Dans le cadre d’une première collaboration entre le Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens (PACC) et les East Coast Music Awards (ECMA), la chanson « Song for the Mira » d’Allister MacGillivray sera intronisée au PACC lors du gala 2018 des ECMA. Heather Rankin interprétera la chanson afin de rendre hommage à MacGillivray lors du gala qui aura lieu le dimanche 6 mai 2018 dans le Nova Scotia Ballroom du Halifax Marriott Harbourfront Hotel.

La douce ballade celtique de MacGillivray a été sacrée classique du répertoire folk par le magazine Billboard et elle est très prisée des musiciens traditionnels et chorales des provinces maritimes et d’ailleurs ; à preuve, elle a été traduite en gaélique écossais, en italien, en japonais et dans plusieurs autres langues. Elle a rendu la communauté isolée de Marion Bridge, au Cap Breton, et la rivière Mira célèbre dans le monde entier.

« “Song for the Mira” est une magnifique composition qui représente bien la culture de la côte est, et nous sommes fiers de jouer un rôle dans son intronisation au Panthéon », a déclaré le directeur général des ECMA, Andy McLean. « Nous sommes ravis d’introniser au Panthéon cette chanson emblématique écrite par MacGillivray et de prendre part aux célébrations à ses côtés en compagnie de nos partenaires du ECMA dans la province qui l’a inspiré », a ajouté la directrice générale du PACC, Vanessa Thomas.

MacGillivray est un auteur-compositeur, guitariste, folkloriste, auteur et producteur de l’île du Cap-Breton, et il a été directeur musical pour diverses émissions de télévision celtiques produites à St. John’s et Halifax. En tant qu’accompagnateur, il a tourné partout dans le monde avec des musiciens comme Tommy Makem & Liam Clancy, John Allan Cameron et Ryan’s Fancy, en plus d’avoir collaboré brièvement avec l’auteur-compositeur Gene MacLellan.


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Leurs chansons ne parlent peut-être pas de notre amour du hockey, de Sault-Ste-Marie ou de Bobcaygeon, mais KUNÉ est tout aussi authentiquement canadien que le « méchant vent des prairies » évoqué par The Tragically Hip dans la chanson « The Darkest One ».

Tandis que la carnation du Canada change rapidement, des fusions musicales aussi excitantes qu’impossibles à catégoriser sont créées dans nos centres urbains. Et il ne s’agit pas seulement de groupes comme So Long Seven, de Toronto, composé d’un guitariste, d’un mandoliniste, d’un violoniste, d’un banjoïste et d’un joueur de… tablas. On peut également penser à Jessie Reyez et Lido Pimienta, qui ont toutes deux des racines colombiennes et qui ont gagné un JUNO et le Prix Polaris, respectivement, pour leur musique sans compromis bien ancrée dans leurs traditions.

Voici donc KUNÉ – L’orchestre global du Canada, qui réside dans une classe à part.

Mervon Mehta

Mervon Mehta

Le Canada, et particulièrement Toronto, a déjà connu des super-groupes africains et cubains, mais jamais comme celui-ci où évoluent 12 musiciens virtuoses arrivés au Canada des quatre coins du monde et un Canadien métis dont les ancêtres y vivent depuis des siècles. Le groupe est l’idée de Mervon Mehta, directeur général des arts de la scène au Royal Conservatory of Music de Toronto et il a est devenu réalité en décembre 2016 sous la direction artistique de David Buchbinder.

En l’espace de deux ans, KUNÉ a signé un contrat de disque avec Universal Music Canada et une entente de gérance avec Opus 3 Artists, qui représente également de grands noms de la musique comme Yo-Yo Ma et son Silk Road Project, Roseanne Cash et Béla Fleck.

Musicalement, le groupe joue un intriguant amalgame de musiques du monde : « Cante a la Tierra » (« Song for the Earth »), par exemple, propose un savoureux mélange d’instrumentation africaine et de chants brésiliens, tandis que « Lahzeye Sokut » met en vedette le sitar d’Anwar Kurshid, le tar (un luth iranien à long manche) de Padideh Ahrarnejad, le flûtiste Lasso du Burkina Fasso, et Dora Wang à la flûte de bambou chinoise. La musique qui en résulte ne semble pas forcée et demeure totalement accessible et agréable, véritable testament de la virtuosité des membres de KUNÉ.

Mehta dit avoir eu l’inspiration de former KUNÉ lors des dernières élections fédérales lorsque l’ancien premier ministre, Stephen Harper, a utilisé l’expression « Canadiens de souche » (« old stock Canadians ») en réponse à une question concernant son soutien d’une couverture d’assurance maladie réduite pour les réfugiés. Comme bien des gens, Mehta a trouvé la déclaration de Harper déroutante et diviseuse.

« Je suis un immigrant arrivé ici en 1961 », dit-il. « Alors, je suis de souche ou pas ? Ça me situe où, ça situe mon enfant où, lui qui est issu d’un mélange d’ethnicités ? J’ai donc réfléchi et je me suis demandé ce que nous faisons vraiment, en tant que pays multiculturel, pour refléter cette diversité, que ce soit dans les salles de presse, les conseils d’administration ou sur scène. »

Alyssa Delbaere-Sawchuk

Alyssa Delbaere-Sawchuk (Photo: Kyle Burton)

La chanteuse et violoniste Métis Alyssa Delbaere-Sawchuk affirme que pour quelqu’un provenant de la tradition classique et qui a toujours été intéressée par les musiques traditionnelles de partout dans le monde, la chance de jouer avec KUNÉ arrivait à point nommé.

« Je cherchais une idée pour mon prochain projet et cette opportunité répondait à mon désir de collaborer et d’apprendre des autres traditions musicales du monde », explique-t-elle. « L’autre avantage était que je n’avais pas d’attentes et pas de pression pour réussir. »

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle apporte à ce festin de musiques du monde, Delbaere-Sawchuk répond : « j’essaie toujours d’aller au-delà des notes et d’être présente sur scène. J’ai étudié avec plusieurs maîtres musiciens qui m’ont appris comment penser les harmonies et la tension, et c’est ce que je veux apporter dans ce cadre de musique traditionnelle. »

Le directeur artistique de KUNÉ, David Buchbinder, explique que lui et Mehta se relançaient des idées musicales depuis quelques années lorsque ce dernier lui a parlé de son rêve de mettre sur pied un orchestre canadien de musique globale.

« Quand Mervon m’a parlé de ce qu’il souhaitait faire, une des premières choses qu’il m’a dites c’est : “nous devons créer de la musique originale, car autrement nous allons nous retrouver avec 12 groupes médiocres composés d’une seule vedette par groupe” », se souvient en riant le trompettiste et compositeur primé. « Je crois que lorsque vous faites quelque chose d’original, vous exprimez la voix du compositeur. C’est très important pour moi. »

David Buchbinder

David Buchbinder

On pourrait être tenté d’imaginer Buchbinder et Mehta enfermant 12 compositeurs dans une grande pièce pendant des semaines avec une date butoir pour produire un album, mais ça ne s’est pas passé ainsi. « Il y a eu de longues discussions afin que tout le monde apprenne à se connaître lors de notre première rencontre, et David a fait un travail remarquable pour que nous nous sentions tous comme les membres d’une grande famille », raconte Delbaere-Sawchuk. « Des conflits sont inévitables lorsque vous réunissez 12 personnalités fortes, mais ça ne s’est pas produit. Nous sommes réellement comme une grande famille heureuse et unie. »

Buchbinder attribue la musique organique et sans frontière du groupe — qui est réellement à l’image de la mosaïque culturelle canadienne — à la confiance qui s’est établie entre les membres du groupe et l’esprit de famille décrit par Delbaere-Sawchuk.

Mais tout ça ne s’est toutefois pas produit du jour au lendemain, et c’est là que Buchbinder a élargi son rôle de directeur artistique. « Je forme des groupes depuis longtemps, et j’utilise une technique que j’ai développé qui implique de travailler avec les histoires des gens », explique-t-il. « On a discuté, chanté, mangé, on a même passé une journée à la ferme en plein milieu de l’hiver » raconte le musicien. « C’était magnifiquement canadien et nous avons tissé des liens solides. »

Pour tout émouvant que cela soit, on n’échappe pas au fait que créer de la musique pour un groupe de 12 musiciens représente un défi de taille. Les auditions pour trouver chacun des musiciens ont duré des mois durant lesquels plus de 150 candidats ont été entendus. Buchbinder raconte qu’il cherchait des réponses à quatre questions durant ces auditions : « Savez-vous jouer ? Pouvez-vous apprendre quelque chose, une composition jazz, par exemple, qui n’est pas de votre tradition musicale ? Pouvez-vous apprendre une pièce traditionnelle d’une autre culture ? Êtes-vous capable de travailler en équipe ? »

« À la fin de ce processus, nous savions qui seraient les bons candidats », se souvient-il. En raison de la taille du groupe, poursuit Buchbinder, c’était impossible d’effectuer le chemin entre l’écriture, les répétitions, l’enregistrement et les prestations de manière collective.

Durant tout ce processus, « certains d’entre eux écrivaient leurs pièces, mais avaient besoin d’aide pour les arrangements. D’autres arrangeaient leurs propres pièces. Les musiciens ont participé à des ateliers de composition et ils ont tous écouté les mélodies des autres. C’était une leçon sur la façon de passer de quelque chose de traditionnel à quelque chose d’unique. À mesure que les arrangements évoluaient, la question devenait “comment pouvons-nous continuer à peaufiner tout ça ?”

“Ils travaillent magnifiquement bien ensemble et nous sommes tous curieux de voir jusqu’où tout ça peut aller”, raconte-t-il.

Et Delbaere-Sawchuk d’ajouter : “Il y a tant de possibilités que nous n’avons pas encore explorées. J’ai très hâte à la prochaine phase de création.”

Les membres de KUNÉ
Padideh Ahrarnejad (Iran): Tar & Vocals
Sasha Boychouk (Ukraine): Woodwinds & flûtes ethniques ukrainien
Alyssa Delbaere-Sawchuk (Canada – Métis): Violon, Viola & Voix
Luis Deniz (Cuba): Saxophone
Anwar Khurshid (Pakistan): Sitar & Voix
Lasso (Salif Sanou) (Burkina Faso): Flûte fulani, N’goni, tambour parlant, DjembeDoum-Doum & Voix
Paco Luviano (Mexique): Basses acoustique & électrique
Aline Morales (Brésil): Percussion Brésilien & Voix
Demetrios Petsalakis (Grèce): OudLyra, guitares acoustique & électrique
Matias Recharte (Pérou): Cajón,  batterie & percussion
Selcuk Suna (Turquie): Clarinette
Dorjee Tsering (Tibet): Dranyen, Flûte, Piwang & Voix
Dora Wang (La Chine): Flûte bambou, flûte , Hulusi & Xiao

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La musique de KUNÉ


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Mélissa Laveaux« Chaque album est pour moi l’occasion de vivre une espèce de crise identitaire », explique Mélissa Laveaux, jointe à Paris, où elle habite depuis près d’une dizaine d’années. Pour la jeune femme originaire d’Ottawa, la recherche de soi est le moteur de la créativité. « Pour mon premier disque, j’étais dans la découverte de qui j’étais vraiment; je trouvais encore ma voix, alors que le deuxième parlait d’une déchirure et de la difficulté de communiquer, notamment avec mes parents, avec qui j’ai vécu une vraie rupture, en assumant que j’étais lesbienne. »

Née à Montréal de parents haïtiens qui ont fui le régime Duvalier, Mélissa Laveaux a été élevée dans la capitale canadienne. C’est là qu’elle a fait son éducation musicale, qui l’a menée de la collection de disques haïtiens de son père à la radio top 40 (« j’écoutais religieusement Kacey Kasem à la radio », dit-elle), puis au folk de Joni Mitchell et au rock indie de Broken Social Scene.

Signée par l’excellent label No Format (qui a publié des disques d’Oumou Sangaré, de Nicolas Repac et de Gonzales, entre autres), elle lance son premier album, Camphor and Copper, en 2008. Après avoir exploré un folk rock mâtiné de blues, développant son style très personnel tout en proposant d’étonnantes reprises – d’Elliott Smith à Eartha Kitt, en passant par Weezer -, Mélissa a eu envie de redécouvrir ses racines à la faveur d’un voyage au pays de ses ancêtres en 2016.

Elle rêve de replonger dans les chansons découvertes grâce aux disques de Martha Jean-Claude, la grande artiste dont l’activisme politique l’a amenée à quitter Haïti pour Cuba en 1952.  « Évidemment, je ne pouvais pas recréer le son de Martha Jean-Claude, qui travaillait avec un orchestre afro-cubain. Mais je sais jouer de la guitare et je sais faire de la chanson pop, alors je me suis servi de mes forces pour créer quelque chose de neuf. »

Celle qui, de son propre avis, chante créole « avec un gros accent » se penche alors sur un répertoire d’airs folkloriques et populaires qui ont rythmé la période de l’occupation américaine d’Haïti au début du siècle dernier. Elle explore du coup la culture vaudou, lieu de liberté et instrument de résistance, à l’impérialisme yankee, bien sûr, mais aussi aux carcans sociaux de sa famille. « Si une partie la culture haïtienne, celle de mes parents notamment, est assez conservatrice, dans le vaudou on trouve un espace de liberté où même des personnages queers peuvent avoir une place », dit-elle, en évoquant le documentaire Des Hommes et des Dieux d’Anne Lescot et de Laurence Magloire, qui se penchait justement sur ce sujet.

Le résultat, qu’on entend sur Radyo Siwèl, propose une vision toute personnelle de ces chansons, une pop à guitares moderne pourtant respectueuse de la tradition. « Quand je chante devant un public de la diaspora, que ce soit à Londres ou à Paris, les gens sont très indulgents, car ils sont nostalgiques. Le vrai test, ça va être de les jouer à Port-au-Prince cet été, devant des gens qui risquent d’être plus critiques! »

Il s’agira d’une première pour Mélissa, qui, dans la foulée de sa signature avec la maison Bonsound de Montréal, donnera aussi des concerts à Montréal, Toronto et New York, où elle commence à susciter l’attention, en partie en raison de sa parole engagée. « Disons que le Président fait presque ma promo avec sa déclaration sur « shithole countries », lance-t-elle en ricanant. Depuis la sortie du disque, je reçois autant de demandes d’interviews de la part de blogues militants que de ceux qui s’intéressent à la musique! »

Est-ce à dire que Radyo Siwèl est un album politique? « Ça n’a pas commencé comme ça, mais le contexte en a voulu ainsi, explique-t-elle. Je sens un devoir de mémoire, mais mon but n’est pas de devenir le porte-étendard d’une cause. Je ne suis pas historienne ou politicienne, je suis chanteuse et tout ce que je veux, c’est mettre la musique haïtienne sur un podium. »


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