Steve Waxman est arrivé plus ou moins par accident dans l’industrie de la musique après avoir obtenu son diplôme en scénarisation et art dramatique de NYU en 1982. C’était à la toute fin d’une récession. Il a accepté un boulot sur Madison Avenue comme coursier pour Aucoin Management (KISS, Billy Idol). Après à peine deux heures dans son nouvel emploi, il savait qu’il avait trouvé son créneau.

Près de quatre décennies plus tard — dont 27 passées dans le domaine de la publicité et du marketing chez Warner Music Canada —, Waxman utilise son talent et son expérience pour aider les artistes à découvrir leur propre histoire grâce à sa nouvelle entreprise : I.M. Steve Waxman. Tout comme son premier emploi pour Aucoin, cette nouvelle vocation qui lui est venue alors qu’il devenait soixantenaire fut un « heureux accident ». Son épiphanie lui est venue après de nombreuses conversations autour d’un café. Il souligne qu’il n’offre pas un service de consultation, mais bien des services d’orientation professionnelle.

“Il faut d’abord définir son propre récit”

Waxman est un conteur avec un esprit curieux, et discuter avec lui est un exercice d’écoute. Il enchaîne anecdote après anecdote au gré de son fil d’idées. Chaque phrase débute par les mots « est-ce que je t’ai raconté la fois où… ? » Ainsi débutent les histoires au sujet de la fois où il a enfilé les costumes de KISS dans l’entrepôt d’Aucoin sur les rives du fleuve Hudson ou de comment il a lancé la carrière de Scott Helman, et ainsi devient clair un fait : Waxman connaît ses récits. La valeur d’un récit authentique, lorsqu’il est bien raconté, va de pair avec la plus importante leçon que Bill Aucoin lui ait apprise : nous sommes tous des facilitateurs.

« Si un artiste a une vision, c’est notre devoir de s’assurer qu’il réalise cette vision, mais le problème c’est que bien des artistes ne savent pas vraiment qui ils sont », explique-t-il. « Ils veulent s’en remettre à des “experts” et laisser ces “experts” les guider. Bill m’a enseigné à faire les choses autrement. On doit s’asseoir ensemble et trouver votre propre vision, mais pour ça, il faut d’abord que vous trouviez votre récit. Il suffit parfois d’une tierce partie objective qui pose les bonnes questions afin que vous trouviez ce récit, mais il faut que ce soit vous qui le trouviez. »

Lorsqu’un artiste a une vision claire et un récit attrayant, Waxman l’aide à déterminer quelles sont les prochaines étapes et quels sont les gestes les plus sensés à poser à chaque étape de sa carrière simplement en posant les bonnes questions. A-t-il besoin d’un gérant ? A-t-il plutôt besoin d’un relationniste de presse ? Il ne suffit pas d’avoir enregistré un album ou d’avoir téléversé des chansons sur Spotify pour avoir son propre récit. Il faut quelque chose qui vous définit et vous démarque des autres.

« Mon but est d’aider le plus d’artistes possible à arriver à un point où ils peuvent réussir à passer à un autre niveau, peu importe ce niveau », dit-il. « Que ce soit monter sur scène ou se trouver un gérant. Vos amis seront toujours impressionnés par ce que vous faites. Vous avez besoin d’un diseur de vérité objectif si vous avez l’intention de prendre votre carrière au sérieux. »

Vous pouvez contacter Steve pour en apprendre plus sur ce qu’il peut faire pour votre carrière et vous aider à définir votre récit : https://www.imstevewaxman.com

Le top 5 des conseils de Steve

  1. « Fixez-vous des objectifs. Trop souvent, les gens ne se fixent pas d’objectifs ou ils se donnent des objectifs inatteignables du genre “je veux jouer dans des arénas à guichets fermés”. C’est un gros objectif difficile à atteindre qui nécessite d’atteindre plein de petits objectifs avant. »
  2. « Posez-vous des questions du genre “qu’est-ce qui me rend spécial ?” Définissez votre récit et créez votre propre histoire. Après, il suffit de savoir comment communiquer cette histoire. »
  3. « Soyez originaux. Essayer de sonner comme ce qui joue à la radio ou comme un autre artiste est futile. »
  4. « Peaufinez votre présence sur scène. Les gens n’y pensent pas assez. Que faites-vous pour divertir vos fans ? Imaginez à quoi ressemble votre meilleur spectacle, puis adaptez-le à vos moyens. Ne perdez jamais cette vision de vue, comme ça quand les gens iront vous voir, votre spectacle aura l’air encore plus gros qu’il l’est. »
  5. « Soyez présent sur les réseaux sociaux. Créez du contenu qui est cohérent et correspond à votre récit et à votre vision. Bon nombre d’artistes ont peur des réseaux sociaux, ils ont l’impression qu’il faut être tout pour tout le monde tout le temps. Non, il suffit d’avoir une stratégie et un plan. »


Ça ne s’entend pas aux premiers abords, surtout à l’écoute de Uebok, un titre en russe écouté près de 2 millions de fois sur YouTube, mais Apashe vit et travaille à Montréal. C’est depuis son studio du Mile-End qu’il a composé Renaissance, un album électro orchestral enregistré à Prague avec un ensemble de 65 musiciens.

ApasheJohn De Buck alias Apashe est un cas à part. Né en Belgique de parents francophones qui ont fait le choix de l’inscrire à l’école en néerlandais, le producteur trilingue a suivi une formation en électroacoustique à l’Université Concordia avant que sa carrière n’explose. À ce jour, il a prêté sa musique à des campagnes de Budweiser, Adidas et Samsung. Des franchises comme Marvel et Fast and Furious ont aussi eu recours à ses services.

En entrevue dans les bureaux de Kannibalen Records, le label local qui abrite également Black Tiger Sex Machine, De Buck s’avère en fait l’antithèse de sa proposition sonore, des chutes abruptes qui suivent ses montées en puissance, ses crescendos frénétiques. C’est un gars calme, affable.

La recette de son succès ? Suivre son instinct. « Avec mon équipe, ça s’est toujours passé de manière assez organique. On fait de la musique, on la sort sur internet et puis on voit ce qui se passe. Ça a grossi de manière vraiment naturelle en fait, on n’a jamais trop cherché à pousser ça. C’est juste que là, on arrive à des projets qui sont devenus tellement immenses ! »

Immenses ? Le mot pourrait difficilement être plus juste. Rares sont les membres SOCAN qui verront leurs partitions interprétées par toute une horde d’instrumentistes chevronnés et depuis le Dvořák Hall de Prague. Après avoir séduit la planète dub step et les publicitaires, Apashe s’est qualifié pour une subvention substantielle, sa toute première en carrière.

« Jusqu’ici, j’ai toujours été 100% indé. On avait tellement l’habitude de tout faire tout seuls que là, si on nous donne des moyens, on est comme ‘’yo, let’s go all out!’’. Sans l’aide de Factor, je n’aurais pas eu la chance d’avoir l’orchestre. Je leur dois ça. »

Déjà, on le savait capable de créations réellement épiques et près du monde de l’opéra. Cette fois-ci, cependant, ce n’est pas un concerto de Mozart qu’il remixe. Ce sont ses propres créations. « En grandissant, j’ai écouté beaucoup de musique classique, les grands compositeurs et tout ça. Maintenant, je commence à découvrir les compositeurs plus obscurs, moins connus. J’ai beaucoup écouté de trames sonores de films et, en grande partie, c’est des compositeurs qui sont classically trained et qui travaillent avec des orchestres. Des Daniel Hoffman, des Philip Glass ou même un Hans Zimmer. […] On me dit tout le temps que je fais de la musique cinématographique et quand j’essaie de faire autre chose, je n’y arrive tout simplement pas. »

Depuis longtemps, on lui connaît un goût pour les cordes, mais surtout pour la musique sacrée. Des chœurs inquiétants et trafiqués à toutes les sauces qui ajoutent une dose d’intensité à ses pièces. « Je sais pas exactement d’où ça me vient, c’est vraiment bizarre. C’est juste que j’aime les choses qui sont grandioses et surnaturelles. Comme la bass music ! C’est heavy et très grand, à l’image de la musique classique. C’est pour ça que je veux mélanger les deux. »

Un penchant pour le drame qui ne l’empêche pas de flirter avec le hip-hop et comme lorsqu’il collabore avec Instasamka. Une rencontre improbable en apparence, mais qui n’était pas moins écrite dans le ciel. « Je voulais trouver une Russe pour rapper sur la mélodie de The Little Birch Tree, une chanson folk très connue dans les pays de l’Est. J’ai demandé à mes contacts là-bas et on me l’a recommandée. On m’a dit que c’était plus une humoriste et une  influenceuse, mais qu’elle avait dropé un album de feu. J’ai écouté ce qu’elle faisait, j’ai trouvé ça parfait. J’ai écrit à son manager et elle connaissait ma chanson No Twerk parue en 2014. Elle a dit oui tout de suite. En l’espace d’une semaine, tout s’est fait. »

Tourné entre sa participation au Sziget Festival de Budapest et un concert à Nizhny Novgorod, le vidéoclip s’articule autour des grands stéréotypes russes. Balade en char d’assaut, séance de chasse torse nu (façon Vladimir Poutine), rencontre avec un ours… Les images qui accompagnent Uebok permettent à Apashe de verser dans le comique, l’autodérision. Ce n’est pas parce qu’il aspire à l’excellence et au magistral qu’il s’enfle la tête pour autant.



Cet article, écrit par Eric Baptiste, chef de la direction de la SOCAN, a été publié surLaPresse+ le 3 avril 2020, ainsi que dans la version Web du quotidien le même jour.

SOCAN, CEO, Eric BaptisteLa musique est plus importante que jamais quand les temps sont difficiles.

Le Canada, à l’instar du monde entier, se mobilise pour affronter la COVID-19.

La musique n’est peut-être pas la principale préoccupation des Québécois et des Canadiens en ce moment, mais comme c’est souvent le cas, elle jouera un rôle d’arrière-plan essentiel afin de nous aider à traverser la situation.

Les millions de citoyens qui travaillent actuellement de la maison écoutent vraisemblablement de la musique pour calmer leurs inquiétudes. Qu’elles soient diffusées en continu, téléchargées, sur les ondes ou même sur vinyle, nos listes d’écoute deviendront la trame sonore de la situation.

L’un des plus grands avantages de notre territoire, c’est qu’il est respectueux, ouvert et accueillant. On ne devrait jamais l’oublier. C’est ce qui nous distingue, et le temps est venu de nous unir. Il est paradoxal de constater qu’au moment même où nous devons garder nos distances, nous sommes plus unis que jamais avec un seul objectif en tête : vaincre ce virus. La musique est un pont qui nous unit dans ces temps difficiles.

L’art est très important pour nous. La musique créée ici est plus importante que jamais pour alimenter notre fierté nationale. Que ce soit la musique de Marie-Mai, Arcade Fire, Drake, The Weeknd, 2Frères, Luc Plamondon, Joni Mitchell, Hubert Lenoir ou Shawn Mendes, pour ne nommer que ceux-là, ou encore les magnifiques compositions et trames sonores d’Alexandra Stréliski, Jean-Michel Blais, Michel Cusson, Mychael Danna ou Keith Power, nos cœurs se remplissent de joie et de fierté.

La musique d’ici nous unit, elle nous rend plus déterminés et plus forts.

Les citoyens se tournent vers Radio-Canada et les autres médias locaux pour des informations fiables et de qualité. Et tandis que les Canadiens se tournent vers leurs médias, ces médias devraient à leur tour se tourner vers les contenus canadiens afin de nous unir encore plus.

Les spectacles ont dû être suspendus afin d’éviter les rassemblements, mais ces concerts remplis de bonheur et de puissantes émotions reviendront. Nous serons réunis et la musique saura sans aucun doute nous aider à guérir comme elle l’a fait après la tragédie de Lac-Mégantic en 2013 et comme elle le fait toujours dans de telles situations.

Un grand nombre de créateurs canadiens et québécois perd d’importants revenus provenant de leurs spectacles, alors pourquoi ne pas les aider en remplaçant ces revenus par ceux qu’ils gagnent quand on écoute leur musique en écoutant celle-ci encore plus ? À la maison. À la radio. Sur les services de diffusion en continu. Dans la voiture. Partout où la musique nous aide à passer à travers une épreuve. Le bien que nous fait leur musique devrait leur faire du bien à leur tour. Ils nous aident grâce à leurs créations et il tombe sous le sens que nous les aidions à notre tour.

La musique n’est peut-être pas notre première préoccupation en ce moment, mais elle demeure l’un des outils les plus puissants à notre disposition pour nous aider à passer au travers de cette crise. Nos créateurs puiseront au plus profond de leur âme pour comprendre et exprimer les émotions brutes que nous ressentons durant cette période d’intense incertitude.

L’histoire nous démontre que, même si cela peut paraître contre-intuitif, les arts s’épanouissent en temps de crise. Que ce soit catastrophes ou guerres, de nouvelles formes et œuvres d’art émergent presque toujours et de manière surprenante. Je souhaite et prévois que les créateurs de musique trouveront leur muse encore plus que d’ordinaire et s’exprimeront grâce à leur art.

La musique d’ici a une grande valeur et c’est un joyau d’une valeur inestimable. Pour chacun d’entre nous, d’abord, mais pour le monde entier, de plus en plus.

Écoutez de la musique. Encore et encore. Continuons tous à l’écouter encore et encore.

Eric Baptiste est le chef de la direction de la SOCAN, la plus importante organisation de l’écosystème musical canadien. La SOCAN représente les droits de près de 170 000 auteurs, compositeurs et éditeurs de musique ainsi que des artistes visuels.