Iskwé fera sans aucun doute beaucoup de vagues cette année. Cette chanteuse de descendance irlandaise, crie et déné – dont le nom signifie « femme » en langue crie –, a été consacrée artiste à surveiller par CBC Music en plus d’avoir atteint le sommet du palmarès National Aboriginal Music Countdown.

« J’ai toujours été attirée par le métissage des styles musicaux, mais je ne crois pas que c’était un choix conscient », explique Iskwé, à peine rentrée de Vancouver où elle a donné une prestation dans le cadre de la Coupe du monde féminine de football 2015. « J’aime tout simplement amalgamer des trucs afin de me tailler une place à moi dans l’art et la musique. J’ai mis un certain temps à trouver ma zone de confort artistique et cela s’est produit naturellement lorsque j’ai cessé de tenter de rentrer dans un moule qui n’est pas le mien. J’ai créé mon propre moule. »

Cela est clairement apparent sur son simple, « Nobody Knows », un hommage poignant aux femmes autochtones canadiennes disparues ou assassinées.

Cet été, on pourra la voir et l’entendre aux Jeux panaméricains de Toronto et elle sera également en tournée au Canada, aux États-Unis et en Europe. Son prochain album – intitulé The Fight Within et réalisé par The Darcys – doit paraître en janvier 2016.


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Au moment de notre conversation, l’auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau flotte encore sur un nuage. Lauréat du Prix de la Chanson SOCAN (et du chèque de 10 000$ qui l’accompagne) pour la pièce Le nouveau vocabulaire, il voit la récompense comme une validation, une confirmation qu’il est sur la bonne voie. «  C’est sûr qu’un prix comme celui-là ça va me permettre de souffler un peu, dit-il. Je vis une année complètement folle et c’est le genre de signe qui me rappelle que je dois me concentrer sur la musique. »

Antoine CorriveauJusqu’à tout récemment, Antoine continuait de gagner sa vie en travaillant à son compte en graphisme. Mais depuis la sortie de son album Les Ombres Longues, il a atteint un nouveau plateau. Sans être un habitué des palmarès radio, il gagne de nouveaux fans un à un et ne cesse d’ajouter des dates à sa tournée.

« J’ai sorti mon premier disque de façon indépendante et dans les premières tournées, le nombre de spectateurs était inversement proportionnel aux kilomètres parcourus. Mais je suis content de ne pas avoir connu un succès instantané et d’être passé par toutes les étapes; si c’était à refaire, je ferai la même chose. Aujourd’hui, je reviens dans des salles où j’ai joué devant dix personnes et s’il y en a cinquante, je me dis que c’est une nette amélioration! »

Si les gens sont au rendez-vous, c’est peut-être pour entendre ce grain de voix particulier, qui rappelle inévitablement celui de Daniel Lavoie, mais c’est surtout pour la qualité des chansons, qui s’appuient sur un savant dosage d’intime et d’universel. Des chansons qu’Antoine peaufine avec la minutie d’un orfèvre. « Le Prix me fait particulièrement plaisir parce qu’il touche la matière première de mon métier. Pas le show, le son, les lumières…. juste la chanson et tout le travail qu’il y a derrière. Et je peux te dire que j’ai mis pas mal de travail dans Le nouveau vocabulaire! Le premier jet est arrivé vite, mais il y a eu trois ou quatre mois de fignolage. Je peux passer des semaines sur un seul mot. »

« J’écris souvent de façon automatique, sans me soucier de la forme. D’ailleurs pour moi, le fond l’emporte toujours. »

Interprétée du point de vue d’un « nous » très inclusif, Le nouveau vocabulaire est une chanson moitié manifeste moitié confession, qui invite plusieurs lectures. Elle aborde, de façon parallèle, les deux thèmes qui traversent tout l’album: la rupture amoureuse et, surtout, l’ébullition sociale crée lors du Printemps Érable. « J’espère que les jeunes qui étaient dans la rue vont garder quelque chose de cet esprit de solidarité en vieillissant », explique Antoine, qui demeure relativement optimiste quant aux répercussions de ce grand chambardement social. Mais peu importe ou s’en ira la société québécoise, Corriveau sera là pour capter l’air du temps à sa manière, avec lucidité et sensibilité, justesse et poésie.

« Je n’ai jamais senti que j’imitais le style de qui que ce soit, mais c’est évident que j’ai des modèles d’écriture, admet Antoine. Les gens que j’admire, comme Leonard Cohen, Bob Dylan ou Nick Cave, ont tous un truc en commun: ils sont d’abord et avant tout des poètes. Ce sont des types qui n’hésitent pas à faire des chansons de quarante couplets sans refrain et qui sont tous de formidables conteurs. »

Du même souffle, Antoine avoue son admiration pour les rappeurs, dont il apprécie la liberté lexicale et la capacité de tordre le cou aux règles de la poésie classique. « Ça ne me dérange pas de couper un mot en plein milieu ou de ne pas respecter la métrique, explique le chanteur. C’est pour ça que j’écris souvent de façon automatique, sans me soucier de la forme. D’ailleurs pour moi, le fond l’emporte toujours. Même quand je faisais de la bande dessinée, je me considérais plus comme un conteur que comme un illustrateur: bon en histoires et juste correct en dessin »

Antoine va donc continuer à écrire des histoires. Pour lui, bien sûr, mais aussi pour d’autres, comme il a fait pour l’album de Julie Blanche. « J’avoue que la première fois que j’ai écrit pour quelqu’un d’autre, j’ai hésité à lui donner la chanson. J’avais peur de laisser aller mes meilleures idées et d’affaiblir mon propre répertoire. Aujourd’hui, je suis serein avec ça et me dis que rien ne m’empêche de les chanter si je veux. Ce sont mes tounes après tout! »

D’autant que la source semble loin d’être tarie. Les idées ne manquent pas et si tout va bien, un nouvel album d’Antoine Corriveau pourrait voir le jour à l’automne 2016. « D’ici là, j’écris sans arrêt, lance Antoine. J’ai les tiroirs pleins de riffs et de bouts de textes qui n’attendent qu’à devenir des chansons. Je me rends compte que créer un album, c’est essentiellement faire du ménage. »

http://www.antoinecorriveau.com/


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Vingt-trois compositeurs se sont partagé des bourses d’une valeur globale de plus de 50 000 $ dans le cadre de l’édition 2015 du Concours des jeunes compositeurs et du Concours des jeunes compositeurs de musique audiovisuelle, deux initiatives de la Fondation SOCAN à l’intention de citoyens canadiens de 30 ans ou moins.

Voir la liste complète des lauréats et leur biographie :
Concours des jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN
Concours des jeunes compositeurs de musique audiovisuelle de la Fondation SOCAN

La 24e édition du Concours des jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN a attiré 187 inscriptions. Les 15 lauréats, dont plusieurs ont remporté des bourses dans plus d’une catégorie, se sont partagé 29 250 $ en prix. Le jury a choisi d’accorder le grand prix de cette année au compositeur montréalais Darren James Russo pour son ambitieux opéra de 72 minutes Storybook.

Le concours a attiré 187 inscriptions cette année.

Le Concours des jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN reconnaît les mérites d’œuvres individuelles dans cinq catégories de musique de concert. Les œuvres soumises cette année ont été évaluées anonymement par trois éminents compositeurs qui cumulent collectivement plusieurs décennies d’expérience comme professeurs de composition en milieu universitaire : le Dr Keith Hamel, de l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver (C.-B.) (à droite dans le photo ci-dessus), le Dr. Éric Morin, de l’Université Laval à Québec (à gauche dans le photo), et le Dr John Burge, de l’Université Queen’s à Kingston (Ontario) (au centre de la photo), qui est également membre du conseil d’administration de la Fondation SOCAN.

« C’est une œuvre vraiment complète », a affirmé Éric Morin en parlant de l’opéra Storybook de Darren James Russo. « Quel que soit l’angle sous lequel vous l’abordez, c’est une œuvre remplie d’imagination et d’invention qui est agréable à entendre et satisfaisante. »  Keith Hamel ajoute qu’il s’agit d’une « œuvre exquise et sophistiquée qui démontre une maîtrise et un sens du rythme qui ne se démentent pas. »

Le Grand Prix John-Weinzweig, assorti d’une bourse de 3 000 $, couronne la meilleure œuvre du concours. L’opéra de Darren James Russo lui a également valu le premier prix de 3 000 $ de la catégorie Godfrey-Ridout du concours.

Les autres titulaires de premiers prix sont : Matthew Ricketts, qui remporte à la fois le premier prix de 3 000 $ de la catégorie Sir-Ernest-MacMillan pour Flat Line, le deuxième prix de 1 500 $ de la catégorie Serge-Garant pour In Partial View et (en compagnie de deux autres lauréats dont chacun reçoit une bourse de 750 $), le troisième prix de la catégorie Godfrey-Ridout pour Women Well Met ; Philippe Macnab-Séguin, qui remporte le premier prix de 3 000 $ de la catégorie Serge-Garant pour Percussion Sextet et le troisième prix de 750 $ de la catégorie Hugh-Le Caine pour Through the Cracks ; Christopher Goddard, qui partage le deuxième prix de la catégorie Pierre-Mercure (dont les lauréats reçoivent tous les deux 1 500 $) pour And Chase et remporte le troisième prix de 750 $ de la catégorie Sir-Ernest-MacMillan pour Janus Turns ; et Michael Lukaszuk , lauréat du premier prix de 3 000 $ de la catégorie Hugh-Le Caine pour l’œuvre électroacoustique Ritus.

John Burge rapporte que Flat Line, l’œuvre de Matthew Ricketts, a grandement impressionné les juges « par le sens des valeurs orchestrales et la maîtrise dont elle témoigne. Écrite pour un ensemble 15 musiciens, elle produit parfois un son de grand orchestre. Elle se caractérise également par l’originalité des couleurs instrumentales et la précision rythmique. »

Selon le juge Éric Morin, le Percussion Sextet de Philippe Macnab-Séguin est « une œuvre palpitante qui tient l’auditeur en haleine. »

Quant à Keith Hamel, il affirme que l’œuvre électronique Ritus de Michael Lukaszuk fait apparaître « un mode sonore riche et évocateur en plus de démontrer une excellence maîtrise des éléments de premier plan et d’arrière-plan. »

L’édition 2015 du Concours des jeunes compositeurs de musique audiovisuelle de la Fondation SOCAN a attiré 46 inscriptions et permis aux huit lauréats de se partager la somme totale de 21 000 $ en prix. C’est un concours unique en son genre au Canada et une occasion de faire connaître de nombreux jeunes compositeurs de talent travaillant dans les industries dynamiques de la musique à l’image, y compris les gagnants des premiers prix de cette année, qui sont Andrew Creaghan, Antoine Binette Mercier, Vincent L. Pratte et Isaias Garcia.

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Le jury du Concours des jeunes compositeurs de musique audiovisuelle de la Fondation SOCAN. De gauche à droite : Pete Coulman, Mike Shields, Marc Ouellette (qui vient d’être nommé président de la Fondation SOCAN).

Le Concours des jeunes compositeurs de musique audiovisuelle de la Fondation SOCAN vise à souligner l’excellence de compositeurs canadiens de 30 ans ou moins dans quatre catégories de thèmes ou de musiques composés exclusivement pour un support audiovisuel (film, télévision, Internet). Le jury de cette année était formé de trois créateurs de musique reconnus pour leurs œuvres dans le domaine des médias : le compositeur montréalais Marc Ouellette (qui vient d’être nommé président de la Fondation SOCAN) et les compositeurs Pete Coulman et Mike Shields, respectivement de Toronto et de Calgary (Alberta).

Les membres du jury ont eu des éloges pour la musique d’Andrew Creaghan, lauréat du premier prix de 3 000 $ de la catégorie Fiction pour Lola, court métrage racontant l’histoire d’une jeune femme de 24 ans en perte de contrôle. Pete Coulman a apprécié l’aspect « intriguant » de la musique et « l’originalité de la palette sonore », tandis que Marc Ouellette a été impressionné par « la superbe qualité générale de la production ».

La musique d’Antoine Binette Mercier pour Le Nez, documentaire qui porte sur les liens étroits qui existent entre les odeurs et les émotions et la mémoire, a également charmé le jury. Mike Shields a été « séduit par son originalité » alors que Pete Coulman a particulièrement apprécié « le choix judicieux des instruments qu’on peut entendre derrière la narration très présente du film. »

Les autres gagnants de premiers prix de 3 000 $ ont été Vincent L. Pratte pour la musique planante du court métrage en stop motion Blossom (catégorie Animation), que Mike Shields a trouvée « émotionnellement engageante », et Isaias Garcia pour celle du court métrage The Path (catégorie Meilleur thème musical), que Marc Ouellette a considérée comme « la signature sonore la plus efficace ».

Deux deuxièmes prix de 1 500 $ ont été remis cette année dans la catégorie Fiction : un à Vincent L. Pratte, lauréat de plusieurs prix lors de précédentes éditions du concours, pour la musique du film Trenches, et un à Eli Bennett pour le film film Jobless. Toujours dans la catégorie Fiction, deux troisièmes prix de 750 $ ont également été attribués : un à Isaias Garcia, une fois de plus pour The Path, et un à Maya Postepski pour la musique de Closet Monster. Isaias Garcia a également remporté le troisième prix de 750 $ de la catégorie Animation pour la musique du jeu vidéo Dream Revenant.

La prochaine date limite d’inscription aux deux concours est le 15 avril 2016.


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