un peu secondaires. Malgré tout, ces tournées lui ont permis de visualiser ce qu’il ne pouvait comprendre sur les réseaux sociaux : « Je savais que les gens m’écoutaient, mais je ne savais pas que c’était tant que ça! À Londres particulièrement [ndlr : Kaytranada a récemment été l’un des rares dj en résidence de l’influente station BBC Radio 1], les gens sont vraiment des fanatiques, et c’est bizarre parce que je fais juste un set de dj et les gens deviennent fous. L’amour est beaucoup plus concret que ce que je vois sur les réseaux sociaux. Ce que tu vois en vrai, c’est ce qui est réel. Ça m’a donné de la confiance », affirme-t-il.

Sur l’album, que Kaytranada s’empresse de finaliser avant sa sortie planifiée pour l’automne, on trouvera notamment une collaboration avec le groupe The Internet. Lié au collectif ODD Future (Tyler the Creator) et formé à la base de Syd (23 ans) et Matt (26 ans), The Internet vient de sortir son troisième disque sur lequel figure une production de Kaytranada.

« Je n’ai jamais été aussi fier du résultat d’une chanson. Quand ils m’ont renvoyé ce qu’ils avaient fait sur mon beat je leur ai dit que c’était parfait, que c’était exactement ça », dit-il avant d’enchaîner en parlant de son album : « Je n’ai pas d’autre chose à dire qu’ »attention à Kaytranada, le vrai Kaytranada s’en vient! » [rires] »

Kaytranada sur Facebook


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